Genre et égalité hommes-femmes - Vue d'ensemble

  • Cibler la pauvreté en renforçant l’égalité des sexes

    Le Groupe de la Banque mondiale part du principe qu’aucun pays, qu’aucune communauté ou qu’aucune économie ne peut réaliser son potentiel ou relever les défis du XXIsiècle sans une participation pleine et entière des femmes et des hommes, des filles et des garçons, sur un pied d’égalité. En ne libérant pas pleinement le potentiel productif des femmes, on passe à côté d’une opportunité de premier plan, ce qui n’est pas sans conséquences pour les individus, les familles et les économies. Le groupe de la Banque mondiale collabore avec ses clients du secteur public et du secteur privé pour combler le fossé entre hommes et femmes dans le monde entier, afin de produire un impact durable sur la lutte contre la pauvreté et de promouvoir une croissance économique durable et bénéfique à tous.

    Les filles sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses à aller à l’école et elles vivent plus longtemps et en meilleure santé qu’il y a une décennie. Cependant, ces avancées ne se sont pas encore traduites par des progrès plus larges, et les femmes continuent de souffrir davantage de l’exclusion économique que les hommes. Les tendances observées montrent que la participation des femmes à la population active a stagné au cours des deux dernières décennies. Elle a même reculé, passant de 57 à 55 %, à l’échelle de la planète, et oscille autour de 25 % seulement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ce qui a des conséquences directes sur la croissance.

    Des disparités entre les sexes persistent aussi bien chez les chefs d’entreprise que chez les agriculteurs et les salariés. Les femmes cultivent en général des parcelles plus petites et moins productives, possèdent des entreprises plus petites et qui créent moins d’emplois, travaillent dans des secteurs moins rentables et font face à des normes et à des législations discriminatoires qui restreignent leur temps et leurs choix, y compris leurs capacités à posséder des biens fonciers ou à en hériter, à ouvrir un compte bancaire ou encore à accéder à la technologie, au crédit ou aux engrais dont elles ont besoin pour faire prospérer leur entreprise ou gérer des exploitations agricoles plus productives. Une analyse menée par l’OIT dans 83 pays conclut que les femmes ayant un travail rémunéré gagnent en moyenne 10 à 30 % de moins que les hommes.

    Le rapport Global Findex publié par le Groupe de la Banque mondiale (a) constate de son côté que, malgré des avancées en direction de l’inclusion financière, l’écart entre hommes et femmes concernant la détention d’un compte bancaire ne se réduit pas : en 2011, 47 % des femmes et 54 % des hommes possédaient un compte ; en 2014, 58 % des femmes avaient un compte, contre 65 % des hommes. Cet écart a de vastes conséquences : le fait d’avoir un compte en banque et de pouvoir placer leurs économies en lieu sûr, en dehors de la maison, procure aux hommes comme aux femmes une plus grande maîtrise des finances et du revenu du ménage. Par ailleurs, l’accès à l’épargne et au crédit formels leur permet de participer plus pleinement à l’économie, et notamment de mettre de l’argent de côté pour faire face aux situations d’urgence, financer les frais de scolarité de leurs enfants ou honorer les charges de leur entreprise. Il s’agit là d’un point de départ important pour se soustraire à la pauvreté et atténuer la vulnérabilité.

    En 2014, la problématique du genre et de l’égalité des sexes a figuré parmi les cinq cellules de solutions transversales constituées dans le cadre de la nouvelle structure du Groupe de la Banque mondiale. Cette cellule se concentre sur trois principaux axes, énoncés dans le Rapport sur le développement dans le monde 2012, qui fait référence dans ce domaine : résorber les écarts au niveau des dotations, par exemple dans l’éducation et la santé ; réduire les disparités d’opportunités économiques, en améliorant l’accès aux emplois de bonne qualité et aux actifs physiques et financiers ; et renforcer les capacités des femmes à se faire entendre et à déterminer de manière décisive le cours de leur existence. Ces axes prioritaires requièrent de faire avancer l’égalité dans la législation et de lutter contre le fléau mondial que constituent les violences faites aux femmes.

    La cellule Genre et égalité des sexes permet par ailleurs à la branche du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, l’IFC (a), de coordonner ses activités dans ce domaine et de favoriser la réalisation des objectifs du Groupe — mettre fin à la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée — en investissant dans le secteur privé et en lui prodiguant des conseils, sachant que ce secteur crée l’écrasante majorité des emplois à l’échelle de la planète. Sur l’exercice 2015, l’IFC a nommé 28 % de femmes pour siéger au conseil d’administration des sociétés dans lesquelles elle investit, contre 24 % l’année précédente. En juin 2015, sur 640 projets de services-conseil en cours menés par l’IFC, 233 avaient une composante consacrée au genre, ce qui représente 36 % de l’ensemble du portefeuille des projets de services-conseil.

