Algérie Présentation

Le développement des infrastructures et de l’agriculture, qui constituent deux secteurs économiques majeurs en dehors du pétrole, ont largement contribué à ces performances. Le PIB par habitant a atteint 5 451 dollars en 2013, dépassant son pic de l’année 2008 (4 967 dollars). Tous les secteurs ont connu une croissance durant cette période, à l’exception de celui des hydrocarbures où la production est en recul depuis 2006. L’inflation, qui avait grimpé à près de 9 % en 2012 en raison d’une politique budgétaire expansionniste, est retombée depuis à 3 % et reste actuellement à un niveau modéré. Toutefois, la baisse rapide de la production et des exportations d’hydrocarbures a entraîné une réduction de l’excédent du compte courant extérieur qui, si elle se poursuit, pèsera à terme sur le budget de l’État. L’économie algérienne continue de dépendre pour une large part du secteur des hydrocarbures qui représente environ un tiers du PIB du pays et 98 % de ses exportations. Tandis que la production pétrolière décline, la consommation d’énergie, elle, est à la hausse.

Dans le contexte des bouleversements politiques qui ont traversé récemment les pays arabes, le gouvernement algérien est parvenu à maintenir la stabilité en recourant à la fois à l’adoption de réformes politiques marginales et à des dépenses dans le secteur public. Les défis économiques que doit relever le pays à long terme n’en demeurent pas moins toujours d’actualité, à savoir la réduction des subventions, l’amélioration de l’environnement des affaires, la diversification de l’économie et la création d’emplois dans le secteur privé. Les promesses du nouveau gouvernement issu de l’élection présidentielle d’avril 2014, qui s’était engagé à agir plus vigoureusement, ne se sont pas encore concrétisées.

Le développement du secteur privé est entravé par les difficultés d’accès au crédit, les complexités de l’environnement réglementaire et la lourdeur des procédures de création d’une entreprise. Si le chômage s’est globalement stabilisé autour de 10 % depuis 2010, il atteint 24,8 % chez les jeunes et 16,3 % chez les femmes. Le processus d’intégration du pays au commerce mondial évolue très lentement et les négociations en vue de son adhésion à l’OMC n’ont pas beaucoup avancé. Sur le plan budgétaire, l’adoption d’une politique expansionniste a permis à l’économie de se redresser, mais a creusé le déficit, qui a atteint un niveau record de 5 % du PIB en 2012 et devrait rester élevé en 2014-15 compte tenu de la baisse des recettes tirées des hydrocarbures. Malgré une tendance à la baisse au cours des deux dernières années, les dépenses publiques se situent autour de 35 % du PIB, en partie sous l’effet d’un accroissement du budget alloué au programme d’investissement, mais en raison surtout du niveau élevé des dépenses consacrées aux salaires et transferts. Les subventions, en particulier, qui devraient atteindre près de 13 % du PIB en 2014, continuent de peser sur les finances publiques, ce qui souligne l’urgence d’une réforme en la matière.

Pour stimuler l’économie, le gouvernement a cherché à mieux valoriser ses ressources en hydrocarbures et s’est employé à développer le secteur privé à travers l’ouverture de centres de recherche et le lancement de grands projets dans les domaines du transport et du logement. Il a par ailleurs créé un comité chargé de formuler un plan d’action en vue d’aider à réformer l’environnement de l’entreprise. En l’absence des réformes indispensables, l’économie algérienne risque d’être condamnée à une croissance modeste. La diversification économique et la réduction de la dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures sont deux conditions essentielles pour assurer une croissance forte et équilibrée. Le programme de développement actuellement mené par le gouvernement n’a pas été à la hauteur des attentes. 

