Iran - Présentation

  • En 2017, le PIB de l’Iran était estimé à 447,7 milliards de dollars, et sa population à 80,6 millions d’habitants. L’économie iranienne repose sur le secteur gazier et pétrolier, l’agriculture et les services, et se caractérise par une présence notable de l’État dans l’industrie manufacturière et les services financiers. L’Iran occupe le deuxième rang mondial des pays producteurs de gaz naturel et le quatrième rang pour ses réserves de pétrole prouvées. L’activité économique et les recettes publiques dépendent toujours largement des exportations d’hydrocarbures et sont donc intrinsèquement instables.

    Les autorités iraniennes ont adopté une stratégie globale de réformes fondées sur le marché, déclinée dans un document de prospective sur 20 ans et dans le VIe plan quinquennal de développement couvrant la période 2016-21. Ce plan s’articule autour de trois grands axes : le développement d’une économie résiliente, le progrès scientifique et technique, et la promotion de l’excellence culturelle. Sur le front économique, le plan table sur une croissance annuelle de 8 %, avec trois grandes priorités pendant les cinq prochaines années : réforme des entreprises publiques, secteur financier et bancaire, et répartition et gestion des recettes pétrolières.

    En 2017/18, la croissance du PIB iranien est retombée à 3,8 %, les effets de la hausse importante des recettes pétrolières enregistrée l’année précédente se dissipant. L’essentiel de ce dynamisme est à imputer au secteur non pétrolier et, pour plus de la moitié, au secteur des services qui a bondi de 4,4 %. Le secteur pétrolier, l’agriculture et les services ont renoué avec leurs niveaux d’activité d’avant les sanctions imposées en 2012/13. Mais dans des secteurs clés comme la construction et le commerce, la restauration et l’hôtellerie, plombés par l’atonie de la croissance consécutive aux sanctions et par les difficultés du secteur bancaire, le rebond se fait toujours attendre. Les hydrocarbures affichent une progression de 0,9 %, freinée par les quotas découlant de l’accord OPEP+ pour la période convenue. 

    Le taux de chômage reste élevé, à 12,1 %, sur la période avril-juin 2018, marquant une légère amélioration par rapport à l’année précédente sur la même période (12,6 %). Le taux de chômage est de 10,2 % chez les hommes, mais il atteint 19,7 % dans la population féminine, signe du creusement des inégalités entre les sexes sur le marché de l’emploi. Le chômage des jeunes (15-24 ans), à 28,3 % en juin 2018, reste élevé par rapport aux périodes précédentes et à la moyenne régionale. Le taux d’activité est parallèlement remonté à 41,1 %, un niveau record en plus de dix ans. Le taux d’activité des femmes poursuit son redressement, autour de 19,8 % en 2017/18. L’Iran se situe dans le classement de tête des pays de la région pour l’amélioration de la participation des femmes, même si de profonds écarts demeurent avec les indicateurs d’activité des hommes.

    En 2017/18, le déficit budgétaire a reculé à 1,8 %, la hausse des recettes pétrolières de l’État, à 17 % du PIB, ayant dépassé la hausse des dépenses. La part des émissions de dette dans les recettes publiques, destinées à financer les besoins d’emprunts bruts, reste importante (13,9 % en 2017/18) mais inférieure au niveau record enregistré l’année précédente (19 %). Comme l’an dernier, la hausse des dépenses de fonctionnement s’est faite au détriment des dépenses d’investissement (5,5 % du PIB) en 2017/18.

    Avec le ralentissement de la production pétrolière début 2018, l’excédent de la balance des transactions courantes est ressorti à 3,5 % du PIB en 2017/18, contre 3,9 % en 2016/17. Les exportations en volume de biens et de services ont progressé de 1,8 % en 2017/18, contre 41,3 % en 2016/17, les importations augmentant quant à elles de 13,4 %. Les exportations iraniennes de produits non pétroliers sont en hausse depuis quelques années, de 6 % du PIB en 2012/13 à 10 % en 2017/18.

    Après des mois de volatilité du taux de change, le gouvernement a annoncé en avril 2018 l’unification du cours officiel et du cours parallèle sans parvenir pour autant à son objectif de calmer les marchés. En mai 2018, avec les anticipations de nouvelles pénuries de dollars liées au retrait des États-Unis du plan d’action global conjoint (JCPOA), le cours parallèle a grimpé en flèche. Entre août 2017 et août 2018, la monnaie nationale s’est dépréciée de 172 %, atteignant plus de 100 000 rials pour un dollar. Résultat, l’inflation est ressortie à 24 % en août 2018, un niveau qu’elle n’avait plus atteint depuis 2013.

