Éducation - Vue d’ensemble

L’éducation est un puissant vecteur de développement et l’un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté, d’élever les niveaux de santé, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de faire progresser la paix et la stabilité. Si les dix dernières années ont vu des évolutions très positives — le nombre d’enfants scolarisés, et parmi eux, en particulier, le nombre de filles, s’est multiplié —, il y a encore 124 millions d’enfants dans le monde qui ne vont pas à l’école, et 250 millions qui ne savent ni lire ni écrire bien qu'ils aient été scolarisés.

Alors que l’éducation peut avoir des retombées globalement considérables sur l’amélioration des revenus et la réduction des inégalités, ce potentiel est souvent compromis par de mauvais résultats sur le plan des acquis scolaires. Fournir à tous les enfants une éducation de qualité qui leur apporte les compétences dont ils auront besoin dans le monde du travail est pourtant essentiel pour mettre fin à la pauvreté à l’horizon 2030. 

Dernière mise à jour: avr. 04, 2016

La Banque mondiale est déterminée à aider les pays qui ont besoin d'une assistance technique ou financière pour parvenir à atteindre l’Objectif de développement durable (ODD) n° 4, qui appelle à garantir une éducation de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous à l’horizon 2030. Elle a contribué à l’élaboration (et fait partie des signataires) du Cadre d’action Éducation 2030 (a), qui guidera les pays dans la mise en œuvre de cet objectif. 

Pour concrétiser cette vision, la Banque mondiale mobilise actuellement toutes les ressources disponibles. Sa stratégie pour l’éducation à l’horizon 2020, axée sur l’« apprentissage pour tous », souligne que les connaissances et les compétences acquises par les jeunes les aident à sortir de la pauvreté et contribuent au développement. Elle encourage les pays à investir dans l’éducation de leur population selon trois principes : à un stade précoce, parce que l’acquisition de compétences fondamentales à un très jeune âge favorise l’apprentissage tout au long de la vie ; de façon judicieuse, en choisissant des interventions qui améliorent effectivement l’apprentissage ; et en visant tous les enfants et les jeunes.

Atteindre l’objectif de l’apprentissage pour tous implique aussi d’aller au-delà du simple financement des intrants dont les systèmes éducatifs ont besoin, et de renforcer ces systèmes pour qu’ils fournissent des résultats concrets. Il existe une demande croissante de la part de nombreux pays pour des mécanismes de financement basé sur les résultats (a), qui offrent des outils prometteurs pour améliorer l’alignement des incitations sur les résultats souhaités, en conditionnant le financement à la réalisation d’objectifs préétablis. Cette approche s’est avérée prometteuse, et pourrait aider de nombreux pays à lever les ressources financières nécessaires pour atteindre les ODD. En mai 2015, au cours d'une session historique du Forum mondial sur l’éducation qui s’est tenue à Incheon, en Corée du Sud, la Banque mondiale s’est engagée à doubler l’appui qu’elle apporte à l’éducation sous la forme de financements basés sur les résultats pour le porter à 5 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.

L’aide de la Banque mondiale dans le secteur de l’éducation porte sur des domaines importants du point de vue des pays en développement, à savoir :

  • Accroître fortement les investissements dans le développement de la petite enfance (a), qui constitue un bagage crucial pour les apprentissages et la productivité ultérieurs.
  • Faire en sorte que les enfants scolarisés acquièrent effectivement les compétences fondamentales.
  • Faciliter l’accès à une éducation de qualité chez les filles et les enfants issus de milieux défavorisés.
  • Remédier au fossé entre les études (formation professionnelle, enseignement supérieur) et le marché du travail.
  • Résoudre les problèmes liés au système éducatif à tous les niveaux afin d’accroître l’efficacité et la transparence.
  • Accroître les financements basés sur les résultats pour répondre à la demande des pays.

Il est en effet indispensable que les systèmes éducatifs parviennent à doter les élèves, à tous les niveaux d’enseignement, des compétences nécessaires pour favoriser la productivité et la croissance.

