Haïti Présentation

  • Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 870 $ en 2018 et un indice de développement humain de 163 sur 188 pays en 2016. Selon la dernière enquête auprès des ménages de 2012, plus de 6 millions d’Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 2,41 $ par jour, et plus de 2,5 millions sous le seuil de la pauvreté extrême (1,23 $ par jour).

    Le taux de croissance du PIB s’est accéléré, passant de 1.2% en 2017 à 1.5% en 2018. Cette faible accélération de la croissance s’est faite sur fond d’un creusement du déficit budgétaire qui est passé de 1.9% en 2017 à 4.3% du PIB en 2018 et qui est de plus en plus financé par la Banque centrale. Par conséquent, la monnaie nationale (la gourde) continue de se déprécier, alimentant une inflation à deux chiffres (environ 15%) et pénalisant davantage les ménages les plus pauvres. Ces défis macro-économiques combinés aux faibles recettes fiscales ont empêché le gouvernement d'augmenter les allocations budgétaires à portée sociale.

    Haïti a récemment fait face à plusieurs périodes d’instabilité dues à des manifestations, grèves et troubles civils dans tout le pays. Le 18 mars 2019, la chambre des députés a voté une motion de censure contre le Premier ministre Jean Henry Céant, six mois après sa prise de fonction.

    Haïti est également fortement exposée aux catastrophes naturelles principalement les ouragans, les inondations et les tremblements de terre. Plus de 93% du territoire et plus de 96% de la population sont exposés à ces catastrophes naturelles.  Pour parer à ces aléas climatiques, le pays continue à renforcer sa résilience avec l’appui de partenaires, y compris celui de la Banque mondiale.

    Ainsi, les efforts de construction se poursuivent plus de deux ans après le passage de l’ouragan Matthew qui avait sévèrement frappé le pays en 2016 et causé des pertes et dommages évalués à 32 % du PIB de 2015.  Les premières évaluations montrent que les autorités nationales ont intégré les leçons apprises suite au passage de l’ouragan Matthew dans les plans de gestion des risques et désastres.

    Dernière mise à jour: 04 avr. 2019

  • Le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec Haïti, validé par le Conseil des administrateurs en septembre 2015 et légèrement révisé en 2018, est destiné à soutenir les efforts du pays pour offrir des opportunités économiques à l’ensemble de sa population et pour lutter contre la pauvreté. Ce cadre cherche à renforcer les institutions, les capacités du gouvernement et la gestion des finances publiques, dans un contexte de réduction rapide de l’aide internationale et des financements concessionnels. Il s’articule autour de trois axes prioritaires et un axe transversal autour de la gouvernance :

    • Promouvoir la croissance inclusive en créant davantage d’opportunités économiques notamment en dehors de Port-au-Prince en renforçant l’accès à l’énergie, en développant les énergies renouvelables, en facilitant l’accès aux financements et en favorisant la compétitivité et la productivité du secteur privé grâce à des infrastructures énergétiques, publiques et privées ;
    • Renforcer le capital humain et l’accès aux services en améliorant l’enseignement primaire et les soins de santé maternelle et infantile, tout en étendant l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les communes les plus touchées par le choléra et en mettant en place des mesures de prévention sanitaire et de traitement ; 
    • Améliorer les capacités d’adaptation aux chocs climatiques en renforçant les capacités d’intervention lors de catastrophes et en protégeant un plus grand nombre d’Haïtiens grâce à des investissements dans des dispositifs de lutte contre les inondations et dans d’autres infrastructures climato-résilientes, y compris des systèmes de drainage, des ponts renforcés et des routes praticables par tous les temps ;
    • Renforcer la gouvernance afin d'améliorer l'efficacité de l'État par le biais d’investissements visant à soutenir la transparence, la redevabilité, y compris la reddition de comptes dans le cadre de la gestion des finances publiques, à renforcer les institutions et la capacité du gouvernement à produire des données clés et à adopter des politiques basées sur des données fiables et enfin à augmenter la capacité du gouvernement à financer la fourniture des services de base.

    Le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti comprend actuellement 17 projets actifs pour un montant total d'engagement d‘environ 750 millions de dollars, complété par près de 90 millions de dollars en fonds fiduciaires pour soutenir la mise en œuvre de ces projets. Le secteur qui reçoit le plus de ressources de la Banque en Haïti est celui du transport avec plus de 24% des investissements alloués. Près de 17% des investissements sont alloués aux secteurs social, urbain et résilience, 14% au secteur de l’énergie, 13% au secteur de la santé, 12% au secteur de l’agriculture et l’environnement et 12 % au secteur de l’eau et assainissement. Le reste des ressources investis sont dans les secteurs de l’éducation, de la gouvernance, du commerce et de la compétitivité.

