Technologies de l’information et de la communication

Les avancées technologiques jouent un rôle moteur important pour la croissance économique, la participation citoyenne et la création d'emplois. En particulier, les technologies de l'information et de la communication (TIC) remodèlent de nombreux aspects des économies, des États et des sociétés du monde entier.

Aujourd’hui, l’accès à l’internet est un instrument de développement fondamental. La « quatrième révolution industrielle » est numérique et elle repose sur un accès à l’internet universel et sans faille. Sans cet accès, de nombreux pays en développement ne seront pas en mesure de prendre part pleinement à une économique de plus en plus mobile et fondée sur le numérique.

Les TIC ont le potentiel de transformer les choses en profondeur : elles peuvent permettre aux pouvoirs publics, aux entreprises et aux citoyens d’améliorer l’efficacité des services, de stimuler la croissance économique et de renforcer les réseaux sociaux. Plus de 75 % de la population mondiale a aujourd’hui accès à un téléphone portable. En Tanzanie, par exemple, les agents de transfert d'argent par téléphone mobile sont désormais dix fois plus nombreux que l'ensemble des autres intermédiaires financiers. Dans ce pays, plus de la moitié des habitants vivant avec moins de 2 dollars par jour ont accès à un téléphone portable.

Mais le coût de l’accès internet, qu'il soit mobile ou fixe, reste prohibitif dans nombre de pays où le manque d'infrastructures et des goulets d'étranglement réglementaires entravent toujours son développement. Sur les 7,4 milliards d’habitants que compte la planète, plus de 4 milliards n’ont toujours pas accès à l’internet, et 90 % d’entre eux vivent dans des pays en développement. Quant au haut débit, 1,1 milliard de personnes seulement y ont accès.

Le coût des services d'accès haut débit sur ligne fixe résidentielle représente environ 30 % du revenu national brut moyen (RNB) mensuel par habitant dans les pays en développement, contre seulement 1,7 % dans les pays riches. Cette moyenne masque de grandes disparités entre les pays et en leur sein, les perspectives étant particulièrement limitées pour les pauvres. À Djibouti, par exemple, le coût du haut débit mobile est supérieur au revenu des 60 % les plus pauvres de la population.

Le 9e des Objectifs de développement durable fixe une cible mondiale ambitieuse : « accroître nettement l’accès aux technologies de l’information et de la communication et faire en sorte que tous les habitants des pays les moins avancés aient accès à internet à un coût abordable d’ici à 2020 ». Il apparaît évident que les pouvoirs publics, le secteur privé et la communauté internationale auront beaucoup à faire pour atteindre cette cible et résorber la fracture numérique.

Pour y parvenir, il faudra notamment procéder à des réformes qui susciteront des investissements privés accrus dans les infrastructures et garantiront un coût d’accès abordable. Les pouvoirs publics devront mettre en place une fiscalité équitable dans l’industrie des télécommunications et recourir à des fonds de service universel pour assurer en priorité le déploiement du haut débit, en collaboration avec des partenaires et dans le respect des principes de libre accès afin d’assurer les conditions d’une saine concurrence. L’ensemble de ces efforts contribuera, à terme, à une réduction de la pauvreté et au partage de la prospérité. 

Dernière mise à jour: avr. 06, 2016

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale dans le domaine des TIC (a) vise à exploiter le potentiel du numérique au profit d’un développement durable. Le Groupe s’est doté d’un pôle mondial d’expertise dans les TIC qui aide les pays en développement à tirer parti de ces technologies pour transformer la fourniture de services essentiels, encourager les innovations et les gains de productivité, et renforcer la compétitivité en augmentant l’accès à l’internet haut débit.

Cette stratégie, et le plan de développement qui l’accompagne pour les trois prochaines années (2016-2018), visent à : étendre les liaisons numériques en mettant en place des politiques publiques et des cadres réglementaires favorisant un environnement concurrentiel pour les TIC ; renforcer les bases « analogiques » de l’économie numérique en dotant les individus des compétences dont ils ont besoin pour effectivement tirer parti de l’internet ; et améliorer la coopération mondiale pour faire face à des défis transfrontaliers tels que la cybercriminalité.