Le choix d’investir dans le jeune enfant (de la naissance jusqu’à ses cinq ans), c’est-à-dire avant qu’il n’entre à l’école primaire, et de favoriser ainsi son éveil et son alimentation, constitue l’un des investissements les plus judicieux qu’un pays puisse réaliser s’il veut lutter contre les inégalités, rompre le cycle de la pauvreté et doper la productivité. Un rapport de la Banque mondiale consacré à la petite enfance et intitulé en anglais Stepping Up Early Childhood Education (a) fournit aux responsables publics et aux professionnels un guide pratique sur les modalités de cet investissement.

Par ailleurs, l’éducation ne peut être de qualité que si l’enseignement est dispensé par des enseignants qualifiés. Un rapport paru en 2014 sur le rôle des enseignants dans l’amélioration des acquis des élèves en Amérique latine et dans les Caraïbes (Great Teachers: How to Raise Student Learning in Latin America and the Caribbean) présente les derniers éléments relatifs aux réformes touchant les enseignants.


Pour accroître la productivité du marché du travail, la Banque mondiale examine le rôle de l’éducation dans la résolution du problème de l’inadéquation des qualifications dont souffrent nombre de pays à travers le monde. Une nouvelle enquête (a) fournit notamment des données comparables sur le plan international en matière de qualification des travailleurs. La Banque mondiale produit également plusieurs rapports régionaux sur ces questions, notamment sur les difficultés et les opportunités auxquelles la Tanzanie est confrontée en matière d’éducation pour préparer l’avenir, sur la situation dans la Fédération de Russie, et sur la recherche en science, en technologie, en ingénierie et en mathématique en Afrique subsaharienne .

La plateforme SABER (a) de la Banque mondiale a été largement utilisée dans le monde entier : elle a permis de créer 159 rapports nationaux qui aident à évaluer les politiques d’éducation et à identifier des priorités concrètes.

Enfin, la Banque mondiale conduit ou soutient une série d’évaluations d’impact rigoureuses destinées à produire des données plus sûres quant à l’effet des mesures appliquées dans des différents contextes. En Afrique, par exemple, l’indicateur de prestation des services permet de suivre et comparer l’évolution de la performance et de la qualité des services d’éducation et de santé dans les pays du continent. La base de données EdStats (a), qui couvre l’ensemble du monde, fournit des statistiques pour 2 500 indicateurs comparables qui portent sur tous les aspects du secteur de l’éducation : taux de scolarisation, taux d’achèvement des études, résultats scolaires, dépenses, etc.

Dernière mise à jour: avr. 04, 2016

Entre 2000 et 2015, la Banque mondiale a investi 42 milliards de dollars dans l’éducation. Sur la même période, la part de l’éducation dans ses financements a doublé, passant de 5 % à près de 10 %, ce qui illustre l’importance de ce domaine dans le portefeuille global de l’institution.

L’appui de la Banque mondiale à l’éducation pour l’exercice 2015 s’est élevé à 4,3 milliards de dollars par an, contre une moyenne annuelle de 3,3 milliards de dollars au cours de la dernière décennie. Les projets en cours représentent 14 milliards de dollars.

Dans de nombreux pays, les fonds de la Banque mondiale aident à mobiliser des ressources bien plus importantes auprès des États, ainsi que d’autres partenaires de développement, avec à la clé une harmonisation des programmes scolaires et une baisse des coûts de transaction pour les gouvernements.

Voici un aperçu des réalisations nationales récemment accomplies avec l’aide de la Banque mondiale :

Au Bangladesh, des mesures incitatives déployées via un projet visant à accroître l’accès à l’éducation secondaire et à améliorer la qualité des enseignements dans les 125 sous-districts les plus pauvres ont notamment permis de fournir aux élèves des allocations calculées en fonction de leur niveau de pauvreté, des bourses d’excellence, des cours de soutien et des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement de meilleure qualité. Le taux de scolarisation dans le secondaire parmi les enfants les plus démunis a grimpé de 27 %, et le taux de réussite dans le secondaire a bondi de 55 % (2008) à 85 % (2014) dans les zones couvertes par le projet.

