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NOTE

Les forêts freinent le changement climatique

16 mars 2016


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Andrea Borgarello / World Bank

Les forêts sont un réservoir de carbone vital pour notre planète. Cependant, le déboisement à des fins agricoles, en particulier, libère de grandes quantités de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, et alimente ce faisant, le dérèglement climatique.

Contexte

Les forêts sont un réservoir de carbone vital pour notre planète. Cependant, le déboisement à des fins agricoles, en particulier, libère de grandes quantités de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, et alimente ce faisant, le dérèglement climatique.

Les forêts contribuent à remédier aux conséquences du changement climatique (a) : elles absorbent les GES, régulent les cours d’eau, protègent les communautés côtières contre les événements climatiques extrêmes et l’élévation du niveau de la mer. En outre, elles créent des couloirs migratoires pour rendre plus résilients les habitats des espèces animales et végétales. Les forêts et les arbres sont donc au cœur de la lutte contre le changement climatique.

Les conséquences du changement climatique (hausse des températures et imprévisibilité croissante des précipitations) augmentent la vulnérabilité des forêts aux maladies et aux incendies.

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Les forêts doivent donc être protégées et gérées durablement de façon à ce qu’elles puissent appuyer le développement et les services écosystémiques, mais aussi répondre aux besoins alimentaires, énergétiques et économiques d’une population mondiale en augmentation constante. Le Groupe de la Banque mondiale aide non seulement les pays à exploiter les forêts afin de faire reculer la pauvreté et de renforcer l’économie, mais aussi à protéger les forêts et à leur permettre de contribuer à la durabilité des écosystèmes.

Stratégie 

L’amélioration de la gestion forestière et de l’utilisation des sols réduit la vulnérabilité et contribue à la fois à l’atténuation des émissions de GES et à l’adaptation au changement climatique. Cette approche holistique a de multiples effets bénéfiques pour des secteurs tels que l’agriculture et le développement rural et guide les interventions de la Banque dans le domaine des forêts. Ces activités renforcent également la résilience des pays en développement aux catastrophes naturelles et au changement climatique, tout en améliorant la qualité de l'air et de l'eau, la richesse des sols, la biodiversité et la stabilité de la production alimentaire. 

En outre, les travaux du Groupe de la Banque mondiale sur les liens entre forêt et climat sont axés sur l’accroissement du financement de la lutte contre le changement climatique. Parallèlement à la progression des engagements de financement en direction de cet objectif, les partenaires au développement attendent du Groupe de la Banque mondiale qu’il intensifie son action et contribue à transformer les paysages forestiers.

La Banque expérimente actuellement un modèle économique qui simplifie l’accès des pays aux financements orientés sur la gestion durable de ses paysages forestiers. Trois fonds fiduciaires forestiers, le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (a), le Programme d’investissement forestier (a) et le Fonds biocarbone (a), contribuent à la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (REDD+) à l’échelle du « paysage ». Ces fonds allient investissements, programmes d’assistance technique et paiements liés aux résultats afin de permettre aux pays et aux populations de bénéficier d’un développement durable.

La Banque encourage également le financement de la lutte contre le changement climatique en nouant des partenariats avec le secteur privé dans des chaînes d'approvisionnement en produits de base qui n’induisent pas de déboisement. Ces chaînes seront indispensables à la préservation des ressources forestières et à la réduction des risques pour les entreprises tributaires de certains produits (huile de palme, caoutchouc ou cacao, par exemple). Grâce à l’accroissement du financement de mesures en faveur du climat et à l’intérêt croissant suscité par les mécanismes de paiement fondés sur les résultats, les outils du Groupe de la Banque mondiale permettent aux pays en développement de se développer en limitant leurs émissions de carbone et en préservant les forêts.

Les interventions de la Banque dans ces domaines montrent que les programmes peuvent être bénéfiques sur trois plans : adaptation, atténuation et création d’opportunités économiques. Le Groupe de la Banque mondiale aide les pays à concilier les mesures en faveur du climat, la préservation la reconstitution de la forêt, et  la croissance économique.

Résultats

Au travers des partenariats avec la communauté scientifique et d’autres partenaires au développement, la Banque fait avancer le savoir mondial sur l’importance des forêts et des arbres pour l’adaptation et l’atténuation climatiques. Son Programme sur les forêts (PROFOR) publie des analyses et des études de cas sur le rôle des forêts dans la résilience au changement climatique (a). Il a également présenté les enseignements tirés de la mise en œuvre d’un système de paiements pour services environnementaux en Amérique latine (a) afin de faire progresser l’initiative REDD+, et des mesures garantissant que les populations tributaires de la forêt en tirent aussi des avantages (a). Le programme de comptabilisation du patrimoine naturel et de valorisation des services d’écosystèmes (WAVES+) montre que les mangroves et autres infrastructures « vertes » constituent le premier rempart contre les événements climatiques extrêmes.

Dans le cadre du Programme pilote pour la résilience climatique (a) mis en place par le Bangladesh, la Banque finance le boisement des mangroves dans les Sundarbans. Ces ceintures vertes protégeront les basses terres réhabilitées et le boisement permettra d’accroître la couverture forestière, de réduire la vulnérabilité aux tempêtes et aux cyclones, d’augmenter les puits de carbone forestiers, d’améliorer les moyens de subsistance et de fournir un habitat aux espèces sauvages.

La Banque s’appuie sur un don de 13 millions de dollars du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) pour renforcer les capacités institutionnelles et techniques des pays du bassin du Congo (a), afin qu’ils bénéficient d’une future initiative REDD+. L’intégration régionale confère un plus grand poids aux pays dans les négociations internationales sur le climat, et leur permet de réunir des ressources pour suivre l’évolution des forêts et du carbone, pour renforcer leurs capacités et mener des analyses et études sur le terrain. Elle évite également que le déboisement se déplace simplement d’un pays à un autre.

La RDP Lao (a) cherche à remédier au problème du déboisement et à lutter contre le changement climatique en transformant l’utilisation des sols à grande échelle. Le projet de réduction des émissions, appuyé par la Banque, couvre six provinces septentrionales qui représentent 35 % du territoire national, ainsi que les régions les plus pauvres du pays. Ce programme s’attaquera aux causes du déboisement : exploitation forestière incontrôlée, agriculture commerciale et construction d’infrastructures. Ce pays s’intéressera également aux liens entre droits fonciers et disparition de la forêt.

Au Mexique (a), un programme axé sur les forêts et le changement climatique bénéficie d’un financement de près de 500 millions de dollars accordé par la Banque. Ceci vise à aider les communautés rurales à gérer durablement leurs forêts, à renforcer leur organisation sociale et à générer des revenus à partir des produits et des services forestiers, ainsi qu’à réduire les émissions issues du déboisement et de la dégradation forestière. Ce programme couvrira quelque 30 millions d’hectares, une superficie sans précédent, et plus de 3 000 communautés et ejidos, dans tout le pays.

En Éthiopie (a), un projet de remise en état de terrains, portant à l’origine sur plus de 2 700 hectares, a débouché sur un programme à grande échelle couvrant 8,7 millions d’hectares de forêt dans l’État d’Oromia.

Au Nicaragua (a), le projet de programme de réduction des émissions couvre plus de 7 millions d’hectares, dont les forêts représentent un peu moins de la moitié. Cette superficie correspond à environ 90 % de la couverture forestière du pays. Ce programme luttera contre le déboisement, aidera les populations à s’adapter à des événements climatiques extrêmes et contribuera au développement rural. Il renforcera également les territoires autochtones légalement reconnus et les institutions existantes. 

En Zambie (a), le projet de gestion durable des terres de la COMACO sur plus de 270 000 hectares, a ouvert la voie à un programme intégré pour le paysage forestier dans la vallée de la Luangwa. Ce programme comportera des activités de gestion durable de l’agriculture et des forêts afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il devrait porter sur plus de 6 millions d’hectares.



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