    L’enveloppe allouée à Haïti dans le cadre de la 18e reconstitution des fonds de l’IDA (IDA-18, qui couvre la période 2017-2020) s’élève à 260 millions de dollars (contre 120 millions de dollars d’IDA-17). Un montant total de 105 millions de dollars a déjà été programmé pour l’année fiscale 2018 et le reste sera programmé au cours de l’année 2019 et en 2020.

    Appui au secteur privé

    Le climat de l’investissement en Haïti fait face à plusieurs défis parmi lesquels les faiblesses liées au domaine foncier, des infrastructures de base inadéquates ainsi qu’un manque de services logistiques et financiers et de compétences.

    Les ressources de l’IDA financent le tourisme dans la région du Nord, les réseaux de transport et l’infrastructure de marché dans les régions du Centre et de l’Artibonite, le développement des chaînes de valeurs régionales dans les 10 départements, et une assistance technique pour l’inclusion financière.

    En plus des activités de l’IDA, le Groupe de la Banque mondiale vient en aide au secteur privé haïtien par le biais de la Société financière internationale (IFC).

    La stratégie de l’IFC en Haïti est double :

    • Dans l’immédiat, créer des emplois, faciliter l’accès aux infrastructures de base et services financiers et créer des sources de revenus en effectuant des investissements à effet catalyseur ;
    • Contribuer au développement d’une économie durable et inclusive, grâce à des programmes d’assistance technique permettant de rendre l’environnement des affaires plus propice pour les investisseurs ainsi que pour les micros, petites et moyennes entreprises ;

    Le portefeuille de l’IFC en Haïti s’élève à 123,4 millions de dollars, dont 54,4 millions mobilisés auprès d’autres partenaires. L’IFC appuie des projets du secteur privé haïtien dans l’énergie, l’eau, le transport, l’assemblage, les marchés financiers et l’hôtellerie. Ces investissements d’IFC en Haïti ont permis de créer d’emplois, d’augmenter l’approvisionnement en eau potable et d’augmenter la capacité de production électrique dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les programmes de conseil auprès du secteur privé et des autorités nationales, ont quant à eux permis à l’IFC d’appuyer l’accès aux financements, les partenariats public-privé, l’amélioration du climat d’investissement ainsi que l’augmentation de la productivité des PME. 

    D’autre part, l’initiative du Groupe de la Banque mondiale visant à établir un marché de crédit-bail en Haïti s’aligne avec l’approche qui vise à maximiser le financement pour le développement. En facilitant l'accès aux financements privés des entreprises haïtiennes, le projet permet au secteur privé de jouer un rôle plus important dans la croissance économique. Travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien, le Groupe de la Banque mondiale a contribué à améliorer le cadre fiscal et réglementaire, lancé une campagne de sensibilisation aux avantages du crédit-bail, formé des PME et d’autres parties prenantes, et aidé à la création de la première société de crédit-bail en Haïti.  Deux ans après sa création, cette entreprise a déjà généré 110 contrats de crédit-bail avec plus de 70 entreprises, dont la majorité sont des PME.

    Dernière mise à jour: 04 avr. 2019

  • Avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale Haïti a pu réaliser des progrès significatifs dans différents domaines : éducation, santé, eau et assainissement, énergie, agriculture, développement régional, gestion des risques de catastrophes, infrastructure de transport, croissance du secteur privé, renforcement des capacités statistiques et gestion des finances publiques.

    Voici un aperçu des principaux résultats obtenus :

    Education

    • Distribution de manuels et kits scolaires à plus de 23 000 enfants dans la région du grand Sud d’Haïti ;
    • Subventions pour la scolarisation de 9 500 élèves dans 43 écoles non publiques dans les départements du Sud, de la Grand’Anse, du Sud-Est et des Nippes ;
    • Plus de 23 000 élèves d’écoles fondamentales publiques bénéficient de repas chauds et collations servis dans les écoles dans les départements du Sud, de la Grand’Anse, du Sud-est et des Nippes ;
    • Appui à 61 écoles publiques fondamentales et 61 écoles publiques à gestion communautaire dans les départements du Sud, de la Grand’Anse, du Sud-Est et des Nippes ;
    • Construction et réhabilitation de 91 écoles ou hangars semi-permanents suite à l’ouragan Matthew en octobre 2016 ;
    • Plus de 18 000 kits scolaires et mobiliers distribués dans des écoles affectées par l’ouragan Matthew.

