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Maroc Présentation

  • L’épidémie de COVID-19 s’est rapidement accélérée après la fin du confinement décrété au mois de mars par les autorités marocaines. Le pays a connu une forte hausse des cas de coronavirus aux mois d’août et de septembre, imputable en grande partie à la région de Casablanca-Settat, la capitale économique du pays faisant régulièrement l’objet, au même titre que d’autres foyers de contamination, de mesures de confinement temporaire. Le bilan s’élevait au 14 octobre à plus de 160 000 cas confirmés et plus de 2 700 décès dus à la COVID-19. L’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis la mi-mars, a été prolongé jusqu'au 10 novembre. Dans son discours à la nation du mois d’août dernier, le roi Mohammed VI a mis en garde contre la possibilité d’un reconfinement total en cas de recrudescence du nombre de contaminations.

    Au mois de juillet précédent, le Roi avait annoncé une nouvelle feuille de route destinée à stimuler la reprise et impulser une croissance inclusive, et invité le gouvernement à se doter d’un plan pour la réalisation de ses objectifs, à savoir : la généralisation de la couverture santé pour tous les Marocains à l’horizon de cinq ans, l’expansion des aides sociales au profit des populations vulnérables, la réforme des entreprises publiques et l’adoption de mesures de relance vigoureuses, avec notamment la création d’un fonds d’investissement stratégique d’un montant équivalent à 4,8 milliards de dollars afin d’aider les entreprises et les ménages à surmonter les conséquences de la pandémie. Le 4 août, le gouvernement marocain a dévoilé un plan détaillé destiné à répondre à ces priorités.

    Parallèlement, la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), mise en place en décembre 2019, s’attache à tracer les contours d’une nouvelle voie de développement à long terme pour le Maroc. En raison de la COVID-19 et de ses conséquences sur le modèle de développement et la trajectoire économique du pays, le Roi a accordé un délai supplémentaire de six mois à la Commission pour la conclusion de ses travaux (ce qui porte l’échéance à décembre 2020).

    Afin d’aider le Maroc à faire face aux effets de la pandémie, la Banque mondiale a procédé au mois d’avril à la restructuration d'un prêt de 275 millions de dollars à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophe, assorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO). Cette opération a ajouté une condition de déclenchement relative à la situation sanitaire pour permettre le déblocage immédiat de fonds nécessaires aux mesures d’urgence. Elle a été suivie au mois de juin d’un nouveau prêt de la Banque mondiale d’un montant de 48 millions de dollars ayant pour objectif de soutenir la réponse sanitaire des pouvoirs publics en renforçant la prévention, la détection, la surveillance et la gestion des cas.

    Sur le front économique, le choc causé par la pandémie de COVID-19 a plongé l’économie marocaine dans une profonde récession — la première depuis 1995. La production économique a baissé de 13,8 % au deuxième trimestre 2020, sous l’effet principalement du confinement, mais aussi de la forte régression des exportations due à la perturbation des chaînes de valeur mondiales, à la chute des recettes du tourisme et à la réduction des envois de fonds des migrants. Les chocs sur l’offre et la demande induits par la pandémie ont été aggravés par la contre-performance du secteur agricole imputable à un hiver exceptionnellement sec. Dans ce contexte, le taux de chômage s’est aggravé, pour passer de 8,1 à 12,3 % au premier semestre 2020. Les autorités marocaines ont adopté diverses mesures pour amortir le choc sur les ménages et les entreprises : transferts directs aux travailleurs de l’économie formelle et informelle, apport de garanties partielles aux banques pour les prêts aux entreprises, réduction du taux directeur de la banque centrale de 75 points de base (au niveau historiquement bas de 1,5 %) et injections directes de liquidités dans le système financier.

    Le choc causé par le coronavirus est à l’origine d’une aggravation des déficits budgétaire et du compte courant marocains, qui a pour conséquence d’accroître les besoins de financement du pays. Les efforts d’assainissement des finances publiques entrepris par les autorités ces dernières années ont été interrompus en raison de la hausse considérable des dépenses sanitaires et sociales liées à la lutte contre la pandémie. Les recettes fiscales ont diminué sous l’effet de la récession, principalement en raison du manque à gagner en droits de douane, biens et services, et revenus et bénéfices, ce qui a creusé le déficit budgétaire. Sur le plan extérieur, l’économie marocaine est très exposée aux chocs internationaux du fait de son ouverture aux échanges, et en particulier à la conjoncture dans la zone euro. Le premier semestre 2020 a été marqué par une détérioration du compte courant, dont le déficit pourrait atteindre 9,9 % du PIB cette année, du fait de la forte régression des remises migratoires (-8,1 %), des recettes touristiques (-33,2 %) et des exportations (-18,3 %).

