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La réponse du Groupe de la Banque mondiale face à la crise Ebola : Données clés

2 février 2016

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© Dominic Chavez / Banque mondiale


Le 14 janvier 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait la fin de l’épidémie d’Ebola au Libéria : pour la première fois depuis le début de l’épidémie qui a touché la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, aucun nouveau cas n’avait été recensé dans les trois pays concernés au cours des 42 jours précédents. Mais, le jour même de cette annonce, la Sierra Leone confirmait l’existence d’un nouveau cas d’Ebola chez une femme décédée deux jours auparavant. Si l’épidémie d’Ebola n’est donc pas encore terminée, elle est sur le point d’être vaincue. Aussi la communauté internationale doit-elle rester vigilante et s’attacher à ce qu’aucun nouveau cas n’apparaisse dans la totalité des pays touchés, compte tenu notamment des risques de résurgence d’Ebola, tout en aidant ces pays à se rétablir et à reconstruire leurs économies et leurs systèmes de santé.

Le Groupe de la Banque mondiale continue de collaborer étroitement avec les pays touchés et l’ensemble de ses partenaires (Nations Unies, OMS, organisations bilatérales, société civile, secteur privé) à la prise en charge de l’épidémie de même qu’à la sortie de crise. Il s’agit de rétablir les services de santé essentiels et de permettre à tous les enfants de retourner à l’école, aux agriculteurs de cultiver leurs champs, aux entreprises de reprendre leurs activités et aux investisseurs de revenir dans les pays touchés. Nous aidons ces pays à relancer leur économie, renforcer leurs systèmes de santé et se reconstruire en mieux.

Une des principales priorités du Groupe de la Banque mondiale est de contribuer à doter les trois pays d’un personnel de santé nombreux et bien formé et d’établir des systèmes de santé solides qui soient en mesure de fournir des soins essentiels de qualité même dans les zones les plus reculées, d’améliorer la surveillance épidémiologique et de détecter, traiter et endiguer rapidement les prochaines flambées épidémiques.

Le coût de cette tragique épidémie se mesure avant tout en vies et en souffrances humaines, mais la crise a aussi eu pour effet de réduire à néant les résultats obtenus au prix d’efforts considérables en matière de développement dans les pays touchés et aggravera une pauvreté déjà endémique. Une étude économique publiée le 17 avril 2015 par le Groupe de la Banque mondiale montre que la crise Ebola continue de paralyser les économies de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, malgré la baisse significative du taux de contamination constatée dans ces trois pays. Selon ses estimations, le manque à gagner du fait de l’épidémie se chiffrera en 2015 à 2,2 milliards de revenus pour les trois pays.

D’autres travaux récents ont permis d’exposer les répercussions socioéconomiques de l’épidémie d’Ebola au Libéria et en Sierra Leone (pertes d’emplois, récoltes amoindries et situations d’insécurité alimentaire), et mis par ailleurs en évidence une amélioration de l’utilisation des services publics.

Afin de faire en sorte que la communauté internationale soit mieux préparée aux situations d’urgence sanitaire et qu’elle intervienne bien plus rapidement, le Groupe de la Banque mondiale collabore actuellement avec l’OMS et d’autres partenaires à la mise au point d’un nouveau mécanisme de riposte d’urgence aux pandémies qui devrait permettre, le cas échéant, d’acheminer sans tarder des fonds.

Le Groupe de la Banque mondiale a par ailleurs créé un fonds fiduciaire pour la reprise et la reconstruction, qui vise à remédier au plus vite aux répercussions économiques et sociales de la crise Ebola dans la région.

Le point de la situation

Au 1er décembre 2015, le Groupe de la Banque mondiale avait mobilisé un montant total de 1,62 milliard de dollars à l’appui des efforts de lutte contre l’épidémie et de redressement dans les trois pays les plus éprouvés par Ebola, à savoir notamment 260 millions pour la Guinée, 385 millions pour le Libéria et 318 millions pour la Sierra Leone. Cette somme comprend une enveloppe de 1,17 milliard de dollars de l’IDA (l’institution du Groupe dédiée aux pays les plus pauvres) et un financement d’au moins 450 millions de dollars provenant de la Société financière internationale (IFC) et visant à soutenir le commerce, l’investissement et l’emploi en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

Sur ce montant total, une enveloppe initiale de 518 millions de dollars fournie par l’IDA aide ces trois pays à apporter les soins et les traitements nécessaires, à contenir et prévenir la propagation des infections, à accompagner les communautés confrontées aux répercussions économiques de la crise et à améliorer les systèmes de santé publique, ce qui comprend notamment :

  • l’achat de fournitures et de médicaments de première nécessité, d’équipements de protection individuelle et de matériels de prévention des infections, ainsi que le financement de la formation des personnels de santé, des primes de risque et des indemnités de décès pour les soignants et bénévoles victimes du virus Ebola, des opérations d’identification des contacts, des véhicules, du matériel de gestion des données, des missions sanitaires de porte-à-porte pour informer les populations et, au Libéria, d’un soutien psychologique destiné à ceux qui ont été touchés par Ebola ;
  • le soutien à l’envoi massif de professionnels de santé étrangers vers les trois pays concernés ;
  • l’apport d’un soutien budgétaire visant à aider les autorités de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone à faire face aux répercussions économiques de l’épidémie, et le financement de programmes de protection sociale au bénéfice des populations de ces trois pays.

Sur cette enveloppe initiale de l’IDA, une somme de 390 millions est constituée d’argent frais versé sous la forme de dons provenant de son Mécanisme de réponse aux crises (CRW), 110 millions proviennent de l’IDA et du CRW et sont destinés à des opérations d’appui aux politiques de développement, tandis que les autres 18 millions résultent de la réaffectation de fonds alloués à des projets sanitaires existants dans les trois pays touchés. À ce jour, 460 millions de dollars, soit 89 % des premiers fonds engagés par l’IDA, ont été décaissés et mis à la disposition des trois pays et des organismes d’exécution partenaires des Nations Unies.

Sur les 450 millions de dollars fournis par l’IFC pour des financements commerciaux visant à soutenir le commerce, l’investissement et l’emploi dans les trois pays concernés, 250 millions sont destinés à un programme d’intervention rapide qui contribuera à assurer la poursuite des opérations commerciales et de la fourniture de biens et de services essentiels. Un financement de 200 millions de dollars est en outre consacré à un programme de redressement d’après-crise qui financera des projets de moyen et long terme. L’IFC fournit également des services-conseil à 800 petites et moyennes entreprises sur des questions de santé, de sécurité et d’environnement liées au virus Ebola.


Contact : Melanie Mayhew

Dernière mise à jour: févr. 02, 2016






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