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Financer l’action visant à mettre fin à la pauvreté

10 juillet 2015


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LES POINTS MARQUANTS
  • Les dirigeants mondiaux sont sur le point d'adopter un nouvel ensemble d'objectifs destinés à remédier aux grands problèmes de développement mondiaux.
  • Mettre fin à l'extrême pauvreté en l’espace d’une génération figure parmi ces objectifs ambitieux.
  • Les discussions qui se tiendront à Addis-Abeba entre le 13 et le 16 juillet porteront sur la marche à suivre pour financer ces objectifs.

Les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui avaient pour but de fixer des cibles à atteindre au niveau international, ont été établis lors du Sommet du millénaire des Nations Unies en 2000. Il a fallu attendre deux ans pour qu'une autre réunion internationale définisse enfin concrètement les modalités de leur financement. Aujourd'hui, en 2015, alors que les OMD arrivent à échéance, la communauté internationale s'efforce de ne pas prendre la même voie.

Du 13 au 16 juillet, les dirigeants mondiaux se réunissent à Addis-Abeba (Éthiopie) dans le cadre de la Troisième conférence internationale sur le financement du développement pour élaborer un plan adapté à un nouvel ensemble de priorités, les Objectifs de développement durable (a), avant de se réunir en septembre pour approuver les cibles précises à atteindre.

Cette approche (sans doute plus raisonnable) sera-t-elle plus efficace que celle adoptée à Monterrey en 2002 ? L'enjeu n'est ni plus ni moins que de financer l'élimination de l'extrême pauvreté en l’espace d’une génération.

« Les décisions qui seront prises la semaine prochaine à Addis-Abeba (et à New York en septembre) pourraient bénéficier à plusieurs générations à venir », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim.

« Mais nous allons devoir sortir des sentiers battus. Il nous faudra beaucoup renforcer la collaboration entre les États, le secteur privé, la société civile et les institutions de développement multilatérales, notamment en intégrant de nouveaux partenaires comme la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures et la Nouvelle banque de développement. »

Le paysage mondial du développement a profondément évolué depuis l'adoption des OMD en 2000. Les pays à revenu intermédiaire représentent une part bien plus importante du PIB mondial qu'à l'époque. Dans le même temps, on observe une forte hausse des inégalités au sein de nombreux pays, et l'écart se creuse entre riches et pauvres. En outre, le secteur privé joue un rôle de plus en plus important dans le financement des biens, des services et des infrastructures dans les économies émergentes, avec 778 milliards d'investissements directs étrangers en 2013. 



« Les décisions qui seront prises la semaine prochaine à Addis-Abeba (et à New York en septembre) pourraient bénéficier à plusieurs générations à venir  »
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Jim Yong Kim

président du Groupe de la Banque mondiale


La conférence est le point d'orgue d'une année d'échanges entre le Groupe de la Banque mondiale, les banques de développement multilatérales régionales et le Fonds monétaire international (FMI) pour identifier les domaines dans lesquels ces entités pourraient coopérer ou élaborer de nouvelles initiatives susceptibles de contribuer au financement du programme d'action pour le développement pour l'après-2015 (a).

« Le monde a besoin d'un plan de financement ambitieux », affirme Bertrand Badré, directeur général et directeur financier du Groupe de la Banque mondiale.

« Nous devons repenser entièrement la manière dont nous trouvons et débloquons les financements nécessaires et relier les milliards de dollars de l'aide publique au développement aux milliers de milliards d'investissements en tous genres, qu'ils soient publics ou privés, nationaux ou internationaux. »

Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'aide publique au développement fournie par la communauté internationale représente environ 135 milliards de dollars par an. Toutefois, les nouveaux Objectifs de développement durable sont si ambitieux que leur coût dépassera largement les financements dédiés au développement à l'heure actuelle. Même pour les besoins les plus élémentaires, comme l'accès à l'eau potable, le coût est hors de portée avec les ressources publiques existantes.

« Les milliards alloués à l'aide publique au développement, qui représentent une part assez faible mais essentielle du financement du développement, doivent être utilisés de manière plus stratégique pour mobiliser et canaliser d'autres ressources », explique Mahmoud Mohieldin, secrétaire général et envoyé spécial du Groupe de la Banque mondiale aux Nations Unies.

« Parvenir à canaliser des flux de capitaux supplémentaires pour appuyer les Objectifs de développement durable sera un réel défi », ajoute-t-il. « Il ne faut pas s’attendre à ce que les ressources publiques et privées convergent automatiquement en direction de ces objectifs. »

Les plus grandes sources de financement potentielles viennent des pays en développement eux-mêmes et des investisseurs privés. Les institutions financières internationales comme le Groupe de la Banque mondiale peuvent aider les pays à trouver l'argent dont ils ont besoin pour financer leur développement en leur fournissant une assistance pour améliorer leur politique fiscale, optimiser la gestion des dépenses publiques et susciter l'investissement privé.

« Par le passé, nous avons globalement réussi à mobiliser des fonds publics en faveur de projets publics et des fonds privés vers des entreprises privées. Aujourd'hui, nous devons fusionner public et privé », souligne Gavin Wilson, PDG d'Asset Management Company (AMC), une filiale de l'IFC (a) qui a pour objectif de mobiliser les fonds des investisseurs institutionnels pour financer les projets de l'IFC. Au 30 juin 2015, AMC avait levé 8,5 milliards de dollars d'actifs répartis dans neuf fonds.

Le Groupe de la Banque mondiale étudie actuellement comment elle pourrait exploiter autrement ses propres dispositifs dans ce sens. Il s’agit d’accroître les flux de financement, de fournir une assistance politique et technique, de susciter l'investissement privé, d’appuyer les initiatives internationales sur des enjeux de développement régionaux et mondiaux, et de collaborer plus étroitement que jamais avec les partenaires traditionnels, tout en en recrutant de nouveaux. 

Afin d’assurer le suivi de ces questions, les banques de développement et le Groupe de la Banque mondiale vont publier des notes d'information mettant en lumière les domaines où leur coopération se renforce, les initiatives à développer et les nouvelles plateformes de diffusion des connaissances et d'assistance technique.

« Nous sommes à un moment déterminant qui peut nous permettre d’accomplir le plus grand des exploits dans l’histoire de l’humanité : mettre fin à l'extrême pauvreté en une génération », conclut Jim Yong Kim. 


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