Genre et égalité hommes-femmes - Vue d'ensemble

Si l’on veut parvenir à mettre fin à l’extrême pauvreté et à bâtir des sociétés résilientes, il faut favoriser une croissance solide et partagée dans laquelle les femmes doivent occuper et, de fait, occupent une place essentielle. Or, dans de nombreuses régions du monde, leur potentiel, leur participation et leur capacité productive sont sous-estimés et inexploités.

Même si elles vivent, en moyenne, plus longtemps et en meilleure santé qu’il y a ne serait-ce qu’une décennie, trop de femmes et de filles restent privées des libertés, des opportunités et des droits fondamentaux, et se heurtent à d’immenses inégalités dans le monde du travail. Elles continuent généralement d’avoir des patrimoines plus restreints, de cultiver des lopins de terre plus petits, de travailler dans des secteurs d’activité moins rentables et d’être confrontées à des lois et règles discriminatoires (a), qui entravent leur liberté de choix et réduisent leur temps disponible. Dans leur grande majorité, elles s’occupent de leurs proches, sans être rémunérées, ce qui les pénalisera lorsqu’elles seront âgées. Ce sont aussi elles qui souffrent en premier et le plus en cas de crise, de conflit, de catastrophe ou de choc financier. Dans le secteur privé, les femmes représentent une importante source de croissance et d’opportunités économiques, mais elles n’ont souvent pas accès aux actifs, au crédit et au savoir dont elles auraient besoin. Les obstacles formels et informels qu’elles rencontrent les pénalisent et, en outre, ils coûtent cher aux entreprises et à l’économie en termes d’opportunités manquées. 

Le constat est irréfutable : la discrimination et tout ce dont les femmes et les filles sont privées et qui les empêchent de réaliser leur potentiel ont des conséquences énormes non seulement pour elles, mais également pour leur famille et leur communauté. Le Groupe de la Banque mondiale estime qu’aucun pays, aucune communauté ni aucune économie ne peut réaliser son potentiel ou répondre aux défis mondiaux du XXIsiècle sans la pleine et entière participation des hommes et des femmes, des garçons et des filles, dans tous les domaines. Si l’on veut parvenir au double objectif de la Banque mondiale (mettre fin à la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée), il est impératif de réaliser des investissements qui bénéficient aux femmes et aux filles et de faire en sorte qu’elles se trouvent sur un pied d’égalité avec les hommes.

Il faut montrer la voie, innover et redoubler d’efforts et ce, de toute urgence. Le Groupe de la Banque mondiale s’attache à optimiser la collecte de données sur des aspects essentiels, comme les revenus des femmes, les droits de propriété et l’expression politique. Il axe en particulier ses efforts sur la promotion de l’égalité devant la loi (a) et dans le monde du travail, sur l’appui à l’autonomisation économique des femmes et sur la lutte contre les violences dont elles sont victimes.

Dernière mise à jour: oct. 07, 2014

Le Groupe de la Banque mondiale travaille avec ses partenaires et ses clients pour promouvoir l’égalité entre hommes et femmes dans le monde, en mettant en évidence les cas d’inégalité et de discrimination lorsqu’il en constate et en s’appuyant sur ses prêts, son expertise et son pouvoir de mobilisation. Il a pris de solides engagements dans ce sens, surtout lors des 16e et 17e reconstitutions des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, et dans le cadre de sa nouvelle fiche de performance institutionnelle (a). Ces engagements s’inscrivent dans le droit fil des conclusions du Rapport sur le développement dans le monde 2012 : Égalité des genres et développement (a) et des recommandations stratégiques pour améliorer la situation.  

Le Groupe de la Banque mondiale est déterminé à intégrer l’égalité hommes-femmes dans l’analyse, le contenu et le suivi de tous ses programmes et de toutes ses stratégies d’aide-pays (a) ; toutes les Régions mettent en œuvre des plans d’action pour l’égalité des sexes. Il entend également élaborer une nouvelle stratégie sur l’égalité hommes-femmes dans l’année qui vient. Cette stratégie sera assortie de cibles plus ambitieuses, de nouvelles méthodes de mesure des avancées et d’un programme qui permettra de progresser pour produire des changements. 

Au sein du Groupe de la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) fournit des services d’investissement et de conseil afin de promouvoir les opportunités féminines dans le secteur privé, sachant que celui-ci concentre une écrasante majorité des emplois dans les pays en développement et les économies émergentes. L’IFC cherche à améliorer l’accès des femmes aux financements et aux marchés, à aider ses clients à améliorer les opportunités et les conditions de travail des femmes, à soutenir la formation des femmes chefs d’entreprises et à améliorer la gouvernance d’entreprise, notamment par la nomination de femmes dans les conseils d’administration.

