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Des cartes au service du développement du Sud-Soudan et des autres pays les plus pauvres du monde

06 mai 2011


LES POINTS MARQUANTS
  • La diaspora soudanaise prend part à un « marathon cartographique » organisé par la Banque mondiale et Google afin de mieux localiser les infrastructures du Sud-Soudan.
  • Ces informations aideront le nouveau gouvernement du Sud-Soudan à élaborer ses plans de développement.
  • Une nouvelle plateforme de la Banque mondiale (Mapping for Results) permet de visualiser sur des cartes les projets de la Banque mondiale dans 79 pays parmi les plus pauvres du monde.

Le 6 mai 2011 — Lorsque vous habitez dans le comté de Kajo-Keji, au Sud-Soudan, il faut souvent compter deux jours de marche pour pouvoir accéder à des soins médicaux corrects. Il n’y a qu’un seul hôpital pour toute la région et il est difficile de localiser précisément où sont situées les infrastructures sociales de base. Aussi est-il absolument essentiel, pour les responsables publics sud-soudanais qui souhaitent améliorer l'accès aux soins, de savoir où sont les équipements sanitaires existants et où se trouvent les populations mal desservies.

C’est pour commencer à répondre à ce besoin que la Banque mondiale a organisé récemment un « marathon cartographique », en collaboration avec Google et dans le cadre d’une nouvelle plateforme destinée à améliorer la prestation des services publics par le biais des nouvelles technologies (eTransform Knowledge Platform).

La semaine dernière à Washington, ils étaient environ 60 membres de la diaspora soudanaise aux côtés de spécialistes du développement et d’experts en nouvelles technologies, avec pour défi de mieux cartographier la région. En quatre heures, plusieurs centaines de nouveaux sites ont été localisés et intégrés à Google Maps (routes, zones de peuplement, bâtiments, entreprises…).

Une initiative qui aidera le jeune État du Sud-Soudan à mieux évaluer avec ses partenaires de développement ses besoins et les risques à venir. Le Groupe de la Banque mondiale, qui a joué un rôle majeur dans le développement du Soudan (a) depuis 2005, s’attache en effet à renforcer son aide au Sud-Soudan alors que ce pays s’apprête à accéder formellement à son indépendance au mois de juillet prochain.

Outre l’organisation du « marathon » et les autres initiatives en cours pour cartographier la région, la Banque travaille auprès des membres de la diaspora sud-soudanaise afin de leur permettre, grâce aux technologies modernes, de participer à distance au développement de leur pays.

« La technologie nous offre une chance de rattraper les années perdues », se réjouit Fareed Zein, un chercheur à l'origine d’une plateforme cartographique (Sudan Vote Monitor) (a) conçue pour surveiller le processus électoral lors du référendum de janvier dernier sur l'indépendance du Sud-Soudan. « Ce que nous faisons aujourd’hui c’est dresser le tableau de l’avant afin de mieux transformer l'après. »

Aleem Walji, responsable des pratiques innovantes au sein de l'Institut de la Banque mondiale (a) , ajoute qu'il est essentiel d'associer les communautés locales si l’on veut que les projets de cartographie soient véritablement efficaces au plan du développement. Un mouvement dans ce sens est d’ailleurs en marche, alors qu’ont fleuri les Ushahidi, CrisisCommons, OpenStreetMap et autre Random Hacks of Kindness, plateformes et communautés techniques développées bénévolement pour documenter les conflits armés, surveiller les fraudes électorales ou encore évaluer les conséquences des catastrophes naturelles.

« Avant il fallait attendre plusieurs mois, voire des années pour que les agences de cartographie produisent les cartes dont nous avions besoin. Mais désormais, grâce aux innovations dans les outils de géolocalisation et à l'accès aux connaissances et données locales fournies par ceux qui connaissent le mieux leurs communautés, on peut réaliser en temps réel des cartes véritablement utiles », explique Aleem Walji.

Des résultats par les cartes

La manifestation organisée en faveur du Sud-Soudan est intervenue dans le sillage du lancement d’une nouvelle plateforme destinée à visualiser sur une carte les projets de la Banque mondiale dans le monde, avec leurs financements et leurs résultats, ainsi que les secteurs et indicateurs concernés. Le mois dernier, la Banque a en effet annoncé qu’elle avait achevé les « cartes » de 79 pays clients de l'Association internationale de développement (l’IDA), l’institution de la Banque mondiale chargée de venir en aide aux pays les plus pauvres du monde.

Les informations géocodées de la plateforme Mapping for Results (a) couvrent plus de 16 000 sites infranationaux correspondant à plus de 1 200 activités en cours de la Banque totalisant une aide financière de 76,9 milliards de dollars. Elles proviennent des équipes-pays de la Banque, ainsi que de rapports techniques.

Les cartes, gratuites et accessibles au public, permettent notamment de comparer les emplacements des projets au regard des indicateurs de développement. Il est ainsi possible, par exemple, de rapprocher les projets de santé mis en place dans un pays donné au taux de mortalité infantile. Le fait de pouvoir croiser les données va aider les professionnels du développement à identifier les manques et à planifier l'emplacement des futurs projets, de façon à obtenir les meilleurs résultats possibles et à en faire bénéficier les personnes qui en ont le plus besoin.

La nouvelle plateforme a également pour but de donner aux citoyens et aux communautés les moyens de prendre part au développement et à la mise en œuvre des programmes de la Banque grâce à des mécanismes d'échanges d'informations entre citoyens, pouvoirs publics et bailleurs de fonds..

Cette interaction peut être tout particulièrement efficace dans des régions telles que le Sud-Soudan, a indiqué la vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique Obiageli Ezekwesili, à l’occasion de l’événement organisé la semaine dernière : « Il s’agit de déplacer le centre de gravité du développement, des organisations vers les populations, et de donner à celles-ci les moyens de résoudre leurs propres problèmes et d'élaborer, en s’appuyant sur les outils cartographiques, leurs propres solutions. »


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