    Santé

    • Augmentation du taux de couverture vaccinale pour 50% d’enfants de moins de cinq ans vivant dans les départements du Nord-Est, Centre, Nord-Ouest et Sud ;
    • Financement de la totalité des vaccins de routine au niveau national de 2016 et 2017 et de la campagne de vaccination exceptionnelle contre la diphtérie de 2017 et 2018 ;
    • Près de 40% des femmes vivant dans les départements du Nord-Est, Centre, Nord-Ouest et Sud ont bénéficié d’au moins 4 visites de soins prénataux ;
    • Formation à la prévention du choléra pour près de 4 millions de personnes et 6 000 agents de santé et d’hygiène.

    Eau et assainissement

    • Extension d’un meilleur accès à l’eau potable à plus de 314 000 personnes grâce à la construction, réhabilitation et extension de systèmes d’approvisionnement en eau potable ;
    • Intervention d’urgence dans six communes pour prévenir la résurgence des maladies d’origines hydriques dont le choléra ;
    • Réhabilitation d’équipements sanitaires et d’approvisionnement dans plus de 60 écoles et une trentaine de marchés réhabilités ;
    • Accompagnement de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) dans l’élaboration d’une stratégie nationale pour la gestion des services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement.

    Energie

    • Extension de l’accès à l’électricité pour 410 000 notamment grâce à la réhabilitation de quatre circuits de distribution à Port-au-Prince, de l’infrastructure électrique des villes des Cayes et de Jérémie et de la centrale hydroélectrique de Drouet (Artibonite) ;
    • Extension de l’accès à l’électricité pour plus de 500 écoles de zones rurales ;
    • Installation de plus de 1 000 lampadaires solaires en zone urbaine prioritaire ;
    • Appui du gouvernement pour la mise en place de la cellule « Energie » en vue de mieux contrôler les actions des entreprises du secteur.

    Agriculture

    • Restauration ou conversion de 1 100 hectares à l’agroforesterie ;
    • Près de 28 000 journées de formation sur les bonnes pratiques agricoles, sanitaires et de commercialisations dont près de la moitié ont bénéficiés aux femmes producteurs et membres des organisations ;
    • Enregistrement de près de 42 000 agriculteurs dans le registre national ; 
    • Plus de 110 organisations de producteurs ruraux reçoivent un co-financement pour renforcer des chaines de valeurs ;
    • Subventions et distribution d’intrants de qualité pour 9 300 exploitants agricoles dont 45% de femmes.

    Développement régional

    • Près de 35 000 habitants de la région du Nord bénéficient du projet de Préservation du patrimoine et d’Appui aux services touristiques à travers une amélioration des infrastructures, des opportunités économiques et une aide pour l’organisation d’événements culturels ;
    • Rénovation en cours du Parc national historique qui inclut la Citadelle Henri, le Palais Sans Souci, la Chapelle Sans Souci et les bâtiments des Ramiers ;
    • Stabilisation des itinéraires stratégiques du réseau routier de la région Boucle Centre Artibonite (BCA) grâce à des travaux de réhabilitation et de protection garantissant ainsi à 10 000 personnes supplémentaires un accès par tous les temps aux zones de production agricole et aux marchés.

    Gestion des risques et catastrophes

    • Mise en place d’une analyse plus poussée des menaces naturelles et d’une meilleure gestion des ressources publiques dans les situations post-désastres grâce à la collecte de données et la publication de cartes géospatiales ;
    • Appui à la mise en place et au renforcement des capacités de plus 140 Comité Communaux de Protection dans la planification et la gestion des urgences.

    Transport

    • Réhabilitation de 8km de route reliant le centre-ville historique du Cap-Haïtien et Labadie ;
    • Construction du pont Ladigue après le passage de l’ouragan Matthew, permettant de reconnecter plus de 2 millions d’Haïtiens dans les départements de Nippes, Sud, et de la Grand’Anse ;
    • Remise en état de la route reliant Port-au-Prince à Jacmel, permettant ainsi à un demi-million d’Haïtiens vivant dans le sud-est du pays de rester connecter avec la capitale ;
    • Stabilisation des axes routiers Marigot-Jacmel et Port-Salut-Les Anglais ;
    • Reconstruction des Ponts Chalon, Dolin, Fauché, La Thème et Boucan Carré et réhabilitation de 100 petits ponts et dalots ;
    • Protection et réparation de plus de 20 ouvrages d’art d’importance.

      Appui à la gouvernance

    • Mise à la disposition du gouvernement d’une base analytique solide pour accompagner le développement des politiques nationales grâce à des diagnostics approfondis ;
    • Renforcement des capacités techniques et institutionnelles des ministères et des institutions gouvernementales.

    Dernière mise à jour: 04 avr. 2019

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FINANCEMENTS

Haïti: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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