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Qualité des politiques de développement et des institutions : certains pays africains sont mieux notés



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LES POINTS MARQUANTS
  • Une analyse de la qualité des politiques de développement et des institutions (CPIA) dans 38 pays d’Afrique subsaharienne montre que certains pays ont fait des progrès tandis que la note de la CPIA de la plupart des autres est restée immuable ou revue à la baisse
  • La note moyenne obtenue par la région en 2015 est de 3,2 sur 6 – une note stable par rapport à 2014
  • Le Rwanda reste en tête du classement avec une note de 4,0, suivi du Cabo Verde, du Kenya et du Sénégal, qui ont obtenu 3,8. Plus d’un cinquième des pays se sont vus attribuer des notes comprises entre 3,5 et 3,7

ABIDJAN, 28 juin 2016 — Une nouvelle évaluation de la qualité des politiques et des institutions nationales destinées à soutenir à la croissance et la réduction de la pauvreté en Afrique montre des progrès dans quelques pays, bien que la majorité d’entre eux affichent des notes stables ou en baisse. C’est ce qu’indique la dernière analyse de la Banque mondiale.  

La nouvelle Évaluation des politiques et des institutions nationales (CPIA) pour l’Afrique décrit les progrès des pays africains à faible revenu concernant leur capacité à renforcer les politiques et les institutions qui permettent d’améliorer les résultats de développement.

La CPIA évalue les pays sur une échelle de 1 à 6 (6 étant la note la plus élevée et 1 la plus basse), en utilisant 16 indicateurs regroupés en quatre catégories pour déterminer la note finale d’un pays. Ces catégories comprennent la gestion économique, les politiques structurelles, les politiques d’inclusion sociale et de promotion de l’équité, et la gestion du secteur public et les institutions.

Le dernier rapport d’évaluation attribue une note globale de 3,2 pour l’Afrique, identique à celle de l’année dernière. Parmi les trente-huit pays évalués, sept ont enregistré une amélioration de leur note. Il s’agit du Ghana, du Zimbabwe, de la République centrafricaine, du Tchad, des Comores, de la Guinée et du Niger. Douze pays ont fait l’objet d’une détérioration de leur note, dont le Burundi et la Gambie qui affichent les baisses les plus fortes.

Ces évolutions s’expliquent notamment par la détérioration du contexte économique mondial. L’impact de cette conjoncture économique défavorable est particulièrement visible sur les notes relatives à la gestion économique. Un environnement externe plus difficile conjugué à la contraction des politiques d’atténuation a exacerbé les vulnérabilités économiques de plusieurs pays. Dans ce contexte, treize pays africains ont vu leurs notes baisser en matière de gestion économique.

Les notes de la CPIA servent à mesurer le contexte institutionnel dans lequel les programmes de développement sont mis en œuvre et à déterminer le montant des financements à taux zéro attribués aux pays éligibles au soutien de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds concessionnel du Groupe de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres du monde.

Des progrès pour certains, des glissements pour d’autres

Le Rwanda arrive une fois de plus en tête du classement, avec une note globale de la CPIA de 4,0, suivi par le Cabo Verde, le Kenya et le Sénégal, qui obtiennent tous trois une note globale de 3,8. L’Érythrée et le Soudan du Sud se situent quant à eux en bas du classement, avec des glissements dans plusieurs secteurs qui ont contribué à rabaisser leur note à 1,9.

Les dernières évaluations suggèrent une stagnation de la tendance encourageante observée en 2014 dans le domaine de la gouvernance. L’année dernière, près d’un quart des pays africains ont amélioré leur performance dans ce domaine, contre seulement sept cette année. En revanche, la qualité de la gestion des finances publiques et des droits de propriété s’est nettement améliorée aux Comores et au Ghana, ce qui a contribué à améliorer leur note relative à la gouvernance.

« La baisse des performances était particulièrement évidente au Burundi et au Soudan du Sud », a déclaré Punam-Chuhan Pole, économiste principale de la Banque mondiale et auteure de ce rapport. « L’escalade de la violence et du conflit politique et ethnique souligne la nécessité d’agir contre les principales causes de fragilité et de forcer les institutions publiques à rendre des comptes sur les actions de développement humain, de sécurité et de justice aux citoyens. »

Parmi les autres groupes évalués par la CPIA, on observe des changements moins nombreux à l’échelle des pays. Cette année, le rapport fait état d’une convergence entre la note moyenne des pays d’Afrique subsaharienne admissibles aux crédits de l’IDA et celle de l’ensemble des autres pays comparables du monde.

Les États fragiles accusent toujours un retard par rapport aux États non fragiles du continent, lesquels affichent des résultats comparables à ceux des États non fragiles dans le reste du monde. Parallèlement, le retard des États fragiles d’Afrique subsaharienne par rapport aux États fragiles situés dans d’autres régions persiste, notamment en matière de gouvernance, ce qui contribue à faire baisser leur note globale.