Maroc Présentation

Le Maroc s’est lancé dans un ambitieux programme de réformes avec l’adoption, en 2011 de la nouvelle Constitution, qui ouvre la voie à une société plus ouverte et démocratique, un État de droit et des institutions modernisés, une plus stricte séparation des pouvoirs et une décentralisation accrue. L’actuel gouvernement de coalition, qui réunit quatre partis politiques, est dirigé par les islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD). Il s’emploie à poursuivre le dernier volet des réformes constitutionnelles et à mettre en œuvre les réformes promises en matière de subventions, de régimes de retraite et de marchés financiers.

Sur le plan de la gouvernance locale, le pays s’est lancé dans un processus de régionalisation. Les élections régionales et locales qui se sont déroulées en septembre 2015 ont dessiné une nouvelle carte politique locale, avec l’émergence de deux principaux protagonistes : le PJD, au pouvoir, et le Parti authenticité et modernité (PAM), dans l’opposition. Tandis que le PAM, s’est imposé au niveau régional (en remportant cinq régions sur 12), le PJD est sorti grand vainqueur dans les plus grandes villes du pays. Cette nouvelle donne redéfinira probablement la coalition gouvernementale qui sortira des élections législatives d’octobre 2016.

Après de bons résultats en 2015, l’économie marocaine connaît un coup de frein en 2016. L’activité économique a ralenti à 1,4 % au cours du deuxième trimestre de cette année en raison d’une contraction de 12,1 % de la production agricole, et tandis que le secteur non-agricole ne progressait que d’un modeste 2,5 %. L’inflation se maintient sous la barre des 2 %, sous l’effet d’une politique monétaire prudente et de la baisse des cours internationaux des matières premières.

Grâce à la libéralisation du prix des carburants (essence et diesel) et aux autres efforts entrepris en direction de l’assagissement des finances publiques depuis 2013, le déficit budgétaire du Maroc est à la baisse tandis que la situation de la balance courante s’est considérablement améliorée. Compte tenu des performances observées depuis 2016, le déficit budgétaire devrait être ramené à 3,5 % du PIB. Cette baisse s’explique par les fortes recettes engrangées dernièrement et la réduction régulière des subventions à la consommation. Le Maroc devrait être en mesure de stabiliser la dette publique à environ 64 % du PIB. Sur le front extérieur, il est parvenu ces dernières années à réduire son déficit commercial grâce aux efforts d’assainissement budgétaire et à l’émergence de nouvelles industries telles que l’automobile tout particulièrement. Le déficit du compte courant ne devrait pas dépasser 1,5 % du PIB en 2016 ; les réserves de devises atteignaient 24,9 milliards de dollars fin juin 2016, soit l’équivalent de 7,3 mois d’importations.

Le Maroc a affiché ces dernières années des taux de croissance tout à fait honorables, qui ont contribué à l’élimination de l’extrême pauvreté et à une réduction significative de la pauvreté. Le pays reste toutefois confronté à des disparités persistantes et à un taux d’emploi peu élevé.

Alors que le taux de pauvreté a reculé de 8,9 à 4,2 % entre 2007 et 2014, près de 19 % de la population rurale vit encore dans la pauvreté ou dans une situation précaire. Le taux d’emploi, à la baisse, s’établissait à environ 47 % au deuxième trimestre de 2016, sachant que les emplois nouvellement créés appartiennent en général à l’économie informelle et qu’ils sont souvent précaires. Et même si le chômage est globalement resté stable ces dernières années, autour d’un taux de 9 %, il atteignait en juin 2016 38,8 % chez les jeunes en milieu urbain.

À moyen terme, le Maroc devrait être en mesure d’accélérer le rythme de sa croissance tout en préservant sa stabilité macroéconomique. Il est parvenu à développer de nouvelles industries (automobile, aéronautique et électronique), et les succès de ces secteurs, conjugués à l’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest, devraient permettre au Maroc de renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales. Ses perspectives économiques et sa stabilité macroéconomique à moyen terme dépendront cependant de la poursuite de politiques macroéconomiques saines et de l’approfondissement des réformes structurelles visant à accroître la productivité, faire baisser le chômage des jeunes, augmenter la participation des femmes à la vie active et réduire encore davantage la pauvreté et les inégalités. En supposant que le programme de réformes soit pleinement mis en œuvre après les élections législatives de l’automne 2016, on peut tabler sur une accélération de la croissance à hauteur de 4 % à moyen terme, avec une inflation qui se maintiendrait autour de 2 %.

