COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Skip to Main Navigation
ARTICLE 30 décembre 2019

Les plantations « à haute densité » diversifient les cultures et dopent le revenu des agriculteurs

Image

Amin, 52 ans, s’est converti à l’agriculture « à haute densité » dans le cadre du projet national d’horticulture et d’élevage et financé par le Fonds fiduciaire pour la reconstruction en Afghanistan (ARTF).

Rumi Consultancy / Banque mondiale


LES POINTS MARQUANTS

  • Accroître les rendements agricoles sans augmenter la surface de plantation : c’est tout l’enjeu de l’agriculture dite « à haute densité ». Cette technique est très efficace dans la province de Bamiyan, où les agriculteurs cultivent des légumes entre des arbres fruitiers.
  • Promue dans le cadre du projet national d’horticulture et d’élevage, elle est synonyme de diversification des cultures et de hausse des revenus pour les agriculteurs.
  • Le projet, mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture, de l’Irrigation et de l’Élevage, est financé par le Fonds fiduciaire pour la reconstruction en Afghanistan (ARTF).

BAMIYAN (province de Bamiyan) - Aminullah et ses trois employés s’affairent à leurs plantations dans un terrain soigné et clôturé, situé à la périphérie du centre-ville de Bamiyan, dans le village de Sar Asyab.

La parcelle ne s’étend que sur 2 jeribs (0,4 hectare), mais il ne faut pas moins de quatre hommes pour la cultiver. Car Amin, 52 ans, s’est converti à l’agriculture « à haute densité » : entre ses 450 pommiers, il cultive une large variété de légumes à fleurs et de tubercules — choux, laitues, concombres, radis…

Aujourd’hui, il montre à ses ouvriers comment passer le pulvérisateur sur les pommiers afin de les protéger contre les maladies, une méthode qu’il a apprise auprès de l’équipe du projet national d’horticulture et d’élevage. C’est cette équipe qui lui a également enseigné les techniques de plantation à haute densité et fourni les traitements phytosanitaires nécessaires.

Surtout, elles montrent à ceux qui n’ont pas beaucoup de terres qu’ils peuvent aussi vivre de l’agriculture, contrairement à la croyance répandue qu’il faut beaucoup d’hectares pour réussir.

Des milliers de petits exploitants de la province de Bamiyan ont ainsi bénéficié du projet. « Les vergers à haute densité sont une réussite sans appel parce qu’ils donnent de bons résultats », explique Amin, qui a adopté cette pratique en 2015. Depuis qu’il est sorti de la culture exclusive de la pomme, ses revenus ont doublé. « Aujourd’hui, je peux exploiter ma terre sur deux niveaux », poursuit Amin. Il s’attend à ce que ses revenus progressent à nouveau au cours des deux prochaines années. « Cela fait trois ans que je me suis lancé dans l’agriculture à haute densité avec l’aide du projet. Dans deux ans, mon revenu [annuel] aura quadruplé pour atteindre entre 250 000 et 300 000 afghanis (soit environ 3 300-3 900 dollars*). »

L’exploitation a bénéficié d’un budget de 60 000 afghanis (790 dollars). Le programme de promotion de l’agriculture à haute densité n’octroie pas de financements aux participants, mais il leur fournit des plants, des pousses d’arbre et des pesticides, pour le lancement et l’entretien de leurs cultures.

Et il les accompagne tout au long de leurs travaux. « L’équipe du projet se tient à notre disposition pour nous donner des conseils sur les soins qu'exigent les plantations », explique Amin. « Elle nous a également remis un manuel sur les maladies des plantes et les techniques adaptées à l’agriculture à haute densité, comme par exemple comment irriguer plusieurs niveaux de plantations. De cette façon, nous avons toutes les informations à portée de main. »

Mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture (a), le projet national d’horticulture et d’élevage vise à accroître la productivité et la production du secteur horticole. Ce projet bénéficie d’un financement de 190 millions de dollars du Fonds fiduciaire pour la reconstruction en Afghanistan (ARTF) (a), administré par la Banque mondiale au nom de 34 donateurs.

Outre les plantations à haute densité, le projet a également contribué, à travers tout le pays, à la diffusion de systèmes de micro-irrigation, de semences résistantes aux maladies et de méthodes prophylactiques modernes, en permettant ainsi aux agriculteurs bénéficiaires de renforcer leurs moyens de subsistance.


« Dans deux ans, mon revenu annuel aura quadruplé grâce à l’agriculture à haute densité. »
Image
Aminullah
Cultivateur à Sar Asyab (province de Bamiyan)

Image

Sous la houlette du ministère de l’Agriculture, de l’Irrigation et de l’Élevage, le projet national d’horticulture et d’élevage a donné naissance à environ 4 000 nouveaux vergers à haute densité dans la province de Bamiyan, où les agriculteurs cultivent non seulement des fruits, mais aussi divers légumes.

Rumi Consultancy / Banque mondiale


La diversification des cultures est un succès

Les premières activités du projet dans la province de Bamiyan datent de 2013. Selon son responsable provincial, Mohammad Nabi Sirat, la diversification des cultures est la plus grande réussite du projet. Grâce à cette diversification, le prix des denrées alimentaires locales s’est stabilisé et les agriculteurs, moins tributaires de la monoculture, disposent d’un plus large éventail de revenus.

« Avant le lancement du projet, les agriculteurs locaux ne cultivaient que des pommes de terre, ce qui faisait baisser le prix de ce tubercule et augmenter le prix d’autres produits sur les marchés locaux », explique-t-il. « Nous avons mis en place environ 4 000 nouveaux vergers à haute densité dans la province de Bamiyan, où les agriculteurs cultivent non seulement des fruits, mais aussi des légumes. Nous leur fournissons des semences pour qu’ils se diversifient. »

Afin de promouvoir l’agriculture à haute densité dans d’autres régions d’Afghanistan, Mohammad Nabi Sirat prévoit de monter une exposition qui montrera les succès obtenus dans sa province aux responsables des administrations provinciales, aux entrepreneurs et aux médias nationaux. En mettant ainsi en avant des produits de qualité, il espère également attirer les grossistes d’autres provinces.

* L’équivalence fournie en dollars américains repose sur le taux de change suivant : 1 dollar = 75,75 afghanis (octobre 2018).



Api
Api