ARTICLE 18 décembre 2019

Comoriens, nous vous avons entendus et préparons maintenant notre stratégie de développement grâce à vos commentaires

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LES POINTS MARQUANTS

  • La Banque mondiale vient de finaliser son premier diagnostic de la situation économique et sociale des Comores (SCD), après plusieurs mois de consultations auprès des différents acteurs du développement du pays
  • Ces consultations ont permis d’identifier trois domaines prioritaires pour réduire la pauvreté aux Comores : combler le déficit d’investissement, renforcer le capital humain et préserver les ressources naturelles
  • Apres cette première étape, la Banque mondiale réalise maintenant de nouvelles consultations pour déterminer son action aux Comores au cours des cinq prochaines années, qui sera formalisée dans un cadre de partenariat (CPF)

MORONI, le 11 novembre 2019― Après une longue période de consultations sur place, en ligne et sur les réseaux sociaux, la Banque mondiale vient de finaliser sa première évaluation de la situation économique et sociale des Comores, ou Diagnostic-pays systématique (SCD). L’objectif ? Identifier les domaines prioritaires en matière de développement économique.

De septembre 2017 à mai 2018, de nombreux experts de la Banque mondiale, intervenant dans des secteurs aussi variés que l’éducation, la santé, l’emploi, l’accès à l’énergie ou l’eau et l’assainissement ont sillonné les Comores pour s’entretenir avec les autorités, les bailleurs de fonds tels que l’Agence francaise de dévelopment, le Programme des Nations Unies pour le Développement, et la Banque Africaine de Développement, des représentants du secteur privé et de la société civile, pour recueillir leur opinion sur les initiatives qui marchent et celles qui doivent être améliorées en matière de développement.

Parmi les obstacles au développement des Comores évoqués par les personnes interrogées on trouve l’isolement géographique du pays combiné aux manque de transports entre les différentes îles de l’archipel. Cela coûte très cher aux Comoriens et limite les activités économiques. L’importance du commerce informel ainsi que le taux élevé de chômage - en particulier chez les jeunes - a été également largement mentionné comme sujet de préoccupation des familles comoriennes. Enfin, l’inadéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi et les besoins des employeurs semble être un enjeu important. Les filles en particulier, manquent d’opportunités et de soutien, tant en matière d’éducation que d’emploi.


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Parmi les priorités identifiées par le SCD, réduire les disparités entre les filles et les garçons à l'école.

Photo: Banque mondiale


« Il faut faciliter et encourager le secteur privé dans les pays », a commenté Elhad Kassim Said Ahmed sur la page de consultation en ligne. « Pour cela il faut instaurer une justice équitable et mettre en place une bonne gouvernance afin d’attirer les investisseurs étrangers dans le pays et créer des emplois pour les Comoriens ».

Les représentants du secteur privé consultés ont exprimé le désir de créer un dialogue renforcé et régulier avec le gouvernement afin de résoudre leurs principales difficultés, notamment le manque d’accès au crédit, l’absence de financement à long terme, les coûts élevés de l’électricité ou encore dans certains cas l’impact négatif sur l’activité économique du non- respect des contrats.

La dernière enquête des ménages effectuée en 2014 apporte d’autres informations utiles. Elle révèle par exemple que près de 4 Comoriens sur 10 vivent en dessous du seuil international de pauvreté fixé à 3,2 dollars par habitant et par jour (en parité de pouvoir d’achat). L'incidence de la pauvreté qui varie considérablement d’une île à l’autre, semble plus forte dans les zones rurales et sur l’île de Mohéli. Le secteur primaire est particulièrement touché du fait de la préférence culturelle des Comoriens (surtout sur l’île principale, Grande Comores) à valoriser plus les emplois qualifiés, dans les secteurs secondaire et tertiaire.

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Afin de renforcer la résilience face au climat et de favoriser une croissance inclusive, le SCD recommande aussi de s’attacher à preserver les ressources naturelles et optimiser leurs exploitation, notamment dans le secteur de la pêche. Photo: Banque mondiale.
 


Les Comores font aussi partie des pays d’Afrique subsaharienne qui reçoivent le plus de fonds de la diaspora. Au cours de la dernière décennie, l’argent envoyé par les émigrés comoriens a représenté 13% du PIB annuel, en termes nets. Ces fonds servent généralement à financer les mariages, la construction de maisons ainsi que les frais de santé et d’éducation. Ils servent rarement à soutenir des projets entrepreneuriaux.

« Au fur et à mesure que l’État développe un filet de sécurité social et que l’environnement des affaires s’améliore, les Comoriens utiliseront de plus en plus les transferts d’argent de la diaspora pour des investissements privés productifs », explique Jose Luis Diaz Sanchez, économiste-pays des Comores et co-auteur du rapport sur le SCD.

L’équipe du SCD a identifié trois voies prioritaires pour permettre aux Comores de réduire la pauvreté et de favoriser une croissance économique plus inclusive :

  •  combler le déficit d’investissement public et privé, en renforçant la gestion macroéconomique, augmentant les recettes intérieures, et en améliorant l’intermédiation financière, et l’environnement des affaires ;
  • renforcer le capital humain, en réduisant la mortalité infantile et juvénile et les retards de croissance, en amélioration la qualité de l’éducation, et en réduisant les disparités entre les filles et les garçons à l’école ;
  • protéger les ressources naturelles et optimiser leur exploitation en améliorant la gestion de l’eau, en réformant le secteur agricole et de la pêche pour promouvoir des techniques et pratiques durables, en améliorant la gestion des catastrophes.

« Le renforcement des capacités des institutions formelles et le soutien de la participation citoyenne sont des éléments qui devraient guider tous les efforts dans ces trois voies de manière transversale », déclare Neelam Verjee, spécialiste de la Banque mondiale en question de conflits et fragilité.

Le résultat de cette large enquête va servir de base à la stratégie de partenariat entre le Groupe Banque mondiale et les Comores et dans laquelle la Banque identifie tous les quatre-six ans les secteurs qu’elle compte financer en priorité.



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