    Le PIB réel devrait se contracter de 6,3 % en 2020, principalement en raison de la pandémie de COVID-19, mais aussi d’une mauvaise pluviométrie. Le déficit budgétaire s’élargira pour atteindre 7,6 % du PIB en 2020, ce qui, conjugué à la récession, conduira à une hausse du ratio de la dette publique par rapport au PIB. Les prévisions tablent sur un rebond de l’économie marocaine en 2021, à l’instar du reste du monde, ce qui devrait permettre d’endiguer les déficits budgétaire et du compte courant. Une grande incertitude entoure toutefois le rythme et la durée de la reprise, qui dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique et des performances futures des principaux partenaires commerciaux du Maroc.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2020

  • Le royaume est à un tournant historique : la dynamique positive que connaît la société marocaine, en termes d’urbanisation et de transition démographique notamment, lui offre une occasion unique d’instaurer une croissance forte et inclusive. La Banque mondiale a élaboré un cadre de partenariat avec le Maroc pour accompagner les efforts du pays pendant cette période importante. S’appuyant sur les atouts conjugués de la BIRD, d’IFC et de la MIGA, le cadre de partenariat intègre les objectifs de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ainsi que du programme et de la stratégie à moyen terme du gouvernement pour la période 2017-21 — lesquels visent à renforcer la cohésion sociale et à réduire les déséquilibres sociaux et territoriaux. Couvrant les exercices 2019-24, le cadre de partenariat a pour finalité d’améliorer les conditions de la croissance et de la création d’emplois, et s’articule autour de trois grands axes stratégiques : 1) favoriser la création d’emplois dans le secteur privé ; 2) renforcer le capital humain ; et 3) promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous.

    La gouvernance et la participation citoyenne constituent le socle de ce cadre de partenariat, qui intègre également les thèmes transversaux de l’égalité hommes-femmes et de la technologie numérique. L’ensemble de ces axes et thèmes sont complémentaires. La création d’emplois par le secteur privé, qui joue un rôle déterminant dans l’amélioration de la productivité et de la compétitivité, aidera le Maroc à installer un environnement d’affaires propice pour favoriser l’essor de micro, petites et moyennes entreprises (MPME), attirer de nouveaux investisseurs étrangers et renforcer l’employabilité des jeunes du pays. Cette dynamique, qui sera rendue possible par de nouvelles réformes pilotées par les pouvoirs publics, sera soutenue par IFC à travers des investissements dans l’inclusion financière, le financement des MPME, les technologies financières et les marchés financiers. IFC a déjà mobilisé 4,3 millions de dollars pour le développement de l’infrastructure du secteur financier et des services-conseil au Maroc. 

    La création d’emplois par le secteur privé doit s'accompagner des compétences indispensables pour répondre aux attentes d’un marché du travail de plus en plus compétitif. Le pays doit donc impérativement s’employer à renforcer son capital humain. Pour cela, le cadre de partenariat met l’accent sur des interventions destinées à améliorer les résultats sur le plan de l’éducation et de la santé, promouvoir le développement de la petite enfance et déployer des programmes novateurs de protection sociale, le tout dans un système intégré de ciblage des bénéficiaires. Les investissements d’IFC s’attacheront à favoriser des solutions innovantes et portées par le secteur privé pour l’employabilité et les soins de santé essentiels, à la faveur de l’adoption de nouvelles réformes.

