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Quatre projets de production d’électricité par le secteur privé

12 décembre 2012


Le programme d’appui à la production d’électricité par le secteur privé au Kenya comprend trois projets de production d’énergie thermique et un projet géothermique qui ont tous été élaborés et financés par le secteur privé. Le programme bénéficie d’un appui complémentaire du Groupe de la Banque mondiale, sous la forme de garanties de l’Association internationale de développement (IDA) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), et de financements de la Société financière internationale (IFC). À peine plus d’un an après leur approbation par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, et en dépit de la situation difficile du marché financier mondial, trois des quatre projets portés par des producteurs indépendants d’électricité ont déjà abouti à un bouclage financier et les premiers projets ont déjà démarré.

Défi

Seulement 25 % des Kényans ont accès à l’électricité, et seulement 5 % dans les zones rurales. L’élargissement de l’accès à l’électricité et la fiabilité de la fourniture d’énergie sont les éléments clés de la « Vision 2030 », la stratégie nationale de développement adoptée par le gouvernement.

Dans le contexte actuel de récession économique mondiale et de crise financière, le gouvernement kényan et la société nationale d’électricité, Kenya Power (KPLC), avaient des difficultés à mobiliser les ressources publiques nécessaires pour financer de nouveaux investissements dans la production d’électricité et remédier aux graves pénuries d’énergie. Il était essentiel de convaincre le secteur privé d’élaborer et mettre en œuvre des projets et de mobiliser des crédits commerciaux à long terme pour financer les investissements. Cependant, malgré le vaste programme de réforme engagé dans le secteur énergétique et l’amélioration de sa gouvernance, et malgré l’aide régulièrement fournie aux projets de production indépendante d’électricité par les institutions de financement du développement, les investisseurs privés hésitaient à investir dans le secteur énergétique. 

En raison, notamment, de leur perception du risque politique au Kenya, qu’ils estimaient élevé, les investisseurs comptaient sur le gouvernement kényan pour offrir des garanties d’État dans le cadre de montages destinés à attirer et protéger les investissements dans la production électrique. Compte tenu des contraintes macroéconomiques et du plafonnement de la dette convenu dans le cadre d’un programme du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement voulait optimiser l’utilisation des instruments de protection pour attirer les investisseurs, notamment les banques commerciales qui n’avaient pas soutenu les précédents projets de production indépendante d’électricité. Le gouvernement s’est tourné vers la Banque mondiale pour étudier d’autres moyens de surmonter ces obstacles et d’attirer l’investissement privé dans le secteur.

Solution

La Banque mondiale a tiré parti des ressources — limitées — de l’IDA pour accroître l’approvisionnement en électricité des Kényans (ménages et entreprises industrielles ou commerciales) et augmenter la production électrique de 270 mégawatts (MW) en fournissant des garanties partielles de risque (PRG) d’un montant de 166 millions de dollars (avec une allocation de 41,5 millions de dollars de l’IDA) et visant à mobiliser des financements à long terme qui favorisent l’investissement du secteur privé. L’idée était de fournir l’appoint de liquidités nécessaire pour permettre à la société nationale d’électricité d’honorer certaines obligations de paiement au titre d’accords d’achat d’énergie (PPA) conclus avec des producteurs indépendants. L’appui de l’IDA a permis à la KPLC d’offrir des mécanismes de protection à des conditions favorables en recourant le moins possible aux garanties d’État pour les accords conclus avec les producteurs indépendants d’électricité.

Dans la structure approuvée par le Conseil des administrateurs le 12 février 2012, l’appui de l’IDA est complété par des garanties de la MIGA destinées à couvrir les montants relativement plus élevés qui seraient nécessaires en cas de résiliation des projets concernés. Ce dispositif complémentaire d’atténuation des risques a fourni le soutien voulu aux investisseurs et organismes de crédit, pratiquement sans qu’il soit nécessaire de recourir aux garanties d’État. En outre, l’IFC a fourni des financements à long terme pour deux des quatre projets, ce qui n’est généralement pas une option possible pour les projets d’infrastructure à long terme au Kenya. Ce montage bénéficiera de la longue expérience de la Banque mondiale dans le secteur, et du fait qu’elle est donc bien placée pour intervenir rapidement en cas de problèmes sectoriels ou d’exploitation.

Le programme novateur lancé au Kenya montre qu’il est possible de tirer parti des forces complémentaires des institutions du Groupe de la Banque mondiale pour trouver une solution globale et pragmatique qui répond aux besoins du client tout en apportant un soutien aux investisseurs et, à terme, à la population kényane qui bénéficiera directement de ce projet.

Résultats

Moins d’un an après leur approbation par le Conseil en février 2012, et en dépit d’une situation difficile sur les marchés financiers mondiaux, trois des quatre projets ont déjà abouti à un bouclage financier l’année dernière et le quatrième projet est également sur le point de franchir ce cap.

Partenaires

Outre l’IDA, l’IFC et la MIGA, les autres partenaires sont la Banque africaine de développement (BAD) pour la centrale de Thika, et des organismes de crédit tels que ABSA et Standard Bank (Afrique du Sud).

Perspectives

L’engagement du Groupe de la Banque mondiale a établi une nouvelle base de référence pour les financements commerciaux à long terme dans le secteur des infrastructures au Kenya, mais aussi plus généralement dans la région. Il est à prévoir que cette formule sera utilisée dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne qui, comme le Kenya, ont réformé leur secteur énergétique et amélioré sa gouvernance.



CARTE DU PROJET