COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Maroc Présentation

  • En juillet 2019, le roi du Maroc Mohammed VI appelle à un remaniement ministériel pour le second semestre de l’année, afin de mieux répondre aux besoins pressants de développement du pays. En octobre 2019, le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani présente une équipe resserrée, qui passe de 39 à 23 portefeuilles. Dans cette nouvelle configuration, la principale coalition au pouvoir, le parti Justice et développement (PJD), conserve sept maroquins tandis que le parti libéral Rassemblement national des indépendants (RNI), sous la houlette de Aziz Akhannouch, récupère quatre ministères stratégiques, dont l’agriculture, l’économie et les finances et l’industrie. Avec le retrait du Parti du progrès et du socialisme (PPS) de la coalition la semaine précédant le remaniement, la plupart des autres membres du gouvernement affichent un profil technocratique.

    En décembre 2019, le souverain nomme les membres de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), dirigée par l’ancien ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. Depuis, celle-ci a organisé de vastes consultations dans tout le pays pour faire remonter des informations et des recommandations sur les freins au développement et proposé plusieurs pistes de réformes. Son objectif est de soumettre à Mohammed VI, en juin 2020, une feuille de route détaillée dessinant une nouvelle vision d’avenir pour le pays.

    S’emparant du défi de l’emploi des jeunes, le roi a exhorté le secteur bancaire et financier à trouver des solutions pour faciliter la création d’entreprises et ouvrir l’accès aux financements. Lancée en février 2020, l’initiative Intelaka propose toute une palette de garanties et de produits financiers nouvelle génération aux jeunes entrepreneurs et aux très petites entreprises. Un fonds fiduciaire doté de 625 millions de dollars est mis sur pied pour financer ce programme d’une durée de trois ans, abondé à parts égales par le gouvernement et les banques.

    Face à l’épidémie de COVID-19, les autorités ont pris des mesures préventives radicales pour endiguer la propagation du virus. En mars 2020, le Maroc ferme ses frontières terrestres et maritimes et suspend tous les vols internationaux de passagers en provenance et à destination de ses aéroports. D’autres mesures de distanciation sociale sont décrétées. Un comité de veille économique, présidé par le ministre de l’Économie, voit le jour pour évaluer l’impact du coronavirus sur l’activité et adopter des mesures d’atténuation en soutien aux secteurs touchés. Le souverain ordonne la constitution d’un fonds de 10 milliards de dirhams (1 milliard de dollars) pour améliorer les infrastructures de santé, appuyer les ménages vulnérables et accompagner les secteurs touchés par la crise.

    Afin d’aider le Maroc à faire face aux effets de la pandémie, la Banque mondiale a procédé à la restructuration d'un prêt de 275 millions de dollars à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophes, assorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO). La restructuration intègre un objectif relatif à l’aide sanitaire pour permettre le déblocage immédiat de fonds dans le cadre du programme et répondre aux mesures d'urgence.

    Depuis deux ans, la croissance économique du pays tend à ralentir : le PIB a connu une brusque décélération en 2019, à 2,3 %, contre 3 % en 2018, plombé notamment par un recul de la production agricole de 5,4 % alors que les produits non agricoles ne progressent que modestement (3,3 % en 2019 contre 3 % en 2017). Du côté de la demande, la consommation privée, stimulée par des hausses de salaires et une inflation modérée, est le principal moteur de la croissance. La contribution des exportations nettes reste négative, faute de compétitivité suffisante et en raison de la dépendance aux importations énergétiques. Grâce à des politiques monétaires prudentes et la baisse des prix à l’importation, l’inflation est contenue sous la barre des 2 %. Le chômage reste important, à 9,2 % en moyenne — avec des taux considérablement plus élevés chez les femmes et les jeunes —, sur fond de baisse persistante du taux d’activité, qui est tombé en dessous de 46 %.

    Après cinq années de politique d’assainissement budgétaire, le déficit des finances publiques s’est à nouveau creusé en 2019, à un niveau estimé à 4,1 % du PIB, essentiellement du fait de recettes tirées de l’impôt sur les sociétés plus faibles que prévu, d’une baisse des subventions du Conseil de coopération du Golfe et d’une hausse des dépenses au titre des biens et des services et des dépenses d’investissement. Avec les opérations de privatisation, le gouvernement a pu ramener ses besoins de financement à 3,6 % du PIB en 2019, avec, à la clé, une légère augmentation du ratio dette publique/PIB, à 65,7 %.

