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Les solutions aux risques climatiques au menu d’une réunion des ministres des Finances sous l’égide de la Banque mondiale, du FMI et de l’ONU

11 avril 2014


Ce qui est bon pour l'écologie est bon pour l'économie : les dirigeants de la Banque mondiale, du FMI et des Nations unies exhortent tous les pays du monde à lutter contre le changement climatique.

World Bank Group

LES POINTS MARQUANTS
  • Deux fois par an, les dirigeants du Groupe de la Banque mondiale, des Nations Unies et du FMI réunissent des ministres des Finances pour aborder les risques économiques que pose le changement climatique et analyser les possibilités d'action.
  • Cette année, les discussions ont mis l'accent sur les politiques budgétaires concrètes, les ministres étant invités à partager leurs propres expériences, conseils et opinions.
  • Au menu des échanges, la question de la tarification du carbone, la régulation du secteur privé, les règles relatives aux marchés publics et la définition de normes d'efficacité pour les véhicules et les bâtiments.

Cet après-midi, les dirigeants du Groupe de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et des Nations Unies se sont entretenus avec plusieurs dizaines de ministres des Finances du monde entier pour discuter du changement climatique. Au cours de cette réunion, il a notamment été question des problèmes auxquels sont confrontés les États concernés, des solutions concrètes qui ont été d'ores et déjà mises en place par les pouvoirs publics, et de l'assistance dont ces derniers ont besoin.

La réalité scientifique du changement climatique n'a fait l'objet d'aucune discussion. Les débats ont en revanche porté sur les mesures et outils concrets de politique budgétaire auxquels les pays peuvent recourir pour y remédier : régulation du secteur privé, règles relatives aux marchés publics, définition de normes d'efficacité énergétique pour les véhicules et les bâtiments, etc. Les ministres présents venaient de certains des pays les plus grands du monde et principaux émetteurs de gaz à effet de serre mais aussi d’États qui figurent parmi les plus petits de la planète. 

Leur objectif : adopter un développement sobre en carbone tout en donnant la priorité à l'emploi, la croissance et la compétitivité. Face au changement climatique, un certain nombre de pays ont réagi rapidement en mettant en place des dispositifs qui permettent de faire payer les émissions de carbone, sous la forme de taxes ou de quotas et de marchés. D'autres cherchent actuellement des moyens d'accroître le volume des financements privés essentiels ou d'éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles. 

Cette réunion ministérielle semestrielle, organisée dans le cadre des Réunions de printemps annuelles du FMI et du Groupe de la Banque mondiale, a montré que l'action climatique ne répond plus uniquement à un problème environnemental, mais bien à des préoccupations financières majeures pour tous les pays du monde.

« À chaque réunion, nous franchissons une étape », a expliqué la vice-présidente et envoyée spéciale du Groupe de la Banque mondiale pour le changement climatique, qui comptait parmi les participants. Rachel Kyte a salué l'approche factuelle et directe incarnée par la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui semble avoir fait une forte impression sur les ministres.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre des avancées qui doivent conduire à l’adoption d’un accord international sur le climat lors de la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui se tiendra en 2015 à Paris. Le prochain grand rassemblement aura lieu en septembre, lors du Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques (a), suivi en décembre par la Conférence des parties de la CCNUCC organisée à Lima. Avant la réunion, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a indiqué aux journalistes que le sommet de septembre s'articulera autour de deux axes : accroître la volonté politique et déclencher l'action. « J'exhorte les dirigeants du monde entier à consacrer leurs ressources et leur énergie politique au changement climatique », a-t-il déclaré.

« Nous sommes réunis ici parce que nous savons que le monde doit combattre le changement climatique avec autrement plus de vigueur », a confié le président du Groupe de la Banque mondiale aux journalistes avant la réunion. Il a demandé aux gouvernements du monde entier de régler la question de la tarification du carbone et de développer des solutions à la hauteur des enjeux liés au changement climatique.

« En agissant maintenant, on parviendra non seulement à protéger la planète mais aussi à fortement stimuler l’économie mondiale », a précisé Jim Yong Kim.


« En agissant maintenant, on parviendra non seulement à protéger la planète mais aussi à fortement stimuler l’économie mondiale. »
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Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale

Déclarations à la presse de Jim Yong Kim et Ban Ki-moon.

Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale

« Nous sommes réunis ici parce que nous savons que le monde doit combattre le changement climatique avec autrement plus de vigueur. Quarante ministres seront présents aujourd’hui pour discuter de la question du changement climatique.

En agissant maintenant, on parviendra non seulement à protéger la planète mais aussi à fortement stimuler l’économie mondiale. Nous savons que le changement climatique est une menace pour la croissance économique, tout particulièrement dans les pays les plus pauvres, mais pas seulement.

Nous nous attaquons aux aspects les plus difficiles du changement climatique. Et, bien que cet aspect soit controversé, nous devons résoudre le problème de la tarification du carbone. Certains pays s’y emploient déjà beaucoup ; d’autres ont conscience que c’est la voie à suivre.

Cent-soixante-cinq jours nous séparent du sommet sur le climat convoqué à l’initiative du secrétaire général. Le temps n’est plus aux tergiversations et nous devons être porteurs de réels engagements à l’occasion de ce sommet, en septembre. Cela constituera un jalon important en vue de la 20e Conférence des parties qui se tiendra à Lima, au Pérou. Et, enfin, nous espérons que cela nous conduira au succès en 2015, à Paris, et que nous parviendrons alors à nous mettre tous d’accord sur les engagements qu’il faudra prendre absolument pour protéger la planète et lutter contre le changement climatique. »

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies

« Alors que les Nations Unies se consacrent aujourd’hui à de nombreuses crises — de la Syrie à l’Ukraine, du Soudan du Sud à la République centrafricaine — il ne faut pas ignorer que nous traversons un moment très critique pour le développement, un moment critique pour l’humanité.

Alors que la date butoir de 2015 se profile rapidement, les Nations Unies travaillent d’arrache-pied pour accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Nous œuvrons également activement à la définition du programme de développement pour l’après-2015, dans le sens d’un développement durable. Et, en même temps, nous devons parvenir à un accord mondial juridiquement contraignant sur le climat d’ici la fin de l’année 2015.

Le changement climatique est ce qui détermine notre monde aujourd'hui, c'est une menace qui met en péril des vies et le développement.

Nous devons agir immédiatement.

Selon les conclusions du dernier rapport en date du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, il apparaît évident que le changement climatique est déjà une réalité et qu’il nous menace à une vitesse bien supérieure à ce que l’on pourrait imaginer.

Les Nations Unies ont collaboré avec la Banque mondiale et le FMI pour s’attaquer ensemble à ces questions, avec l’engagement et le soutien total des États membres des Nations Unies.

C’est la raison pour laquelle j’ai convoqué un sommet sur le changement climatique le 23 septembre prochain.

Nous poursuivons deux objectifs essentiels. Le premier est de mobiliser une volonté politique, et j'exhorte les dirigeants du monde entier à consacrer leurs ressources et leur énergie au changement climatique. Le deuxième est de catalyser des actions sur le terrain.

J’invite tous les dirigeants, dirigeants d’entreprise et dirigeants de la société civile, à s’attaquer à ces questions.

Je remercie les dirigeants des institutions de Bretton Woods — le président de la Banque mondiale, M. Kim, de même que la directrice générale du FMI, Mme Christine Lagarde — de leur engagement vigoureux aux côtés des Nations Unies et au service de l’humanité. Et je compte sur la poursuite de votre leadership. Je vous remercie. »


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