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COMMUNIQUÉS DE PRESSE 24 septembre 2020

Près de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à des services énergétiques modernes pour la cuisson

WASHINGTON, 24 septembre 2020 — Quatre milliards d’individus dans le monde sont toujours privés d’accès à une énergie propre, efficiente, pratique, sûre, fiable et abordable pour la cuisson, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Si pour environ 1,25 milliard d’entre eux, une transition vers des services1 améliorés est en cours, les autres continuent de cuisiner au moyen de technologies et de combustibles traditionnels polluants qui ont de graves conséquences pour la santé, l’égalité hommes-femmes ainsi que les performances économiques, l’environnement et le climat.

En s’appuyant sur une méthodologie renforcée afin de parvenir à une évaluation plus complète de l’accès des ménages à l’énergie et des solutions pour la cuisson, le rapport State of Access to Modern Energy Cooking Services constate que le taux d’accès à des sources énergétiques modernes pour la cuisson ne s’établit qu’à 10 % en Afrique subsaharienne, contre 36 % en Asie de l’Est et 56 % en Amérique latine et aux Caraïbes.

« À cause de ses effets délétères sur la santé, le climat et l’égalité hommes-femmes, l’absence de progrès sur le plan de la cuisson propre ampute chaque année la richesse mondiale de plus de 2 400 milliards de dollars. Parce qu’elles se ruinent la santé et risquent leur sécurité, sans oublier les pertes de productivité, les femmes supportent une part disproportionnée de ce coût, observe Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures. Dans le contexte pandémique actuel, ce tribut pourrait s’alourdir, la pollution de l’air au sein des habitations liée à l’utilisation de combustibles et d’appareils hautement polluants risquant de rendre les populations exposées plus vulnérables au coronavirus et à d’autres maladies respiratoires. »

Le rapport de la Banque mondiale apporte un éclairage nouveau sur un élément déterminant pour la réalisation de la cible 7.1 des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Afin de mieux cerner les entraves aux progrès, il s’appuie sur une nouvelle approche multidimensionnelle pour mesurer l’accès à des services énergétiques modernes pour la cuisson à travers l’examen de six facteurs : source propre, efficience, commodité, sûreté, fiabilité et abordabilité.

Les engagements des partenaires du développement et du secteur privé pour financer des modes de cuisson propres s’érodent depuis peu, de 120 millions de dollars à 32 millions2. Selon le rapport State of Access to Modern Energy Cooking Services, il faudrait mobiliser chaque année 150 milliards de dollars pour parvenir à un accès universel à des services énergétiques modernes pour la cuisson à l’horizon 2030. Sur cette enveloppe, 39 milliards de dollars environ devraient provenir des budgets publics afin de proposer aux ménages les plus pauvres des solutions modernes à un prix abordable, le secteur privé apportant 11 milliards de dollars pour déployer les infrastructures en aval (comme les réseaux de distribution) nécessaires au fonctionnement de ces marchés. Le solde (103 milliards de dollars) proviendrait de l’achat par les ménages des appareils et des combustibles. Moins ambitieux, le scénario pour parvenir à un accès universel à des services de cuisson améliorés à l’horizon 2030 nécessite de mobiliser 10 milliards de dollars par an, dont 6 milliards de dollars d’efforts publics pour veiller à l’accessibilité des dispositifs, le reste étant assumé par les ménages.

« Ce rapport présente un concept nouveau et nuancé de l’accès aux modes de cuisson propres, dépassant les seules notions d’efficience et d’émissions pour replacer dans son contexte l’expérience des usagers, en tenant également compte des questions de sûreté, d’abordabilité et d’accessibilité. Le gouvernement britannique appuie ces conclusions et continue de soutenir le programme en faveur de services énergétiques modernes pour la cuisson afin d’introduire dans les foyers du monde entier des solutions meilleur marché, moins polluantes et moins nocives pour la santé », indique le professeur Charlotte Watts, conseillère scientifique en chef et directrice de la division Recherche et données au Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO).

