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L’innovation et la collaboration au service du savoir : le renforcement des capacités régionales dans le monde arabe

03 juillet 2014


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LES POINTS MARQUANTS
  • Il ne suffit pas de réformer la législation pour améliorer les rendements de l’investissement public dans la région MENA ; le renforcement des capacités et des institutions sont aussi des facteurs essentiels.
  • Grâce à deux dons de la Banque mondiale, le Réseau d’experts des marchés publics dans la région MENA instaure une collaboration capitale avec l’organe de développement administratif de la Ligue arabe et des instituts nationaux de formation.
  • La mise en place d’un personnel spécialisé dans les marchés publics permettra d’améliorer la prestation de services.

De nombreux pays consacrent du temps et des ressources à décider quelles prestations fournir, sans se demander comment. Si l’on parvient à améliorer la manière de fournir ces prestations, cela pourrait avoir des répercussions spectaculaires sur l’élimination de la pauvreté. C’est une priorité fondamentale pour la Banque mondiale, exigeant à la fois engagement et innovation. C’est également une grande priorité pour le Réseau d’experts des marchés publics dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), qui s’attache à renforcer les capacités sur le terrain.

Dans toute la région, des milliards de dollars d’argent public sont alloués chaque année à des marchés conclus avec des entreprises privées afin qu’elles fournissent à la population des biens et des services. Ces marchés, qui représentent jusqu’à 70 % du budget des pouvoirs et organismes publics de la région, concernent aussi bien des grands projets d’infrastructure, comme la construction d’autoroutes ou d’aéroports, que l’achat d’une multitude de produits et services, allant du mobilier à des denrées alimentaires en passant par des manuels scolaires.

Ce type de dépenses représente 15 à 30 % du produit intérieur brut (PIB) des pays de la région MENA. La manière dont ces investissements bénéficient à la population a une incidence considérable sur la capacité d’un gouvernement à tenir ses promesses auprès des citoyens.

Ces dernières années, nombre de pays ont entamé une réforme de la législation et de la réglementation qui régissent leurs systèmes de passation de marchés, dans l’objectif de rendre les dépenses publiques efficientes et efficaces. Toutefois, dans la pratique, même le meilleur des cadres juridiques et réglementaires peut produire des résultats médiocres s’il ne s’accompagne pas d’un personnel correctement formé pour mettre en œuvre les lois et règlements.

Les pays de la région MENA conviennent que, pour accroître le rendement de l’investissement public, il est nécessaire de renforcer les compétences des agents chargés des achats publics. C’est dans ce contexte que le Réseau d’experts des marchés publics, un groupe composé des responsables de ces marchés dans les pays de la région MENA, a lancé une nouvelle approche, ambitieuse et multirégionale, lors d’une récente réunion accueillie par l’Organisation arabe de développement administratif (ARADO) à Charjah, aux Émirats arabes unis.

« Il est crucial de rassembler les instituts de formation, les pouvoirs publics et les organisations internationales si l’on veut une mutualisation efficace du savoir et des ressources », considère Inger Andersen, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région MENA. « La collaboration nouée à Charjah témoigne de l’engagement des parties prenantes à travailler ensemble à un objectif commun, à savoir le renforcement des capacités dans la région. »

Cette initiative bénéficie de deux sources de financement. La première est un don de 750 000 dollars du Dispositif d’appui aux petites et moyennes entreprises (PME) établi sous l’égide de l’Initiative pour le monde arabe, destiné à informer les personnes travaillant dans des PME sur la passation de marchés publics ; la seconde est un don de 350 000 dollars du Fonds de développement institutionnel de la Banque mondiale, accordé à l’ARADO dans le but d’augmenter le nombre de sujets abordés à travers ce plan de formation aux marchés publics.


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« Il est crucial de rassembler les instituts de formation, les pouvoirs publics et les organisations internationales si l’on veut une mutualisation efficace du savoir et des ressources. »

Inger Andersen

Vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région MENA


Le Réseau d’experts s’appuie sur l’ARADO, qui est l’organisme de la Ligue arabe chargé de la formation, pour proposer un programme régional exploitant les ressources disponibles dans divers pays, traite des problèmes communs et tire parti des forces existantes.

« S’agissant de l’efficacité des marchés publics, observe Yolanda Tayler, responsable de ce secteur pour la Région MENA, il est frappant de constater la grande similarité des difficultés que rencontrent les pays de la région MENA, et de voir que pas grand-chose n’a été fait par le passé pour tirer parti de programmes de formation transfrontières. »

Les programmes de renforcement des capacités se heurtent souvent à des problèmes communs : financements insuffisants, absence d’évaluation des compétences et qualifications disponibles, ainsi que des compétences et qualifications qui font défaut, et exode fréquent du personnel hautement qualifié vers des postes mieux rémunérés au sein de la fonction publique ou dans le secteur privé.

De nombreux États ont adopté une approche extrêmement fragmentée du renforcement des capacités, et n’ont pas encore réussi à établir un corpus de connaissances dans le pays. Parmi les difficultés communes, on peut aussi citer le manque de formateurs qualifiés et d’instituts de formation spécialisés, la qualité et la couverture des programmes de formation, ainsi que la médiocrité de la connaissance et de la diffusion des outils modernes de passation de marchés, tels que la dématérialisation des marchés publics.

Le programme régional de renforcement des capacités mis en place par le Réseau d’experts s’efforce de résoudre certains de ces problèmes communs, sur le modèle de la réunion sur les PME qui a eu lieu à Charjah. Y ont participé des formateurs venus de neuf pays de la région MENA : le Maroc, la Tunisie, l’Iraq, la Jordanie, le Liban, Djibouti, l’Égypte, le Yémen et les Territoires palestiniens.

La stratégie régionale de renforcement des capacités pour les marchés publics visera à élaborer des supports de formation en arabe et en français destinés aux programmes de « formation des formateurs », et à constituer un partenariat avec les instituts de formation. Des sessions de formation ultérieures au niveau des pays s’appuieront sur les institutions, infrastructures et expertise disponibles dans chaque pays, tout en appliquant la méthodologie de la « science de la prestation » chère au président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, de sorte que chacun sache comment mettre en œuvre les programmes de formation. À plus long terme, on pourrait imaginer un programme de certification régionale pour spécialistes des marchés publics.

Alors que certains pays de la région ont d’ores et déjà réalisé des avancées substantielles sur le plan de la coordination entre leurs différents départements d’achats publics, la collaboration permet aux parties prenantes de tirer des enseignements des réussites déjà accomplies. Au niveau régional, les pays pourraient se coordonner afin de générer des économies d’échelle, en tirant parti en premier lieu des ressources et connaissances qui existent déjà sur le terrain. 


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