COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Mali Présentation

  • Vaste pays du Sahel, le Mali est une économie à faible revenu, peu diversifiée et exposée aux fluctuations des prix des matières premières. Sa forte croissance démographique (avec un taux de fécondité de 6 enfants par femme en 2017) et le changement climatique représentent des risques importants pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

    Après avoir augmenté à 47,2 % entre 2011 et 2015 du fait de la crise sécuritaire, le taux d'extrême pauvreté a légèrement baissé pour atteindre 42,7 % en 2019 grâce à la production agricole exceptionnelle de ces quatre dernières années. La pauvreté se concentre dans les zones rurales du sud du pays (90 %), où la densité démographique est la plus forte.

    Situation politique

    Le Mali traverse une période d’instabilité et de conflit depuis le coup d’État militaire de 2012 et l’occupation du nord du pays par des groupes armés. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) intervient depuis juillet 2014.

    Président depuis 2013, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été réélu pour un second mandat en août 2018. Prévues à l’automne 2018, les élections législatives ont été reportées plusieurs fois. Le premier tour s’est tenu le 29 mars 2020, avec une campagne électorale marquée par l’enlèvement de Soumaïla Cissé, chef du parti de l’opposition, l'Union pour la république et la démocratie (URD) le 25 mars 2020 dans la localité de Saraféré. 12 députés sur 147 ont été réélus dès le premier tour. Les 125  sièges restants seront attribués à l’issue du second tour prévu le 19 avril 2020.

    Les négociations de paix entre le gouvernement et deux groupes rebelles (la « Plateforme » et la « Coordination ») ont abouti à la signature d’un accord en juin 2015. Cet accord prévoit une plus forte décentralisation, en dotant les régions du nord du Mali d’une zone de développement spécifique. Il comprend plusieurs projets dont le Programme de développement accéléré du Nord (PDAN) et le Programme d’urgence pour la relance du développement des régions du Nord (PURD/RN). Le pays rencontre cependant des difficultés dans l’application de cet accord.

    Indispensable pour la reprise économique et la réduction de la pauvreté, la sécurité reste fragile, des groupes armés poursuivant leurs attaques contre les casques bleus, l’armée malienne et les civils, essentiellement dans le nord et le centre du pays.

    En juillet 2017, l’Allemagne, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, la France, l’Union européenne et le Programme des Nations Unies pour le développement ont lancé l’Alliance Sahel afin d’apporter une réponse coordonnée et adaptée aux défis rencontrés par les pays membres du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Depuis lors, le Danemark, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont rejoint l’Alliance.

    Situation économique

    • L’impact de l’épidémie de coronavirus (Covid-19) sur l’économie malienne est, pour l’instant, limité. Importateur net de pétrole, le pays  profite de la forte chute des cours du brut. Valeur refuge traditionnelle en temps de crise, l'or est le premier poste d'exportation du Mali. La crise devrait donc entraîner une amélioration de ses termes de l’échange qui permettrait de réduire le déficit du compte courant.
    • Ces effets bénéfiques potentiels sont toutefois à relativiser, d’autant que les exportations de produits agricoles maliens risquent de souffrir d’un effondrement des prix et d’une baisse de la demande de la zone euro. Par ailleurs, si les effets directs du ralentissement de l’activité chinoise sur les exports maliens sont modérés, le Mali pourrait connaître des difficultés à importer dans un contexte de rupture des chaînes de valeurs internationales.
    • Dans un scénario de référence où la Chine et l'Union européenne connaîtraient un ralentissement économique limité et le prix du pétrole baisserait de 25 %, la croissance du PIB du Mali devrait baisser à 4,9 % en 2020 contre 5,1 % en 2019.
    • Dans un scénario plus pessimiste, avec une baisse de 50 % des prix du pétrole, un ralentissement très marqué de la conjoncture internationale et une contagion importante de la population malienne au virus, l’impact sur l’économie malienne serait bien plus important. Les mesures de distanciation sociale et le manque d’infrastructure médicale capable de faire face à la crise sanitaire perturberaient l’activité économique domestique avec une croissance réelle du PIB qui pourrait chuter à environ 4 %.
    • Le Mali dispose de marges manœuvres budgétaire et monétaire pour mener des politiques contracycliques. Il pourrait cependant avoir des difficultés à se financer dans un contexte d’incertitude mondiale et d’aversion pour le risque de la part des investisseurs. À court terme, le gouvernement gagnerait à réorienter les dépenses au profit  des services de santé publique et prendre des mesures pour mobiliser davantage de sources de revenus, y compris de la part des partenaires techniques et financiers internationaux.

    Dernière mise à jour: 20 avr. 2020

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Mali est déterminée par un cadre de partenariat conçu pour faire face aux enjeux de l’après-crise de 2012. L’Association internationale de développement (IDA), l’institution du Groupe de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète, finance actuellement 22 projets nationaux et 8 projets régionaux au Mali pour un montant total de 1,5 milliard de dollars (dons et prêts inclus). Ces projets soutiennent le développement de nombreux secteurs tels que :

    • l’énergie ;
    • la reconstruction et le redressement économique ;
    • l’eau et l’assainissement ;
    • l’autonomisation des femmes ;
    • le dividende démographique ;
    • l’éducation.

    Le 10 avril 2020, la banque mondiale a également débloqué un financement d’urgence de 25,8 millions de dollars de l’IDA, dont la moitié en don et l’autre moitié en crédit pour aider le Mali à faire face à la pandémie de coronavirus.