    L’économie marocaine pâtira à moyen terme des conséquences de la pandémie de COVID-19 et de la sécheresse : pour la première fois en plus de vingt ans, le pays devrait entrer en récession cette année, avec un taux de croissance négatif du PIB réel de 1,7 % en 2020. Les perspectives demeurent assujetties à d’importants risques de détérioration, notamment si la pandémie venait à s'aggraver et se prolonger.

    Le solde du compte courant se redresse à nouveau, après avoir atteint un déficit de 5,5 % du PIB en 2018. Selon de premières estimations établies fin 2019, le commerce extérieur aurait progressé de 4,2 % à la faveur d’une hausse des exportations dans l’automobile et l’aéronautique. Cette évolution se traduit également par une augmentation des importations de biens d’équipement sous-tendue par la croissance des investissements publics et privés. Malgré un recul des transferts de fonds et des investissements directs étrangers nets, les bons résultats du secteur touristique (+7,7 %) et la diminution des importations énergétiques (-7,2 % à la faveur du repli des cours du pétrole) contribuent à l’amélioration du déficit courant, à 4,6 % du PIB en 2019. Le taux de change reste stable après l’élargissement des bandes de fluctuation en 2018 de ±0,3 à ±2,5, qui a amélioré les capacités de l’économie à absorber les chocs.

    La croissance devrait s’accélérer progressivement à moyen terme, principalement sous l’impulsion d’un rebond des activités secondaires et tertiaires. De nombreux aléas pourraient cependant assombrir ces perspectives. Au nombre des risques extérieurs, l’affaiblissement de la croissance dans la zone euro, les tensions géopolitiques dans la région et les incertitudes politiques entourant le commerce mondial et les flux financiers. À cela s’ajoutent, au moins temporairement, les risques liés à la propagation en cours du coronavirus et à son impact sur les secteurs du tourisme et du commerce. Au plan intérieur, les principales menaces tiennent au retard pris par les réformes structurelles et du secteur financier, y compris la réforme, vitale, du régime fiscal, qui pourrait éroder la marge budgétaire et accroître les tensions sociales et, partant, pénaliser la croissance et le commerce extérieur. A contrario, le repli des cours internationaux du pétrole et du butane pourrait atténuer les déséquilibres macroéconomiques tandis que l’approfondissement de l’intégration régionale pourrait soutenir la croissance à moyen terme.

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020

  • Le royaume est à un tournant historique : la dynamique positive que connaît la société marocaine, en termes d’urbanisation et de transition démographique notamment, lui offre une occasion unique d’instaurer une croissance forte et inclusive. La Banque mondiale a élaboré un Cadre de partenariat avec le Maroc pour accompagner les efforts du pays pendant cette période importante.  

    S’appuyant sur les atouts conjugués de la BIRD, d’IFC et de la MIGA, le Cadre de partenariat intègre les objectifs de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) ainsi que du programme et de la stratégie à moyen terme du gouvernement pour la période 2017-21 — lesquels visent à renforcer la cohésion sociale et à réduire les déséquilibres sociaux et territoriaux.

    Couvrant les exercices 2019-24, le Cadre de partenariat a pour finalité de contribuer à la cohésion sociale en améliorant les conditions de la croissance et de la création d’emplois et en réduisant les fractures sociales et territoriales. Pour cela, il s’articule autour de trois grands axes stratégiques :  

    1) favoriser la création d’emplois dans le secteur privé ; 2) renforcer le capital humain ; et 3) promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous. La gouvernance et la participation citoyenne constituent le socle de ce cadre de partenariat, qui intègre également les thèmes transversaux de l’égalité hommes-femmes et de la technologie numérique.  

    Les axes prioritaires et les thèmes transversaux sont étroitement complémentaires. La promotion de la création d’emplois par le secteur privé — décisive pour améliorer la productivité et la compétitivité — aidera le Maroc à installer un environnement d’affaires propice pour favoriser l’essor de micro, petites et moyennes entreprises, attirer de nouveaux investisseurs étrangers et renforcer l’employabilité des jeunes.  