    L’axe stratégique dédié à la promotion d’un développement territorial sans exclus et résilient s’attachera à renforcer les services et les infrastructures ainsi que la gestion des ressources en eau, tout en déployant des interventions géographiques ciblées là où elles sont nécessaires. Les enjeux de la gouvernance et de la participation citoyenne seront intégrés dans l’ensemble du portefeuille d’activités, avec pour priorités d’améliorer la gestion des ressources, instaurer plus de transparence et renforcer la capacité des citoyens à participer à l’action gouvernementale et suivre l’avancement des programmes publics. L’appui d’IFC vise notamment à contribuer à l’établissement d’un nouveau modèle de financement pour les municipalités qui exploite le levier des fonds privés. Un premier investissement de 100 millions de dollars a ainsi déjà été réalisé en vue d’étendre le réseau de tramway et de rénover les routes rurales dans la région de Casablanca-Settat.

    Les technologies numériques sont aussi au cœur du cadre de partenariat. En soutenant l’entrepreneuriat numérique ainsi que les transactions et l’administration électroniques, la transition vers des plateformes digitales dans les services administratifs, publics et financiers contribuera à l’émergence de nouveaux moteurs de croissance. 

    L’autre thème transversal du cadre de partenariat, l’autonomisation des femmes et des filles pour une prospérité partagée, est l’un des grands objectifs de l’engagement de la Banque mondiale au Maroc. Son soutien contribue à lever les obstacles auxquels se heurtent les jeunes femmes au moment d’accéder au marché du travail et aux financements, mais également à renforcer leurs compétences commerciales et entrepreneuriales.  

    Depuis l’examen du cadre de partenariat avec le Maroc par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale en février 2019, six projets ont été approuvés :

    • le projet pour l’entretien communautaire du réseau routier en milieu rural (2,85 millions de dollars, mai 2019) est une opération financée par un don de faible montant mais à fort impact, dont l’objectif est d’améliorer les moyens de subsistance des habitants des zones défavorisées concernées et de préserver l’accessibilité et la praticabilité des routes rurales ciblées ;
    • le projet de soutien à l’inclusion économique des jeunes (55 millions de dollars, mai 2019) a pour objectif d’améliorer l’accès des jeunes aux débouchés économiques dans la zone concernée ;
    • le programme d’appui au secteur de l’éducation (500 millions de dollars, juin 2019) cherche à créer un environnement favorable à la fourniture de services d’éducation préscolaire de qualité, soutenir l’amélioration des pratiques pédagogiques dans l’enseignement primaire et secondaire et renforcer les capacités de gestion et la responsabilisation tout au long de la chaîne de prestation des services éducatifs dans les domaines couverts ;
    • le programme d’appui à l’amélioration de la performance des communes (300 millions de dollars, novembre 2019) vise à renforcer les capacités des municipalités en leur fournissant un cadre d’action durable et basé sur la performance, et s’inscrit plus largement dans le cadre des efforts engagés par le Maroc en vue d’améliorer les services urbains et transformer les agglomérations en moteurs de croissance et de création d’emplois ;
    • le prêt à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophe assorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (275 millions de dollars, décembre 2019) a été conçu pour aider le gouvernement du Maroc à renforcer les capacités des institutions à gérer l’impact financier de catastrophes et de chocs climatiques ; et mettre à niveau le cadre institutionnel régissant la gestion du risque de catastrophe ;
    • le premier financement à l’appui des politiques de développement en faveur de l’inclusion numérique et financière (500 millions de dollars, juin 2020) fait partie d’une série d’opérations visant principalement à améliorer l’inclusion financière, l’entrepreneuriat numérique et l’accès des entreprises et des ménages à des infrastructures et des services numériques, tout en renforçant leur résilience.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2020

  • Le cadre de partenariat avec le Maroc devrait contribuer à l’obtention des résultats suivants dans les trois axes stratégiques :  

    • Favoriser la création d’emplois dans le secteur privé : efficacité accrue de l’environnement pour les entreprises et la compétitivité ; multiplication des débouchés pour le développement du secteur privé, en mettant l’accent sur les micro, petites et moyennes entreprises et l’employabilité des jeunes ; et accès amélioré aux financements. 
    • Renforcer le capital humain : qualité et efficacité accrues des services de développement de la petite enfance ; qualité et efficacité accrues des systèmes d’éducation et de santé ; et renforcement de la protection sociale pour les populations pauvres et vulnérables. 
    • Promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous : performance améliorée des services d’infrastructure essentiels dans les villes et les agglomérations ; accès amélioré à des ressources en eau durables ; adaptation au changement climatique et résilience aux catastrophes naturelles renforcées.  

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2020


FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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