Dans le cadre de cette stratégie, le Groupe de la Banque mondiale privilégie trois axes d’action prioritaires :

  • la transformation : il s'agit de rendre le développement plus transparent et responsable, et d'améliorer les services publics en permettant par exemple aux citoyens d’exprimer leur avis auprès des pouvoirs publics et des prestataires ; cet axe consiste notamment à aider les pays à mettre en place des plateformes et des solutions numériques intégrées pour améliorer l’efficacité et la redevabilité des institutions.
  • la connectivité : la stratégie vise à étendre à tous l’accès au haut débit à bas coût, et notamment aux femmes, aux personnes handicapées, aux populations défavorisées et aux habitants des zones rurales et isolées.
  • l'innovation : l’objectif est d’accroître la compétitivité des industries de service grâce à l’usage des technologies de l’information et d'encourager l’innovation dans toute l'économie, en mettant en particulier l’accent sur la création d’emplois, en faveur des femmes et des jeunes notamment.

L’édition 2016 du Rapport sur le développement dans le monde, intitulée Les dividendes du numérique, a montré que les technologies numériques, et principalement la téléphonie mobile et l’internet, ont joué un rôle important dans la croissance de nombreux pays. Ainsi, une hausse de 10 % du nombre de connexions internet haut débit se traduit en moyenne par 1,4 % de croissance économique en plus dans les pays en développement. Le numérique est synonyme de meilleurs services publics pour les usagers, grâce au développement de l’administration électronique, de création d’emplois dans des industries high-tech innovantes, de flux commerciaux supplémentaires ou encore de débouchés pour les petits producteurs qui sont désormais en mesure de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales. L’élargissement de l’accès au numérique engrangera des retombées encore plus grandes sur le plan de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de la création d’emplois.

Au cours des dix dernières années, la Banque mondiale a investi 3,3 milliards de dollars environ dans des projets de développement des TIC. Elle a aussi fourni un appui pour des réformes des politiques publiques et des cadres réglementaires ainsi que des financements jouant un rôle de catalyseur pour des montages de partenariats public-privé dans l’infrastructure des télécommunications.

Pour l'exercice 2015, les financements octroyés par le Groupe de la Banque mondiale pour les projets de TIC se sont élevés à un total de 279 millions de dollars répartis sur sept opérations. En outre, une composante sur les TIC est de plus en plus souvent intégrée à des projets portant sur d'autres secteurs, tels que le transport, l'éducation, la santé, l'agriculture et la gestion du secteur public ; le portefeuille de ces composantes est passé d'environ 500 millions de dollars en 2006 à quelque 2 milliards de dollars en 2015.

Ces dernières années, la Société financière internationale (IFC) a consacré plus de 8 milliards de dollars à 150 projets dans le secteur des télécommunications, des médias et des technologies, répartis dans 80 pays. Pour l'exercice 2015, elle a engagé un volume total de financements de 335 millions de dollars, dont notamment des investissements en faveur de technologies innovantes dans différents secteurs d’activité (industrie manufacturière, infrastructure, santé, éducation et e-commerce).

Le montant des garanties émises par la MIGA dans le secteur des TIC s’est élevé à plus 2 milliards de dollars au cours des 25 dernières années, dont 855 millions de dollars destinés à des projets en Afrique subsaharienne. Pour l'exercice 2015, ces garanties se sont élevées à 30,2 millions de dollars, pour un projet en République démocratique du Congo.

L'action de la Banque dans le secteur des TIC repose sur des études analytiques approfondies. Voici ses publications récentes :

·         Rapport sur le développement dans le monde 2016 : Les dividendes du numérique (a)

·         Les réseaux haut débit au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

·         Connecting to Work (a)

·         The Role of Information and Communication Technologies in Post-Conflict Reconstruction (a)

·         Broadband Strategies Toolkit

 

Dernière mise à jour: avr. 06, 2016

L'action du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur des TIC vise à donner aux individus les moyens d'agir sur le plan social, économique et politique pour faire reculer la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. Voici des exemples de projets qui ont contribué à lever les obstacles à l'accès aux réseaux mobiles et à l’internet, dopé la création d'emplois et amélioré l'efficacité et la transparence de l'action publique.

En Afrique de l’Ouest, la Banque a contribué à relier sept pays au câble sous-marin en fibre optique ACE (Africa Coast to Europe). Cette liaison a entraîné une forte diminution des prix d’accès à l’internet (avec une baisse de moitié dans la plupart des cas), et permis à de nombreuses écoles, familles et entreprises de bénéficier de connexions de meilleure qualité. En Gambie, par exemple, le prix d’accès à l’internet pour les professionnels a été divisé par cinq.

Au Myanmar, la Banque a aidé les pouvoirs publics à mettre en place un bon environnement réglementaire et à attirer l’investissement étranger, tout en développant l’industrie informatique locale et en créant des emplois. En 2012, le prix d’une carte SIM était de 300 dollars ; ce prix a été ramené à 1,50 dollar seulement et les consommateurs ont le choix entre trois opérateurs différents.

Dans la région Pacifique, la Banque mondiale contribue à étendre l'accès à l’internet haut débit pour les populations des îles isolées, permettant ainsi aux habitants de se connecter à leurs proches, aux emplois et aux connaissances plus facilement et à moindre coût. Au mois d’août 2013, un nouveau câble en fibre optique de 830 kilomètres (a) a relié les Tonga (soit 176 îles réparties sur 700 000 km2 d'étendue océanique) aux Fidji et, à partir de là, aux réseaux haut débit mondiaux. Il en a résulté que le coût mensuel par gigaoctet de l'accès internet pour les ménages a chuté de 60 %, et que la bande passante utilisée a été multipliée par dix. L'arrivée du haut débit aux Tonga devrait contribuer à créer davantage d'emplois locaux en dynamisant l’activité économique, et permettre à la population d'accéder à des services de santé et d'éducation à distance. Des avancées similaires devraient être observées dans tout le Pacifique à mesure que d'autres pays rejoindront le programme.

En Afghanistan, un crédit de 22 millions de dollars a appuyé une réforme du secteur qui a rendu le marché des télécommunications plus compétitif et attiré plus de 1,2 milliard d'investissements privés. Cela a contribué à faire exploser le nombre d'abonnés au téléphone de 57 000 en 2002 à 13,4 millions en 2010, ainsi qu'à faire baisser les prix de 2 dollars à 10 cents la minute. Un projet additionnel de 50 millions de dollars vise à présent à fournir un accès internet à davantage d’habitants, en tirant parti de la diffusion des téléphones mobiles pour améliorer la prestation des services publics et en soutenant l'entrepreneuriat naissant dans le secteur des TIC. À ce jour, environ 186 kilomètres de fibre optique ont été posés et quelques 600 Afghans ont reçu une formation pour devenir des professionnels compétents des technologies de l'information.

Au Mexique, le soutien à la création d'emplois qualifiés dans le secteur des TIC est également au cœur de l’appui fourni par la Banque à MexicoFirst, un organisme qui fournit aux professionnels mexicains du secteur les formations et certifications dont ils ont besoin pour décrocher des emplois mieux payés (a). En 2013, plus de 64 000 personnes avaient été certifiées par cet organisme. Une évaluation de l'impact a montré que les diplômés bénéficient d'une augmentation de salaire de 36 % en moyenne après avoir suivi le programme de certification. Les TIC donnent également naissance à de nouvelles formes de travail (a) (telles que la sous-traitance en ligne et le microtravail), en particulier dans des environnements où existent d'importantes contraintes liées au manque d'infrastructures physiques de qualité, aux limitations des déplacements ou aux normes sociales.

Dans les Territoires palestiniens, où les taux de chômage sont particulièrement élevés chez les jeunes et les femmes, le Groupe de la Banque mondiale a fourni une assistance technique pour rendre possible la création de partenariats professionnels dans le secteur du travail en ligne entre des travailleurs palestiniens et des sociétés internationales de ce secteur.

Au Moldova, la Banque mondiale et ses partenaires ont contribué à l'introduction d'un programme ambitieux visant à transformer la prestation des services publics en utilisant les TIC (a), avec notamment la mise en place d’une infrastructure Cloud partagée dédiée au secteur public et le lancement de services en ligne qui ont amélioré les interactions entre les citoyens et l'État. Le portail des services de l'État compte désormais 395 services, dont 95 services en ligne. Le pays s'est vu décerner plusieurs récompenses internationales, notamment par Transparency International.

Partenariats

La Banque mondiale, en collaboration avec d’autres partenaires, s’engage actuellement dans de nouvelles initiatives à qui visent à accroître le soutien apporté aux pays en développement dans le domaine des TIC. Parmi celles-ci, le Digital Development Partnership est un partenariat réunissant des entités du secteur privé, des organisations de développement et d’autres parties prenantes dans le but d’aider les pays à engranger les dividendes du numérique, tandis que la Global Connect Initiative vise à étendre l’accès à l’internet à 1,5 milliard de personnes supplémentaires d’ici 2020.

 

 

 

Dernière mise à jour: avr. 06, 2016






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