    À moyen terme, l’économie iranienne devrait s’inscrire dans une trajectoire descendante, les exportations de pétrole risquant de retomber à la moitié de leurs niveaux de 2017/18 avec la réintroduction progressive des sanctions américaines qui joueront à plein dès novembre 2018. La croissance devrait donc reculer de 1,4 % en moyenne entre 2017/18 et 2020/21, plombée, du côté de la demande, par la chute des exportations et de la consommation et, du côté de l’offre, par le ralentissement du secteur industriel.

    L’alourdissement de la facture des importations consécutive à la dévaluation va attiser l’inflation, qui risque de franchir à nouveau la barre des 30 % au cours des prochaines années, les tensions inflationnistes se conjuguant à la défiance des consommateurs pour ouvrir une nouvelle ère de stagnation dans le pays. Malgré la dévaluation de la monnaie et la chute des importations, la réduction des exportations de pétrole devrait absorber la quasi-totalité de l’excédent des comptes courants, inférieur aux niveaux observés lors des précédentes périodes de sanction, les cours de pétrole étant pratiquement deux fois plus faibles qu’en 2012/13-2013/14. Ce passage à vide de l’économie devrait également accentuer les tensions sur le marché du travail et réduire à néant les récentes créations d’emplois.

    Selon des estimations, le taux de pauvreté a reculé de 13,1 à 8,1 % entre 2009 et 2013 (sur la base d’un seuil de pauvreté de 5,5 dollars en parité de pouvoir d’achat de 2011). Cette baisse est probablement à imputer à la mise en place, fin 2010, d’un programme universel d’allocations monétaires, prélude à la suppression des subventions à l’énergie et au pain. Le programme semble avoir plus que compensé la hausse attendue des factures d’énergie des ménages les moins aisés et contribué, ce faisant, à améliorer le pouvoir d’achat des 40 % les plus pauvres de la population, même si le taux de croissance global de la consommation entre 2009 et 2013 a été négatif. Cependant, la pauvreté s’est accrue en 2014, corollaire possible de la baisse des prestations d’aide sociale en termes réels, sous l’effet de l’inflation. À terme, l’effritement en valeur des transferts monétaires provoqué par l’inflation pourrait annuler les retombées positives de la croissance économique enregistrée en 2016/17 et 2017/18 et aggraver les effets d’une croissance négative attendue après 2017/18.

  • Le Groupe de la Banque mondiale n’a, à ce jour, aucun programme de prêt en Iran. Le dernier projet de la BIRD a été clôturé en 2012. La Banque mondiale, qui suit l’évolution de l’économie iranienne, publie depuis 2016 l’Iran Economic Monitor et réalise des travaux analytiques sur des thématiques choisies qui intéressent l’Iran et la communauté internationale.

    Le premier numéro de l’Iran Economic Monitor a été consacré au secteur pétrolier et gazier ainsi qu’au secteur financier. Le deuxième numéro, à l’automne 2016, présentait un volet spécial sur la pauvreté et la pollution atmosphérique. Le numéro suivant (printemps 2017) s’est intéressé aux retraites et à la gestion des ressources en eau tandis que le quatrième opus (automne 2017) a consacré un volet aux marchés du travail et à l’emploi. La dernière édition (automne 2018) analyse les performances macroéconomiques de l’Iran par rapport aux précédents épisodes de sanctions et compare ses principaux résultats économiques à ceux de ses concurrents. Un volet spécial consacré à la pauvreté actualise les données précédentes portant sur la période 2014-16.

    Dans l’attente de l’évaluation par le FMI de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, la Banque mondiale appuie l’Iran dans son évaluation nationale des risques, un travail que les pays entreprennent eux-mêmes, afin de déterminer les menaces et les vulnérabilités liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme sur leur territoire. Outre des recommandations méthodologiques, la Banque offre des conseils sur ce qui constitue une évaluation crédible des risques.

    La Société financière internationale (IFC) n’a aucun portefeuille en cours en Iran. Les investissements précédemment engagés en 2004 et 2005 ont été clôturés, et l’IFC n’a aucun engagement en Iran. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a émis deux garanties en 2005 mais aucune depuis. En septembre 2018, ses engagements bruts en Iran s’élevaient à 24,8 millions de dollars, en appui au dernier projet en cours.

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