Migrations et envois de fonds
  • Les migrations internationales — les flux de population à travers des frontières internationales — ont des effets considérables sur la croissance et la réduction de la pauvreté dans les pays d’origine comme dans les pays de destination.
  • Selon des données de recensement récentes, plus de 247 millions d’individus vivaient en dehors de leur pays de naissance en 2013 et plus de 750 millions s’étaient déplacés à l’intérieur de leur pays. Dans les décennies à venir, poussée démographique, mondialisation et changement climatique vont accroître les pressions migratoires à travers et au sein des frontières.
  • Les migrations internationales augmentent le revenu mondial. Les travailleurs pouvant aller là où ils sont plus productifs, la migration induit une hausse de la production et du revenu globaux.
  • Les envois de fonds contribuent en général à atténuer le niveau et la gravité de la pauvreté et favorisent une plus grande accumulation de capital humain ; des dépenses accrues de santé et d’éducation ; un meilleur accès aux technologies de l’information et de la communication ainsi qu’aux services financiers formels ; une hausse des investissements des petites entreprises ; l’esprit d’entreprise ; une meilleure anticipation des chocs (sécheresse, séismes, cyclones…) ; et une érosion du travail des enfants.
  • Les diasporas peuvent constituer une importante source d’activités commerciales, de capitaux, de technologies et de connaissances pour les pays d’origine et de destination.
  • En 2014, les envois de fonds enregistrés vers les pays en développement représenteraient 436 milliards de dollars, en hausse d’environ 4,4 % par rapport à 2013. Les transferts totaux, y compris vers les pays à revenu élevé, devraient atteindre 583 milliards de dollars en 2014.
  • Les premiers pays destinataires d’envois de fonds enregistrés en 2014 étaient l’Inde (70 milliards de dollars), la Chine (64 milliards), les Philippines (28 milliards) et le Mexique (25 milliards). Le Nigéria, l’Égypte, le Pakistan, le Bangladesh, le Viet Nam et le Liban font également partie des destinations privilégiées. Mais en part du PIB, les envois de fonds sont plus importants dans les pays plus petits et à revenu plus faible : dans ce groupe, les premiers bénéficiaires en 2013 étaient le Tadjikistan (49 %), la République kirghize (32%), le Népal (29 %), la République de Moldova (25 %), les Tonga (24 %), Haïti et l’Arménie (21 % chacun).
  • Les envois destinés aux familles dans les pays en développement représentent un volume trois fois supérieur à l’aide publique au développement.
  • En 2015, le rythme des transferts vers les pays en développement devrait ralentir, à 0,9 % (440 milliards de dollars), plombé par la morosité dans les pays sources d’Europe et en Russie mais aussi par des effets de change. Ces transactions devraient redémarrer en 2016, pour atteindre 479 milliards en 2017, portées par une conjoncture internationale plus favorable. Depuis quelques années, les coûts associés aux envois de fonds sont en recul constant mais ils demeurent élevés, surtout en Afrique et dans les petits pays où ces apports constituent une véritable bouée de sauvetage pour les pauvres. À l’échelle planétaire, les migrants doivent débourser en moyenne 7,7 % de la valeur de la transaction. Si ce taux moyen était ramené à 5 %, conformément aux cibles du G8 et du G20, les migrants pourraient économiser quelque 14 milliards de dollars par an.

L’action du Groupe de la Banque mondiale

Conscient des liens étroits entre migration et développement, le Groupe de la Banque mondiale conforte son engagement en la matière, à travers les actions suivantes :

