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ARTICLE16 mai 2023

Éliminer les obstacles à la transition vers une énergie propre

The World Bank

Centrale thermosolaire à cycle combiné intégré d’Ain Beni Mathar. 

Photo : © Dana Smillie / Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS

  • Sur le front de la transition énergétique, les pays en développement se heurtent à une triple peine : ils paient souvent leur électricité au prix fort, n'ont pas la possibilité de participer à des projets d'énergie propre et sont pris au piège de leur dépendance aux combustibles fossiles.
  • La nouvelle approche de la Banque mondiale, baptisée « Scaling Up to Phase Down », décrit comment surmonter les obstacles qui paralysent la transition énergétique grâce à un « cercle vertueux » en six étapes pour investir dans les énergies propres.
  • Le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique nécessite des volumes plus importants de financements abordables (souvent concessionnels) afin d’enclencher le processus qui permettra d'attirer les flux de capitaux privés nécessaires pour répondre à des besoins d’une ampleur inédite.

Au Maroc, tout a commencé au début des années 2000 avec la création d'une agence publique spécialisée (MASEN) ayant pour mission de stimuler le développement de la production d'énergie renouvelable à grande échelle. Le soutien de la Banque mondiale a ensuite permis au pays de bénéficier de multiples sources de financement concessionnel et non concessionnel pour développer l'énergie solaire. Ainsi, le secteur privé a investi dans la production de centaines de mégawatts d'énergie solaire à faible coût dans ce pays baigné de soleil, qui est maintenant à la recherche d'investissements dans l'éolien terrestre et en mer.

C’est l’exemple même du « cercle vertueux » : la volonté gouvernementale conduit à des projets de plus en plus concluants et à la hausse des investissements privés.

Nous avons atteint notre objectif initial de 40 % de capacité installée d’origine renouvelable en 2021. Cette première étape a été la plus laborieuse, mais les 10 % suivants devraient être plus faciles à atteindre.
Leila Benali
Ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Maroc

Selon la ministre Leila Benali, la prochaine étape de la transition énergétique nécessitera un investissement soutenu d'un milliard de dollars environ, principalement de la part du secteur privé.

Les succès comme celui du Maroc témoignent précisément du cycle en six étapes décrit dans la nouvelle étude de la Banque mondiale intitulée Scaling Up to Phase Down — ou comment permettre aux économies en développement d’« accroître » les énergies renouvelables pour « réduire progressivement » la production d'électricité à partir du charbon en favorisant une meilleure compréhension des obstacles à cette transition entre ces pays et leurs partenaires internationaux.

Un cercle vertueux en six étapes pour accélérer la transition énergétique

Grâce à un soutien ferme et coordonné, tel que détaillé dans le document, les pays à revenu faible et intermédiaire seront en mesure de surmonter les obstacles majeurs qui se dressent sur le chemin de la transition. L'ampleur de la tâche est sans précédent, car on estime que les pays en développement devraient pouvoir investir 1 000 milliards de dollars par an dans le seul secteur de l'électricité pour réaliser les objectifs climatiques. En outre, ces pays doivent simultanément répondre à la demande croissante d'énergie, en assurant un approvisionnement fiable, abordable et sûr.

La transition est freinée par le coût élevé du capital, dont les effets se répercutent sur l'ensemble du système énergétique. « Les pays les plus pauvres sont pris dans un cercle vicieux où ils paient l'électricité plus cher, ne peuvent pas se permettre le coût initial élevé des énergies propres et sont enfermés dans des projets de production à partir de combustibles fossiles. En fait, ils sont soumis à une triple peine sur le front de la transition énergétique », analyse Demetrios Papathanasiou, directeur mondial du pôle Énergie et industries extractives à la Banque mondiale. « Le piège de la pauvreté devient un piège énergétique qui devient un piège climatique. »

Financement et appui concessionnel des partenaires de développement

Financement et appui concessionnel des partenaires de développement

Le cercle vertueux débute par l’impulsion des pouvoirs publics, qui débouche à son tour sur un environnement réglementaire favorable, des institutions de plus en plus performantes et des instruments qui limitent les risques au minimum. Ces bases permettent alors l’attribution transparente et compétitive des projets, avec à la clé un développement des énergies propres à même de répondre à des besoins urgents, notamment la sécurité énergétique, l’accessibilité financière de l'électricité et la création d’emplois.

Une volonté sans faille du gouvernement est la clé du succès

Pour enclencher le cercle vertueux, les gouvernements ont besoin de l’appui de financements climatiques concessionnels à faible coût pour préparer la transition, renforcer leurs services et réseaux électriques, puis constituer un portefeuille de projets d’investissements abordables dans les énergies propres. Les premières étapes du cycle sont cruciales et indiquent aux investisseurs que le pays est prêt à recevoir des flux plus importants de capitaux privés pour soutenir la montée en puissance de l'énergie propre.

Un secteur public fort favorise un secteur privé fort, les deux vont de pair. Lorsque l’environnement devient plus propice, le coût du capital baisse et le secteur privé peut plus facilement se mobiliser.
Alexia Latortue
Sous-secrétaire au Commerce international et au Développement des États-Unis

Dans de nombreux pays clients de la Banque mondiale, la transition énergétique risque d'être paralysée par une mauvaise gouvernance, des subventions mal ciblées et des capacités et une planification inadaptées. L'étude montre comment l'augmentation de la production d'énergie propre fait partie de la solution, en préservant les entreprises de service public des fluctuations de prix et en supprimant la nécessité de subventions inefficaces, ce qui contribue à assainir le secteur et à dégager une marge de manœuvre budgétaire.

L'abandon progressif du charbon dépend de la croissance des énergies renouvelables

L'approche Scaling Up to Phase Down part du principe que ce n'est qu'en augmentant la production d'une énergie propre abordable et résiliente qu'il sera politiquement et financièrement possible de réduire progressivement la production d'électricité à partir du charbon. Elle propose également des solutions telles que le refinancement des emprunts souscrits pour les centrales au charbon afin d'avancer la date de leur mise hors service, ainsi que la réduction et la gestion des risques liés aux actifs délaissés grâce à la planification et à une politique claire. Est aussi soulignée l'importance de la mise en place de cadres de transition équitables pour les travailleurs et les communautés qui seront touchés par la transformation du secteur de l'électricité.

Si l’on n’agit pas très rapidement, le monde risque de s’engager sur une voie aux conséquences dangereuses pour le climat et le développement. Tous les acteurs doivent se mobiliser d’urgence pour aider les pays en développement à mener à bien leur transition énergétique.
Axel van Trotsenburg
Directeur général senior, Banque mondiale

En ce qui concerne le Maroc, la ministre Benali a déclaré qu'elle était convaincue que le pays atteindrait son objectif de 52 % de capacité installée d'énergie renouvelable d'ici 2030, car les projets réussis suscitent de nouveaux investissements, ce qui est au cœur du cercle vertueux.

« La transition énergétique n'est pas un luxe, c'est une nécessité », affirme-t-elle. Le chemin de la transition vers les énergies propres est long et compliqué, mais chaque étape apporte son lot d'avantages.

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