Dernière mise à jour: oct. 07, 2014

Le Groupe de la Banque mondiale est en bonne voie pour atteindre les principales cibles qu’il s’est fixé au niveau institutionnel ; ses nouveaux objectifs accordent par ailleurs une plus grande attention à la question du genre ainsi qu’aux impacts et aux résultats sur ce plan. La majorité de ses opérations et stratégies tiennent désormais compte de l’égalité entre hommes et femmes au niveau de l’analyse, du contenu, ainsi que du suivi et de l’évaluation de ses activités.

Quelques exemples :

  • En Éthiopie, au Honduras, en Indonésie, au Kosovo, en Macédoine (a), au Nicaragua, au Rwanda et au Viet Nam, le Groupe de la Banque mondiale a aidé des femmes à mieux comprendre leurs droits et à obtenir des titres de propriété foncière, ce qui leur permet de mieux mettre à profit leur actif le plus important. Au Viet Nam, environ 700 000 titres de propriété ont été délivrés à des femmes sur la période 2008-2012, y compris dans des régions peuplées de minorités ethniques : 88 % des femmes estiment que les titres de propriété foncière conjoints améliorent leur statut et facilitent leur accès au crédit.
  • En République kirghize, l’aide de l’IDA a permis à près d’un million de femmes et de filles de bénéficier directement de microentreprises communautaires.
  • Au Népal, les 129 millions de dollars que le Groupe de la Banque mondiale a engagés pour soutenir des programmes de santé publique ont permis de porter la proportion des accouchements en présence d’un personnel qualifié de 8,5 à 44 % pour les femmes les plus pauvres.
  • En Afghanistan, grâce à l’appui de l’IDA, 16 300 femmes ont rejoint des groupes d’épargne et ont eu accès à des prêts entre 2010 et 2013, et 2,7 millions de filles étaient scolarisées en 2012, contre seulement 191 000 en 2002.
  • Au Libéria, l’Initiative pour les adolescentes (a) de la Banque mondiale a bénéficié à plus de 2 400 jeunes filles, qui ont reçu une formation de six mois afin de faciliter leur passage de l’école à la vie professionnelle : 70 % ont reçu une formation importante sur les compétences entrepreneuriales et 30 % une formation à des compétences professionnelles. Cette initiative a fait progresser de 47 % l’emploi et de 80 % le revenu moyen hebdomadaire.
  • Au Ghana, le projet eGhana de 2007, qui visait à créer des emplois et de la croissance grâce aux technologies de l’information et des communications, a créé plus de 8 700 emplois, dont 54 % sont occupés par des femmes. Plus de 10 440 femmes ont bénéficié de ce programme.
  • Au Népal, sur la période 2005-2012, le deuxième Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu rural de la Banque mondiale avait pour objectif d’améliorer l’approvisionnement en eau et l’assainissement pour les ménages ruraux. L’amélioration de l’accès à l’eau a permis à 45 000 femmes de dégager suffisamment de temps pour suivre des cours et à 1 700 autres femmes d’agir pour promouvoir la santé au niveau local. 
  • La stratégie Banking on Women (a) de l’IFC est axée sur les régions et les pays qui présentent des conditions favorables pour les PME et comptent un nombre important de femmes chefs d’entreprise. Depuis le lancement de cette stratégie, il y a trois ans, l’IFC a réalisé des investissements dans plus de 17 pays. Son portefeuille totalise 735 millions de dollars (345 millions en propre et 390 millions en fonds mobilisés), qui seront transformés en prêts à des PME détenues par des femmes en Europe de l’Est, en Asie de l’Est et du Sud, en Amérique latine et en Afrique. 

Au Viet Nam, Nalt Enterprise, un fabricant de textile et de vêtements membre de WINvest (a) (un partenariat mondial noué entre le Groupe de la Banque mondiale et le secteur privé et axé sur l’emploi des femmes), emploie près de 650 personnes, dont 85 % de femmes. Dans un secteur où le taux de rotation du personnel est élevé et dans un pays où les grèves sont fréquentes, Nalt a pensé que le meilleur moyen de réduire le turnover et de devenir plus compétitif consistait à améliorer les conditions de travail. Cette entreprise a donc rejoint Better Work, un partenariat entre l’OIT et l’IFC, installé à proximité de son usine une crèche gratuite pour les enfants de ses employés et créé, dans ses locaux, un centre de santé pour ses salariés et leur famille. Nalt récolte aujourd’hui les fruits de ses efforts : le taux de rotation de son personnel a été réduit d’un tiers, ses salariés sont en meilleure santé et moins susceptibles d’être absents, et aucune grève n’est à déplorer dans l’entreprise depuis huit ans.

Dernière mise à jour: oct. 07, 2014