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ARTICLE 26 octobre 2020

La Banque mondiale lance un nouveau portail de données sur l’eau

La Banque mondiale vient de lancer, avec le concours du Partenariat mondial pour la sécurité hydrique et l’assainissement (GWSP), un nouveau portail de données dédié à l’eau. Cette initiative sans précédent permet d’accéder à un répertoire organisé de données provenant de la Banque mondiale, mais aussi d'autres sources et institutions.

World Bank Group


La Banque mondiale vient de lancer, avec le concours du Partenariat mondial pour la sécurité hydrique et l’assainissement (GWSP), un nouveau portail de données dédié à l’eau. Cette initiative sans précédent permet d’accéder à un répertoire organisé de données provenant de la Banque mondiale, mais aussi d'autres sources et institutions.

Tout comme l’eau sur notre planète, les données sont partout... Et tout comme l’eau, les données sont une ressource précieuse pour le développement. C’est pourquoi, depuis dix ans maintenant, la Banque mondiale assure un accès libre et gratuit à ses données sur le développement, tout en aidant les pays à lancer leurs propres initiatives d’open data. 

S’agissant de l’eau, les données sont indispensables pour parvenir à progresser et garantir à tous la sécurité hydrique. Elles permettent de dresser un état des lieux précis de la situation, d’exploiter au mieux ces informations et d’aboutir à des décisions éclairées, avec à la clé des services de bien meilleure qualité, des ressources mieux préservées et une résilience renforcée.

La Banque mondiale vient de lancer, avec le concours du Partenariat mondial pour la sécurité hydrique et l’assainissement (GWSP) (a), un nouveau portail de données (a) dédié à l’eau. Cette initiative sans précédent permet d’accéder à un répertoire organisé de données provenant de la Banque mondiale, mais aussi d'autres sources et institutions. Le portail regroupe ainsi des informations issues de diverses initiatives financées par la Banque mondiale — Réseau international de référenciation pour les services des eaux et de l’assainissement (IBNET), Système d’information sur l’eau et l’assainissement en milieu rural (SIASAR) (a) et Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a), notamment — et enrichies avec plusieurs dizaines de sources de référence (OCDE, Nations Unies, World Resources Institute, WWF, bases de données publiques nationales, etc.).

Ce portail est né essentiellement de deux constats.

Premier constat : les pays clients de la Banque mondiale étaient en quête de données pour résoudre des problèmes de développement qui se révélaient communs. Où serait-il le plus pertinent d’introduire de nouvelles techniques d’irrigation ? Comment cibler au mieux les projets d'assainissement pour lutter contre les maladies d’origine hydrique ? Ou encore quelles sont les zones les plus polluées ? Toutes ces questions revenaient régulièrement dans les discussions de nos équipes avec leurs interlocuteurs gouvernementaux, dans des pays aux contextes pourtant très différents. Les données qui auraient permis d’éclairer ces questions étaient en grande partie disponibles, mais dispersées.

Le deuxième constat réside dans les conclusions tirées de nos travaux de recherche et d’analyse. En 2019, nous avons publié un rapport qui a mis en évidence l’importance fondamentale de l’accès à une information fiable pour le contrat social en général et plus spécifiquement pour la lutte contre la pollution de l’eau. Dans cette publication intitulée Qualité inconnue : la crise invisible de l’eau, nous avons montré comment un meilleur accès à l’information pouvait non seulement améliorer la prise de décision au niveau des ménages — par exemple, si des villageois savent que l’eau d’un puits a une forte concentration d’arsenic, ils iront s’approvisionner à une autre source —, mais aussi susciter un engagement citoyen et une mobilisation sociale. Tous ces éléments convergeaient vers la prise de conscience du rôle essentiel des données.

Le portail a été conçu selon deux principes fondamentaux, qui régiront aussi sa maintenance future.

Premièrement, il s’agit de sortir de la fragmentation pour aller vers l’organisation des données. Les ensembles de données sur l’eau ne manquent pas, mais c’est précisément ce « déluge » d’informations qui complique souvent la tâche des chercheurs et des décideurs et qui fait qu’ils ont du mal à trouver l’information dont ils ont besoin. D’où la nécessité de rassembler et structurer ces données. Le nouveau portail s’y emploie en réunissant et en cataloguant les jeux de données publics disponibles qui apparaissent les plus robustes, et en constituant ainsi le plus grand réservoir de données sur l’eau au monde.


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Le nouveau portail de données sur l’eau


Le portail propose plusieurs modes de recherche.

1.    Par pays d’abord, ce qui permet aux utilisateurs, et en particulier aux sociétés civiles locales et nationales, de consulter les données en fonction des problèmes ou objectifs nationaux spécifiques et d'accéder à toutes les données disponibles sur un pays, de ses progrès sur les Objectifs de développement durable aux résultats d’enquêtes d’opinion.

2.    La recherche peut également s’effectuer par région, ce qui sera particulièrement utile aux institutions multilatérales pour avoir une vision d’ensemble de chaque situation régionale.

3.    Les données sont par ailleurs catégorisées en fonction des trois piliers (a) mis en évidence par la Banque mondiale dans le secteur de l’eau, à savoir : la préservation des ressources hydriques (ce qui comprend toutes les données concernant la quantité et la qualité des eaux de surface et souterraines, les pénuries d’eau et les questions transfrontalières) ; la prestation des services (ce qui comprend toutes les données concernant les compagnies d’eau, l’irrigation, les institutions sectorielles et les infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement) ; et le renforcement de la résilience (ce qui comprend toutes les données concernant les infrastructures de protection (barrages, digues, etc.) et les événements climatiques extrêmes (inondations, tempêtes, sécheresses...).

Second principe : contribution active rime avec utilisation optimale. Autrement dit, le portail sera d'autant plus utile et susceptible de guider la prise décision qu’il bénéficiera d’un grand nombre de contributions. De fait, comme l’a récemment rappelé Claire Melamed, directrice générale du Partenariat mondial pour les données sur le développement durable, « les données sont inutiles si on ne s’en sert pas » (a).

Avec cette initiative, nous espérons encourager les utilisateurs à partager leurs propres jeux de données, pour qu’ils contribuent ainsi à améliorer encore la représentativité, l'exhaustivité et l’exactitude de notre portail. Car nous pensons que les données ne constituent pas seulement une ressource : elles sont aussi un appel à agir. Pour pouvoir relever le défi de l’eau, il est avant tout indispensable de prendre la mesure de l’ampleur du problème. « Sans données de qualité, nous avançons à l’aveugle. Et l’on ne peut résoudre ce que l’on ne voit pas », a déclaré l’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan.

Le monde a besoin de données fiables, précises et diverses pour découvrir de nouveaux angles d’approche, prendre des décisions fondées sur des éléments probants et permettre aux citoyens d’appeler à l’action. Le monde a besoin de nouvelles idées pour garantir à tous ses habitants la sécurité hydrique, et c’est dans la disponibilité et le partage des données que ces nouvelles idées peuvent prendre forme et se concrétiser. Notre portail a précisément pour vocation d’impulser cette dynamique.

Cet article a été initialement publié en anglais sur le site web du Partenariat mondial pour les données sur le développement durable (a).