Algérie Présentation

Dans le contexte des bouleversements politiques qui ont traversé récemment les pays arabes, le gouvernement algérien est parvenu à maintenir la stabilité en recourant à la fois à l’adoption de réformes politiques marginales et à des dépenses dans le secteur public. Pour respecter un engagement pris par le président Abdelaziz Bouteflika peu après le début du Printemps arabe, une série d’amendements constitutionnels ont été votés en février 2016 afin de conforter la structure de gouvernance de l’Algérie et d’améliorer la séparation des pouvoirs. L’instabilité régionale reste pour sa part une préoccupation majeure pour les autorités, qui viennent de renforcer les mesures de sécurité le long de la frontière avec la Libye.

Sur le plan économique, les fondamentaux ne cessent de se dégrader depuis le milieu de l’année 2014, plombés par l’effondrement des cours du pétrole. Mais le budget qui vient d’être approuvé marque un tournant. En 2015, la croissance a été touchée de plein fouet par la dégringolade des cours de l’or noir, de 100 dollars le baril en 2014 à 59 dollars en 2015, pour ressortir à 2,9 %, contre 3,8 % en 2014. Tablant au départ sur un repli passager, les autorités n’ont pas assaini leur position budgétaire et ont ainsi doublé leur déficit, qui a atteint -15,9 % du PIB en 2015. Le déficit du compte courant a pour sa part été multiplié par trois, à -15,2 % du PIB. En dépit d’un durcissement de la politique monétaire, les prix ont flambé, l’inflation atteignant 4,8 %, conséquence partielle de la dépréciation de 20 % de la valeur nominale du dinar visant à corriger les déséquilibres extérieurs. Le chômage a franchi la barre des 10 % et touche particulièrement les femmes et les jeunes.

Face à cette situation, le gouvernement a finalement adopté en décembre 2015 une série de politiques d’austérité. Le budget 2016 appelle à une réduction des dépenses de 9 % (cela concerne surtout les investissements) et à une augmentation de 4 % des recettes fiscales, grâce à une hausse du prix de l’essence, de 36 %, et des taux de TVA frappant l’électricité, l’essence et l’immatriculation des véhicules. Le texte autorise les autorités financières à décider de nouvelles coupes si les prix du pétrole passent sous l’hypothèse moyenne établie et, au besoin, à recourir à l’emprunt extérieur. Le gouvernement introduira par ailleurs de nouveaux permis d’importation et envisage d’augmenter le tarif de l’électricité au plus près des dépenses réelles. Les autorités monétaires laisseront filer à nouveau le dinar pour éviter son désalignement.

Le gouvernement sera une fois encore confronté à de délicats arbitrages en 2016, le budget ayant tablé sur un baril de pétrole à 35 dollars. Il n’a guère d’autres choix que de rétablir les équilibres budgétaires et extérieurs. Mais la croissance devrait rester modeste, à 3,4 %, tirée par un certain dynamisme dans les hydrocarbures, puisque de nouveaux sites gaziers devraient entrer en activité, mais également par les autres secteurs. La baisse des dépenses publiques, toujours positives, devrait soutenir la croissance sur fond de stagnation des exportations d’hydrocarbures, surtout si les cours du pétrole ne reprennent pas des couleurs, voire continuent de s’effriter, et si la reprise mondiale reste molle. En 2017-18, quand les cours du pétrole se seront légèrement redressés, la croissance continuera d’être tirée par les investissements publics et des subventions toujours conséquentes. L’investissement privé restera atone, le pays risquant de traverser par ailleurs une période de transition politique délicate, la succession du président actuel étant loin d’être réglée, sur fond de pressions grandissantes pour l’emploi, de persistances des menaces sécuritaires dans la région et d’instabilité sociale consécutive au premier ajustement du prix des produits énergétiques opéré depuis des décennies.

