Maroc Présentation

  • Depuis sa nomination en avril 2017, la coalition gouvernementale marocaine conduite par le Parti de la justice et du développement (PJD) a poursuivi l’avancée des réformes et des politiques de lutte contre la pauvreté, lancées sous la précédente mandature, en mettant principalement l’accent sur les programmes de protection sociale, la création d’emplois et la réduction des disparités économiques dans le pays.

    Au cours de l’été, le roi a tracé des perspectives claires, à l’occasion de deux discours importants (l’un prononcé lors la Fête du trône et l’autre pour le 65e anniversaire de la Révolution du roi et du peuple), afin que le gouvernement se saisisse des grands enjeux du développement, à savoir mieux cibler les ménages défavorisés, libérer le potentiel du secteur privé en faveur de la création d’emplois et améliorer les résultats du secteur éducatif. Le souverain a également fait une autre annonce importante : le rétablissement du service militaire obligatoire pour les jeunes hommes et femmes, alors qu’il était abandonné depuis 2006. Les observateurs voient dans cette initiative une volonté de conférer à la jeunesse marocaine des valeurs patriotiques et de discipline.

    En septembre, le roi a présidé deux événements majeurs. Le premier, qui concernait la réforme du secteur éducatif, a exposé des objectifs chiffrés ambitieux en vue d’améliorer les performances scolaires. Le second était lié au lancement de la 3e phase de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). La nouvelle phase (2019-2023), dotée d’une enveloppe globale de 18 milliards de dirhams, privilégiera le développement du capital humain et l’insertion des jeunes.

    Le gouvernement a fait l’objet d’un léger remaniement fin août : Mohamed Benchaaboun a été désigné nouveau ministre de l’Économie et des Finances, et le Département de l’eau a fusionné avec le ministère du Transport. La suppression du Secrétariat chargé de l’Eau, dont avait hérité le PPS (Parti du Progrès et du Socialisme), a provoqué des remous susceptibles de peser sur l’avenir de l’actuelle coalition.

    Sur le plan économique, la croissance du Maroc est restée atone en 2018, malgré une croissance positive inattendue de la production céréalière. Le PIB s’est infléchi, passant de 3,5 % au premier trimestre 2017 à 3,2 % sur la même période en 2018. Sur le plan de l’offre, le ralentissement de l’activité économique s’explique avant tout par une forte diminution de la croissance de la valeur ajoutée agricole, tombée à 2,5 % au premier trimestre 2018, contre 14,8 % au premier trimestre 2017.

    Ce manque à gagner n’a été qu’en partie comblé par la performance des activités non agricoles, qui ont crû de 3,4 % (contre 2 % seulement au premier trimestre 2017), notamment sous l’effet du rebond des activités secondaires et tertiaires. Cette hausse a été particulièrement nette dans les industries extractives en raison de la poursuite du redressement de la production et des exportations de phosphate. Sur le plan de la demande, la croissance a été principalement tirée par la consommation privée et l’investissement. L’inflation a accéléré, tout en restant inférieure à 2 %, signe que les autorités poursuivent une politique monétaire prudente. Le taux de chômage global est tombé à 9,1 % au deuxième trimestre 2018, mais reste élevé chez les jeunes citadins (23,1 %) et les jeunes instruits (16,5 %).

    Au premier semestre 2018, le déficit budgétaire était estimé à 3,3 % du PIB, alors que l’objectif indicatif inscrit dans la loi de finances 2018 était de 3 %, ce qui marque un relâchement de la discipline budgétaire. Les dépenses publiques ont crû sous l’effet d’un regain des investissements publics (les dépenses d’équipement augmentant de 6 %). Du côté des recettes, les impôts directs ont diminué de 3,7 % (à fin juin), notamment en raison de la baisse de l’impôt sur les sociétés, une tendance qui se poursuit depuis 2012. Dans le même temps, la dette de l’administration centrale devrait se stabiliser autour de 65 % du PIB.

    Le déficit de la balance courante s’est légèrement creusé pour atteindre près de 4,3 % du PIB, en dépit du redressement des exportations. Au premier semestre 2018, les données préliminaires indiquent une progression de 10,2 % des importations, du fait notamment de la hausse des prix de l’énergie. Cette hausse éclipse la bonne santé des exportations, tirées par les secteurs de l’automobile et du phosphate (+19,2 % et +16,7 %, respectivement). Le déficit commercial continue de se creuser (+ 3,7 %), en raison de la faible compétitivité des exportations et du renchérissement de l’énergie importée. Les recettes touristiques et les envois de fonds des travailleurs émigrés demeurent élevés, augmentant respectivement de 15,2 % et 8,6 %, tandis que les flux nets d’investissement direct étranger ont reculé de 29,7 %. Dans ce contexte, les réserves internationales nettes se sont établies à 227,6 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5,3 mois d’importations de biens et services.

    À moyen terme, l’économie devrait se redresser, à condition que l’État poursuive son travail de rééquilibrage des finances publiques et d’approfondissement des réformes. Le Maroc doit notamment s’attacher à faire en sorte que son volume important d’investissements publics produise des retombées sur la productivité, en vue de favoriser une croissance inclusive, tirée par le secteur privé et génératrice d’emplois pour les jeunes.

    Avec le retour à une pluviométrie normale, le PIB agricole devrait ralentir en 2019, ce qui ramènerait la croissance globale du PIB à 2,9 %. Les bons résultats du PIB non agricole devraient se confirmer, grâce au dynamisme accru du secteur manufacturier et des services, principaux moteurs de la croissance. L’industrie automobile, favorisée par le niveau élevé des investissements étrangers, contribue également à soutenir l’industrie manufacturière.

    Le déficit de la balance courante devrait légèrement refluer en 2019, en raison d’une croissance soutenue des exportations, des recettes touristiques et des envois de fonds, qui compenseront la hausse des importations énergétiques. Cette amélioration s’explique également par la conjoncture mondiale, en particulier le net redressement de l’Europe, et le boum des exportations des industries à forte valeur ajoutée. Les besoins de financement extérieur ne devraient pas préoccuper outre mesure les autorités, compte tenu d’une dette extérieure relativement faible et de la notation du Maroc sur les marchés internationaux. Le déficit budgétaire devrait se résorber pour atteindre l’objectif de 3 % du PIB sur la période 2019-2021.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2018

  • Le Groupe de la Banque mondiale travaille aux côtés du gouvernement à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat-pays destiné à promouvoir la cohésion sociale par l’amélioration des conditions de création d’emplois et la réduction des disparités sociales et territoriales. Les domaines d’intervention de ce nouveau partenariat répondent aux priorités définies par le Maroc, à savoir : i) relancer la croissance et la création d’emplois ; ii) transformer le capital humain ; et iii) promouvoir un développement territorial inclusif et résilient. La bonne gouvernance constitue en outre le socle de ce cadre de partenariat, qui intègre également les thèmes transversaux de l’économie numérique et de l’égalité hommes-femmes.

     


FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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