En Bulgarie (a), près de 80 % des enfants vulnérables (notamment parmi la population rom) qui ont bénéficié d’un enseignement préscolaire dans le cadre d’un projet national en faveur de l’inclusion sociale ont réussi les tests de maturité scolaire, contre tout juste 40 % avant le début de ce projet.

À Haïti, la Banque mondiale a financé les frais de scolarité de plus de 390 000 élèves du primaire pendant plus de quatre ans afin de leur permettre de s’inscrire dans des écoles non publiques, fourni plus de 320 000 repas quotidiens à près de 84 000 élèves par an dans des écoles publiques et non publiques, formé près de 2 700 enseignants du primaire, et aidé des communautés rurales à ouvrir (et piloter elles-mêmes) 61 écoles publiques dans les régions rurales insuffisamment desservies du pays (avec plus de 5 000 élèves touchés). De plus, via un financement du Partenariat mondial pour l’éducation (administré par la Banque mondiale), plus de 2 800 écoles ont bénéficié de financements qui leur ont permis de rouvrir leurs portes après le tremblement de terre de 2010.

En Inde, 78 % des enseignants du primaire dans le secteur public bénéficient d’une formation continue améliorée, contre 50 % en 2012. Le troisième Projet d’éducation élémentaire a permis de faire progresser le taux de scolarisation des filles à plus de 48 % en 2014. De plus, 85 % des écoles sont à présent équipées de toilettes séparées pour les filles et les garçons, contre 72 % en 2012.

En Indonésie, plus de 500 000 enfants âgés de moins de six ans et vivant dans des zones reculées ont pu bénéficier d’une éducation préscolaire entre 2007 et 2013, grâce à un projet (a) qui a permis à 1,7 million d’enseignants d’acquérir un diplôme obligatoire au terme de quatre années d’études supérieures.

En Jamaïque, un mécanisme de financement basé sur les résultats a été mis en œuvre dans un programme de renforcement des capacités qui s’est traduit par une forte amélioration de la maîtrise du calcul en fin de primaire (45 % des élèves en 2009, 58 % en 2014), tandis que la maîtrise de la lecture et de l’écriture passait de 70 à 78 % au même niveau d’études. Pour aller plus loin, cette approche est aussi utilisée pour améliorer la maturité scolaire des moins de quatre ans dans le cadre d’un programme de développement de la petite enfance qui bénéficie à 300 000 enfants.

Au Koweït, une refonte de la scolarité basée sur les compétences a été élaborée et approuvée pour l’enseignement général (a). Depuis 2015, toutes les disciplines disposent de nouveaux programmes et objectifs d’apprentissage pour la totalité des niveaux d’enseignement (de la première année de primaire à la dernière année du premier cycle secondaire) ; plus de 141 écoles ont introduit des approches très innovantes en matière de gestion et de leadership stratégique, et plus de 1 000 personnels ont bénéficié de formations pour favoriser des modes de gestion et de réforme autonomes à l’échelon des établissements.

Au Nigéria, la Banque mondiale soutient les efforts entrepris par les autorités pour élargir l’accès à l’enseignement post-élémentaire principalement par le biais du Projet Lagos Eko, qui s’est achevé en décembre 2015. Les résultats obtenus par les élèves en fin de cycle secondaire à Lagos ont dépassé les attentes, la proportion des élèves obtenant au moins la note B dans les matières scientifiques et technologiques correspondant au double du chiffre attendu.

Au Pakistan, premier pays à recourir au financement basé sur les résultats dans un projet éducatif de l’IDA, le deuxième projet de réforme de l’éducation dans le Sindh a permis de recruter 16 800 enseignants par le biais d'un processus reposant sur des tests, le mérite et les besoins.

