Transport - Vue d'ensemble

Le transport est un moteur crucial du développement : il met les opportunités socio-économiques à la portée des pauvres et contribue aux gains de compétitivité. L’infrastructure de transport permet l’accès aux emplois, à l’éducation et aux services de santé, la livraison des produits et des services dans le monde, ainsi que les interactions entre individus et la production du savoir, qui créent de la croissance à long terme. Par exemple, en construisant des routes dans les zones rurales, on peut éviter un certain nombre de décès maternels car l’accès aux soins postnataux devient plus rapide, on peut faire progresser le taux de scolarisation des filles et on peut accroître et diversifier le revenu des agriculteurs en assurant l’accès de leur production au marché.

Si le secteur du transport joue un rôle de premier plan dans la lutte contre la pauvreté, le partage des fruits de la croissance et la réalisation des objectifs de développement, il s’accompagne également de graves problèmes qui font obstacle au développement :

  • Urbanisation et motorisation rapides : D’après les projections, 5,2 milliards de personnes vivront dans les villes en 2050 et, sur les 20 prochaines années, la production automobile devrait être supérieure à celle qu’a connue cette industrie durant ses 110 années d’existence.
  • Accessibilité et coût abordable : Selon les estimations, dans les pays à faible revenu, un milliard de personnes n’a pas encore accès à des routes praticables par tous les temps. Dans les zones urbaines, le temps perdu à cause des embouteillages nuit à la prospérité. Et dans beaucoup de villes, la cherté du transport érode le revenu disponible des populations pauvres qui n’ont pas accès à des transports publics peu coûteux.
  • Pollution atmosphérique et sécurité routière : Chaque année, 50 millions de personnes sont blessées et plus de 1,2 million sont tuées sur les routes, dont 90 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, alors que ces pays comptent à peine la moitié des véhicules à moteur en circulation dans le monde. On estime en outre que la pollution atmosphérique urbaine, largement liée au transport, cause 800 000 décès par an.
  • Changement climatique : Dans le monde, environ 15 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont imputables au transport (GIEC, 2007). Il faut s’attendre à ce que cette proportion augmente en raison de l’accroissement de la motorisation.

Avec l’urbanisation rapide du monde en développement, des opportunités se font jour pour construire des systèmes de transport plus sûrs, plus propres et d’un coût plus abordable, qui réduiront les embouteillages, faciliteront l’accès aux emplois et consommeront moins d’énergie. Dans les villes de taille moyenne émergentes, où vivront la plupart des nouveaux citadins, on pourrait éviter les moyens de transport polluants et onéreux en concevant directement des systèmes durables et inclusifs. Dans les villes plus anciennes ou plus grandes, la technologie et la gestion des données permettent désormais de mieux cartographier les besoins et les modes de déplacement, d’associer les habitants à la prise de décisions et d’améliorer la qualité et l’efficience des solutions de transport. 

Dernière mise à jour: mars 31, 2014

La stratégie pour le secteur du transport adoptée par la Banque mondiale en 2008 envisage des solutions de mobilité plus sûres, plus propres et d’un coût plus abordable pour les pays en développement. Ce sont encore ces trois principes qui orientent les investissements de la Banque dans l’infrastructure et ses travaux sur les politiques de transport.

Sur l’exercice 2013, les engagements du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur du transport ont totalisé 5,9 milliards de dollars, dont 5,4 milliards pour la Banque mondiale (BIRD/IDA), 440 millions pour la Société financière internationale (IFC) et 65 millions pour l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Sur le même exercice, il y a eu 220 projets BIRD/IDA actifs, avec des engagements de 40,2 milliards de dollars en valeur nette, soit 23 % du total.

Le segment le plus important reste celui des routes rurales et interurbaines, qui a concentré 60 % des prêts en 2013 (3,2 milliards de dollars). Cependant, le secteur du transport a rééquilibré son portefeuille d’activités au profit de nouvelles activités opérationnelles dans les transports urbains, les routes, le transport aérien, les ports et le transport ferroviaire, via des initiatives destinées à améliorer la compétitivité commerciale. La Banque mondiale participe de plus en plus au financement des transports urbains : sa part est passée de 10 % (893 millions de dollars) sur l’exercice 2011 à 19 % (1 milliard de dollars) sur l’exercice 2013.

