NOTE

Inclusion sociale

28 mars 2017


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LES POINTS MARQUANTS
  • L’inclusion sociale est le processus qui consiste à améliorer les conditions dans lesquelles les individus et les groupes participent à la vie de la société : il s’agit d’améliorer la capacité, les possibilités et la dignité des personnes qui sont défavorisées en raison de leur identité.
  • L’inclusion de ceux qui sont les plus susceptibles d’être laissés pour compte est un enjeu mondial complexe qui concerne aussi bien les pays développés que les pays en développement. Mais il est possible de relever ce défi.
  • Le Groupe de la Banque mondiale s’attache à promouvoir l’inclusion sociale dans le cadre de divers produits du savoir, projets et programmes.

Contexte

Migrants, populations autochtones et autres minorités : dans le monde entier, certains groupes rencontrent des obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la vie politique, économique et sociale de leur pays. Ces phénomènes d’exclusion relèvent de préjugés et de stéréotypes, de diverses formes de stigmatisation ou encore de superstitions qui sont fondés sur le sexe, la race, l’origine ethnique, la religion, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, ou le handicap. Ils privent ceux qui les subissent de la reconnaissance de leur dignité et de la possibilité de mener une vie meilleure, et les placent dans une situation d’insécurité.                                                                                   

Le combat contre l’exclusion sociale relève d’un impératif moral. Ne pas remédier à l’exclusion de groupes entiers de la population a également un coût élevé, sur un plan social, politique et économique. Selon une étude consacrée à la Roumanie (a), les pertes de productivité imputables à l’exclusion de la minorité rom se chiffrent à 887 millions d’euros. De plus, l’exclusion a aussi des conséquences préjudiciables pour le développement du capital humain.

Consciente de cet enjeu, l’ONU s’est engagée à ne « laisser personne au bord du chemin » alors que les pays s’emploient à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et à promouvoir une croissance inclusive.

L’inclusion sociale est aussi une partie intégrante — et cruciale — du double objectif que s’est fixé le Groupe de la Banque mondiale : mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.

L’institution définit l’inclusion sociale (a) comme le processus visant à améliorer :

  1. les conditions dans lesquelles les individus et les groupes de population participent à la vie de la société ;
  2. les capacités, les opportunités et la dignité de ceux qui sont pénalisés en raison de leur identité.

Stratégie

L’inclusion de ceux qui sont les plus susceptibles d’être laissés pour compte est un enjeu mondial complexe qui concerne aussi bien les pays développés que les pays en développement. Mais il est possible de relever ce défi.

Les activités du Groupe de la Banque mondiale sur l’inclusion sociale cherchent à élargir et à approfondir la compréhension de l’exclusion et de ses conséquences, par le biais de travaux de recherche et d’interventions concrètes. En ce qui concerne la recherche, il s’agit d’élaborer :

  1. des instruments pour évaluer par quels moyens, et dans quelle mesure, les projets et programmes favorisent l’inclusion sociale ;
  2. de meilleures approches afin de mesurer le coût de l’exclusion et d’en diagnostiquer les causes ;
  3. des analyses plus sophistiquées des stratégies les plus à même de promouvoir l’inclusion sociale ;
  4. des mécanismes permettant de déterminer si les efforts d’inclusion portent leurs fruits ou non.

Le Groupe de la Banque mondiale favorise aussi l’inclusion sociale par le biais de divers programmes et interventions :

  • Il s’est doté d’une stratégie (a) dont l’objectif est d’aligner toutes ses interventions dans les secteurs public et privé en direction du double objectif qu’il s’est fixé, à savoir mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée de manière durable et inclusive.
  • Il s’attache à promouvoir la participation citoyenne (a), en particulier en matière de lutte contre l’exclusion, dans ses opérations, ce qui consiste à conférer aux citoyens le pouvoir de participer au processus de développement et à leur donner voix au chapitre dans les programmes afin d’obtenir des résultats plus rapidement.
  • En 2014, il a nommé une conseillère mondiale pour le handicap (a) dans le but de renforcer l’inclusion des personnes handicapées ; il intègre par ailleurs la question du handicap dans le développement par le biais de ses analyses, données et bonnes pratiques.
  • La même année, il a constitué un groupe de travail multisectoriel sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre et intensifié ses travaux sur les conséquences économiques de la discrimination envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI). Deux ans plus tard, en novembre 2016, il a annoncé le recrutement d’un conseiller mondial sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre (a), chargé de promouvoir l’inclusion des personnes LGBTI dans l’ensemble de ses activités.
  • En octobre 2016, il a créé un groupe de travail sur les violences faites aux femmes (a) afin de lutter plus résolument, via ses projets, contre l’exploitation et les abus sexuels.
  • Il s’attache à prendre en considération les populations autochtones dans ses projets, et à mieux faire comprendre, dans le monde entier, les problèmes auxquels celles-ci sont confrontées au niveau national et régional.
  • Une nouvelle stratégie en matière de genre et d’égalité des sexes (a) aide les pays et les entreprises à parvenir à l’égalité hommes-femmes en l’envisageant comme un moyen de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir le partage de la prospérité et de la sécurité de manière durable.
  • Les approches et interventions de développement piloté par la communauté sont des éléments importants d’une stratégie efficace de lutte contre la pauvreté et de développement durable. La Banque appuie cette démarche dans plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire, dont des pays touchés par un conflit, afin de répondre à divers besoins urgents.
  • L’ensemble de ces actions bénéficie des orientations et des directives techniques d’un expert mondial pour l’inclusion sociale (a). 