Alors que les gouvernements et leurs partenaires, publics et privés, redoublent d’efforts pour assurer un accès universel à des services énergétiques modernes pour la cuisson, le rapport avance trois recommandations clés :

  • constituer des alliances de haut niveau entre responsables politiques pour défendre dans les instances internationales et nationales la priorisation de l’accès à des services énergétiques modernes pour la cuisson ;
  • formaliser la demande énergétique pour la cuisson dans les processus nationaux de planification de l’énergie, afin d’offrir un accès universel intégrant toute la palette des utilisations, les conditions locales du marché ainsi que les avantages comparés du pays en termes de ressources énergétiques ;
  • accroître fortement le niveau de financements consacrés aux services énergétiques modernes pour la cuisson de manière à changer d’échelle et viser des dizaines de milliards de dollars.

Le rapport State of Access to Modern Energy Cooking Services a été réalisé par le Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP) en collaboration avec l’université de Loughborough et la Clean Cooking Alliance. Fruit des travaux de recherche engagés dans le cadre du Programme de soutien à des services énergétiques modernes pour la cuisson (MECS), il présente des données récentes et de nouvelles perspectives afin d’orienter les avancées du secteur en vue d’atteindre la cible 7.1 des Objectifs de développement durable d’ici 2030.

[1] L’approche à plusieurs niveaux pour mesurer l’accès des ménages aux systèmes de cuisson intègre six caractéristiques techniques et contextuelles — commodité, abordabilité, sûreté, accessibilité du combustible, exposition et efficience — classées selon une échelle allant de 0 (aucun accès) à 5 (plein accès). Un ménage est considéré comme ayant accès à des services énergétiques modernes pour la cuisson à partir du moment où ses pratiques en la matière correspondent au moins aux critères associés au niveau 4. Un ménage dont les pratiques se situent au niveau 2 ou 3 sera considéré « en transition », avec un accès à des services de cuisson améliorés.

[2Energizing Finance: Understanding the Landscape 2019, SEforALL

 

À propos du Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP)

Le Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP) est un partenariat entre la Banque mondiale, des partenaires du développement et des organisations privées sans but lucratif ayant vocation à aider les pays à revenu faible et intermédiaire à réduire la pauvreté et promouvoir la croissance économique à travers l’adoption de solutions énergétiques écologiquement viables. Les services d’analyse et de conseil de l’ESMAP sont pleinement intégrés dans les opérations de financement et les activités de concertation sur les politiques publiques menées par la Banque mondiale dans le secteur de l’énergie. À travers le Groupe de la Banque mondiale, l’ESMAP s’emploie à accélérer la transition énergétique nécessaire pour atteindre le 7e Objectif de développement durable, qui vise à garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables, modernes et à un coût abordable. Il contribue à la définition des stratégies et des programmes du Groupe de la Banque mondiale pour concrétiser les engagements de l’Association internationale de développement (IDA) et les cibles du Plan d’action sur le changement climatique du Groupe.

À propos du Programme de soutien à des services énergétiques modernes pour la cuisson (MECS)

Le Programme de soutien à des services énergétiques modernes pour la cuisson (MECS), d’une durée de cinq ans, est une initiative financée par le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) du Royaume-Uni (UK Aid) et pilotée par l’université de Loughborough et le Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP) de la Banque mondiale. Ce programme a pour objectif d’accélérer la transition vers des solutions énergétiques modernes pour la cuisson en remplacement des systèmes traditionnels dépendants de la biomasse.

Le Groupe de la Banque mondiale, l’une des principales sources de financements et de connaissances pour les économies en développement, prend des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider ces pays à renforcer leur action contre la pandémie. Nous nous attachons à appuyer les interventions de santé publique et à garantir la circulation de fournitures médicales de première nécessité tout en soutenant le secteur privé pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et maintenir les emplois. Nous prévoyons d’apporter jusqu'à 160 milliards de dollars de financements sur une période de 15 mois, afin d’aider plus de 100 pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie. Ce montant comprend 50 milliards de dollars sous forme de nouveaux dons et crédits hautement concessionnels fournis par l’IDA.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2021/028/EEX

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