Les défis structurels que doit relever le pays à long terme n’en demeurent pas moins toujours d’actualité, à savoir la réduction des subventions, l’amélioration de l’environnement des affaires, la diversification de l’économie et la création d’emplois dans le secteur privé. Bien que les autorités évoquent la nécessité de réformes, les mesures prises jusqu’à présent ont été modestes. Le nouveau gouvernement issu de l’élection présidentielle d’avril 2014 s’est engagé à agir davantage, sans que ces promesses n’aient encore donné lieu à des résultats concrets.

Le développement du secteur privé est entravé par les difficultés d’accès au crédit, les complexités de l’environnement réglementaire et la lourdeur des procédures de création d’une entreprise. Le processus d’intégration du pays au commerce mondial évolue très lentement et les négociations en vue de son adhésion à l’OMC n’ont pas beaucoup avancé. Pour stimuler l’économie, le gouvernement a cherché à mieux valoriser ses ressources en hydrocarbures et s’est employé à développer le secteur privé à travers l’ouverture de centres de recherche et le lancement de grands projets dans les domaines du transport et du logement. Il a par ailleurs créé un comité chargé de formuler un plan d’action en vue d’aider à réformer l’environnement de l’entreprise. La diversification économique et la réduction de la dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures sont deux conditions essentielles pour assurer une croissance forte et équilibrée.

Dernière mise à jour: 30 sept. 2015

À la suite de la décision du gouvernement algérien de s’abstenir de recourir aux emprunts extérieurs, les activités de la Banque mondiale se focalisent depuis 2006 sur la réalisation de travaux d’analyse et la fourniture de services de conseil remboursables. Le dernier projet financé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) en Algérie a pris fin en février 2009. La stratégie de partenariat de la Banque mondiale pour l’Algérie, qui couvrait la période 2010-2014, a été étendue jusqu’en 2015 à la demande du gouvernement. Elle est axée sur :

  • le renforcement de la croissance grâce à la diversification de l’économie : il s’agit d’appuyer la stratégie de développement agricole et rural, d’améliorer le climat de l’investissement, en particulier pour les PME, et de moderniser les secteurs financier et bancaire ;
  • la promotion des infrastructures et la réduction des disparités géographiques : il s’agit, d’une part, de fournir une assistance et un appui techniques à la mise en œuvre des projets de développement de l’énergie et, d’autre part, d’aider à la préservation des écosystèmes désertiques tout en soutenant le développement territorial ;
  • le renforcement des institutions chargées de la gestion financière, de la gouvernance et du contrat social : il s’agit de fournir un appui technique destiné à renforcer les capacités de gestion financière, la transparence et la réforme du budget et les transferts sociaux.

Le portefeuille de la Banque mondiale en Algérie comprend 12 projets d’assistance technique (dont 9 sont opérationnels et 3 dans leur phase finale de préparation), dans six secteurs : agriculture et développement rural, finance, technologies de l’information et de la communication, climat de l’investissement, protection sociale, environnement, et gestion intégrée des régions désertiques.

Les services de conseil remboursables ont été complétés par plusieurs activités d’analyse et d’assistance technique financées par la Banque mondiale et par d’autres ressources budgétaires. Ces activités ont porté sur les éléments suivants : élaboration d’une nouvelle stratégie, « Vision Algérie 2035 » ; réforme des subventions ; chaînes de valeur dans l’agriculture (lait) et développement rural et, parallèlement, étude sur la gestion des risques agricoles ; et amélioration des indicateurs Doing Business en réponse à la requête du ministère des Finances en 2011 ; étude de cas sur le dessalement des eaux et les énergies renouvelables en Algérie ; appui au Bureau national de la statistique pour l’amélioration des méthodologies en matière d’analyse de la pauvreté ; appui aux associations du secteur privé pour l’amélioration du dialogue entre secteur public et secteur privé ; et série d’ateliers sur les thèmes de l’emploi, de l’évaluation des programmes publics et de la gouvernance.

Dernière mise à jour: 30 mars 2016

FINANCEMENTS

Algérie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA