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Chine : améliorer l’enseignement technique et professionnel

06 mai 2013


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Dans les établissements d’enseignement technique ou professionnel de Chine, les programmes et les méthodes de formation sont obsolètes et en retard sur les besoins du marché.

Le Groupe de la Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • Plus de 11 millions d’étudiants s’inscrivent chaque année dans les filières d’enseignement technique et professionnel en Chine.
  • Un projet contribue à améliorer la qualité de l’enseignement dans trois établissements techniques de la province du Guangdong, pour mieux répondre aux besoins des étudiants.
  • Grâce à ce soutien, ces établissements ont pu moderniser leurs programmes, perfectionner les enseignants et le personnel administratif, et offrir davantage de formations pratiques aux élèves.

À 20 ans, Wu Di fait ses études dans la province du Guangdong. Il voudrait devenir analyste chimiste : « J’aime bien porter une blouse blanche », nous dit-il avec un grand sourire. Mais pour concrétiser son rêve, il doit acquérir les compétences cruciales qui l’aideront, dans quelques années, à être compétitif sur le marché du travail. Alors il apprécie que l’École technique avancée d’urbanisme du Guangdong, où il étudie, lui donne tous les atouts pour être opérationnel : « En plus de compétences pratiques pour procéder à des analyses et des tests de chimie, j’ai acquis d’autres aptitudes », souligne-t-il.

Les défis

En Chine, plus de 11 millions d’étudiants s’inscrivent chaque année, comme Wu Di, dans les filières d’enseignement technique et professionnel. Selon le ministère de l’Éducation, le pays compte plus de 1 100 instituts supérieurs et pratiquement 15 000 établissements secondaires techniques/professionnels.

Mais tous se heurtent, à un niveau ou un autre, à des difficultés spécifiques : obsolescence des programmes et des méthodes de formation, retard sur l’évolution des besoins du marché, manque de compétences pratiques chez les enseignants, volume insuffisant de travaux pratiques et de stages pour les étudiants, déçus dans leurs attentes.

Le Projet d’enseignement et de formation techniques et professionnels dans la province du Guangdong, financé par la Banque mondiale, aide trois établissements (l’École technique avancée d’urbanisme, l’École technique avancée pour l’industrie légère et l’École technique avancée de Yangjiang) à remédier à ces difficultés, de manière à améliorer la qualité de l’enseignement professionnel dispensé et de le rendre plus pertinent par rapport aux besoins des étudiants.

Réformes au niveau des établissements

L’une des priorités du projet porte sur la modernisation des programmes, par l’introduction notamment de modules fondés sur les compétences et d’une pédagogie centrée sur l’élève. Wei Bincheng, un camarade de promotion de Wu Di qui s’oriente vers la gestion des travaux publics, trouve que les changements sont tangibles : « Avant, l’enseignant dirigeait la classe et nous restions passifs, à l’écouter », raconte le jeune homme. « Aujourd’hui, les enseignants travaillent leur sujet avec nous et nous progressons ensemble ». Et d’ajouter : « Avant, on évaluait nos résultats scolaires sur le seul critère des examens. Aujourd’hui, l’école s’intéresse davantage à nos compétences pratiques ».

He Xiaowen observe aussi des changements là où il étudie, à l’École technique avancée pour l’industrie légère : « Maintenant, on nous incite à apprendre par la pratique et par tâtonnements. Donc nous cherchons davantage à appréhender un projet dans sa globalité plutôt que de simplement retenir ce que les enseignants nous disent en cours », souligne-t-il.

Le projet contribue aussi au perfectionnement des enseignants et du personnel administratif. Chen Gongfan, principal adjoint de l’École technique avancée pour l’industrie légère, rappelle l’accent mis sur l’évolution des mentalités des enseignants vis-à-vis de l’éducation : « Les enseignants sont le fer de lance des réformes dans les établissements, donc ils doivent faire œuvre de pionniers », analyse-t-il.

Dans son établissement, plus de 80 professeurs ont bénéficié d’une formation en dehors de la province, voire à l’étranger (en l’occurrence, à Singapour). He Tieshan, qui enseigne l’éthique professionnelle, abonde dans son sens. Il raconte comment la formation l’a aidé à modifier sa vision d’un « bon » enseignant : « J’ai compris que le fait d’être capable d’assurer un cours magistral ne faisait pas forcément de moi un bon prof. Ce qui compte, c’est que mes étudiants apprennent vraiment ».

Pour cela, He Tieshan a multiplié les études de cas dans ces cours et s’est aussi mis à organiser des activités plus inventives, comme des jeux de rôle, pour inciter les étudiants à participer. Depuis, les échanges en classe se multiplient et les élèves sont plus impliqués.

Au-delà des stages et des apprentissages, les établissements ont cofondé des ateliers ou des laboratoires avec des entreprises, ce qui permet aux étudiants de participer directement à de vrais projets. Des experts du monde de l’industrie sont par ailleurs invités à enseigner : dans les établissements soutenus par le projet, ils représentent désormais 11 % du corps enseignant.

Résultat, le taux de réussite à l’examen national de certification des compétences est passé à 86 % en 2012, contre 70 % en 2009, sachant que 91 % des diplômés ont trouvé un emploi dans les six mois qui ont suivi leur diplôme.


« En plus de compétences pratiques pour procéder à des analyses et des tests de chimie, j’ai acquis d’autres aptitudes.  »

Di Wu

étudiant de 20 ans dans la province du Guangdong

Perspectives

Au fur et à mesure de l’avancement du projet, les réformes s’approfondiront et s’étendront à d’autres domaines dans les établissements concernés.

Feng Weiyuan, principal de l’École technique avancée d’urbanisme, le souligne : « Nous mettrons à profit les nouvelles approches fournies par le projet pour que notre établissement fasse figure de modèle pour l’enseignement professionnel dans la province et, à terme, dans le pays tout entier ».

En Chine, les industries abandonnent progressivement les activités à forte intensité de main-d’œuvre et à faible qualification au profit d’activités intensives en capital et en compétences, ce qui accroît la demande de salariés qualifiés.

En soutenant ces réformes et ces innovations à l’échelle des établissements, le projet espère recueillir des enseignements et des expériences à partager avec d’autres écoles techniques et professionnelles de la province du Guangdong mais aussi ailleurs en Chine. Ce faisant, l’enseignement technique et professionnel pourra produire la main-d’œuvre qualifiée dont le pays a si cruellement besoin pour avancer.


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