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COMMUNIQUÉS DE PRESSE 28 mai 2020

Investir dans l'autonomisation des femmes et des filles au Sahel et au-delà

La Banque mondiale débloque 376 millions de dollars pour renforcer l'autonomisation des femmes et les cadres juridiques qui soutiennent les droits des femmes à la santé et à l'éducation en Afrique

WASHINGTON, 28 mai 2020 – Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé aujourd'hui un financement de l'Association internationale de développement (IDA)* d’un montant de 376 millions de dollars afin de renforcer le capital humain en Afrique et d'améliorer les résultats de la région en matière de développement humain. Il s'agit du quatrième financement additionnel au titre du Projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel (SWEDD, selon l'acronyme anglais), une initiative régionale de grande ampleur mise sur pied en réponse à l'appel lancé en 2014 par les présidents du Niger, du Burkina Faso, du Tchad, de la Côte d'Ivoire, du Mali et de la Mauritanie. Ce nouveau soutien porte l'investissement total de la Banque mondiale en faveur du SWEDD à 680 millions de dollars, auxquels s'ajoutent 10 millions d'euros supplémentaires investis par l'Agence française de développement (AFD) au titre d’un financement parallèle.

La phase 2 du projet permettra d'intensifier les activités en cours en Côte d'Ivoire, au Mali, en Mauritanie et au Tchad et de les étendre à deux nouveaux pays : le Cameroun (75 millions de dollars) et la Guinée (60 millions de dollars). « L'ambition du Cameroun à l'horizon 2035 mise sur une population en bonne santé et instruite pour concrétiser l'énorme potentiel du pays au service d'une prospérité partagée », souligne Abdoulaye Seck, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun. « Toutefois, en raison des mariages d’enfants, des grossesses précoces et fréquentes et des abandons scolaires prématurés, les filles, de même que leurs futurs enfants, sont exposés à un risque accru de problèmes de santé et une diminution importante de leur accès à l'éducation et de leurs perspectives de revenus à l’âge adulte. Le SWEDD 2 agira comme un levier d'autonomisation des filles et de renforcement du capital humain et se focalisera dans un premier temps sur trois régions : l'Extrême-Nord, le Nord et l'Adamaoua, où environ 700 000 filles âgées de 10 à 19 ans sont exposées à ces risques. »

De manière générale, le projet continuera à investir dans des activités qui ciblent les adolescentes et leurs communautés afin d'améliorer les compétences psychosociales et les connaissances des jeunes filles en matière de santé sexuelle et reproductive, de les maintenir à l'école et d'élargir leurs perspectives économiques. Il s'agira également de créer un environnement favorable à l'autonomisation sociale et économique des filles en conjuguant les lois et normes réglementaires, religieuses et coutumières, et notamment en insistant sur la prévention et une meilleure réponse aux violences à l'égard des femmes. Les investissements permettront également de faciliter l'accès à des médicaments essentiels, y compris en ce qui concerne la délivrance de moyens de contraception au niveau communautaire, et de renforcer la capacité des sages-femmes à intervenir auprès des femmes et des adolescentes dans les zones rurales.

L'un des volets importants du SWEDD 2 est l'accent mis sur le renforcement des cadres juridiques qui soutiennent les droits des femmes à la santé et à l'éducation. Les activités financées par le projet ont été définies au niveau national et régional à la suite de consultations entre parlementaires, juges et avocats, dans les pays couverts par le projet SWEDD et au-delà. Elles portent sur le renforcement de la législation et des capacités de l'appareil judiciaire, ainsi que sur la promotion de la diffusion et de l'application de la législation existante dans les communautés où des pratiques néfastes sont très répandues.

Le SWEDD 2 soutiendra également l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) — la branche Santé de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) — dans son action en faveur d'un dialogue régional sur l'amélioration des perspectives dans les zones rurales, ainsi que dans l'organisation d'ateliers régionaux pour faciliter le partage des connaissances. Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) reste un partenaire important pour la coordination de l'assistance technique et l’appui à la mise en œuvre du projet, notamment à travers le recours à des partenaires spécialisés et en ce qui concerne la conduite de la campagne régionale de communication et de promotion des changements de comportements sociaux.  

Par ailleurs, le projet s’est enrichi, avec l'Union africaine (UA), d’un nouveau partenaire stratégique. Rassemblant 55 États, l'UA est la plus grande organisation intergouvernementale du continent et, à ce titre, elle constitue une enceinte de premier plan en faveur des transformations sociales et économiques. Ce partenariat viendra consolider la capacité de l'UA à servir de cadre à la codification de réformes politiques et juridiques, à faciliter l'échange entre pairs et à communiquer les progrès réalisés dans les domaines liés à la promotion de l'autonomisation des femmes sur le continent.

Le projet SWEDD s’inscrit dans la ligne de l'Agenda 2063 de l'UA, ainsi que des stratégies nationales des différents pays bénéficiaires. Il contribue également à la stratégie d'aide à l'intégration et à la coopération régionales du Groupe de la Banque mondiale, qui met l’accent sur le développement du capital humain et s'attache en particulier à favoriser l'émancipation économique des femmes. « La Banque mondiale estime qu'il ne peut y avoir de croissance économique durable sans autonomisation des femmes, et considère la pleine participation et l'inclusion des filles et des femmes comme un facteur déterminant des progrès du continent », insiste Deborah Wetzel, directrice de l’intégration régionale en Afrique à la Banque mondiale.

* L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, elle accorde des dons et des prêts à taux faible ou nul pour financer des projets et des programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer la vie des plus démunis. L’IDA figure parmi les principaux bailleurs de fonds des 76 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. Ses ressources bénéficient concrètement à 1,6 milliard de personnes. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités de développement dans 113 pays. Le volume annuel de ses engagements s’est élevé en moyenne à 21 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 61 % environ de ce montant étant destinés à l’Afrique.

Contacts :


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2020/129/AFR

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