    En juin 2015, l’IFC avait investi quelque 813 millions de dollars dans 20 banques commerciales dans le cadre de son programme axé sur l’accès des femmes entrepreneurs au crédit (a). Ce programme a été lancé en 2010 pour jouer un rôle catalyseur en résorbant le déficit de financement et de capacités des petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par des femmes. En partenariat avec la fondation Goldman Sachs et son programme 10 000 Women (a), l’IFC a lancé en 2014 un mécanisme de financement dédié aux PME dirigées par des femmes (a). C’est le premier mécanisme mondial destiné à promouvoir le financement de ces PME auprès d’établissements financiers. Il s’agit d’une étape fondamentale pour remédier au manque de moyens financiers des PME dirigées par des femmes dans les pays émergents. D’après les estimations, les besoins de financement non satisfaits sont compris entre 260 milliards et 320 milliards de dollars par an. Un autre mécanisme mis en place par l’IFC en faveur des PME comporte aussi un certain nombre de projets d’investissement et de services-conseil visant à promouvoir l’égalité des sexes ; ces projets visent à atténuer les problèmes de financement rencontrés par les PME dans les pays à faible revenu.

    Pour faire avancer les actions qu’il mène, le Groupe de la Banque mondiale développe sa collaboration avec des agences des Nations Unies, notamment l’initiative Data2X, dans l’objectif de recueillir un vaste ensemble de données sur les femmes et les filles (a). À ce jour, en effet, les rares données collectées dans le monde ne renseignent guère sur le rôle des femmes dans l’entreprise, leur degré d’autonomisation économique, leur travail, leur utilisation du temps et leur accès aux actifs physiques et financiers. La compilation de ces données permettra de progresser nettement dans la définition des objectifs et dans l’évaluation des avancées réalisées.

    La nouvelle stratégie pour le genre et l’égalité des sexes, qui doit être lancée d’ici la fin de l’année, reflètera les changements fondamentaux intervenus dans le monde et au sein du Groupe de la Banque mondiale. Elle prendra en compte les éléments factuels, de plus en plus nombreux, qui montrent comment on peut lutter contre les inégalités entre hommes et femmes. Les travaux précédents avaient souligné l’importance de l’égalité des sexes du point de vue de l’efficacité du développement, et ils ont jeté les bases de l’intégration du genre dans le dialogue sur les politiques publiques, dans les analyses et dans les opérations de la Banque. La nouvelle stratégie indiquera comment accompagner les entreprises et les pays clients de la Banque pour mettre fin à ces inégalités et parvenir à un développement optimal.

     

     

    Dernière mise à jour: sept. 22, 2017

  • Le Groupe de la Banque mondiale a commencé à déployer sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes (a). Cette nouvelle stratégie annonce une démarche ambitieuse qui repose sur des interventions tangibles, pour des résultats concrets. Il s’agit d’identifier et de mettre en œuvre des interventions qui permettent de réduire les inégalités en matière d’opportunités et de résultats, mais aussi de lutter contre les facteurs qui compromettent les avancées : ségrégation professionnelle entre les sexes (les femmes et les filles sont souvent orientées vers des études et des emplois moins rémunérateurs et plus précaires), manque de moyens de transport sûrs et abordables, et absence d’investissements et de volonté politique pour développer les services de garde et de soins à toutes les étapes de la vie, de la petite enfance à la vieillesse.

    Cette nouvelle stratégie a également pour objectif d’aider les pays à accomplir les derniers efforts nécessaires pour lutter contre des problèmes tels que la mortalité maternelle, tout en relevant des défis nouveaux : le vieillissement de la population, le changement climatique, le ralentissement de la croissance économique et la crise mondiale de l’emploi. Elle se concentre sur quatre aspects principaux :

    1. le renforcement du capital humain grâce à des services et des programmes en faveur de la santé, de l’éducation et de la protection sociale ;
    2. la suppression des obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, en remédiant notamment au manque de compétences, à la ségrégation professionnelle entre les sexes et au problème de la non-rémunération des aidants ;
    3. la lutte contre les entraves qui empêchent les femmes d’accéder à la propriété et de gérer des actifs physiques et financiers (terres, immobilier, technologie, argent) ;
    4. l’amélioration de la capacité des femmes à se faire entendre et à agir, c’est-à-dire de la possibilité pour elles de s’exprimer et de contrôler les principaux aspects de leur existence, et la mobilisation des hommes et des garçons.

    Au sein du Groupe de la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) fournit des services d’investissement et de conseil pour promouvoir les perspectives professionnelles des femmes dans le secteur privé, qui représente la grande majorité des emplois dans les pays en développement et les économies émergentes. L’IFC cherche à accroître l’accès des femmes aux financements et aux marchés, à aider ses clients à améliorer les opportunités d’emploi et les conditions de travail des femmes, à soutenir des formations pour les femmes entrepreneurs et à renforcer la gouvernance d’entreprise, y compris par la nomination de femmes dans les conseils d’administration.

    Dernière mise à jour: sept. 22, 2017

  • Le Groupe de la Banque mondiale est en bonne voie pour atteindre les cibles qu’il s’est fixées, et ses nouveaux objectifs accordent une attention plus grande aux questions de genre, ainsi qu’à l’impact et aux résultats des interventions. La majorité de ses opérations et stratégies prennent désormais en compte l’égalité femmes-hommes, que ce soit au niveau de l’analyse, du contenu, du suivi ou de l’évaluation.

    En voici quelques exemples :

    Libérer le potentiel des femmes entrepreneurs

    L’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (We-Fi) (a) permettra de mobilisera plus de 1 milliard de dollars de financements pour améliorer l’accès au capital, apporter une assistance technique et investir dans des projets de soutien aux femmes et aux PME féminines dans les pays clients du Groupe de la Banque mondiale. L’objectif est de lever plus de 325 millions de dollars de contributions auprès des donateurs et de mobiliser plus de 1 milliard de dollars auprès des institutions financières internationales et des banques commerciales, en faisant appel à des intermédiaires, des fonds ou d’autres acteurs du marché et en s’inspirant des modèles proposés notamment par la Société financière internationale (IFC) avec son dispositif Women Entrepreneurs Opportunity Facility et son programme Banking on Women.

    Promouvoir des financements intelligents, à la hauteur des besoins et durables

    Le Mécanisme de financement mondial (GFF) en soutien à l’initiative « Chaque femme, chaque enfant » (a) a vu le jour en juillet 2015. Administré par la Banque mondiale, il contribue à combler le déficit de financement en faveur de la santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent(e). Son objectif est de mobiliser des financements intelligents, à la hauteur des besoins et durables en vue d’accélérer les efforts pour mettre fin aux décès maternels, des nouveau-nés, des enfants et des adolescent(e)s à l’horizon 2030. Le GFF promeut un nouveau modèle de financement pour une nouvelle ère du développement : les pays sont aux manettes, et, pour soutenir leurs priorités nationales, de multiples sources de financement sont mobilisées dans un souci de synergie.

    Le GFF est un mécanisme de financement essentiel, qui permet d’accélérer et d’harmoniser l’aide destinée aux programmes pilotés par les pays pour faire bénéficier chaque femme et chaque enfant de services indispensables dans le domaine de la santé, de la nutrition et de la démographie. Par exemple, en République démocratique du Congo, où la mortalité maternelle est élevée (846 décès pour 100 000 naissances vivantes), le dossier d’investissement établi par le GFF donne la priorité à l’amélioration de la couverture, de la qualité et de l’équité des services de santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l'adolescent(e), ainsi qu’au renforcement des systèmes de gestion de la santé.

    Autonomiser les filles

    En juin 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un crédit supplémentaire de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, en faveur d’un projet d’investissement destiné à soutenir le secteur de l’éducation au Nigéria. Ce projet contribuera à ramener des jeunes — et tout particulièrement des filles — sur les bancs de l’école dans les États du Nord-Est (Borno, Yobe, Adamawa, Bauchi, Gombe et Taraba). Centré sur le renforcement des systèmes éducatifs des États concernés, il incitera des enseignants qualifiés à revenir dans les écoles et s’attachera à améliorer l’environnement d’apprentissage. De nombreuses parties prenantes aideront à repérer les enfants déscolarisés (dont les filles en particulier), et à élaborer des stratégies pour qu’ils retournent en classe.

    Lutter contre les problèmes qui touchent spécifiquement les femmes

    Avec le soutien du nouveau mécanisme de financement concessionnel de l’IDA, le Projet de soutien d’urgence au secteur de la santé au Liban tente de répondre à certains problèmes spécifiques aux femmes, comme l’accès à des soins prénatals. Il s’agit également d’élargir les opportunités d’emploi pour les femmes dans la santé (agents de santé communautaires, sages-femmes, soignants ou médecins). Enfin, ce projet renforce les capacités permettant de reconnaître les premiers signes de violences faites aux femmes, et il met en place un système d’orientation efficace pour les femmes victimes de violence.

    Partenaires

    Comité consultatif sur les questions d’égalité femmes-hommes et le développement (a)

    Réseau d’échanges des ministres des Finances sur l’égalité des sexes (a)

    Commission de la condition de la femme

    Equal Futures Partnership (a)

    Programme pour les femmes dans l’action publique de l’Harvard Kennedy School (a)

    Fondation Nike (a)

    Oxfam International

    Fondation Rockefeller (a)

    Fondation des Nations Unies (a)

    ONU Femmes

     

    Dernière mise à jour: sept. 22, 2017




Autres ressources:

Contact

à Washington
1818 H St. NW
Washington, DC 20433
États-Unis
aadkins@worldbank.org