COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS 16 février 2020

Discours d'ouverture de David Malpass lors du sommet régional de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'Initiative We-Fi

Bonjour à toutes et à tous. Je souhaite remercier Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, Son Excellence Mona Al Marri, les autorités de Dubaï et le Dubai Women’s Establishment pour avoir accueilli cet important forum.  

Merci également pour votre soutien constant à l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi).

Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui en compagnie de deux femmes exceptionnelles, Ivanka Trump et Kristalina Georgieva, qui ont joué un rôle déterminant dans le lancement de l’initiative We-Fi et sont d’ardentes défenseures de la cause des femmes. Merci pour tout ce que vous faites.

La Banque mondiale est fière d’héberger ce fonds qui aide les femmes entrepreneures à accéder aux financements, aux marchés et aux réseaux et, ainsi, à démanteler les freins réglementaires et juridiques à leur réussite. 

Les Émirats arabes unis font partie, comme les États-Unis, des 14 membres fondateurs de l’initiative We-Fi à laquelle ils apportent un soutien généreux. C’est déjà ici, à Dubaï, que l’initiative We-Fi avait procédé à sa première allocation de fonds, voici deux ans. L’Initiative a alloué à ce jour 250 millions de dollars, qui permettront d’aider plus de 114 000 femmes chefs d’entreprise dans 50 pays, et elle est parvenue à attirer plus de 2,6 milliards de dollars de financements publics et privés. 

Cette force de frappe, l’Initiative la doit certes à ses donateurs mais aussi aux partenaires qui mettent en œuvre ses programmes et à leur vaste réseau d’acteurs publics et privés. Alors surtout, continuez à convaincre de nouveaux partenaires pour que nous puissions avoir un impact encore plus grand.

 

Le thème de ce forum, « Le pouvoir d’influence », est important. Car dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), les femmes entrepreneures impriment déjà leur marque dans le paysage des affaires.  

Plusieurs de ces femmes inspirantes ont été conviées aujourd’hui. J’invite toutes les femmes chefs d’entreprise parmi nous à se lever et je vous demande de leur rendre hommage. 

Pause et applaudissements

Créer et développer une entreprise est un moyen efficace pour les femmes de sortir de la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille et de leur communauté. 

Mais l’entrepreneuriat n’est qu’un élément parmi d’autres. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les fillettes aient les mêmes chances que les garçons, que les femmes soient rémunérées à leur juste valeur et qu’elles puissent devenir, à leur guise, chefs d’entreprise, pilotes, mathématiciennes ou ingénieures. 

Selon nos estimations, une hausse du taux d’activité des femmes comparable à celui des hommes augmenterait le PIB de la région MENA de 47 %. À cause des discriminations persistantes à l’encontre des femmes dans la législation, les normes et les pratiques sociales de ces pays, qui entravent leurs droits et leurs perspectives, la région se prive de 575 milliards de dollars de recettes.

Heureusement, la prise de conscience de l’importance d’une participation égale des femmes et des hommes pour réaliser pleinement le potentiel économique des pays gagne du terrain. 

La Banque mondiale s’emploie à aider les pays à atteindre leurs objectifs de développement. Permettez-moi d’insister sur deux axes clés de nos interventions : les lois et les réglementations ; et l’élargissement de l’accès aux financements.

Premier axe donc, celui des lois, des politiques et des réglementations, qui sont un levier essentiel pour donner aux femmes les moyens de s’insérer dans la vie économique. Le rapport de la Banque mondiale Les Femmes, l’Entreprise et le Droit analyse la situation des femmes dans 190 économies à travers huit indicateurs, depuis leur accès au monde du travail à leur départ à la retraite. 

Ces indicateurs correspondent aux trois facteurs fondamentaux autour desquels s’articule l’initiative Women’s Global Development and Prosperity, pilotée par les États-Unis : l’épanouissement des femmes dans le monde professionnel, la réussite des femmes en tant qu’entrepreneurs et l’autonomisation des femmes dans l’économie. Lancé en février 2019, ce programme a déjà soutenu 12 millions de femmes dans le monde. Nous reparlerons de cette initiative importante. 

