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Le Groupe de la Banque mondiale appelé à agir pour contribuer à résoudre la crise des réfugiés

16 avril 2016


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Crise des réfugiés, économie mondiale au ralenti et autres grands dossiers qui préoccupent la communauté internationale du développement : ces sujets ont été au centre des discussions des ministres du monde entier réunis à Washington pour les Réunions de printemps 2016 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI.

La question des déplacements forcés, en particulier, était le seul point à l’ordre du jour de la réunion du Comité du développement qui s’est tenue samedi. Cette instance, qui représente les 189 pays actionnaires des deux institutions, a exhorté celles-ci à prendre des mesures pour fournir un soutien aux populations vulnérables contraintes de quitter leurs foyers, et les a encouragées à collaborer avec les organismes humanitaires pour aider les personnes déplacées contre leur gré ainsi que les communautés qui les accueillent, tout en s’attaquant aux causes profondes du problème.


« Nous n’atteindrons notre objectif de mettre fin à la pauvreté qu’à la condition que les nations soient apaisées et que les populations soient à l’abri des conflits et des violences  »
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Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale

« Nous n’atteindrons notre objectif de mettre fin à la pauvreté qu’à la condition que les nations soient apaisées et que les populations soient à l’abri des conflits et des violences », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « Les déplacements forcés sont une tragédie qui engendre de grandes souffrances humaines, comme nous le voyons tous les jours avec la crise des réfugiés syriens. »

La veille, huit pays et la Commission européenne s’étaient engagés à verser plus d’un milliard de dollars pour soutenir les réfugiés syriens et les populations locales en Jordanie et au Liban, et pour appuyer les efforts de reconstruction au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Cette nouvelle initiative de financement (a), lancée en octobre dernier par le Groupe de la Banque mondiale, l’ONU et le Groupe de la Banque islamique de développement, a déjà reçu le soutien du Japon, de la France, du Royaume-Uni, des États- Unis, de l'Allemagne, du Canada, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Commission européenne.

Le même jour, la reine Rania de Jordanie et plusieurs hauts responsables avaient appelé à un changement d’approche pour faire face aux migrations forcées et à une crise qui, partie du Moyen-Orient, s’est étendue au cours de l’année écoulée jusqu’à l’Europe.

« Nous devons affronter cette crise monumentale avec une solidarité monumentale », a insisté Ban Ki-moon, en ajoutant que le tout premier Sommet humanitaire mondial qui se tiendra le mois prochain sera notamment consacré à cette question.

Alors que les pays sont confrontés à une crise migratoire sans précédent mais aussi à d’autres défis mondiaux tels que le changement climatique, ils doivent aussi faire face à un ralentissement généralisé de la croissance. Aussi le Comité du développement demande-t-il au Groupe de la Banque mondiale et au FMI d’aider les pays en développement par des conseils sur l’action à mener et un appui financier qui leur permettront d’affronter les risques auxquels ils sont exposés : atonie de la demande, durcissement des conditions des marchés financiers, tassement des échanges, faiblesse persistante des cours du pétrole et des produits de base et volatilité des flux de capitaux.

De fait, la Banque mondiale enregistre une demande de prêts record — hors périodes de crise financière — et s’apprête à franchir la barre des 150 milliards de dollars de financements accordées en quatre ans.

« Nous nous employons actuellement à collaborer de toute urgence et autrement avec nos partenaires, afin de trouver des solutions à des problèmes qui nous concernent tous », a indiqué Jim Ying Kim lors de son allocution à la presse inaugurant les Réunions.

Au nombre de ces problèmes figure bien sûr le changement climatique. Le Comité a salué l’adoption par le Groupe de la Banque mondiale d’un plan d’action visant à atteindre trois grands objectifs d’ici à 2020 : aider les pays en développement à ajouter 30 gigawatts d’énergie renouvelable (assez pour alimenter en électricité 150 millions d’habitations) à la capacité énergétique mondiale, mettre des systèmes de préalerte à la disposition de 100 millions de personnes et élaborer au profit d’au moins 40 pays des plans d’investissement dans une agriculture climato-intelligente.

Par ailleurs, le Comité a encouragé le Groupe de la Banque mondiale à œuvrer en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres parties prenantes afin d’aider les pays en développement à renforcer leurs systèmes de santé, notamment pour améliorer la prévention des pandémies et la préparation de programmes d’intervention d’urgence. À cet égard, il a instamment demandé à l’institution « d’achever, dans les meilleurs délais, les travaux de préparation du Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie (a) et de promouvoir un nouveau marché des assurances axé sur la gestion des risques en ce domaine ».

Lors d’un événement consacré à la petite enfance, Jim Yong Kim et Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF, ont demandé aux dirigeants internationaux et nationaux de renforcer et d’accélérer les mesures et les investissements en faveur des programmes de nutrition et de développement du jeune enfant, ceux-ci étant un élément essentiel pour le développement équitable et la croissance économique. Les enjeux de la santé mentale et la nécessité d’en faire une priorité du développement mondial ont également fait l’objet d’une discussion organisée par la Banque et l’OMS.

Plus globalement, sur la question du financement du développement, le Comité a appelé le Groupe de la Banque mondiale et le FMI à intensifier leurs efforts pour trouver les financements nécessaires à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) qui ont été approuvés en septembre et dont l’ambition exigera des ressources autrement supérieures à celles que peut fournir l’aide publique au développement. Il a également préconisé que les banques multilatérales de développement collaborent pour « soutenir les efforts déployés par les pays en développement afin d’atteindre les ODD tout en s’adaptant à un contexte caractérisé par une croissance plus lente et à une réduction des flux de capitaux privés ».

Au sujet des ODD, le Comité a souligné que la parité homme-femme en constitue un aspect central, en se félicitant de l’adoption récente par le Groupe de la Banque mondiale d’une nouvelle stratégie pour l’égalité des sexes et le genre (a).

Cette question a du reste donné lieu à l’un des moments forts de ces Réunions de printemps, avec un événement spécial organisé autour de Michelle Obama et consacré à l’accès des adolescentes aux études secondaires. La Première dame des États-Unis a exhorté les dirigeants à mettre l’éducation des filles au tout premier rang de leurs priorités, tandis que Jim Yong Kim annonçait que le Groupe de la Banque mondiale allait, dans les cinq prochaines années, investir 2,5 milliards de dollars dans des projets d’éducation bénéficiant directement à des adolescentes.

Enfin, le Comité a appelé les donateurs à apporter un soutien vigoureux à la prochaine reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA), prévue cette année, en soulignant le rôle fondamental du fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, qui demeure la plus importante source de financements pour ces États.


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