Résultats

Voici quelques exemples de projets et de travaux analytiques entrepris par le Groupe de la Banque mondiale dans le domaine de l’inclusion sociale :

Analyses

  • Le rapport Inclusion Matters: The Foundation for Shared Prosperity constitue actuellement l’un des examens les plus complets en matière d’inclusion sociale. Il donne aux pouvoirs publics, aux universitaires, aux défenseurs des droits et aux partenaires de développement un cadre de référence leur permettant de mieux comprendre et de promouvoir l’inclusion sociale. Il propose de concevoir les politiques et les programmes en tenant compte des trois principaux domaines dans lesquels les individus et les groupes veulent être inclus : les marchés, les services et les espaces.
  • Scaling the Heights: Social Inclusion and Sustainable Development in Himachal Pradesh (a) explique les bons résultats obtenus par l’État indien de l’Himachal Pradesh sur le plan de l’inclusion sociale et du partage de la prospérité. Cette publication présente l’application sur le terrain (a) des principaux concepts exposés dans le rapport Inclusion Matters.
  • La Banque mondiale a mis en place des plateformes pour l’inclusion sociale et le genre avec l’objectif de promouvoir une approche globale de l’inclusion sociale. En Afghanistan, en Inde et au Pakistan, ces plateformes apportent un appui stratégique aux équipes de projet en charge de l’inclusion sociale et des questions de genre : elles permettent la réalisation d’études techniques et d’analyses de pointe, encouragent l’innovation et le partage du savoir et intègrent ces sujets de façon systématique dans les opérations de la Banque. Les partenariats à l’intérieur des pays concernés représentent une part importante de la stratégie de mise en œuvre de ces plateformes.
  • Dans le cadre des travaux d’analyse de la Banque sur les violences faites aux femmes, le rapport Violence against Women and Girls: Lessons from South Asia (a) rassemble toutes les données et informations disponibles sur les violences sexistes en Asie du Sud.
  • Indigenous Latin America in the Twenty-First Century (a) apporte un éclairage nouveau sur la situation des peuples autochtones dans la région, et conclut qu’en dépit d’avancées majeures, ces populations sont les plus touchées par la pauvreté et continuent de souffrir d’une exclusion économique et sociale généralisée.
  • Dans le rapport Social Inclusion in Macro-Level Diagnostics (a), la Banque évalue la place de la lutte contre l’inclusion sociale dans ses 17 premiers diagnostics-pays systématiques, et propose et affine une méthodologie d’évaluation de l’inclusion sociale. La publication intègre également l’inclusion sociale dans le cadre plus large des discussions entourant la mise en œuvre des ODD.
  • Handbook for Improving the Living Conditions of Roma (a) fournit aux directeurs de programmes, aux autorités nationales et aux acteurs locaux des orientations stratégiques et des enseignements tirés des projets déjà menés auprès de la communauté rom, l’une des minorités ethniques les plus marginalisées d’Europe. Ce guide pratique propose un éclairage mondial ainsi que des pistes pour élargir l’éventail des interventions et des actions envisagées par les parties prenantes, ainsi que pour inspirer d’autres innovations.
  • Le rapport Tunisie : Surmonter les obstacles à l’inclusion des jeunes est le résultat de recherches approfondies, combinant analyses quantitatives et qualitatives en vue d’élaborer des politiques publiques et des approches spécifiquement axées sur les jeunes en Tunisie. Il propose un cadre complet qui souligne l’importance de la prise en compte des dimensions économiques, sociales, politiques et culturelles dans la recherche de solutions pour l’inclusion des jeunes. 


Projets

  • Au Burundi, le Projet d’urgence de démobilisation et de réintégration transitoire a mis fortement l’accent sur l’inclusion sociale, en particulier en aidant les ex-combattants souffrant de déficiences mentales ou physiques (interventions chirurgicales, physiothérapie, prothèses, etc.) et en proposant un logement aux personnes gravement handicapées. Pour faciliter l’inclusion sociale des ex-combattants, le projet comprenait également des activités d’atténuation des conflits.
  • Au Nicaragua, le deuxième Projet d’appui au secteur de l’éducation (a) a été conçu pour favoriser l’accès à l’école primaire des communautés rurales et autochtones. Il vise à augmenter les taux de rétention scolaire, à améliorer les infrastructures et les services pour les personnes déplacées et à créer du capital social pour renforcer la confiance. Cette opération s’attache depuis longtemps à intégrer l’inclusion sociale dans le programme de développement.
  • Aux Philippines, le Projet de développement communautaire national (a) effectue un suivi de l’inclusion des groupes exclus dans la planification et la budgétisation locales. Il cherche à autonomiser les communautés dans les municipalités ciblées, à les faire participer à la gouvernance locale et à les aider à développer leur capacité à concevoir, mettre en œuvre et gérer des activités qui font reculer la pauvreté.