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Les programmes de protection sociale se développent mais peuvent mieux faire pour profiter aux plus démunis

13 mai 2014


Selon un rapport de la Banque mondiale, ils ne couvrent toujours pas les deux tiers des habitants les plus pauvres de la planète.

WASHINGTON, 13 mai 2014 – Les programmes de protection sociale se sont développés de manière exponentielle à l’échelle mondiale au cours des dernières années, mais plus des deux tiers des 1,2 milliard d’habitants de la planète, qui ont moins de 1,25 dollar par jour pour vivre, n’en bénéficient toujours pas, explique un nouveau rapport de la Banque mondiale.                                                

Selon le rapport intitulé The State of Social Safety Nets 2014, qui examine le champ d’application des filets de protection sociale, ces derniers profitent à plus de 1 milliard de personnes vivant dans 146 pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, mais 870 millions de personnes comptant parmi les plus pauvres au monde n'en bénéficient pas à ce jour.
Les programmes de protection sociale comprennent des transferts monétaires et en nature ciblés sur les ménages pauvres et vulnérables, qui ont pour objet de protéger les familles des répercussions de chocs économiques, de catastrophes naturelles et d’autres crises ; de permettre aux enfants de grandir en bonne santé, sans avoir faim, et de poursuivre leur scolarité et leur apprentissage ; d’habiliter les femmes et les filles ; et de créer des emplois.

« Les pays en développement consacrent en moyenne 1,6 % de leur PIB à leurs programmes de protection sociale. Ce pourcentage est faible par rapport à celui des dépenses affectées à d’autres politiques publiques comme les subventions aux combustibles, qui ne sont pas axées sur les groupes de population les plus pauvres. Il est possible de faire plus pour fournir un appui aux habitants les plus défavorisés de la planète », explique Arup Banerji, directeur de la Banque mondiale pour la protection sociale et le travail. « Nous avons de plus en plus d’éléments de preuve que les programmes de protection sociale sont l’un des moyens les plus efficaces par rapport aux coûts dont disposent les pays pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. »

Le rapport est le premier d’une série d’études qui permettront de suivre et d’analyser l’expansion et la couverture des filets de protection sociale dans le monde en développement, de mettre en évidence les innovations prometteuses et d’examiner les importantes évolutions stratégiques et concrètes en ce domaine.

L’expansion des filets de protection sociale a été favorisée par les preuves de plus en plus nombreuses de leur contribution à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la santé et de la nutrition maternelle, infantile et juvénile, ainsi que de leur effet favorable sur la fréquentation et les résultats scolaires et sur la poursuite d’une croissance économique durable. Cinquante-trois évaluations de l’impact des programmes protection sociale, pour la plupart en Afrique, ont été achevées au cours des trois dernières années. Les observations témoignant des avantages que ces programmes procurent ne cessent de s’accumuler, note le rapport.

  • En ce qui concerne la couverture mondiale des filets de protection, le rapport montre que les pays qui affichent les niveaux de revenus les plus faibles sont également ceux qui ont le plus de mal à couvrir leurs populations les plus défavorisées :  
  • Dans les pays à faible revenu, dont 47 % de la population est extrêmement pauvre, les filets de protection sociale couvrent moins de 10 % des habitants.
  • Dans les pays à revenu intermédiaire, les filets de protection sociale couvrent environ un quart des personnes extrêmement pauvres, mais les 500 millions d’habitants les plus pauvres restants ne bénéficient toujours pas des programmes en place.
  • La situation est plus favorable dans les pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure, où environ 45 % des personnes extrêmement pauvres sont couvertes par des filets de protection sociale.

Le rapport note que l’expansion des programmes de protection sociale, en particulier sous forme de transferts monétaires, est particulièrement notable en Afrique subsaharienne. Par exemple, 37 pays africains, soit presque deux fois plus de pays qu’il y a quatre ans, poursuivent actuellement des programmes de transferts monétaires non conditionnels. À l’échelle mondiale, le nombre de pays dotés de programmes de transferts monétaires conditionnels est passé de 27 en 2008 à 52 en 2013. Une évolution similaire a été enregistrée pour d’autres types de programmes de protection sociale, comme les programmes de travaux publics.


Selon les données disponibles, le montant total des dépenses au titre des filets de protection sociale dans les pays à faible revenu et dans les pays à revenu intermédiaire s’élève à 337 milliards de dollars. Le rapport note également que, malgré leur évolution positive, les dépenses des pays en développement au titre des filets de protection sociale restent disproportionnellement faibles.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le niveau moyen des dépenses au titre des subventions relatives aux carburants est quatre fois plus élevé que celui des dépenses consacrées aux filets de protection sociale. On observe la même composition des dépenses en Inde, au Cameroun, en Malaisie, en Équateur, en Indonésie et au Bangladesh.

« Trois pays — l’Inde, la Chine et le Brésil — ont les programmes de protection sociale les plus étendus au monde, et regroupent presque la moitié de toutes les personnes couvertes de la planète. Les pays à faible revenu ont entrepris de tirer les leçons de leur expérience », explique M. Banerji. « Les nouvelles données montrent que, si les filets de protection sociale sont correctement conçus, il sera possible de combler les écarts et de couvrir la totalité des 1,2 milliard de personnes vivant dans une situation d’extrême pauvreté dans le monde entier. »

Le rapport note également que les pays abandonnent les programmes fragmentés au profit de systèmes de protection sociale intégrés. Partout dans le monde, l’on peut observer l’adoption de nouvelles stratégies, une amélioration de la coordination au niveau institutionnel et l’utilisation d’instruments administratifs novateurs. Par exemple, le Cadastro, au Brésil, permet d’utiliser les données de l’état civil de 27 millions d’habitants pour les relier à plus de 10 programmes sociaux ce qui permet aux responsables de l’action publique de déterminer qui bénéficie, ou non, de quel programme et, par conséquent, de mieux cibler leurs efforts pour atteindre les personnes qui ont plus besoin.

Environ 68 pays poursuivent actuellement une stratégie de protection sociale nationale qui reflète une telle démarche systémique, contre seulement 19 en 2009. Dix pays ont en outre mis en place des organes institutionnels qui sont chargés de coordonner les programmes de protection sociale au niveau des secteurs et des ministères.



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À Washington
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Patricia da Camara
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2014/478/HDN

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