COMMUNIQUÉS DE PRESSE 25 octobre 2019

Perspectives économiques à Madagascar : un nouveau départ ?

La trajectoire de croissance de Madagascar reste solide, mais les risques et les défis politiques sont multiples

ANTANANARIVO, 25 octobre 2019 – Selon la dernière note de conjoncture économique consacrée à Madagascar, le taux de croissance de l’économie malgache devrait s’établir à 4,7 % environ en 2019, soit un rythme de progression qui reste vigoureux en dépit d’un léger fléchissement. Le rapport met en évidence deux grands facteurs à l’origine de ce tassement : d’une part, le contrecoup d’un recul significatif des principaux marchés extérieurs sur les recettes d’exportation et l’activité industrielle et, d’autre part, le retard dans l’exécution des dépenses publiques au premier semestre, le nouveau gouvernement ayant pris ses fonctions à l’issue de l’élection présidentielle fin 2018.

Le rebond des investissements publics et privés à la suite des élections devrait porter le taux de croissance à 5,3 % en 2020, compensant ainsi l’impact du ralentissement de l’activité en Chine, en Europe et aux États-Unis. Toutefois, l’économie malgache est exposée à des risques de détérioration accrus du fait de la conjoncture internationale, tandis que le manque d’infrastructures, le déficit de capital humain et les problèmes de gouvernance privent le pays d’une croissance plus soutenue et inclusive.

« Madagascar est une île pleine de potentiel, mais les taux de pauvreté sont toujours inacceptables et le pays n’est pas à l’abri d’une dégradation du contexte mondial, explique Marie-Chantal Uwanyiligira, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar. Le pays a une occasion unique de mettre en œuvre des réformes transformatrices et créer un environnement plus compétitif pour les investisseurs privés et la création d'emplois. Cela exigerait une délimitation claire entre les domaines dans lesquels le secteur privé doit jouer un rôle de premier plan et ceux dans lesquels le secteur public est censé agir. »

Le rapport souligne par ailleurs l’intérêt qu’aurait Madagascar à procéder à un réexamen de certains abattements et régimes fiscaux préférentiels, qui réduisent de près d’un quart les recettes de l’État chaque année.

« Une analyse coût-bénéfice plus systématique et transparente de ces dépenses fiscales permettrait de mieux cerner les mesures inefficaces qui absorbent des ressources pouvant être plutôt allouées à des investissements publics prioritaires ou des dépenses sociales, précise Marc Stocker, économiste senior à la Banque mondiale pour Madagascar et auteur du rapport. En parallèle, la mise en place d’un climat des affaires plus transparent et prévisible contribuerait à attirer de nouveaux investisseurs et à accroître l’innovation et la productivité. »

À cet égard, le rapport consacre un chapitre aux obstacles réglementaires et non réglementaires qui entravent la concurrence dans des secteurs clés, et se penche sur les moyens de les surmonter, avec pour objectif de stimuler la croissance et la création d’emplois mieux rémunérés. Parmi ces moyens figurent le renforcement des lois sur la concurrence et de leur application par des régulateurs indépendants, ainsi que la promotion de bonnes pratiques auprès des entreprises et des organisations professionnelles.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2020/030/AFR

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Madagascar
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