    Société financière internationale (IFC)

    Au 31 décembre 2019, les engagements d’IFC, le guichet du Groupe de la Banque mondiale pour le développement du secteur privé, totalisaient 33,8 millions de dollars. Ces engagements comprennent des investissements dans les secteurs financiers, infrastructures et agro-industrie. Les activités d’IFC au Mali comprennent également des projets d’assistance technique destinés à améliorer le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et le climat des affaires, en collaboration avec la Banque mondiale.

    Afin d’accompagner le développement du secteur privé, IFC s’attache à :

    • soutenir la transformation du secteur agricole grâce au développement de chaînes de valeur mieux organisées et de l’agro-industrie, à l’instar de son récent investissement dans une usine de transformation d’amandes de karité ;
    • proposer des produits financiers adéquats aux institutions financières locales et renforcer leurs capacités pour améliorer l'accès au financement des segments mal desservis ;
    • développer des infrastructures énergétiques renouvelables et à moindre coût ; et
    • améliorer l'environnement des affaires en général, pour attirer des investisseurs et développer le secteur privé.

    Dernière mise à jour: 20 avr. 2020

  • Voici quelques résultats obtenus grâce au soutien du Groupe de la Banque mondiale :

    Filets sociaux

    Le Projet d'urgence de filets sociaux « Jigisemejiri » (arbre de l’espoir) vise à atténuer la pauvreté et l’insécurité alimentaire. De 2013 à juin 2019 :

    • 79 168 familles ont bénéficié de transferts monétaires trimestriels dans les régions de Gao, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, et dans le district de Bamako ;
    • 105 000 personnes ont reçu des suppléments nutritionnels (dont 70 % sont des enfants de moins de 5 ans et 30 % des femmes enceintes) ;
    • 10 000 ménages ont pu subvenir à leurs besoins grâce à des activités génératrices de revenus (petit commerce, transformation des produits agricoles, élevage, maraîchage etc.) ;
    • Les bénéficiaires du projet ont également accès à des soins de santé gratuits fournis par le Régime d’assistance médicale (RAMED) mis en œuvre par l'Agence nationale d'assistance médicale (ANAM) ;
    • Le Registre social unifié est parvenu à identifier 350 000 ménages vulnérables éligibles aux  prestations des programmes contributifs et non contributifs ;
    • 60 chantiers de travaux publics communautaires à haute intensité de main d’œuvre ont été menés (construction de digues, de mini-barrages, réhabilitation de centres de santé communautaires (CSCOM) et de salles de classe).

    Projet d’approvisionnement en eau potable de la ville de Bamako

    Actuellement, 45 % des habitants de Bamako n’ont pas accès l’eau potable chez eux, tandis que les abonnés subissent d’importantes pénuries. Dans le cadre d’un programme multi-bailleurs, le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de Kabala vise à fournir un service d’eau potable de qualité à 95 % de la population d’ici 2025 :

    • les nouveaux ouvrages de production et stockage ont déjà permis de réduire sensiblement les pénuries pour plus de 600 000 personnes qui bénéficient désormais d’un service en continu ;
    • lancé en juin 2019, le programme de 110 000 branchements sociaux, dont 40 000 financés par la Banque mondiale, a déjà permis de donner accès à l’eau potable à domicile à plus de 80 000 personnes et 400 000 autres seront connectées dans les prochains mois ;
    • D’ici 2022, le programme bénéficiera à plus de 1,6 million de personnes. Il permettra aussi à près de 400 000 personnes de s’approvisionner en eau potable à travers plus de 1 200 bornes-fontaines, dont 25 % sur financement IDA.

    Dernière mise à jour: 20 avr. 2020

  • Le Groupe de la Banque mondiale collabore avec les autres partenaires techniques et financiers du Mali (donateurs bilatéraux et multilatéraux et système des Nations Unies sur place). Il travaille en étroite concertation avec le secteur privé, la société civile, les municipalités et les universités.

    Dernière mise à jour: 20 avr. 2020

Api


FINANCEMENTS

Mali: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

POUR APPROFONDIR

Le coronavirus provoque une récession

Selon nos dernières perspectives économiques, la croissance africaine pourrait se rétracter jusqu’à -5,1 % à cause de la pandémie

Booster le potentiel de l’Afrique

Découvrez en quoi consiste notre plan pour aider les pays africains à investir davantage et mieux dans leur population.

L’Association internationale de développement en Afrique

Des millions d’Africains sont sortis de la pauvreté grâce au soutien de l’IDA qui a permis de créer des emplois, améliorer le capital humain et de fournir des services essentiels.

Vidéos de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, podcasts et photos qui illustrent le travail de la Banque mondiale en Afrique.

Évaluation des politiques et des institutions publiques

La qualité des politiques publiques et des cadres institutionnels des pays les plus pauvres d’Afrique s’est peu, voire pas du tout, améliorée ces dernières années.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Point de contact principal
Bureau de la Banque mondiale au Mali
B.P. 1864
Immeuble Waly Diawara
Avenue du Mali
Hamdallaye ACI 2000
Bamako, Mali
+223 20 70 22 00
Informations générales et renseignements
Habibatou Gologo
Chargée des relations extérieures
+223 20 70 22 06
hgologo@worldbank.org
Plaintes et problèmes liés aux projets
malialert@worldbank.org