Maroc Présentation

  • L’impasse politique dans laquelle se trouvait le Maroc à la suite des élections législatives d’octobre 2016 a pris fin le 5 avril 2017, avec la nomination officielle d’une nouvelle coalition gouvernementale conduite par le Parti de la justice et du développement (PJD). Cette décision est intervenue après que Sa Majesté le roi Mohammed VI a décidé de remplacer Abdelilah Benkirane, précédent chef du gouvernement, par Saâdeddine El Otmani, afin qu’il conduise les négociations et désigne une nouvelle équipe gouvernementale.

    Six partis composent aujourd’hui la nouvelle alliance. Aux côtés du Parti du progrès et du socialisme (PPS), du Rassemblement national des indépendants (RNI), de sensibilité libérale, et du Mouvement populaire (MP), conservateur, qui faisaient partie de la précédente coalition, cette large alliance regroupe aussi l’Union constitutionnelle (UC), d’inspiration libérale, et l’Union socialiste des forces populaires (USPF). Elle dispose d’une majorité confortable à la Chambre des représentants, avec 240 sièges sur 395.

    Le nouveau gouvernement devrait annoncer un nouveau programme de poursuite des réformes macroéconomiques et constitutionnelles, de modernisation des services sociaux et d’encouragement à la création d’emplois. Sur le plan de la gouvernance locale, la nouvelle administration intensifiera la mise en œuvre d’un large train de mesures en faveur de la régionalisation, afin de cibler les freins au développement local et de faire des régions des moteurs de la croissance.

    Les aléas météorologiques continuent d’influer sur la croissance économique du Maroc. Après une production céréalière record en 2015, le Maroc a souffert d’une grave sécheresse en 2016. La production agricole, qui représente encore près de 15 % du PIB marocain, s’est contractée de quelque 10 %, faisant tomber le taux de croissance global du PIB à 1,1 % en 2016. En dépit d’investissements publics substantiels ces dernières années, les secteurs non agricoles n’ont pas décollé, avec un taux de croissance qui a stagné autour de 3 %.Comme le taux de change est rattaché à un panier de devises composé de l’euro et du dollar américain, l’inflation s’est maintenue sous la barre des 2 %. Si le taux de chômage a légèrement fléchi à 9,4 %, ce recul masque le déclin prolongé du taux d’activité de la population, qui s’établit désormais bien en-deçà de 50 %. D’après les estimations des pouvoirs publics, l’extrême pauvreté a été éradiquée et le taux de pauvreté (calculé selon le seuil de pauvreté national) a diminué de moitié pour se porter à 4,8 % en 2014.

    La poursuite de politiques macroéconomiques prudentes a permis de réduire les déséquilibres extérieurs et budgétaires de ces dernières années. L’achèvement des réformes des subventions lancées en 2014 s’est accompagné d’une gestion et d’une surveillance saine des finances publiques, ce qui devrait contribuer à ramener le déficit budgétaire à 3,9 % du PIB en 2016 et à stabiliser la dette publique à environ 66 % du PIB. Avec l’amélioration du solde épargne-investissement de l’État et la baisse des cours internationaux du pétrole, le déficit du compte des transactions courantes avec l’extérieur s’est nettement réduit ces dernières années ; cette tendance s’est inversée en 2016, en raison d’un assouplissement de la politique monétaire et d’une reprise des prêts d’investissement au secteur privé. La croissance soutenue des exportations réalisées par les nouvelles industries marocaines, notamment dans les filières mondiales de l’automobile et de l’aéronautique, n’a pas été en mesure de compenser la chute des cours internationaux du phosphate, un secteur traditionnel de l’économie du pays qui représente encore près de 18 % du total des exportations. En outre, la part des importations dans ces nouvelles industries demeure importante en raison du nombre réduit de fournisseurs compétitifs dans le pays. Les recettes tirées du tourisme et des envois de fonds se sont redressées en 2016, pour ressortir à 12,5 % du PIB, ce qui a permis de contrebalancer la baisse des dons en provenance des États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont le montant a été inférieur aux prévisions. Grâce à la bonne tenue prolongée des investissements directs étrangers, les réserves en devises du Maroc n’ont cessé de se consolider pour atteindre une couverture de 6,4 mois d’importations fin 2016.

    Grâce aux précipitations abondantes à l’automne 2016, la croissance du PIB devrait rebondir à 3,8 % en 2017. La production céréalière devrait être supérieure à la moyenne de ses performances passées et la croissance du PIB du secteur agricole devrait affleurer les 10 %. Celle du secteur non agricole devrait elle aussi connaître une légère embellie par rapport à la tendance récente, grâce aux retombées des bons résultats de l’agriculture et d’un regain de confiance chez les consommateurs et les producteurs. Cependant, ces progrès ne devraient pas se traduire immédiatement par une amélioration notable de la situation du marché du travail.

