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Caractériser l'épidémie de VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

29 juin 2010


Juin 2010 - Malgré les nombreux progrès réalisés dans la compréhension de la propagation du VIH dans le monde, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) demeure la seule région où la connaissance de l'épidémie reste très limitée, peu accessible et sujet à controverse. En effet, la région MENA est encore largement perçue comme une anomalie dans la carte mondiale du VIH/SIDA et représente une véritable faille en termes de données sur le VIH/SIDA.

Un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé Characterizing the HIV/AIDS Epidemic in the Middle East and North Africa: Time for Strategic Action (« Caractériser l'épidémie de VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : la nécessité d’une action stratégique ») vise à apporter une réponse au manque d'informations stratégiques concernant la propagation du VIH dans la région MENA. Il est le fruit d'un effort conjoint de la Banque mondiale, du Programme des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le rapport récapitule les résultats de la plus importante étude scientifique menée sur le VIH/SIDA dans la région MENA : Projet de synthèse sur l'épidémiologie de VIH/SIDA au Moyen-Orient et Afrique du Nord (PDF) (a). Il apporte la première évaluation scientifique globale de la propagation du VIH dans la région MENA, au sein de différents groupes de population dans les différents pays de la région.

Les résultats de cet examen et de cette analyse systématiques de toutes les données biologiques, comportementales et contextuelles disponibles concernant le VIH dans la région MENA ont été présentés le 29 juin lors d'une conférence à Dubaï, aux Émirats arabes unis, organisée par la Banque mondiale, l'ONUSIDA et l'OMS, consacrée au lancement du Rapport de synthèse sur l'épidémiologie du VIH dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord et au thème : "Dialogue politique pour la réalisation de l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH dans la région MENA".

Lors du lancement du rapport, auquel ont participé de hauts responsables de l'ONUSIDA, de l'OMS et de la Banque mondiale, Akiko Maeda, directeur du département Santé, nutrition et population au service du Développement humain de la Banque mondiale, a souligné que "ce nouveau rapport fournit des éléments scientifiques permettant d'établir les tendances et la dynamique de l’infection dans la région MENA". Elle a ajouté que "le rapport s'appuie sur l'examen de la littérature et l'analyse de milliers de publications, de rapports et de sources de données largement méconnus, tirés de la littérature scientifique ou recueillis à partir de sources au niveau local, régional et national."

Pour Laith Abu-Raddad, auteur et chercheur principal de l’étude, "nous ne sommes plus dans l'ignorance concernant la propagation du VIH dans la région MENA. Après presque sept ans de recherche, nous avons enfin une vision globale de la situation de l'épidémie dans cette région ainsi que des populations et des pays les plus touchés par la maladie. La feuille de route concernant les réponses à apporter en matière de VIH dans la région MENA est maintenant claire." Le Dr Abu-Raddad est consultant à la Banque mondiale, directeur de l'unité de recherche en épidémiologie, biostatistiques et biomathématiques et professeur assistant de santé publique auprès du Groupe épidémiologique des maladies infectieuses, Weill Cornell Medical College de Qatar, Université Cornell.

Selon les conclusions du rapport, les efforts politiques pour répondre au VIH dans la région MENA doivent se concentrer sur les groupes à risque plutôt que sur la population générale, où la transmission du VIH est très limitée. Les pays de la région MENA doivent développer de toute urgence de solides systèmes de surveillance pour contrôler la propagation du VIH chez les populations prioritaires. Une surveillance efficace et régulière des populations prioritaires dans la région MENA sera essentielle pour empêcher la propagation du VIH. Dans cette région, la réponse au VIH doit se concentrer sur les groupes de population les plus touchés par l'épidémie et sur ceux ayant des comportements à risque.


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