ARTICLE

À plus de 11 milliards de dollars, les financements du Groupe de la Banque mondiale pour le climat explosent

09 septembre 2014


Image

L'appui du Groupe de la Banque mondiale a permis au Maroc de devenir l'un des pionniers de l'énergie solaire.

Dana Smilie/Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • Le total des investissements du Groupe de la Banque mondiale au profit de l’action climatique a fortement augmenté pour atteindre près de 11,3 milliards de dollars sur l'exercice 2014, l'essentiel de ces financements allant à des investissements dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'agriculture.
  • Les financements destinés aux énergies renouvelables ont atteint l'un des niveaux les plus élevés jamais observés, ce qui reflète la demande accrue des clients pour les énergies hydraulique, solaire, éolienne et géothermique.
  • Globalement, le Groupe de la Banque mondiale a financé un total de 220 projets respectueux du climat dans plus de 60 pays du monde entier en 2014. Ces quatre dernières années, le Groupe a engagé 42 milliards de dollars pour soutenir des activités de lutte contre le changement climatique.

Le Sommet sur le climat convoqué ce mois-ci par le secrétaire général des Nations Unies va réunir les dirigeants du monde entier. Cet événement doit être l'occasion de promouvoir une action climatique ambitieuse qui ne consiste pas seulement à réduire les émissions de carbone, mais peut aussi permettre de créer des emplois et des débouchés économiques. Si les fonds consacrés à la lutte contre le changement climatique abondent, ils sont loin d’être à la hauteur du défi.

Pour le Groupe de la Banque mondiale, mobiliser les financements du secteur public et du secteur privé est une priorité, surtout dans les pays les plus pauvres. 

Au cours de l'exercice 2014 (qui s'est achevé le 30 juin dernier), le montant total de ses investissements pour le climat a fortement augmenté pour atteindre près de 11,3 milliards de dollars. La Banque mondiale (BIRD, IDA) a engagé 8,8 milliards de dollars et la Société financière internationale(IFC), l'institution du Groupe chargée des opérations avec le secteur privé, 2,2 milliards de dollars.

La majeure partie de ces financements est allée à des investissements respectueux du climat dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'agriculture.

À 3,6 milliards de dollars, le niveau des financements pour le développement des énergies renouvelables enregistré en 2014 est l'un des plus élevés jamais atteints. Il reflète la demande accrue des clients en faveur de la production à grande échelle d'énergie hydraulique, solaire, éolienne ou géothermique.

Le secteur des transports arrive en seconde position, avec des investissements chiffrés à 2,3 milliards de dollars et consacrés notamment au financement de projets ferroviaires en Chine et en Inde.

Enfin, le secteur de l'agriculture, de la pêche et de la foresterie, qui a été le troisième bénéficiaire le plus important des financements pour le climat, figure au premier rang en ce qui concerne plus particulièrement l'adaptation au changement climatique. Quelque 1,1 milliard de dollars ont été engagés dans le secteur, la majorité des financements allant à des projets liés à la protection contre les inondations, à l'eau et à l'assainissement. L'essentiel de ces activités ont été conduites dans les pays bénéficiant de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA).

Avec des financements qui ont atteint environ 5 milliards de dollars sur l'exercice 2014, l'IDA, le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, a continué à faire la preuve de son engagement en faveur de l'action climatique.

 Un élan grandissant sur le terrain

L’action climatique gagne du terrain : dans le monde entier, des pays mettent en œuvre des solutions de développement à l’épreuve du changement climatique et sobres en carbone. Dans ce contexte, 20 % des projets de financement engagés par le Groupe de la Banque mondiale en 2014 devraient contribuer à l'adaptation au changement climatique, à l’atténuation des émissions, ou aux deux.

Sur l'exercice 2014, le Groupe de la Banque mondiale a financé 220 projets d'investissement climatique dans plus de 60 pays. L'Asie du Sud a été le premier bénéficiaire des financements provenant de la Banque mondiale (3,7 milliards de dollars), suivie par l'Afrique et l’Asie de l'Est/Pacifique (qui ont chacune reçu environ 1,5 milliard de dollars). Par ailleurs, 31 % des investissements de l'IFC sont allés aux pays IDA, tandis que l'Afrique, l'Amérique latine et l'Europe ont dépassé leurs objectifs climatiques régionaux.

L’ensemble de ces chiffres témoigne d’une demande durable de la part des pays en développement : pour y répondre, le Groupe de la Banque mondiale a, ces quatre dernières années, consacré 42 milliards de dollars à des activités liées au changement climatique (33,7 milliards pour la Banque mondiale et 8,3 milliards pour l'IFC).

Accroître les ressources de l'action climatique

Afin d'accroître les ressources de l'action climatique, le Groupe a également recours à des méthodes innovantes pour mobiliser les financements et utiliser les marchés comme leviers.

Le financement climatique joue à ce titre un rôle essentiel, en fournissant les ressources nécessaires pour limiter les risques et renforcer la préparation en amont. Le Groupe de la Banque mondiale a réussi à faciliter l'accès à un éventail d'instruments de financement climatique, comme l'illustre la croissance des engagements dans des projets portés par le Fonds pour l’environnement mondial, dans les dispositifs de finance carbone et dans les Fonds d’investissement climatiques (FIC).

Avec 652 millions de dollars supplémentaires sur l’exercice 2014, les fonds consacrés à l'atténuation du changement climatique et provenant de ressources extérieures ont atteint près de 3 milliards de dollars au cours des quatre dernières années. Sur cette somme, la finance carbone (sous la forme d’un appui au développement des marchés et de paiements pour la réduction des émissions) représente environ 1,2 milliard de dollars, soit 40 % du total, suivie par les FIC, avec une part de 28 %.

Du côté de l'adaptation, les financements provenant de ressources extérieures ont fortement augmenté pour atteindre le montant sans précédent de 279 millions de dollars au cours de l’exercice 2014. Sur les quatre dernières années, l'ensemble de ces financements avoisine les 850 millions de dollars.

En outre, dans le but de combler le déficit que connaît le financement climatique, l’IFC s'est attachée à mobiliser les investissements du secteur privé par le biais d'une large gamme d'instruments financiers : Fonds catalyseur pour le climat (418 millions de dollars) pour les investissements dans les énergies propres, partenariats public-privé (942 millions de dollars sur l'exercice 2013), produits financiers mixtes (221 millions de dollars sur la période 2010-2014), etc. L’IFC a notamment collaboré avec la BIRD pour soutenir la création d’un marché des obligations vertes liquide et robuste ; depuis 2008, la Banque mondiale a émis pour plus de 6,4 milliards de dollars d'obligations vertes libellées dans 17 monnaies, et l'IFC en a émis pour 3,6 milliards de dollars.






Api
Api