COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Skip to Main Navigation

Vue d'ensemble

  • Situation politique

    Un nouveau gouvernement dirigé par Hichem Mechichi est entré en fonction le 2 septembre dernier. Dans son discours lors de la séance du vote de confiance devant le Parlement, ce dernier a exposé les priorités du gouvernement : améliorer la situation économique et sociale de la Tunisie, stopper l’hémorragie des finances publiques, entamer des négociations avec les bailleurs de fonds et engager des programmes de réforme, notamment en ce qui concerne les entreprises publiques.

    Depuis son investiture, le gouvernement n’a pas encore exposé clairement sa stratégie pour remédier aux profondes difficultés économiques et financières du pays, alors même qu’il est confronté à un déficit budgétaire d’une ampleur sans précédent et à la détérioration des services publics. Et si la crise du coronavirus (COVID-19) aggrave aujourd’hui la situation, la résilience de l’économie tunisienne a été mise à mal par des années d’indécision stratégique et une tendance croissante au protectionnisme.

    Situation macroéconomique

    La pandémie a un impact plus lourd qu’initialement prévu. Le confinement a affaibli l’offre et la demande intérieures, entraînant une contraction du PIB de la Tunisie de 21 % (en glissement annuel) au deuxième trimestre de 2020. Dans le même temps, le déclin de la demande extérieure et les restrictions imposées aux voyages ont provoqué une chute de 47 % des recettes du tourisme et une baisse de 27 % des exportations de produits mécaniques, électriques et textiles (principales exportations manufacturières du pays). D’autres facteurs pèsent également sur les prévisions de croissance cette année, à savoir la crise politique provoquée par la démission du jeune gouvernement d’Elyes Fakhfakh, qui a ajouté au climat d’incertitude, et les interruptions de travail dans la production minière. Tous ces facteurs cumulés pourraient contribuer à un ralentissement de l’économie de 9 % en 2020, ce qui correspond à une révision à la baisse par rapport aux -4 % anticipés initialement dans les premières prévisions établies après la survenue de la pandémie. Ces conditions ont conduit, sans surprise, à une hausse du taux de chômage, qui est passé de 15 à 18 % au deuxième trimestre de l’année, renouant avec les niveaux atteints au moment de la révolution de 2011.

    La pauvreté et la vulnérabilité devraient augmenter et inverser la tendance à la réduction rapide de la pauvreté observée ces dernières années. Les témoignages recueillis dans le cadre d’une série d’entretiens téléphoniques menés conjointement par l’Institut national de la statistique (INS) et la Banque mondiale mettent en évidence l’impact de la pandémie sur le niveau de vie des ménages tunisiens. Les foyers les plus pauvres ont réduit leur consommation alimentaire ou commencé à consommer des aliments moins appréciés. Pour faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires ou compenser les pertes d’emplois, les ménages ont puisé dans leurs économies, reçu de l’aide ou emprunté de l’argent à des proches et différé le paiement de leurs obligations. Le taux d’extrême pauvreté, en fonction du seuil de pauvreté international fixé à 1,90 dollar en PPA, restera cependant inférieur à 1 % en 2020. Mais, selon un seuil fixé à 3,20 dollars en PPA, la pauvreté augmentera d’environ 1,3 point de pourcentage, passant de 2,9 à 4,2 %. Le pourcentage de la population « vulnérable » susceptible de basculer dans la pauvreté devrait en outre croître en 2020. En tenant compte d’un seuil de dépenses de 5,50 dollars en PPA, la proportion de pauvres et de personnes vulnérables devrait augmenter de 16,6 à 22 % de la population totale.

    Le déficit du compte courant reste élevé, s’établissant à 7,1 % du PIB en 2020 selon les prévisions. Il s’agit cependant d’une amélioration par rapport aux 8,8 % de 2019, les importations diminuant plus vite que les exportations. Ces facteurs sont de nature à soutenir l’accroissement continu des réserves de change, qui couvraient 142 jours d’importations en août (contre 95 jours un an plus tôt).

    En revanche, le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 12 %, en raison d’une baisse de 11 % des recettes en milieu d’année, qui fait écho au ralentissement de l’activité économique et aux mesures de report d’impôts. Le volume des rémunérations versées aux personnels de la fonction publique a augmenté de 14 % à la mi-2020, ajoutant aux pressions sur les dépenses et signalant l’absence de progrès dans la maîtrise de la masse salariale de l’État. Cette tendance aggrave la vulnérabilité liée à la dette. La dette publique devrait passer de 72,2 % du PIB en 2019 à un niveau record de 86,6 % en 2020, ce qui est nettement supérieur à l’indice de référence du fardeau de la dette des marchés émergents établi à 70 % du PIB.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2020

  • Perspectives

    Après une contraction estimée à 9 % en 2020, la croissance de l’économie tunisienne devrait temporairement s’accélérer pour s’établir autour de 6 % à mesure que les effets de la pandémie s’estompent. Cependant, après cette brève embellie, la trajectoire de la croissance devrait revenir à un rythme plus modéré d’environ 2 %, plombée par un climat d’investissement peu porteur et par les lenteurs de la transformation structurelle. Dans ce contexte, le déficit du compte courant devrait se réduire à la faveur de l’amorce d’une reprise dans les industries d’exportation, mais à un rythme poussif en raison des contraintes structurelles et de l’incertitude politique persistantes. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 8,1 % du PIB en 2020, avant de diminuer progressivement jusqu’à 4,5 % d’ici 2022, sur fond de risques baissiers liés à une masse salariale croissante.

    Les perspectives de réformes pour soutenir la reprise s’annoncent difficiles. La population étant déjà mise à rude épreuve par ce choc sans précédent, le pays a peu de marge de manœuvre pour améliorer les perspectives budgétaires en réduisant à la fois la masse salariale et les subventions non ciblées. Si les réformes structurelles visant à améliorer les performances des entreprises publiques, à accroître la contestabilité des marchés et à lutter contre la corruption sont de plus en plus nécessaires, elles ne sont pas encore portées par une direction politique claire. Les problèmes de sécurité viennent s’ajouter aux risques pesant sur les perspectives économiques. Après avoir accusé une augmentation en 2020, la pauvreté devrait commencer à diminuer à partir de 2021, bien que lentement. 

    Portefeuille

    Les projets d’investissement financés par la Banque mondiale portent sur les principaux défis auxquels est confrontée la Tunisie, à savoir la création de débouchés économiques dans les régions intérieures, la nécessité de se concentrer sur les jeunes et l’utilisation de la technologie pour remédier aux failles des services publics. Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des projets et le lancement retardé de trois opérations, encore aggravées par les conséquences de la crise du coronavirus (COVID-19), ont eu pour effet de faire baisser le taux de décaissement des financements et la performance du portefeuille en général.

    La riposte de la Banque mondiale en Tunisie contre la pandémie a donné lieu à une nouvelle opération d’urgence de 20 millions de dollars, ainsi qu’à la restructuration de plusieurs projets en cours, avec pour objectifs de : i) accroître rapidement le volume de ressources pour financer les équipements et produits médicaux nécessaires à la lutte contre le coronavirus ; et ii) atténuer les répercussions économiques et sociales de la crise sanitaire. Le taux de décaissement s’élevait à 18,5 % à la fin de l’exercice 2020.

    La Banque est à la tête d’une opération d’appui budgétaire de 175 millions de dollars, approuvée le 12 juin 2020, menée en coordination avec l’Union européenne (UE) et avec le concours de plusieurs bailleurs de fonds : le Japon, la banque allemande KfW, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque africaine de développement. L’ensemble des contributions, y compris l’assistance macrofinancière fournie par l’UE, aurait pu atteindre 1,3 milliard de dollars, mais ce montant risque d’être considérablement revu à la baisse en raison de retards dans la finalisation et la ratification des programmes d'aide.

    La Banque prévoit de lancer quatre opérations au cours de l’exercice 2021 : un programme intégré pour la résilience aux catastrophes (financement axé sur les résultats d’un montant de 25 millions de dollars, cofinancé à hauteur de 50 millions de dollars par l’AFD) ; un projet pour l’établissement de couloirs de développement économique (financement de projet d’investissement de 200 millions de dollars) ; un projet d'appui aux partenariats public-privé dans le secteur de l’assainissement (financement de projet d’investissement de 133,5 millions de dollars et un projet de gestion durable des oasis (financement de projet d’investissement de 50 millions de dollars). Des discussions sont toujours en cours en vue de mettre en place des opérations de garantie avec les partenaires de la Banque pour permettre à celle-ci de poursuivre son programme de prêts.

    La Tunisie compte 15 projets en cours financés par la BIRD, pour un montant total d’engagements de 1,66 milliard de dollars. Ce portefeuille est composé de 13 financements de projets d’investissement (pour un montant de 1,03 milliard de dollars), d’un programme de financement axé sur les résultats (430 millions de dollars) et d’un financement à l’appui des politiques de développement (175 millions de dollars), auxquels s’ajoutent deux dons (14,63 millions de dollars). 

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2020

FINANCEMENTS

Tunisie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

Rapports Phares

09 oct. 2019

Bulletin d’information économique : Promouvoir une concurrence loyale — pour ...

Les prévisions de croissance du PIB pour 2019 tablent sur un taux de 0,6 %, ce qui représente à peine une fraction de ce qu’il faudrait pour créer suffisamment d’emplois en vue de faire face à l’augmentation rapide de la ...

07 oct. 2020

Pauvreté et prospérité partagée 2020

Le rapport bisannuel de la Banque mondiale sur la pauvreté et la prospérité partagée signale que le taux d’extrême pauvreté dans la région MENA est passé de 3,8 % en 2015 à 7,2 % en 2018, la dernière année pour laquelle ...

Plus de ressources

Coordonnées du bureau-pays

Tunis
Sadok Ayari
Immeuble Le Boulevard, 3ème Etage Cité les Pins, Les Berges du Lac II 1053 Tunis, Tunisie
+216 31 37 30 00
sayari@worldbank.org