Afin de renforcer l’impact et les résultats de ses opérations, le Groupe de la Banque mondiale collabore avec de nombreux partenaires pour relever des défis communs.

Par exemple, le Fonds mondial pour la sécurité routière (a), piloté par la Banque mondiale, œuvre avec sept autres banques multilatérales de développement à l’harmonisation des pratiques de sécurité routière dans les pays clients. Il s’agit d’aider à la réalisation des objectifs de la Décennie d’action pour la sécurité routière (2011-2020), lancée par les Nations Unies dans le but de sauver cinq millions de vies et d’éviter 50 millions de blessés graves d’ici 2020.

En outre, la Région Afrique de la Banque mondiale accueille le Programme de politiques de transport en Afrique (a)(SSATP), qui réunit 40 pays du continent (Afrique du Nord et Afrique subsaharienne), 8 communautés économiques régionales, des institutions africaines, le secteur privé et des partenaires au développement. Ce programme a récemment élaboré un cadre pour l’amélioration des performances du secteur ferroviaire en Afrique, des lignes directrices pour la prise en compte systématique de la sécurité routière dans les corridors de transport régionaux et des indicateurs de la gouvernance du transport pour l’Afrique subsaharienne.

Dernière mise à jour: mars 31, 2014

Au Sénégal, l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, inaugurée en août 2013, a déjà produit des effets positifs dans la métropole de Dakar, le poumon économique du pays. Le temps de trajet entre le centre de Dakar et Diamniadio a été ramené d’environ 90 à 30 minutes, ce qui a aussi réduit le coût des embouteillages. Première autoroute à péage de ce type en Afrique (a) (hors Afrique du Sud), ce projet a mobilisé un financement de l’IDA, d’IFC, de la Banque africaine de développement et de l’Agence française de développement, ainsi que du secteur privé, dans le cadre d’un partenariat public-privé dont d’autres pays de la région pourraient s’inspirer. L’IDA a pris la direction des opérations qui visent à atténuer l’impact du relogement de 4 500 ménages et du transfert de 1 200 entreprises, ainsi qu’à rénover les quartiers traversés par cette autoroute, en s’attachant en priorité à mettre en place des systèmes de protection contre les crues.                                                           

Un projet de facilitation du commerce et du transport (a), financé à hauteur de 20 millions de dollars par la BIRD, facilite le fret entre l’ancienne République yougoslave de Macédoine et les pays d’Europe du Sud-Est voisins. En effet, ce projet a remédié à certains goulets d’étranglement dans les zones frontalières, tout en améliorant l’efficience et la qualité de l’infrastructure routière et ferroviaire le long du corridor de transport transeuropéen X. Ainsi, au poste-frontière de Blace (Serbie), le temps d’attente moyen (moyenne combinée pour l’entrée et la sortie) pour les automobiles et les autocars n’était plus que de 4,5 minutes en 2012, contre 22 minutes en 2008. Aux gares frontalières du corridor X, le délai de passage en douane des trains de marchandises a été ramené de 450 à 90 minutes, ce qui a réduit l’engorgement du trafic ferroviaire et accru la compétitivité du fret ferroviaire.

En Inde, le projet de transports urbains de Mumbai a relevé le défi qui consistait à moderniser les transports dans une ville en expansion constante (a). Il a amélioré la capacité des routes, des autobus et des trains à suivre le rythme de la migration urbaine. Des systèmes modernes de gestion du trafic (a) ont été installés pour fluidifier la circulation sur les axes routiers engorgés de Mumbai. Ce projet a également permis à plus de 19 000 familles et commerçants (a) de bénéficier d’un logement permanent ou d’obtenir un nouvel emplacement de vente et d’accéder à des services urbains essentiels.  

Au Viet Nam, entre 2005 et 2013, un projet a réduit le nombre d’accidents de 36 %, et le nombre de décès de 61 %, dans les corridors de transport concernés. Il a consisté à distribuer 34 000 casques de protection dans les écoles, à lancer une grande campagne nationale pour la sécurité routière et à former 150 ingénieurs au métier d’auditeurs de la sécurité routière.

En Argentine, un projet de sécurité routière (a) a lui aussi contribué à sauver des vies : entre 2008 et 2011, le nombre de tués sur les routes a diminué de 12,5 %, alors même que le nombre d’immatriculations de véhicules augmentait de 15 %. 

Dernière mise à jour: mars 31, 2014





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