    Les atermoiements dans la formation de la nouvelle équipe gouvernementale ont pesé sur la dynamique des réformes. Le projet de loi budgétaire pour l’exercice 2017, qui ambitionne de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, est néanmoins en cours d’exécution. La hausse prévue des cours internationaux du pétrole aura pour conséquence de détériorer le solde des transactions courantes, mais les besoins de financement externe ne devraient pas trop préoccuper le Maroc, compte tenu du faible niveau de son endettement extérieur et de son accès aux marchés internationaux. Par ailleurs, grâce à la seconde ligne de précaution et de liquidité (LPL) accordée par le FMI pour une durée de deux ans, le pays demeure couvert contre les risques extérieurs.

    Dernière mise à jour: 05 avr. 2017

  • La stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour le Maroc portant sur la période 2014-2017 s’inspire des vastes consultations menées auprès de représentants du gouvernement, de la société civile, du secteur privé et d’autres acteurs clés du développement. Elle s’articule autour de trois axes de résultat stratégiques : promotion de la compétitivité et d’une croissance sans exclus ; édification d’un avenir écologiquement durable et résilient ; et renforcement de la gouvernance et des institutions pour assurer de meilleurs services à tous les citoyens. L’égalité hommes-femmes, la jeunesse, le droit d’expression et la participation citoyenne ont été également retenus comme thèmes transversaux.

    Dans le cadre de cette stratégie, la Banque mondiale a étoffé son aide financière au Maroc, le programme de prêts de la BIRD devant passer de 600 millions de dollars par an à un peu plus de 1 milliard pendant les quatre années couvertes. Les prêts consentis au titre des trois premières années devraient permettre d’atteindre cet objectif. Le programme vise à accroître et consolider l’engagement du Groupe autour de questions multisectorielles : la compétitivité économique, l’amélioration de la qualité des services publics, la bonne gouvernance, la protection sociale et la réforme des subventions, ainsi que le renforcement de l’inclusion sociale et des moyens d’expression des femmes et des jeunes.

    À l’issue des deux premières années de mise en œuvre de la stratégie de partenariat, la Banque a procédé au printemps 2016 à un « examen des progrès et des enseignements », en étroite collaboration et consultation avec les autorités marocaines et d’autres parties prenantes. Cet exercice a permis d’évaluer l’état d’avancement de la réalisation de la stratégie à mi-parcours et d’introduire, si nécessaire, les modifications qui s’imposent pour continuer de se conformer aux priorités du gouvernement. Il s’agissait aussi de prendre en compte la montée en puissance d’un certain nombre d’enjeux pressants (les jeunes et l’emploi, la performance du secteur éducatif, les disparités territoriales et démographiques, la décentralisation et les autorités locales, etc.) et d’évaluer le programme à la lumière de la nouvelle stratégie régionale pour les pays MENA, qui met notamment l’accent sur la consolidation du contrat social entre l’État et les citoyens.

    Cet examen a révélé que l’actuelle stratégie de partenariat avec le Maroc continuait d’être tout à fait pertinente et que ses thèmes transversaux, à savoir l’égalité hommes-femmes, la jeunesse et la participation citoyenne, correspondaient bien au premier pilier de la nouvelle stratégie pour la région MENA, qui consiste à renouveler le contrat social. Il ne préconise aucune modification en ce qui concerne les objectifs fondamentaux de la stratégie et ses axes de résultat stratégiques, mais suggère de procéder à des ajustements pour les opérations de prêt et les services d’analyse et de conseil qui seront prochainement entrepris dans le cadre de l’actuelle stratégie. En particulier, afin de renforcer ses liens avec la nouvelle stratégie régionale, plusieurs opérations programmées initialement ont été abandonnées en vue de renforcer d’autres interventions qui concernent directement la jeunesse, l’éducation, la lutte contre les inégalités et la création d’emplois.

    La stratégie de partenariat arrivant à son terme, le processus d’élaboration d’un diagnostic-pays systématique a été lancé au cours de l’exercice budgétaire 2017, qui permettra de guider le prochain cadre de partenariat avec le Maroc pour la période 2018 à 2021.

  • Les opérations engagées depuis le lancement de la stratégie 2014-2017, globalement conformes au programme, ont couvert un large éventail de domaines clés. L’aide aux politiques de développement (54 % des nouveaux financements au cours des exercices 2014 à 2016) a essentiellement porté sur la compétitivité économique, les compétences et l’emploi, la croissance verte, la gestion des déchets solides, les marchés financiers et le financement des PME. En plus de son soutien à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la Banque a fait plus systématiquement appel à son nouvel instrument de « programme pour les résultats », pour appuyer de vastes programmes de développement exigeant de mettre l’accent sur les résultats et le renforcement des capacités institutionnelles. Trois opérations (correspondant à 16 % des nouveaux financements) ont été approuvées dans ce cadre, visant les soins de santé primaire en milieu rural, la mobilité urbaine et la gestion intégrée des risques de catastrophes naturelles. L’accent mis sur les projets d’investissement (30 % des nouveaux financements) a privilégié les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les routes rurales, l’adduction d’eau et les systèmes d’irrigation à grande échelle.

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FINANCEMENTS

Maroc: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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