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Vue d'ensemble

Situation politique

Le 2 septembre 2020, un nouveau gouvernement est entré en fonctions en Tunisie. Le Premier ministre, Hichem Mechichi, a exposé les priorités du gouvernement : améliorer la situation économique et sociale de la Tunisie, rééquilibrer les finances publiques (dans le cadre de négociations avec les bailleurs de fonds) et engager des réformes visant à réduire les subventions et les programmes de soutien aux entreprises d’État. En avril 2021, la Tunisie a présenté à ses partenaires internationaux un projet de programmes de réforme, mais le gouvernement n’a pas encore exposé de manière détaillée sa stratégie pour remédier aux profondes difficultés économiques et financières du pays, aujourd’hui confronté à un déficit budgétaire et une dette publique d’une ampleur sans précédent.

Avant même la pandémie de COVID-19, la capacité de résilience de l’économie tunisienne avait déjà été mise à mal par des années d’indécision des politiques publiques et une tendance croissante au protectionnisme, tandis que l’offre de services publics se dégradait. Après avoir procédé à un remaniement ministériel rejeté par le président de la République, Kaïs Saïed, le Premier ministre Hichem Mechichi est à la tête d’un gouvernement dans lequel la moitié des ministres détiennent plusieurs portefeuilles.

Situation macroéconomique

La gravité de l’impact de la pandémie sur l’économie tunisienne est apparue clairement vers la fin de l’année 2020 : plombé par une croissance déjà ralentie au début de la crise et l’alourdissement de sa dette, le pays a connu un coup de frein économique plus sévère que la plupart de ses pairs dans la région. Le PIB s’est ainsi contracté de 8,8 % en 2020. Le chômage s’est aggravé, pour passer de 15 % avant la pandémie à 17,8 % à la fin du premier trimestre 2021. Les femmes et les jeunes (15-24 ans) sont particulièrement touchés, avec des taux qui atteignent respectivement 24,9 % et 40,8 %.

La pauvreté et la précarité devraient augmenter, à l’opposé de la tendance observée ces dernières années. Les témoignages recueillis dans le cadre d’une série d’entretiens téléphoniques menés conjointement par l’Institut national de la statistique (INS) et la Banque mondiale mettent en évidence l’impact de la pandémie sur les habitudes alimentaires des ménages tunisiens. Les foyers les plus pauvres ont réduit leurs rations ou commencé à consommer des aliments moins appréciés. Pour faire face à la hausse des prix alimentaires ou compenser les pertes d’emplois, les ménages ont puisé dans leurs économies, reçu une aide extérieure ou emprunté de l’argent à des proches et différé le paiement de certaines charges.

Le taux d’extrême pauvreté, établi en fonction du seuil international fixé à 1,90 dollar par jour, est cependant resté inférieur à 1 % en 2020. Mais en utilisant un seuil de 3,20 dollars par jour, la pauvreté aurait augmenté, pour passer de 2,9 à 3,7 %. Les estimations prévoient également une hausse du pourcentage de la population « vulnérable » susceptible de basculer dans la pauvreté. En tenant compte d’un seuil de 5,50 dollars par jour, la proportion de pauvres et de personnes vulnérables devrait avoir augmenté de 16,7 à 20,1 % de la population totale, estimée à 11,7 millions d’habitants (Banque mondiale 2021, 2019).

Le déficit du compte courant reste élevé, s’établissant à 6,8 % du PIB en 2020. Il s’agit cependant d’une amélioration par rapport aux 8,5 % de 2019, les importations diminuant plus vite que les exportations. Ces facteurs sont de nature à soutenir l’accroissement continu des réserves de change, qui s’établissaient à 8,3 milliards de dollars en janvier 2021 (l’équivalent de 158 jours d’importations), contre 7,4 milliards de dollars fin 2019. Au cours des premiers mois de l’année 2021, le déficit commercial s’est replié de 10 %. Les exportations et les importations de marchandises ont progressé respectivement de 23 % et 13,7 % par rapport à la même période en 2020. Parallèlement, la balance commerciale des services, qui affichait un excédent de 523 millions de dinars, est passée dans le rouge, affichant un déficit de 177,5 millions de dinars, soit une chute de 134 %, mais le déficit des transactions courantes s'est réduit à 6,8 % du PIB, à la faveur de la hausse de 17 % des envois de fonds des migrants. La tendance sur les premiers mois de cette année est positive, la hausse des exportations – tirée principalement par la production industrielle – ayant pour effet de réduire les besoins de financement extérieur et d’atténuer les pressions sur les réserves de devises. La situation reste toutefois exposée à des risques de dégradation importants du fait de la conjoncture extérieure.

En revanche, le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 10 %, à la suite d’une baisse des recettes imputable au ralentissement de l’activité économique et aux mesures de report d’impôts conjuguée à l’impact du programme de riposte à la COVID-19 sur les dépenses. Le volume des salaires et traitements de la fonction publique a augmenté, ressortant autour de 17,5 % du PIB en 2020, ajoutant aux pressions sur les dépenses et signalant l’absence de progrès dans la maîtrise de la masse salariale de l’État. Cette tendance aggrave la vulnérabilité du pays face au poids de l’endettement. La dette publique devrait passer de 72 % du PIB en 2019 à 87 % en 2020, bien au-delà de l’indice de référence du fardeau de la dette des marchés émergents, établi à 70 % du PIB.

Les recettes fiscales ont augmenté de 13 % au premier trimestre 2021 (en glissement annuel), tandis que les recettes non fiscales ont chuté de 77 %, ce qui a conduit à une hausse des recettes totales (fiscales et non fiscales) de 1,7 %. Les dépenses publiques ont, elles, diminué de 2,3 %, en dépit des hausses enregistrées dans la masse salariale (+4,7 %), les dépenses d’administration (+7,9 %) et les intérêts de la dette (+1,2 %). Celles-ci ont en effet été compensées par la baisse des subventions (-13,4 %) et des investissements (-38 %), avec à la clé une économie de 475 millions de dinars (1,73 million de dollars).

Le déficit budgétaire a été globalement réduit de 27,7 %, ce qui s’inscrit dans l’objectif de le ramener à 6,6 % du PIB en 2021.

Dernière mise à jour: 21 juin 2021

FINANCEMENTS

Tunisie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA
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