Maroc Présentation

Avec l’adoption de la nouvelle Constitution de 2011, qui ouvre la voie à une société plus ouverte et démocratique, un État de droit et des institutions modernisés, une plus stricte séparation des pouvoirs et une décentralisation accrue, le Maroc s’est lancé dans un ambitieux programme de réformes. L’actuel gouvernement de coalition, qui réunit quatre partis politiques, est dirigé par les islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD). En 2013, des divergences autour des réformes économiques à engager ont provoqué le départ du parti conservateur historique, Istiqlal, et l’arrivée d’un parti centriste libéral, le Rassemblement national des indépendants (RNI). Le gouvernement poursuit le dernier volet des réformes constitutionnelles, pour respecter les engagements pris sur les réformes des subventions, des régimes de retraite et des marchés financiers.

Dans le cadre de son programme de régionalisation, très attendu pour améliorer la gouvernance locale, le pays a tenu, en septembre 2015, des élections régionales et locales. Ces scrutins ont dessiné une nouvelle carte politique locale, avec l’émergence de deux principaux protagonistes : le PJD, au pouvoir, et le Parti authenticité et modernité (PAM), dans l’opposition mais proche du Palais. Tandis que le PAM s’est imposé au niveau régional (en remportant cinq régions sur 12), le PJD est sorti grand vainqueur dans les plus grandes villes du pays. Cette nouvelle donne redéfinira la coalition gouvernementale qui sortira des élections législatives de 2016.

Après les solides performances de 2015, l’économie marocaine connaîtra un sérieux coup de frein en 2016, selon un scénario classique de retournement de la production typique d’une économie encore dépendante de son agriculture pluviale. En raison d’une campagne agricole exceptionnelle en 2014/2015, la croissance a rebondi à 4,4 % en 2015. Mais avec la sécheresse qui sévit actuellement, la production céréalière de 2015/2016 devrait être nettement inférieure à ses performances moyennes et tirera vers le bas l’ensemble de l’économie : en 2016, la croissance du PIB ne devrait pas atteindre 2 %.

Conscient de la dégradation de ses positions, le Maroc s’est lancé depuis 2013 dans une vaste opération d’assainissement budgétaire. Il a également engagé une réforme du système de subventions. Parallèlement à la consolidation de ses recettes fiscales, il a par ailleurs taillé dans les dépenses d’investissement et de fonctionnement. Ce faisant, le déficit budgétaire a été ramené de 7,2 % du PIB en 2012 à 4,3 % en 2015.

Sur le front extérieur, les améliorations sont encore plus spectaculaires : le déficit du compte courant, qui avait culminé à 10 % du PIB en 2012, a été ramené à 2,3 % du PIB en 2015. Plusieurs facteurs expliquent ce résultat, dont une baisse des importations consécutive à la chute des cours du pétrole, et une hausse des exportations par les secteurs « nouveaux » (automobile, aéronautique et électronique) et par l’agroindustrie.

En dépit des aléas de la production agricole, l’économie marocaine marque des signes d’essoufflement depuis quelques années : en moyenne, le PIB en volume a progressé de 3,8 % sur la période 2013-2015, en-deçà de son évolution annuelle tendancielle de 2003-2012 (4,6 %). La demande intérieure, qui avait été le principal moteur de la croissance avant 2012, fléchit depuis 2013.

Le Maroc a étoffé son programme de réformes structurelles mais les transformations attendues dépendent avant tout de sa mise en œuvre concrète. La loi de finances 2016 a confirmé la détermination des autorités à consolider l’assiette fiscale, maîtriser les dépenses et lancer les réformes du système de retraite, pour le rendre plus viable et réduire son passif. Parallèlement aux réformes en cours (subventions, budget et finances), toutes ces mesures contribuent à consolider le cadre macroéconomique et notamment, l’environnement des affaires, qui s’améliore, avec pour conséquence de raffermir les perspectives d’une croissance soutenue et solidaire.

Dernière mise à jour: 31 mars 2016

La stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour le Maroc portant sur la période 2014-2017 a été développée sur la base de vastes consultations menées auprès de représentants du gouvernement, de la société civile, du secteur privé et d’autres acteurs clés du développement. Le cadre de partenariat s’articule autour de trois axes : promotion de la compétitivité et d’une croissance inclusive ; édification d’un avenir écologiquement durable et résilient ; et renforcement de la gouvernance et des institutions pour assurer de meilleurs services à tous les citoyens. L’égalité hommes-femmes, la jeunesse et la participation citoyenne ont été également retenus comme thèmes transversaux.

Avec cette stratégie, la Banque mondiale étoffe son aide financière au Maroc, le programme de prêts de la BIRD passant de 600 millions de dollars par an à 1 milliard pendant les quatre années couvertes. Les prêts consentis au titre des trois premières années devraient correspondre à ce résultat. Le programme vise à accroître et consolider l’engagement du Groupe autour de questions multisectorielles : la compétitivité économique, l’amélioration de la qualité des services publics, la bonne gouvernance, la protection sociale et la réforme des subventions, ainsi que le renforcement de l’inclusion sociale et des moyens d’expression des femmes et des jeunes. La Banque a initié un « examen à mi-parcours » de la stratégie de partenariat à l’issue des deux premières années de sa mise en œuvre, et ce  en étroite collaboration et consultation avec les autorités marocaines et d’autres parties prenantes. Il s’agit d’évaluer l’état d’avancement de la réalisation de la stratégie et d’introduire, si nécessaire, les modifications qui s’imposent pour continuer de se conformer aux priorités du gouvernement. Il s’agit aussi d’intégrer certains nouveaux enjeux pressants (les jeunes et l’emploi, la performance du secteur éducatif, les disparités territoriales et démographiques, la décentralisation et les autorités locales, etc.) et de réfléchir, conformément à la nouvelle stratégie régionale des pays MENA, à la consolidation du contrat social entre l’État et les citoyens.

Dernière mise à jour: 31 mars 2016

Les opérations engagées depuis le lancement de la stratégie, globalement conformes au programme, ont couvert un large éventail de domaines clés. L’aide aux politiques de développement (45,1 % du portefeuille actuellement) a essentiellement porté sur la compétitivité économique, les compétences et l’emploi, la croissance verte, la gestion des déchets solides, les marchés financiers et le financement des PME. Le cas échéant, et en plus de son soutien à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la Banque a fait plus systématiquement appel à son nouvel instrument de « prêt-programme pour les résultats » (PPR), pour appuyer de vastes programmes de développement ayant une forte composante de résultats de même que le renforcement des capacités institutionnelles. Deux opérations PPR (14,5 % du portefeuille) ont été approuvées dans ce cadre, visant les soins de santé primaire en milieu rural et la mobilité urbaine, sachant qu’une troisième est en préparation pour mettre en place une gestion intégrée des risques de catastrophes naturelles. Les projets d’investissement (40,4 %) ont privilégié les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les routes rurales, l’adduction d’eau et les systèmes d’irrigation à grande échelle.

Dernière mise à jour: 31 mars 2016


FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA