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Atténuer les effets de la crise de la zone euro en Macédoine

08 avril 2014



La Banque mondiale a accordé à l’ex-République yougoslave de Macédoine une garantie à l’appui des réformes qui a permis à ce pays d’accéder aux marchés financiers internationaux et de disposer ainsi d’amortisseurs budgétaires grâce auxquels il a pu procéder au remboursement accéléré des arriérés de dettes contractées auprès du secteur privé et relancer la croissance économique. Entre 2012 et 2014, le programme a appuyé des mesures en faveur du resserrement des dépenses publiques, ce qui a donné lieu notamment à une hiérarchisation des dépenses au profit des catégories les plus vulnérables touchées par la crise.

Défis

Les turbulences de la zone euro en 2011 et 2012 ont freiné considérablement l’économie de l’ex-République yougoslave de Macédoine. La faible demande de produits d’exportation a produit des effets néfastes sur les comptes financiers, provoquant un moindre recouvrement de l’impôt, une hausse des pressions budgétaires et un relâchement de la discipline financière. L’État se trouvait face à l’accumulation de ses arriérés de paiement dus à des entreprises privées pour la fourniture de biens et de services et au titre du remboursement de la taxe à la valeur ajoutée (TVA). Cette situation a provoqué un cycle délétère caractérisé par l’incapacité des pouvoirs publics à honorer leurs engagements et par l’atonie de la croissance et du secteur privé, avec des recettes toujours plus en baisse et un État toujours plus grevé par ses arriérés de paiement.

Solutions

Le gouvernement macédonien a été en mesure d’obtenir un prêt bancaire de 250 millions d’euros grâce à une garantie de la Banque mondiale. Sans cette garantie, qui a couvert une partie du prêt, les autorités n’auraient pas pu accéder à des marchés financiers internationaux qui leur étaient pour l’essentiel inaccessibles ni se voir allouer un tel montant. Ces fonds ont permis à l’État de disposer d’amortisseurs budgétaires grâce auxquels il a pu accélérer le remboursement de ses arriérés et mener des réformes visant à éviter toute récidive d’un phénomène néfaste à l’économie du pays. Cette garantie a également contribué à modifier la perception du risque associé à l’ex-République yougoslave de Macédoine et à élargir sa visibilité sur les marchés internationaux. Par ailleurs, du fait de la prorogation de l’échéance de prêt qui a réduit considérablement le coût de l’emprunt, l’État économisera plus de 50 millions d’euros de charges d’intérêt sur une période de sept ans.


« Le programme de transferts monétaires conditionnels arrive à point nommé et complète les activités de notre école qui avait déjà pour objectif d’offrir à nos élèves un avenir plus radieux et plus sécurisant, ainsi qu’un niveau d’éducation satisfaisant.  »

Sonja Ristovska

Principale du lycée professionnel Boro Petrusevski à Skopje

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Résultats

Grace à la garantie apportée par la Banque mondiale, le pays a pu payer dès le début de l’année 2013 la totalité des arriérés de dettes contractées auprès d’entreprises privées, qui représentaient près de 3 % du PIB. Cette même année, l’activité économique s’est fortement redressée et le taux de croissance a été l’un des plus élevés parmi les pays des Balkans occidentaux. Cette opération a par ailleurs contribué à réduire considérablement les dépenses publiques grâce à l’instauration d’un système centralisé de marchés publics pour les médicaments et autres appareils médicaux, et au meilleur ciblage des dépenses sociales en faveur des populations les plus vulnérables, avec l’accroissement, notamment, de la part budgétaire consacrée aux politiques actives de l’emploi, qui demeuraient essentielles au regard des progrès encore à accomplir en la matière dans la région. Voici, plus précisément, les résultats obtenus :

  • une baisse du prix unitaire moyen des médicaments les plus courants d’au moins 10 % constatée fin 2012 ;
  • une baisse d’un tiers au moins du prix d’achat unitaire moyen des appareils optiques à vocation médicale à la fin décembre 2012 ;
  • une hausse des contrats passés avec des prestataires de services de santé au sein des cinq régions les moins desservies à la fin décembre 2013 ;
  • une augmentation du nombre des bénéficiaires de la protection sociale dans le cadre des politiques actives de l’emploi (11 400 en 2014 contre 5 700 précédemment) ;
  • près de 75 000 demandeurs de prestations sociales avaient bénéficié fin novembre 2012 d’un accès amélioré à ces services grâce à la réduction du nombre de documents (de cinq à un) nécessaires à l’ouverture et au renouvellement des droits ;
  • plus de 43 000 bénéficiaires avaient profité en 2013 d’une hausse de 5 % du niveau des prestations en espèces soumises à conditions de ressources, au titre de l’aide financière sociale et de l’aide permanente.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La garantie à l’appui des réformes des dépenses publiques octroyée à l’ex-République yougoslave de Macédoine constituait une opération individuelle en une seule tranche d’un montant de 155 millions d’euros (soit 201,5 millions de dollars). Les fonds de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont été mobilisés pour consolider une opération d’emprunt d’environ 250 millions d’euros auprès des marchés du crédit internationaux.


« J’utilise cet argent pour acheter des cahiers et payer le transport entre la ville où j’habite et l’école. Ce dispositif soulage considérablement ma famille sur le plan financier et facilite la poursuite de mes études.  »

Kristina Donevska

Élève du lycée professionnel Boro Petrusevski et bénéficiaire du programme de transferts monétaires conditionnels


Partenaires

La garantie apportée par la BIRD a permis à l’équipe de la Banque mondiale de renforcer une collaboration essentielle avec les autres acteurs multilatéraux et les banques commerciales. Cette opération a également eu pour résultat de familiariser les autorités macédoniennes avec un prêteur qui ne serait pas engagé sans la garantie de la Banque mondiale. La coopération avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international, deux partenaires impliqués dans la gestion des finances publiques du pays, en est ressortie également renforcée. Les banques commerciales associées à cette garantie ont elles-mêmes tiré de précieux enseignements de leur participation à cette importante opération d’emprunt souverain avec l’ex-République yougoslave de Macédoine, en se familiarisant avec le risque-pays et la capacité du ministère des Finances à réaliser ce type de transaction.

 Perspectives

Le Trésor s’emploie à améliorer son système d’information afin d’y incorporer la saisie et le contrôle des engagements pluriannuels. Afin d’éviter que les arriérés de paiement ne se reproduisent en 2014, les engagements pluriannuels de l’État seront inscrits, suivis et validés dans le système du Trésor qui ne pourra plus désormais valider des demandes de paiement si les exigibilités n’ont pas été dûment enregistrées.

À la suite de la garantie de la BIRD, le gouvernement a donné son accord à une plus large évaluation des finances publiques afin d’en déterminer les carences et d’identifier les solutions possibles. D’autres réformes concernant le développement du secteur privé sont entreprises dans le cadre d’un prêt à l’appui des politiques de développement pour la compétitivité.

Le Projet de transferts monétaires conditionnels et le Projet de protection sociale sont toujours en cours ; ils comprennent la mise en place de dispositifs de protection sociale et d’un programme de réformes en faveur de l’inclusion.

43 000
personnes avaient bénéficié fin 2013 de la hausse de 5 % niveau des prestations en espèces soumises à conditions de ressources au titre de l’aide financière sociale et de l’aide permanente


CARTE DU PROJET