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Le marché du carbone est appelé à jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique

02 juin 2009


LES POINTS MARQUANTS
  • Le marché du carbone a doublé pour atteindre 126 milliards de dollars, mais la valeur des transactions finançant les projets de réduction d’émissions a perdu 12 % en 2008.
  • Cette chute s’explique par des difficultés à trouver des financements pour les projets en période de crise financière, des retards liés aux réglementations et le devenir incertain du marché.
  • La Banque mondiale s’attache à renforcer la portée du marché du carbone à l’aide de deux nouveaux mécanismes de soutien.

2 juin 2009—Le marché du carbone continue son expansion malgré la crise financière.

Le Rapport 2009 sur l’état et les tendances du marché du carbone publié par la Banque mondiale indique que ce marché a doublé d’importance et atteint aujourd’hui 126 milliards de dollars.

Moins réjouissant est le recul des transactions effectuées pour financer des projets actuels liés à la réduction des émissions. Ces transactions, qui enregistrent une baisse de 12%, ont représenté quelque 6,5 milliards de dollars en 2008.

Cette baisse est le résultat d’un ensemble complexe de facteurs, dont la difficulté d’obtenir des fonds permettant la mise en œuvre de projets écologiques durant la crise financière, les retards dus à des questions de réglementation et l’incertitude quant à l’avenir de ce marché. Celui-ci dépendra en effet du nouvel accord mondial sur le changement climatique, qui devrait entrer en vigueur en 2012.

Les délégués de 120 pays étaient réunis lors de la conférence Carbon Expo 2009 organisée à Barcelone la semaine dernière. Les discussions ont porté notamment sur les possibilités de croissance liée à la fois au marché du carbone et aux mesures prises sur le terrain pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce domaine, la législation proposée aux États-Unis pourrait avoir une influence considérable sur les marchés du carbone, volontaires et officiels, partout dans le monde.

En outre, l’Union européenne a récemment approuvé une série d’engagements post-2012 pour réduire les émissions. Ceux-ci incluent la promesse d’une réduction encore plus importante si d’autres pays signent l’accord international qui sera négocié à Copenhague cette année.

« Il est plus que jamais nécessaire de mettre en œuvre des modes de financement innovants pour lutter contre le changement climatique, si nous voulons faire face au problème qui menace aujourd’hui le plus fortement la réalisation des objectifs prioritaires de développement dans les pays et les communautés les plus pauvres », explique Joëlle Chassard, Directrice de l’unité « marché du carbone » de la Banque mondiale.

Le Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC) estime que les émissions de CO2 à l’échelle internationale ne devraient pas dépasser 10 milliards de tonnes par an d’ici 2050 si l’on veut éviter des répercussions environnementales qui pourraient s’avérer particulièrement catastrophiques pour les pays en développement. Les émissions annuelles, en ne tenant compte que des pays mentionnés dans le document 1, s’élèvent aujourd’hui à environ 20 millions de tonnes.

Selon le rapport Stern (a) publié en 2006, le marché du carbone est en mesure de couvrir 25 % des actions nécessaires pour stabiliser les émissions. Il pourrait être utilisé de manière stratégique en vue de favoriser le développement à grande échelle et à long terme d’une économie à faible émission de carbone.
Les efforts engagés aujourd’hui (comme ceux intervenant plus largement dans le cadre d’un accord mondial sur le changement climatique post-2012) doivent être renforcés. Il faut passer de « projets individuels à des interventions sectorielles et programmatiques, portant notamment sur l’efficacité énergétique, le transport et la création d’actifs carbone urbains », précise Kathy Sierra, Vice-présidente à la Banque mondiale pour le développement durable.

Prochaine étape : mobiliser des investissements à plus grande échelle

Mme Sierra souligne que la Banque mondiale s’emploie à élargir la portée du marché du carbone au moyen de deux mécanismes.

Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier vise à réduire la déforestation, deuxième cause majeure des émissions de gaz à effet de serre, grâce à des mesures d’incitation et de compensation destinées à préserver les forêts.

La Banque a créé le Fonds carbone de partenariat pour mobiliser des investissements à grande échelle et à long terme dans le cadre de programmes promouvant des technologies propres.

Ces programmes ont pour objectif d’encourager des stratégies de développement à faible émission de carbone dans les pays en développement. Le modèle économique de ce fonds prend en compte des investissements effectués sur une grande échelle et à long terme, impliquant éventuellement des risques et de longs délais de réalisation. Ceux-ci requièrent en effet des partenariats durables entre acheteurs et vendeurs, qui peuvent s’étaler sur plusieurs cycles du marché.

La Banque prévoit que ce fonds pourrait progressivement atteindre plusieurs milliards de dollars et qu’il continuera de fonctionner après 2020, permettant une meilleure intégration du marché du carbone au sein des stratégies et des politiques de développement national.

Selon Mme Sierra, « un marché du carbone puissant et international constitue l’une des réponses aux problèmes climatiques. Les pays développés comme les pays en développement peuvent en tirer des avantages considérables. »

Les chiffres du marché du carbone

  • 82 % du volume des transactions effectuées sur le marché du carbone en 2008 a concerné des projets liés aux énergies renouvelables, au passage à d’autres combustibles et à l’efficacité énergétique.
  • 70 % des nouveaux projets en 2008 ont été consacrés au développement des énergies hydraulique, éolienne et de la biomasse ainsi qu’à l’efficacité énergétique de la production d’électricité.
  • C’est la Chine, avec 84 % de part de marché en 2008, qui est à l’origine du plus grand nombre de transactions confirmées sur le marché primaire du Mécanisme de développement propre (MDP).
  • Plus de 4 500 projets, concernant environ 80 pays (dont un nombre croissant de pays d’Afrique subsaharienne) sont en préparation dans le cadre du MDP.
  • Les fonds et les mécanismes carbone de la Banque mondiale recouvrent 186 projets, dont la valeur d’inventaire s’élève à quelque 2,3 milliards de dollars.
  • La valeur des accords d’achats liés à la réduction des émissions signés avant le 31 décembre 2008 dans le cadre des fonds et mécanismes carbone de la Banque mondiale s’élève à plus d’1,8 milliard de dollars.
  • La région Asie de l’Est et Pacifique, avec un total de 1,3 milliard de dollars consacrés à la réduction des émissions, représente la part la plus importante des projets actifs mis en place par la Banque mondiale dans le cadre du marché du carbone.

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