  • Construction de partenariats et renforcement de la collaboration : le Groupe de la Banque mondiale est à l’origine de l’Alliance mondiale pour le savoir sur les migrations et le développement (KNOMAD), dont le but est de produire et synthétiser des connaissances sur la migration à l’intention des pays, de définir une palette d’options politiques fondées sur des connaissances et des données probantes pluridisciplinaires mais aussi de renforcer les capacités des pays d’origine et de destination et de leur proposer une assistance technique pour la mise en œuvre de projets pilotes, l’évaluation des politiques migratoires et la collecte de données. Lancée en 2013, l’alliance KNOMAD bénéficie du soutien du ministère fédéral allemand de la Coopération économique, du ministère suédois de la Justice, des migrations et de la politique d’asile et de la Direction suisse du développement et de la coopération. Le Groupe de la Banque mondiale s’implique fortement dans des partenariats mondiaux pour renforcer la cohérence des politiques de traitement des migrations, jouant un rôle actif au sein notamment du Groupe mondial sur la migration et du Forum mondial sur les migrations et le développement. Président du Groupe mondial sur la migration en 2015, il soutient également les efforts visant à intégrer les questions de migration dans le programme de développement pour l’après-2015.
  • Mobilisation des ressources financières des diasporas au service du développement : le Groupe de la Banque mondiale appuie les efforts de ses clients pour élaborer des instruments financiers permettant d’utiliser les flux migratoires et les envois de fonds à des fins de développement national. Les obligations de la diaspora peuvent largement contribuer à mobiliser l’épargne des migrants pour financer certains projets publics et privés. Le Groupe de la Banque mondiale a créé un Groupe de travail sur la mise en œuvre des obligations de la diaspora, afin d’offrir une assistance technique à ses clients. Des instruments novateurs de ce type suscitent toujours plus d’intérêt dans les pays en développement pour financer les objectifs de développement de l’après-2015.
  • Améliorer la collecte de données : le Groupe de la Banque mondiale travaille avec des agences statistiques pour améliorer la collecte de données sur les migrations et les envois de fonds. Il publie une série exhaustive de données annuelles (flux financiers entrants et sortants) et les envois mensuels de fonds (pour certains pays ) et estime pour plus de 200 pays les migrations bilatérales et l’exode du personnel médical. Le Groupe de la Banque mondiale a également élaboré une série de données sur des titres de la diaspora de deuxième génération.
  • Apporter des conseils politiques : le Groupe de la Banque mondiale œuvre activement à l’identification des politiques migratoires, des réglementations et des réformes institutionnelles dans les pays d’origine et de destination qui sont censées donner de meilleurs résultats en termes de développement.
  • Renforcer les liens entre envois de fonds et inclusion financière : le Groupe de la Banque mondiale appuie les efforts visant à renforcer l’intégrité des systèmes de transfert de fonds et exploiter le potentiel des flux réguliers afin d’améliorer l’accès aux services financiers des migrants et des destinataires de leurs envois d’argent.
  • Mesurer le coût moyen des envois de fonds dans le monde : avec sa base de données sur le coût des transferts de fonds dans le monde, le Groupe de la Banque mondiale met à disposition un instrument de suivi pour la réalisation de l’objectif « 5x5 » du G20. Il préside le Groupe de travail sur les transferts internationaux de fonds, constitué en 2008 à la demande des pays du G8 pour coordonner les activités mondiales en la matière.
  • Favoriser une baisse du tarif des envois de fonds : le Groupe de la Banque mondiale œuvre à la mise en place d’un environnement propice à la baisse du coût des transferts de fonds en aidant à améliorer les infrastructures de paiement intérieur et international, lever les obstacles juridiques au développement de marchés sains des envois de fonds et prôner la concurrence. Au cours de l’exercice 2013, il a aidé plus de 20 pays, dont l’Indonésie, le Nicaragua, les Samoa et le Libéria, à mettre en œuvre des réformes, des améliorations techniques et des amendements réglementaires pour renforcer le marché des transferts de fonds pour les consommateurs.

Publications

Le Groupe de la Banque mondiale publie un aide-mémoire sur les migrations et les envois de fonds (Migration and Remittances Factbook), qui donne un aperçu des flux migratoires, de la qualification des migrants, des envois de fonds et des caractéristiques socioéconomiques couvrant tous les pays, régions et groupes de revenu. Une nouvelle édition est attendue courant 2015. Au moins deux fois par an, il publie une note d’information sur les migrations et le développement (Migration and Development Brief).

En 2012, le Groupe de la Banque mondiale a publié des directives pour la mise en œuvre des principes CPSS-Banque mondiale pour des services internationaux de transferts de fonds (Guidance Report for the Implementation of the CPSS-World Bank General Principles for International Remittance Services), destiné aux autorités nationales, aux organisations internationales, aux acteurs privés, à la société civile et à toute structure travaillant sur les politiques d’envois de fonds et la réforme des marchés.

En 2007, le Groupe de la Banque mondiale a collaboré avec le Comité sur les systèmes de paiement et de règlement de la Banque des règlements internationaux en vue de publier des principes généraux pour les services internationaux de transferts de fonds.

Au cours de l’année 2011, il a publié plusieurs ouvrages traitant des migrations, parmi lesquels Migration and Remittances during the Global Financial Crisis and Beyond et Leveraging Migration for Africa Remittances, Skills, Investments ainsi que deux volumes complémentaires intitulés Diaspora for Development of Africa et Remittance Markets in Africa.

En 2006, le Groupe de la Banque mondiale a publié Global Economic Prospects 2006: Economic Implications of Remittances and Migration et Remittances: Development Impacts and Future Prospects.




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