Fiches de résultats 01 décembre 2017

Résilience des zones côtières

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Une plateforme d’investissement régionale va mobiliser des financements pour lutter contre l’érosion et les inondations côtières en Afrique de l’Ouest.

Défis et opportunités

De la Mauritanie au Gabon, l’érosion et les inondations qui frappent le littoral-ouest africain mettent gravement en péril les moyens de subsistance et la sécurité des populations, ainsi que les investissements dans les infrastructures. Des tempêtes de plus en plus fortes et l’élévation du niveau de la mer emportent des habitations, des routes et des bâtiments qui avaient connu plusieurs générations. Les plages perdent leur sable, les forêts de mangrove disparaissent, et les populations sont de plus en plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. Sans logement ni possibilité de subsistance par la pêche, de plus en plus d’habitants du littoral n’ont pas d’autre choix que de partir afin de gagner leur vie ailleurs. Avec pour conséquence des communautés divisées et un tissu social durablement bouleversé.

Chaque année, ce sont environ 500 000 personnes qui sont touchées par l’impact des inondations et l’aggravation de l’érosion des zones côtières ouest-africaines, avec des pertes économiques estimées à plus de 2 % du PIB. À certains endroits, l’érosion atteint 10 mètres par an, voire plus. En 2016, environ un tiers de la population de la région (soit 122 millions d’habitants) vivait dans des zones dont l’altitude est inférieure à 5 mètres.

L’urbanisation, rapide et souvent sauvage, est à l’origine d’une transformation significative des paysages naturels qui autrefois offraient une protection contre l’érosion et les inondations. En outre, environ 80 % de la pollution côtière est due à des activités terrestres (industrielles, agricoles et urbaines). 

Ces évolutions frappent de plein fouet les populations les plus pauvres et marginalisées, qui en subissent les conséquences de manière disproportionnée. Elles sont en outre vouées à s’intensifier sous l’effet du changement climatique. 

L’érosion et les inondations côtières ne concernent pas que l’Afrique de l’Ouest. C’est un problème qui touche les littoraux dans l’ensemble du monde. Le Groupe de la Banque mondiale est la principale source de financements dans le domaine de la résilience aux chocs climatiques et aux catastrophes. Cette aide prend la forme de programmes nationaux ou régionaux, comme ceux axés sur la résilience des îles des Caraïbes et du Pacifique, ou encore l’Initiative d’évaluation et de financement des risques dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (SWIO RAFI). La Banque est également à l’origine de l’Initiative pour la résilience des petits États insulaires (SISRI) (a).

Dans les pays qui ont commencé à prendre des mesures pour lutter contre l’érosion et les inondations côtières, les besoins de financement sont immenses. Sachant que, dans ce domaine, les efforts entrepris dans un pays peuvent avoir des conséquences sur ses voisins, une action régionale coordonnée est nécessaire. En collaborant et en coordonnant leur action sur le plan politique et technique, les pays seront mieux en mesure de gérer les zones les plus touchées par l’érosion, et de préserver les bienfaits qu’un écosystème côtier sain procure à la population et à l’économie.
 

Transformation par l’action

Confrontés à l’érosion de leur littoral, les pays d’Afrique de l’Ouest ont décidé de passer à l’action ensemble. Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) a été mis sur pied par le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec les bénéficiaires finaux, à savoir les populations côtières dont les moyens de subsistance, la nutrition, la sécurité alimentaire et la prospérité dépendent de ce littoral. Ce programme vise à aider 17 pays d’Afrique de l’Ouest à mieux gérer les risques naturels et les risques causés par l’activité humaine qui touchent les populations côtières.

L’objectif est de permettre à ces pays d‘obtenir les financements et l’expertise dont ils ont besoin pour parvenir à assurer une gestion durable de leur littoral, avec comme angle d’attaque la lutte contre l’érosion et les inondations. Avec ce programme, la Banque mondiale et ses partenaires promeuvent une approche régionale sans précédent pour la lutte contre l’érosion côtière.

Le WACA donnera lieu en 2018 à la création d’une plateforme d’investissement de haut niveau dont l’objectif sera d’attirer au moins de 2 milliards de dollars d’investissements publics et privés en faveur de la lutte contre la détérioration du littoral et de l’adaptation au changement climatique. Un premier projet d’investissement pour la résilience du littoral ouest-africain devrait être approuvé au début de 2018. Doté d’une enveloppe de 200 millions de dollars, il couvrira initialement six pays — Bénin, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal et Togo — et collaborera avec les institutions régionales existantes, dont notamment l’Union économique et monétaire ouest-africaine ; le projet sera financé par la Banque mondiale, via l’Association internationale de développement (IDA), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le Fonds nordique de développement.


Chiffres clés

  • La population du littoral ouest-africain est de plus en plus vulnérable aux effets du changement climatique, qui frappe de plein fouet les plus pauvres en particulier, dont les moyens de subsistance, déjà précaires, dépendent de la disponibilité et de la qualité des ressources naturelles.
  • Chaque année, , avec des pertes économiques estimées à plus de 2 % du PIB.
  • En 2016, 122 millions d’habitants (soit un tiers de la population vivant sur la côte entre la Mauritanie et le Gabon) vivaient dans des zones dont l’altitude est inférieure à 5 mètres.
  • Le coût de la dégradation des milieux côtiers au Togo et en Mauritanie se chiffre respectivement à 7 % (2013) et 7,5 % (2014) du PIB. 


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