Dernière mise à jour: 30 sept. 2016

Le Cadre de partenariat stratégique  du Groupe de la Banque mondiale pour le Maroc portant sur la période 2014-2017 a été établi sur la base de vastes consultations menées auprès de représentants du gouvernement, de la société civile, du secteur privé et d’autres acteurs clés du développement. Il s’articule autour de trois axes de résultat stratégiques : promotion de la compétitivité et d’une croissance inclusive ; édification d’un avenir écologiquement durable et résilient ; et renforcement de la gouvernance et des institutions pour assurer de meilleurs services à tous les citoyens. L’égalité hommes-femmes, la jeunesse, le droit d’expression et la participation citoyenne ont été également retenus comme thèmes transversaux.      

Dans le cadre de cette stratégie, la Banque mondiale a étoffé son aide financière au Maroc, le programme de prêts de la BIRD est passé de 600 millions de dollars par an à un peu plus de 1 milliard de dollars pendant les quatre années couvertes. Les prêts consentis au titre des trois premières années devraient permettre d’atteindre cette enveloppe. Le programme vise à accroître et consolider l’engagement du Groupe autour de questions multisectorielles : la compétitivité économique, l’amélioration de la qualité des services publics, la bonne gouvernance, la protection sociale et la réforme des subventions, ainsi que le renforcement de l’inclusion sociale et des moyens d’expression des femmes et des jeunes.

À l’issue des deux premières années de mise en œuvre de la stratégie de partenariat, la Banque a procédé au printemps 2016 à un « examen des progrès et des enseignements », en étroite collaboration et consultation avec les autorités marocaines et d’autres parties prenantes. Cet exercice a permis d’évaluer l’état d’avancement de la réalisation de la stratégie à mi-parcours et d’introduire, si nécessaire, les modifications qui s’imposent pour continuer de se conformer aux priorités du gouvernement. Il s’agissait aussi de prendre en compte la montée en puissance d’un certain nombre d’enjeux pressants (les jeunes et l’emploi, la performance du secteur éducatif, les disparités territoriales et démographiques, la décentralisation et les autorités locales, etc.) et d’évaluer le programme à la lumière de la nouvelle stratégie régionale pour la région MENA, qui met notamment l’accent sur la consolidation du contrat social entre l’État et les citoyens.

Cet examen a révélé que l’actuelle stratégie de partenariat avec le Maroc continuait d’être pertinente et que ses thèmes transversaux (l’égalité hommes-femmes, la jeunesse et la participation citoyenne) correspondaient bien au premier pilier de la nouvelle stratégie pour la région MENA, qui concerne le renouvellement du contrat social. Il ne préconise aucune modification en ce qui concerne les objectifs fondamentaux de la stratégie et ses axes de résultat stratégiques, mais suggère de procéder à des ajustements pour les opérations de prêt et les services d’analyse et de conseil qui seront prochainement entrepris dans le cadre de l’actuelle stratégie. En particulier, afin de renforcer ses liens avec la nouvelle stratégie régionale, plusieurs opérations programmées initialement ont été abandonnées en vue de renforcer d’autres interventions qui concernent directement la jeunesse, l’éducation, la lutte contre les inégalités et la création d’emplois. Le processus d’élaboration d’un diagnostic-pays systématique sera lancé au cours de l’exercice 2017, et qui permettra de guider le prochain Cadre de partenariat avec le Maroc pour la période 2018 à 2021.

Les opérations engagées depuis le lancement de la stratégie 2014-2017, globalement conformes au programme, ont couvert un large éventail de domaines clés. Les prêts d’appui aux politiques de développement (54 % des nouveaux financements au cours des exercices 2014 à 2016) ont essentiellement porté sur la compétitivité économique, les compétences et l’emploi, la croissance verte, la gestion des déchets solides, les marchés financiers et le financement des PME. En plus de son soutien à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la Banque a fait plus systématiquement appel à son nouvel instrument « Prêt-programme pour les résultats », pour appuyer de vastes programmes de développement exigeant de mettre l’accent sur les résultats et le renforcement des capacités institutionnelles. Trois opérations (correspondant à 16 % des nouveaux financements) ont été approuvées dans ce cadre, visant les soins de santé primaire en milieu rural, la mobilité urbaine et la gestion intégrée des risques de catastrophes naturelles. L’accent mis sur les projets d’investissement (30 % des nouveaux financements) a privilégié les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les routes rurales, l’adduction d’eau et les systèmes d’irrigation à grande échelle.


FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA