Vue d'ensemble

  • Situation politique et sociale 

    La situation de la Tunisie reste contrastée : si d’importants progrès ont été réalisés sur le front du processus de transition politique vers un système de gouvernance ouvert et démocratique — ce qui constitue une singularité notable dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) —, la transition économique n’a pas suivi le même rythme. Une conjugaison de facteurs exogènes et endogènes a eu pour effet de ralentir la reprise économique et d’aviver l’insatisfaction sociale face à l’absence de perspectives d’emploi, avec en particulier, sur le plan interne, l’émiettement du système des partis politiques et la difficulté de parvenir à un consensus sur les principales réformes économiques, et, à l’extérieur, le conflit dans la Libye voisine. Les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés par le problème de l’emploi : la Tunisie est l’un des rares pays du monde où une éducation poussée diminue l’employabilité, en particulier dans la population féminine. À l’intérieur des terres, ces deux catégories de population sont très durement frappées, ce qui pousse de plus en plus de jeunes à quitter leur région, un phénomène qui expose la Tunisie au risque grandissant de voir sa compétitivité s’éroder à long terme.

    Situation macro-économique

    La croissance tunisienne n'a été que de 1,1 % au premier semestre de 2019, contre 2,5 % et 2 % en 2018 et 2017 respectivement. Ce recul est dû à un ralentissement de la croissance agricole, qui avait atteint 9,5 % en 2018, et à une contraction de l’activité industrielle (pétrole et gaz, agroalimentaire) qui n’a été compensée qu’en partie par la progression des services. Face à l'accélération de l’inflation depuis 2017 (7,8 % en juillet 2018), la Banque centrale de Tunisie a relevé son taux directeur à 7,75 %, tandis que les autorités ont pris des mesures pour renforcer les ratios prêts/dépôts appliqués aux établissements bancaires et réduire les injections de liquidité par le biais de conversions de change. Ces mesures ont permis de ralentir l’inflation à partir du second semestre de 2018, et de la ramener à 6,7 % au mois d’août 2019. Les taux d’intérêt réels (à l’exception de certains taux d’intérêt sur dépôts) sont maintenant positifs. L’inflation devrait continuer à diminuer, sous réserve que la politique monétaire reste focalisée sur ses objectifs centraux. La croissance devrait tomber sous la barre des 2 % en 2019 avant de commencer à se redresser si le pays mène à bien des réformes urgentes en vue d’améliorer le climat des investissements et de renforcer la sécurité et la stabilité sociale. Cette dynamique sera portée par une expansion de l’activité dans le secteur agricole, les industries manufacturières et le tourisme, ainsi que par la mise en exploitation du gisement de gaz de Nawara. 

    Le taux de chômage n’a globalement pas varié entre 2018, où il atteignait 15,4 %, et le premier semestre de 2019, où il est ressorti à 15,3 %, et il reste considérablement plus élevé chez les femmes (22,6 %) et les diplômés (28,2 %).

    Le déficit budgétaire s’est creusé pour s’établir à 2,4 milliards de dinars tunisiens au cours du premier semestre de 2019 (ce qui correspond selon les estimations à 2,1 % du PIB), contre 1,8 milliard de dinars tunisiens au cours de la même période en 2018. Les revenus ont augmenté de 18,1 %, à la faveur de la hausse des recettes de TVA et des droits de douane. Malgré la stagnation relative des dépenses en capital et des subventions et transferts par rapport au premier semestre de 2018, les salaires et les paiements d’intérêts ont augmenté respectivement de 11,1 % et 18,5 %, tandis que les prêts nets ont presque triplé, entraînant ainsi une augmentation des dépenses et des prêts nets de 18,2 % en glissement annuel. 

    Le déficit commercial a atteint 11,3 % du PIB (12,86 milliards de dinars tunisiens) au cours des huit premiers mois de 2019, contre 11,5 % (12,16 milliards de dinars tunisiens) au cours de la même période de 2018, les exportations ayant enregistré une progression de 12 % (tirée par les phosphates, l’énergie et les produits électriques) et les importations une croissance de 10 % en glissement annuel. Cette tendance devrait contribuer à une légère réduction du déficit du compte courant, qui bénéficiera également d’un excédent dans les services (tourisme) et les transferts (envois de fonds). Alors que l’investissement direct étranger reste atone, les financements proviennent principalement de prêts concessionnels alloués par les partenaires multilatéraux et bilatéraux. La réduction des interventions en devises de la Banque centrale et l’amélioration du fonctionnement du marché des changes (avec la mise en place d’un système d’adjudication de devises à la mi-2018) ont contribué à protéger les réserves de change, qui couvrent actuellement un peu plus de trois mois d’importations. Le dinar tunisien s’est apprécié de 8,5 % par rapport à l’euro depuis le début de 2019, ce qui a marqué une inversion de la tendance à la dépréciation de cette monnaie observée depuis plusieurs années. 

    Le déficit du compte courant restera à deux chiffres au cours de la période de prévision, mais commencera à se réduire à partir de 2021, à mesure que la croissance repartira et que les coûts d’importation d’énergie diminueront avec l’augmentation de la production gazière locale.

    Selon les dernières données d'enquête disponibles, la proportion de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté fixé pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (3,20 dollars en PPA de 2011) a été ramenée de 9,09 % en 2010 à 3,21 % en 2015. 

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

  • Programme de la Banque

    Les financements de projets d’investissement portent sur les principaux enjeux de la Tunisie, à savoir la création de débouchés économiques dans les régions intérieures, la nécessité de se concentrer sur les jeunes et l’utilisation de la technologie pour remédier aux failles des services publics. Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des projets ont eu pour effet de faire baisser le taux de décaissement des financements et la performance du portefeuille en général. Le pays a en outre pris du retard dans la ratification de trois projets importants approuvés en juin 2019 (amélioration des performances du secteur de l’énergie, numérisation de l'administration publique et start-up et PME innovantes).

    Au cours de l’exercice 2020 (qui s'achève en juillet 2019), la Banque prévoit de finaliser un projet d'appui aux partenariats public-privé dans l’assainissement (130 millions de dollars) et un projet de gestion durable des oasis (100 millions de dollars). Des discussions sont toujours en cours en vue de mettre en place des opérations de garantie avec les partenaires de la Banque pour permettre à celle-ci de poursuivre son programme de prêts.

    Portefeuille

    La Tunisie compte 15 projets en cours financés par la BIRD, pour un montant total d’engagements de 2,05 milliards de dollars. Ce portefeuille est composé de 11 financements de projets d’investissement (pour un montant de 1,1 milliard de dollars), d’un programme de financement axé sur les résultats (430 millions de dollars), d’un financement à l’appui des politiques de développement (500 millions de dollars) et de deux dons (14,63 millions de dollars). Il comprend trois projets problématiques : le projet pour l’enseignement supérieur et l’employabilité, le projet pour l’inclusion économique des jeunes et le projet de gestion intégrée des paysages.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

FINANCEMENTS

Tunisie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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