Au Viet Nam, un système de bourses a permis de subventionner la scolarité de plus de 8 000 élèves défavorisés dans des établissements secondaires et des lycées professionnels privés. Cette opération, qui conditionnait le versement d’une bourse aux performances scolaires des élèves, a permis d’élargir l’accès au second cycle de l’enseignement secondaire et de réduire le taux de décrochage parmi les élèves défavorisés issus de 12 provinces.

En Afrique de l'Ouest et centrale, 19 centres d’excellence dans des universités de sept pays bénéficient d’un soutien dans des domaines scientifiques critiques pour le développement du continent, tels que l’agronomie, l’ingénierie dans l’eau et l’assainissement ou encore les maladies transmissibles. Des étudiants de toute la sous-région profitent de ces centres, ce qui contribue à une meilleure rentabilité des coûts. En décembre 2015 (a), 2 410 étudiants de la région étaient inscrits à des cursus de courte durée, en master ou en doctorat.

Au Yémen, la Banque mondiale a mis en œuvre un projet de développement de l’accès des filles à l’enseignement secondaire dans cinq gouvernorats. L’indice de parité entre les sexes dans l’enseignement secondaire s’est amélioré, passant de 0,43 à 0,63, tandis que le taux de rétention des filles au lycée est passé de 78,3 à 84,5 % dans les districts concernés par le projet. Un total de 14 349 enseignants ont été formés, tandis que la formation et le recrutement de 89 enseignantes a encouragé les parents à envoyer leurs filles à l’école, particulièrement dans le secondaire. Par ailleurs, le projet a permis de construire 43 écoles, et d’en équiper 50 autres de bibliothèques et de laboratoires de science et d’informatique. Cela a considérablement contribué à favoriser l’émergence d’environnements d’apprentissage propices et sûrs, tant pour les garçons que pour les filles.

Pour en savoir plus sur les résultats obtenus par la Banque mondiale en matière d’éducation, cliquez ici (a).

Dernière mise à jour: avr. 04, 2016

La Banque mondiale collabore étroitement avec les organismes des Nations Unies et d’autres partenaires de développement, et apportera tout le soutien possible aux pays dans la réalisation des ODD.

La Banque coparraine en outre le Forum mondial sur l’éducation, qui se tient au mois de mai 2015 à Incheon, en Corée, et marque la manifestation mondiale la plus importante consacrée à ce secteur en dix ans.

Elle a joué un rôle clé dans la création, en 2002, du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), initiative multi-bailleurs de premier plan dans le domaine de l’éducation de base. Des efforts sont entrepris à l’heure actuelle pour mieux coordonner les financements provenant du GPE et ceux de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres.

La Banque mondiale s’associe également à des bailleurs bilatéraux, par exemple, la Norvège, les États-Unis et l’Allemagne dans le cadre du programme « REACH » (a), qui appuiera les efforts visant à créer une base de données probantes sur l’utilisation du financement basé sur les résultats dans l’éducation.

Les autres partenaires de la Banque mondiale par le biais de fonds fiduciaires sont l’Australie, la Commission européenne, la Corée, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Russie (a).

Enfin, la Banque mondiale collabore également avec de nouveaux partenaires : réseau « Teach for All » (a), Initiative pour le monde arabe (a), Groupe consultatif sur la petite enfance (CGECCD) (a), Global Reading Network (a), Groupe de recherche pour la création d’une base de données probantes sur l’éducation (BE²) et Global Compact on Learning Donor Network (a).

 

 

Dernière mise à jour: avr. 04, 2016



Publication

Programmes d’éducation et de formation à l’entrepreneuriat dans le monde : les facteurs du succès

Malgré leur essor, les programmes d’éducation et de formation à l’entrepreneuriat (EET) sont encore peu connus et leur impact reste minime. Ce rapport cherche à répondre à des questions fondamentales sur les programmes EET en examinant la littérature existante et 230 évaluations de programmes.