COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

publication 23 janvier 2020

Les visages de la résilience : faire la différence dans les régions les plus fragiles du Cameroun

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Photo: Banque mondiale


Depuis des années la pauvreté se concentre de plus en plus au nord du Cameroun. Plus précisément dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord où la rigueur du climat, la dégradation des sols, le faible niveau d’éducation, en particulier chez les femmes, ou encore l’isolement et un accès limité aux marchés enferment ces territoires et leurs populations dans la spirale de la pauvreté.

Comment y stimuler la croissance et le développement économiques ?

Tirée d'une récente publication, cette série de portraits de femmes bénéficiaires de projets financés par la Banque mondiale illustrent quelques initiatives qui font la différence dans cette région.



Moderniser le secteur agricole

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Photo: Banque mondiale

« La présence des femmes est importante dans le secteur agricole. Le PIDMA nous encourage à exceller dans ce secteur et nous apporte l’aide nécessaires pour sortir notre famille et notre communauté de la pauvreté. »

Lorsque enfant, elle aidait ses parents aux champs, Mariam n’imaginait pas qu’une fois adulte, elle se retrouverait à la tête d’une cooperative de Sorgho. Elle fait partie des 140 000 agriculteurs qui ont bénéficié des services et produits agricoles du projet Projet d’investissement et de développement de marchés agricoles (PIDMA) mis en place depuis 2014 pour améliorer la productivité et la compétitivité des chaînes de valeur du maïs, du manioc et du sorgho. Grâce au projet, les producteurs de sorgho regroupés en coopératives, ont pu augmenter de 20 % en moyenne, le prix de vente de leurs produits tandis que les producteurs de maïs ont enregistré une augmentation de 13 %.

L’introduction des systèmes de diversification agricole auprès des associations de femmes bénéficiaires des sous-projets nutrition a également permis à 4 252 ménages de produire au moins deux nouveaux types d’aliments. Et enfin, la mise en place de 35 points d’eau a fourni de l’eau potable à près de 35 000 personnes.

Améliorer la productivité et la commercialisation des produits issue de l’élevage

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Photo: Banque mondiale

« La vente du lait de vache me permet de payer les frais de scolarité de mes enfants. Être à la tête d’une famille nombreuse signifie que tous les regards sont posés sur moi. Et je ne pourrais pas subvenir aux besoins de tout ce monde sans le soutien du PRODEL. »

La région de l’Adamaoua est connue pour ses vastes plaines et surtout pour ses troupeaux de bovins qui pâturent à perte de vue. L’élevage de bovins, mais aussi celui de petits ruminants comme les chèvres ou les moutons est souvent l’un des seuls moyens de subsistance des habitants de cette région. C’est le cas de Mayrama, qui grâce à son troupeau de vaches, produit environ de 100 litres de lait par jour et peut ainsi garantir un revenu stable à son foyer. Comme les 900 ménages et la dizaine de groupement de femmes bénéficiaires du Projet de développement de l’élevage (PRODEL), elle a pu améliorer et augmenter sa production laitière, et avoir accès, avec de nombreux autres éleveurs, à des services vétérinaires et recevoir des intrants de qualité.

Le projet a également créé près de 30 partenariats productifs pour soutenir le développement des chaînes de valeur dans le secteur de l’élevage et financé 200 plans d’affaires.  

Près de 80 % des organisations paysannes soutenues ont adopté de nouvelles technologies.

Faciliter les échanges et rapprocher les personnes

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« La réhabilitation de l’axe Maroua-Kousseri va permettre de redynamiser le commerce et redonner de l’espoir aux communautés comme la mienne, qui étaient pénalisées en termes de transport d’emploi ou encore d’opportunités de vendre leurs produits. »

Aissatou est vendeuse de beignets de riz et vit à Maroua depuis plus de 35 ans. Comme la grande majorité de la population et la plupart des commerçants de la région de l’Extrême Nord, elle ressent la double peine de voir la secte terroriste Boko Haram semer un climat de terreur et de désolation dans sa région et d’observer, impuissante, la dégradation du principal corridor routier qui lui apportait son lot de voyageurs et de clients potentiels.

Afin de réhabiliter de la route nationale 1 entre Mora et Kousseri et prévenir les risques de dégradation sociale dans la région, la Banque mondiale finance le projet de facilitation du transit et du transport en zone CEMAC.