    La création d’emplois par le secteur privé doit s'accompagner du développement des compétences indispensables pour répondre aux attentes d’un marché du travail de plus en plus compétitif. Le pays doit donc impérativement s’employer à renforcer son capital humain. Pour cela, le Cadre de partenariat met l’accent sur des interventions destinées à améliorer les résultats sur le plan de l’éducation et de la santé, promouvoir le développement de la petite enfance et déployer des programmes novateurs de protection sociale, le tout dans un système intégré de ciblage des bénéficiaires.  

    L’axe stratégique dédié à la promotion d’un développement sans exclus s’attachera à renforcer les services et les infrastructures sur tout le territoire ainsi que la gestion des ressources en eau, tout en déployant des interventions géographiques ciblées là où elles sont nécessaires. Les enjeux de la gouvernance et de la participation citoyenne sont intégrés dans l’ensemble du portefeuille d’activités, avec pour priorités d’améliorer la gestion des ressources, instaurer plus de transparence et renforcer la capacité des citoyens à participer à l’action gouvernementale et suivre l’avancement des programmes publics.  

    Les technologies numériques sont aussi au cœur du Cadre de partenariat. En soutenant l’entrepreneuriat numérique ainsi que les transactions et l’administration électroniques, la transition vers des plateformes digitales dans les services administratifs, publics et financiers contribuera à l’émergence de nouveaux moteurs de croissance. 

    L’autre thème transversal du Cadre de partenariat, l’autonomisation des femmes et des filles pour une prospérité partagée, est l’un des grands objectifs de l’engagement de la Banque mondiale au Maroc. Son soutien contribue à lever les obstacles auxquels se heurtent les jeunes femmes au moment d’accéder au marché du travail et aux financements, mais également à renforcer leurs compétences commerciales et entrepreneuriales.  

    Depuis l’approbation du Cadre de partenariat avec le Maroc par le Conseil des administrateurs en février 2019, quatre projets ont été validés :         

    • Le projet de soutien à l’inclusion économique des jeunes (55 millions de dollars), approuvé le 10 mai 2019, a pour objectif d’améliorer l’accès des jeunes aux débouchés économiques dans la zone concernée;
    • Le programme d’appui au secteur de l’éducation (500 millions de dollars), approuvé le 20 juin 2019, cherche à créer un environnement favorable à la fourniture de services d’éducation préscolaire de qualité, soutenir l’amélioration des pratiques pédagogiques dans l’enseignement primaire et secondaire et renforcer les capacités de gestion et la responsabilisation tout au long de la chaîne de prestation des services éducatifs dans les domaines couverts;
    • Le Programme d’appui à l’amélioration de la performance des communes de 271,8 millions d’euros (300 millions de dollars), approuvé le 7 novembre 2019 s’inscrit dans les efforts plus généraux engagés par le royaume pour améliorer les services urbains et transformer les agglomérations en moteurs de croissance et de création d’emplois. Il a pour objectif de renforcer les capacités des municipalités en leur fournissant un cadre durable et basé sur la performance qui les aide à accomplir leur travail.
    • Le prêt à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophe, assorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (275 millions de dollars), approuvé le 11 décembre 2019, a été conçu pour aider le gouvernement du Maroc à renforcer les capacités des institutions à gérer l’impact financier de catastrophes et de chocs climatiques ; et mettre à niveau le cadre institutionnel régissant la gestion du risque de catastrophe.

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020

  • Le Cadre de partenariat avec le Maroc devrait contribuer à l’obtention des résultats suivants dans les trois axes stratégiques :  

    • Favoriser la création d’emplois dans le secteur privé : efficacité accrue de l’environnement pour les entreprises et la compétitivité ; multiplication des débouchés pour le développement du secteur privé, en mettant l’accent sur les micro, petites et moyennes entreprises et l’employabilité des jeunes ; et accès amélioré aux financements. 
    • Renforcer le capital humain : qualité et efficacité accrues des services de développement de la petite enfance ; qualité et efficacité accrues des systèmes d’éducation et de santé ; et renforcement de la protection sociale pour les populations pauvres et vulnérables. 
    • Promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous : performance améliorée des services d’infrastructure essentiels dans les villes et les agglomérations ; accès amélioré à des ressources en eau durables ; adaptation au changement climatique et résilience aux catastrophes naturelles renforcées.  

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020


FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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