Selon l’édition la plus récente du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit, qui porte sur les deux dernières années, 40 pays ont introduit 62 lois pour promouvoir l’égalité des sexes, notamment en levant les restrictions touchant certains secteurs et emplois ou les heures de travail des femmes, en allongeant la durée du congé maternel et parental rémunéré et en introduisant des protections juridiques contre le harcèlement sexuel au travail. 

Historiquement, la région MENA a toujours figuré au bas de l’indice calculé par le rapport. Mais cette année, elle s’est notablement distinguée. Si la Jordanie, le Liban, l’Algérie et Bahreïn ont introduit un certain nombre de réformes, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont été particulièrement actifs.

Depuis 2015, les autorités émiriennes poussent les réformes législatives, en matière notamment d’égalité de rémunération et de représentation des femmes dans les conseils d’administration des entreprises.

Quant à l’Arabie saoudite, elle s’est employée à modifier la législation pour protéger les femmes de toute discrimination en matière d’emploi et interdire le licenciement d’une femme enceinte ou en congé de maternité.

Je veux souligner que les marges d’amélioration existent partout. Je pense notamment à l’introduction récente d’un congé familial payé aux États-Unis.

La Banque mondiale s’intéresse également à la question de l’égalité juridique et de la réglementation à travers son initiative « Empowering Women by Balancing the Law », qui propose des outils analytiques pour actualiser les textes obsolètes régissant le travail des enfants, les violences domestiques, les mutilations génitales féminines et le harcèlement sexuel au travail. 

Venons-en à notre second axe, l’élargissement de l’accès aux financements et aux marchés : à l’échelle mondiale, le besoin de financement des entreprises féminines ressort à 1 500 milliards de dollars.

Et bien que les femmes accèdent à peu près au même rythme que les hommes aux programmes d’accélérateur de start-up, seulement 11 % des entreprises qui reçoivent des financements de démarrage sont dirigées par des femmes. La Société financière internationale (IFC) lance aujourd’hui un nouveau programme, ScaleX, pour encourager les accélérateurs qui intègrent des femmes dans leurs programmes mais aussi ceux qui les aident à obtenir des capitaux d’amorçage.

En ce qui concerne l’accès aux marchés, la situation des femmes chefs d’entreprise est nettement plus défavorable que celle des hommes : seulement 1 % des marchés privés dans le monde sont attribués à des entreprises détenues ou gérées par des femmes. Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à multiplier par deux d’ici 2030 le nombre d’entreprises féminines parmi ses sous-traitants. 

Les technologies numériques peuvent aider les femmes à surmonter certains de ces obstacles. Dans les pays où les transactions se font encore majoritairement en espèces, les systèmes électroniques de paiement pourraient doper le potentiel de croissance des entreprises féminines.

En Égypte, la société de services de paiement Fawry, soutenue par IFC, gère environ 2,5 millions de transactions par jour, permettant à de nombreux clients pauvres et aux PME qui les fournissent d’interagir efficacement et à un prix modique.  

Bien consciente du potentiel que recèlent les femmes entrepreneures, la société vient de lancer le premier réseau féminin d’intermédiaires de paiement électronique, Heyya Fawry, dans le but de permettre à toujours plus de femmes d’accéder aux transactions dématérialisées. 

Le numérique peut également faciliter l’accès aux marchés : des programmes We-Fi déployés en Algérie, à Djibouti, en Égypte, en Jordanie, au Liban, au Maroc et en Tunisie forment des femmes entrepreneures à l’utilisation des plateformes de commerce électronique pour favoriser le développement de leur activité.

Aujourd’hui, la Banque mondiale lance un partenariat avec la société UPS pour aider les entreprises féminines de la région MENA à accéder à ces plateformes afin d’exporter leurs produits et d’accéder à de nouveaux marchés. 

À travers l’initiative We-Fi, son rapport sur Les Femmes, l’Entreprise et le Droit, l’initiative « Empowering Women by Balancing the Law » ou encore le programme ScaleX, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à supprimer les obstacles qui défavorisent les femmes. 

Beaucoup reste à faire. Toutes les personnes présentes ici aujourd’hui peuvent agir. 

Le moment est venu de céder ma place à mes amies, Kristalina et Ivanka, et je le fais avec grand plaisir…

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