Aider les communautés à faire face aux aléas du climat

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Photo: Banque mondiale

«  La reconstruction des digues et notre relogement dans des habitations en dur, nous permet de dormir tranquillement et de ne plus avoir peur des fortes pluies. Ma famille est en sécurité, mes bêtes sont en sécurité et mes récoltes ne sont plus menacées

À l’approche de la saison des pluies, les habitants des communes de Maga, Vélé et Kai-Kai guettent le fleuve Logone avec beaucoup d’appréhension. Suzanne, une rizicultrice de 38 ans et les autres habitants du village de Vélé, situé en bordure de digue du fleuve Logone, se souviennent très bien de la dernière crue exceptionnelle du fleuve Logone qui a ravagé cultures et habitations et décimé de nombreux cheptels. La famille de Suzanne a pratiquement tout perdu lors de ces inondations : sa maison, ses cultures et son troupeau de chèvres.

Mis en place à la suite de ces inondations dévastatrices de 2012, le Projet d’urgence de lutte contre les inondations vise à réhabiliter les principaux ouvrages hydrauliques et à renforcer la prévention et la préparation aux catastrophes naturelles.

Le projet a permis de reloger près de 2 800 familles comme celle de Suzanne et de réhabiliter plus de 97 km d’infrastructures de protection contre les inondations et environ 6 000 ha de périmètres rizicoles, permettant ainsi aux riziculteurs d’augmenter leurs rendements et de réaliser deux récoltes par an.

Protéger, éduquer les femmes et les filles et les aider à se reconstruire

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« Je travaille uniquement pour que les filles et les femmes soient respectées, qu’elles puissent exprimer leur libre arbitre et vivre dans un monde sans violence. »

Mariée à un très jeune âge, Mariam a grandi dans un environnement patriarcal où la parole de la jeune fille et de la femme compte moins que celle d’un homme. Elle a dû observer déjà toute petite, que le traitement qui lui était réservé était différent de celui accordé à son frère bien qu’il soit son cadet. Adulte, elle a décidé de consacrer son temps à donner une voix aux femmes et aux jeunes filles. Les violences basées sur le genre font partie des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Depuis 2018, la Banque mondiale a introduit un volet genre dans tous les projets de son portefeuille au Cameroun afin de prendre en compte les aspects de violences basées sur le genre lors de la mise en œuvre des projets qu’elle finance.

La Banque mondiale a également créé un partenariat avec l’association de Mariam, l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes, pour suivre la mise en œuvre des projets mis en œuvre dans la région de l’Extrême Nord et sensibiliser les femmes et jeunes filles aux différentes formes de violences physiques, sexuelles ou morales et offrir un soutien psychologique aux victimes et survivantes.

Mettre fin à la pauvreté des apprentissages

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Photo: Banque mondiale

« Les campagnes de sensibilisation ciblant les jeunes filles du cycle primaire âgées de 5 à 15 ans, ont permis de combattre les préjugés et favorisé une image positive en faveur de l’éducation de la jeune fille. »

Combien de fois Julie, institutrice dans une école primaire publique de l’agglomération de Garoua, a dû observer impuissante, les difficultés auxquelles ses élèves font face pour suivre correctement les cours et réussir à faire leurs exercices ?  A cause des classes en sureffectifs, du manque ou de l’insuffisance de livres et d’enseignants, certains élèves prennent du retard au niveau de leur apprentissage, ou abandonnent les cours. Cela est plus particulièrement vrai pour les jeunes filles qui en plus de subir ces problèmes, peuvent être contrainte d’arrêter l’école pour aller se marier ou aider aux tâches ménagères du foyer familial.

Le Programme d’amélioration de l’équité et de la qualité de l’éducation (PAEQUE) vise à améliorer l'équité et la qualité de l’enseignement primaire au Cameroun, en se concentrant sur les zones défavorisées.

Grâce au recrutement de 9 000 enseignants, dont 45 % de femmes, le projet a contribué à réduire le déficit d’enseignants du primaire dans les zones défavorisées et les zones d’éducation prioritaire. Il a également permis d’améliorer le ratio d’élèves par manuel qui est passé à un manuel pour trois élèves au cours de l’année scolaire 2016-2017 contre un manuel pour 12 élèves auparavant.



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