Populations autochtones - Vue d'ensemble

es populations autochtones forment des sociétés et des communautés culturellement distinctes. Les terres sur lesquelles elles vivent et les ressources naturelles dont elles dépendent sont intrinsèquement liées à leur identité, leur culture, leur subsistance économique, ainsi que leur bien-être matériel et spirituel.

Avec 370 millions de personnes réparties dans plus de 90 pays, les peuples autochtones représentent 5 % de la population mondiale mais 15 % du nombre d’individus qui vivent dans l’extrême pauvreté dans le monde. Alors qu’ils possèdent, occupent ou utilisent un quart de la surface de la planète, ils sont en réalité les « gardiens » de 80 % de la biodiversité mondiale. De fait, on doit à ces populations la préservation de certaines terres et eaux marines ou douces qui revêtent une importance primordiale du point de vue biologique. Les peuples autochtones possèdent une expertise et un savoir ancestral fondamental sur les moyens d’adaptation aux risques causés par le changement climatique et les catastrophes naturelles ainsi que sur ce qui permettre de les atténuer et de les réduire. Or, seule une infime partie de ces terres, qu’il s’agisse de territoires appartenant aux populations autochtones par tradition ou dont elles sont propriétaires selon le droit coutumier, fait l’objet d’une reconnaissance foncière officielle par les États concernés.

La sécurisation des droits fonciers, ainsi que d’autres interventions portant notamment sur le renforcement des capacités et la bonne gouvernance des ressources, sont nécessaires pour améliorer la condition de ces populations. Ce qui exige à la fois de générer des sources de revenu et une croissance économique généralisées et durables, de soutenir des modes de préservation et de développement culturellement appropriés aux populations autochtones et de mettre en place des stratégies pour lutter contre les raisons des nombreux préjudices dont elles sont victimes, tout en tenant compte de leurs avis et de leurs besoins particuliers de développement.

On a assisté ces vingt dernières années à une reconnaissance progressive des droits individuels et collectifs des populations autochtones à travers la mise en place de plusieurs instruments et mécanismes internationaux, à savoir notamment l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones en 2007, l’instauration de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, la mise en place du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones et la création d’un Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones. Aucun autre acteur non étatique n’a bénéficié d’une telle reconnaissance et prise en compte institutionnelle ni d’un statut consultatif de cette ampleur dans le cadre du système intergouvernemental.

Dernière mise à jour: sept. 16, 2016

Les populations autochtones sont excessivement vulnérables aux effets du changement climatique dans la mesure où elles vivent pour la plupart dans des écosystèmes sensibles (région arctique, forêts tropicales, prairies, montagnes, déserts, etc.) et, très souvent, parce qu’elles dépendent de la biodiversité qui les entoure tant pour leur subsistance matérielle que pour la sauvegarde de leur culture. La Banque mondiale veille à s’appuyer sur ces savoir-faire lorsqu’elle aide les pays à développer des stratégies face à l’évolution des conditions et des régimes environnementaux.

C'est tout particulièrement le cas dans le cadre du programme de travail REDD+ (pour « réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts ») dont les populations autochtones sont des acteurs majeurs, étant donné les relations étroites qu'elles entretiennent avec les terres et les ressources forestières dont elles dépendent.

Le processus de préparation à la mise en œuvre du mécanisme REDD+, dans lequel un certain nombre de pays se sont engagés avec le soutien du FCPF, a permis d’approfondir la participation des populations autochtones et la collaboration avec ces communautés, et a conduit, dans de nombreux pays participants, à la mise en place de structures en faveur de cette coopération. Par exemple :

  • Au Costa Rica, le recours à des « médiateurs culturels » a facilité l’inclusion sociale des populations autochtones et des groupes de campesinos dans le processus REDD+ du pays, grâce au développement et à l’utilisation de supports et d’informations adaptés à la culture des communautés concernées.
  • En El Salvador, la création d’une instance de concertation spéciale (Mesa National Indigena) regroupant les chefs de file représentant les quatre zones autochtones du pays a permis de renforcer la participation et le dialogue avec les pouvoirs publics.
  • En Ouganda, l’introduction d’un principe d’auto-sélection pour veiller à la représentation des populations autochtones et de la société civile dans le processus REDD+ national a accru la transparence, l’ouverture et la légitimité de ce mécanisme.


La place des populations autochtones dans le processus d’examen et de mise à jour des politiques de sauvegarde de la Banque mondiale

 

Entre 2012 et 2016, afin de mieux prendre en compte les nouvelles exigences et problématiques du développement, la Banque mondiale a entrepris un processus d’examen approfondi visant à mettre à jour et consolider ses politiques de sauvegarde environnementale et sociale. Les populations autochtones ont fait partie intégrante des concertations menées dans le cadre de cet examen.

Les trois phases des consultations ont donné lieu à plusieurs réunions avec leurs représentants. Celles-ci ont abouti à d’excellents résultats en termes de participation et d’informations recueillies, tout en jetant les bases d’une relation nouvelle et plus étroite avec les populations autochtones.

Le 4 août 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé l’adoption d’un nouveau « Cadre environnemental et social » qui élargit les mesures de protection des populations et de l’environnement dans les projets d’investissement financés par l’institution. Dans ce cadre, la norme environnementale et sociale n° 7 relative aux « populations autochtones et communautés locales d’Afrique subsaharienne traditionnellement mal desservies », établit le principe de consentement libre, préalable et éclairé. Cette norme contribue à la réduction de la pauvreté et à un développement durable en veillant à ce que les projets financés par la Banque donnent à ces populations la possibilité de prendre part au processus de développement et d’en tirer profit sans mettre en péril leur identité culturelle et leur bien-être.

Les populations autochtones continueront d’être un partenaire capital dans la mise en place et la mise en œuvre du nouveau Cadre environnemental et social.

Dernière mise à jour: sept. 16, 2016

La prise en compte accrue des droits et des besoins des populations autochtones, ainsi que la multiplication des initiatives de collaboration et le renforcement des concertations ont eu des résultats positifs à l’échelle mondiale, régionale et des pays.  

  • Le rapport intitulé Indigenous Peoples Development in World Bank-Financed Projects: Our People, Our Resources: Striving for a Peaceful and Plentiful Planet (a) expose huit études de cas en Amérique latine, en Asie et en Afrique qui mettent en évidence des projets ayant débouché sur des résultats positifs et tangibles pour les populations autochtones et leurs communautés.
  • Le rapport Indigenous Latin America in the Twenty-First Century (a), publié en février 2016, apporte un nouvel éclairage sur la situation des populations autochtones en Amérique latine : en dépit de progrès importants sur le plan social et économique et d’une meilleure reconnaissance de leurs droits dans les législations nationales, les communautés autochtones sont davantage touchées par la pauvreté que le reste de la population et elles continuent à être confrontées à une exclusion économique et sociale chronique.
  • Dans le cadre de sa stratégie de partenariat avec le Viet Nam (a) (2012-2016), la Banque mondiale apporte son soutien au développement des minorités ethniques en favorisant leur accès aux services et en renforçant leurs capacités afin qu’elles puissent être associées à la définition des politiques et programmes mis en œuvre.
  • Dans le cadre de l’assistance technique qu’elle fournit à la Colombie en vue de soutenir les efforts de consolidation de la paix et de redressement post-conflit, la Banque mondiale promeut, dans les régions autochtones, une collaboration Sud-Sud sur les processus de pacification impulsés par les communautés.
  • Dans la République démocratique du Congo, la Banque mondiale collabore avec le REPALEF, le réseau national des populations autochtones, afin de doter cette organisation des capacités techniques nécessaires pour faire face aux enjeux de la préservation des forêts et de la reconnaissance des droits des communautés locales. 
  • Au Panama, la Banque mondiale prépare actuellement un prêt destiné à soutenir un plan de développement national axé sur les populations autochtones (il s’agirait de la première opération de ce type en plus de vingt ans). Ce projet, mis au point conjointement par les populations autochtones, le gouvernement et le personnel de la Banque, vise à renforcer les capacités de gouvernance dans les territoires indigènes et à y améliorer l’accès aux services de base et aux infrastructures, conformément à la vision et aux priorités de développement des populations autochtones.
  • Depuis 2003, la Banque mondiale soutient l’intégration des Roms en Europe de l’Est en favorisant la recherche et la production d’études, en fournissant une assistance au renforcement des capacités et au développement de politiques publiques, et en intégrant la question de l’insertion de ces populations dans les opérations qu’elle entreprend dans les différents pays concernés.
  • En Amazonie, les activités financées par le programme de renforcement des capacités du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) (a) ont permis de cartographier 2 344 territoires autochtones et 610 zones protégées, soit 52 % de la superficie amazonienne répartis sur neuf pays. Cette carte, fruit d’un effort collaboratif, promeut une vision plus globale et intégrée de l’Amazonie et met en relief le rôle capital des territoires autochtones et des zones protégées dans la préservation de l’écosystème amazonien face à l’expansion croissante de l’agriculture, au développement routier et hydroélectrique et à l’exploitation du bois, des combustibles fossiles et des métaux précieux.
  • Au Panama, dans la province du Darién, le programme de renforcement des capacités du FCPF (a) a formé à titre expérimental un groupe de techniciens issus des communautés autochtones à la mesure du volume d’émissions de CO2 causées par l’utilisation et le changement d’affectation des terres. Les résultats (a) de ce projet montrent que cette méthode d’inventaire rapide et participative a permis de quantifier les niveaux d’émission avec efficacité et rentabilité, tout en promouvant l’implication des populations autochtones. Cette expérience, qui vient appuyer les efforts actuellement menés pour améliorer les capacités techniques des populations autochtones qui prennent part au processus REDD+, pourra servir de modèle aux futures initiatives de ce type.

 

Dernière mise à jour: sept. 16, 2016