Dernière mise à jour: 31 janv. 2015

À la suite de la décision du gouvernement algérien de s’abstenir de recourir aux emprunts extérieurs, les activités de la Banque mondiale se focalisent depuis 2006 dans la réalisation de travaux d’analyse et la fourniture de services de conseil remboursables. Le dernier projet financé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) en Algérie a pris fin en février 2009. La stratégie de partenariat de la Banque mondiale pour l’Algérie couvrant la période 2010-2014 est axée sur :

  • le renforcement de la croissance grâce à la diversification de l'économie : il s’agit d’appuyer la stratégie de développement agricole et rural, d’améliorer le climat de l’investissement, en particulier pour les PME, et de moderniser les secteurs financier et bancaire ;
  • la promotion d’un développement durable et la réduction des disparités géographiques : il s’agit d’une part de fournir une assistance et un appui techniques à la mise en œuvre des initiatives et programmes publics de protection de l’environnement et, d’autre part, d’aider à la préservation des écosystèmes désertiques ;
  • le renforcement des institutions chargées de la planification, du contrôle, de l'évaluation et de l'élaboration des politiques économiques : il s’agit de fournir un appui technique destiné à renforcer les capacités en la matière de différents secteurs de l’administration publique. 

En 2012, la Banque mondiale et l’Algérie ont signé huit accords de services de conseil remboursables dans cinq secteurs : finance, agriculture, environnement, aide sociale/solidarité nationale et télécommunications. Deux nouveaux accords de ce type ont été conclus en 2013 et en 2014 dans le secteur financier, tandis que cinq autres, en cours d’élaboration, portent sur l’environnement de l’entreprise et les télécommunications. Le ministère de l’Agriculture a sollicité la poursuite, pour une seconde phase, de trois accords en cours ainsi que l’adoption de deux nouveaux accords, dont la signature interviendra sur l’exercice 2015.

Les services de conseil remboursables ont été complétés par plusieurs activités d’analyse et d’assistance technique financées par la Banque mondiale et par d’autres ressources budgétaires. Ces activités ont porté sur les éléments suivants : élaboration d’une nouvelle stratégie pour l’agriculture et le développement rural et d’une étude sur la gestion des risques agricoles ; indicateurs Doing Business en réponse à la requête du ministère des Finances en 2011 ; étude de cas sur l’Algérie concernant le dessalement des eaux et les énergies renouvelables ; appui au Bureau national de la statistique pour l’amélioration des méthodologies en matière d’analyse de la pauvreté ; appui aux associations du secteur privé pour l’amélioration du dialogue entre secteur public et secteur privé ; et série d’ateliers sur les thèmes de l’emploi, de l’évaluation des programmes publics et de la gouvernance.

L’Algérie a également bénéficié de plusieurs initiatives régionales. Au nombre de ces initiatives, figurent notamment la tenue d’un atelier en 2011 sur le commerce et la participation à l’élaboration d’une étude régionale sur la facilitation des échanges et l’infrastructure au Maghreb, qui a été suivie d’une conférence ministérielle organisée dans la capitale marocaine, Rabat, en 2012 pour valider les recommandations et le plan d’action de l’étude. L’Algérie a également participé à l’élaboration d’un rapport régional phare sur l’adaptation au changement climatique dans les pays arabes ; le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI) a dirigé la réalisation d’une étude de cas sur le changement climatique et la gestion des risques naturels pour la ville d’Alger. Le pays a aussi pris part à un projet régional sur l’amélioration de la gouvernance des universités ; l’équipe de la Banque mondiale a produit une étude de cas sur l’Algérie qui a été examinée avec les recteurs d’université lors d’un séminaire qui s’est tenu dans la capitale algérienne à la fin 2012. L’Algérie a également participé à un rapport piloté par le CMI sur l’économie du savoir et l’innovation. En outre, elle a pris part à un certain nombre de rencontres régionales organisées par la Banque mondiale, dont un séminaire à Tunis sur la stratégie de la Banque en matière de protection sociale et un séminaire sur la gouvernance à Rabat.

Deux projets financés par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) sont en cours d’élaboration, la Banque mondiale assurant la fonction d’organisme d’exécution. Le premier, qui porte sur la gestion des écosystèmes et l’adaptation au changement climatique en Algérie, fait partie d’un programme régional d’amélioration des écosystèmes et des moyens de subsistance dans les déserts couvrant l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ; il bénéficiera d’un financement de 7,4 millions de dollars du FEM. Le second, qui porte sur l’amélioration de l’efficacité énergétique en Algérie, relève de la première phase d’un programme de maîtrise de l’énergie entrepris plus largement au niveau du Maghreb. Le coût total du projet s’élève à10,6 millions de dollars, auquel le FEM contribuera à hauteur de 4 millions de dollars. 

Dernière mise à jour: 31 janv. 2015

FINANCEMENTS

Algérie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA