Environnement - Vue d'ensemble

La pollution, la surexploitation des stocks halieutiques, la perte de biodiversité et l’utilisation excessive de l’eau et des terres mettent de plus en plus en péril les efforts de développement des pays. À cela s’ajoutent les conséquences immédiates et à long terme du changement climatique qui, du réchauffement de la planète à l’acidification des océans, viennent encore davantage compromette les avancées dans la lutte contre la pauvreté et dans le développement.

La dégradation de l’environnement entrave aussi les progrès économiques. L’inaction face à la pollution de l’air et de l’eau, par exemple, et à ses effets néfastes sur la santé coûte à certains pays l’équivalent de 4 % ou plus du PIB par an. Les failles des politiques publiques sont à l’origine de nombreuses incitations pernicieuses dans le domaine de l’utilisation efficace des ressources naturelles. En l’absence d’institutions et de cadres de gouvernance solides, les mesures adoptées pour réduire les risques environnementaux ont peu de chances d’être couronnées de succès.

Entre 2004 et 2013, la Banque mondiale (BIRD/IDA) a consenti 31,8 milliards de dollars de financements (dont 7,7 milliards provenant de l’IDA) pour des investissements dans la gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Au sein de ce domaine d’investissement, c’est de loin le soutien pour faire face au changement climatique qui affiche la croissance la plus rapide.

Une proportion considérable des engagements de la Banque en faveur de ce secteur (15 %) a été consacrée aux institutions et politiques environnementales, afin d’améliorer la gouvernance et de renforcer les politiques publiques relatives à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles. Outre le changement climatique, les prêts de la Banque mondiale consacrés à la gestion de l’environnement et des ressources naturelles sont en grande partie destinés à la gestion des ressources hydriques (25 %) ainsi qu’à la gestion de la pollution et à la santé de l’environnement (21 %).

Dernière mise à jour: mars 31, 2014

L’actuelle stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour l’environnement (2012-2020) formule la vision d’« un monde vert, propre et résilient pour tous » et donne la priorité à un certain nombre de domaines fondamentaux où il est nécessaire d’amplifier les actions entreprises.

En matière de développement « vert », ce programme d’action s’attache à favoriser une croissance plus inclusive, ainsi qu’à protéger la biodiversité et les écosystèmes :

  • en améliorant la capacité de décision des pays grâce au partenariat WAVES, qui aide les pays à évaluer les actifs associés au capital naturel national et à les intégrer dans leur système de comptabilité nationale ;
  • en trouvant des solutions pour que les océans de la planète renouent avec la santé et avec la productivité économique grâce à des actions menées avec une vaste coalition d’États, d’organismes internationaux, d’organisations non gouvernementales et d’entreprises privées au sein du Partenariat mondial pour les océans ;
  • en s’assurant de la volonté du marché d’encourager la protection des habitats critiques tout en procurant les avantages engendrés par le piégeage du carbone grâce à la poursuite de travaux novateurs sur les forêts et l’utilisation des terres en liaison avec le Programme sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (ONU-REDD).

S’agissant des actions à mener pour un développement propre, l’accent est mis sur un soutien permanent aux pays pour définir des trajectoires de développement peu polluantes et sobres en carbone via :

  • des échanges Sud-Sud sur les bonnes pratiques de lutte contre la pollution ;
  • la généralisation de fourneaux de cuisine utilisant des combustibles plus propres, afin de réduire la pollution de l’air à l’intérieur des habitations ;
  • l’aide apportée aux pays pour le nettoyage des cours d’eau et pour résoudre les problèmes de pollution héritée ;
  • l’amélioration de l’efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables, la recherche de solutions agricoles climato-intelligentes et le développement de villes plus propres et moins polluantes.

Le volet « résilience » vise à réduire la vulnérabilité aux risques climatiques :

  • en aidant les pays à trouver des solutions d’adaptation au changement climatique, grâce, par exemple, à une meilleure gestion des zones côtières ;
  • en limitant les dégâts engendrés par les catastrophes naturelles (bilan humain et dommages structurels) ;
  • en améliorant la capacité de résistance des petits États insulaires et en développement.

Investir dans la biodiversité pour réduire la pauvreté

Il est indispensable de continuer à investir dans la nature pour pouvoir mettre fin à l’extrême pauvreté et favoriser le partage de la prospérité en promouvant une croissance plus rapide et inclusive. La Banque mondiale, qui est active dans ce domaine depuis plusieurs décennies, est en mesure d’apporter des enseignements importants en matière de préservation et d’utilisation durable de la biodiversité grâce à des projets couvrant un vaste éventail d’activités : appui aux zones protégées, renforcement des institutions, intégration de la conservation de la diversité biologique dans les zones non protégées ou encore lutte contre les espèces invasives. Au cours des dix dernières années, la Banque mondiale a financé près de 300 projets forestiers dans 75 pays, dont un quart a porté sur l’établissement ou l’expansion d’aires protégées forestières. La Banque fournit également une aide de premier plan dans le domaine de la lutte contre la criminalité environnementale. Elle a par exemple financé la mise en place d’un service de police forestière en RDP lao, une série de projets pour l’application des lois relatives à la protection de la faune sauvage en Asie du Sud et de la pêche en Afrique de l’Ouest.                                                                                                                        

Renforcer les politiques et les institutions relatives à l’environnement

Le volume des prêts alloués par la Banque mondiale à l’appui de politiques de développement dans le secteur de l’environnement est passé de 438 millions de dollars sur les exercices 2004-08 à 1,48 milliard de dollars sur les exercices 2009-13. Au Pérou, par exemple, un programme mis en place sur quatre ans (2009-2013) a permis d’instaurer un ministère de l’Environnement, de créer une agence pour les parcs nationaux et de doter celle-ci d’une stratégie financière durable, et d’établir des réseaux d’observation de la qualité de l’air dont les informations sont communiquées à la population.

Aider les pays à gérer la pollution

Les priorités de la Banque mondiale en matière de gestion de la pollution concernent la pollution atmosphérique, le nettoyage des bassins versants et la pollution héritée. Au cours de la dernière décennie, ses projets ont notamment porté sur la gestion des déchets hospitaliers au Viet Nam, sur la gestion des zones côtières et des bassins versants en Inde, au Viet Nam et au Pakistan, sur la pollution à l’intérieur des bâtiments à Madagascar, au Bangladesh et en Ouganda, sur la pollution industrielle en Inde et sur la réduction des concentrations de particules à Oulan-Bator (Mongolie), une ville où ce problème atteint des niveaux parmi les plus élevés au monde. 

Dernière mise à jour: mars 31, 2014

  • Sur l’exercice 2013, la Banque mondiale a approuvé 124 opérations et programmes en rapport avec l’environnement, pour un montant total de 2,47 milliards de dollars, la Région Asie de l’Est/Pacifique représentant la plus grande part de ce volume.                                                                 
  • La Banque mondiale, qui compte parmi les 150 membres du Partenariat mondial pour les océans, œuvre activement à son développement, notamment en coordonnant son portefeuille consacré aux océans (plus de 1,4 milliard de dollars actuellement) avec les investissements de ses partenaires, afin d’en faire bénéficier des zones prioritaires.
  • En Guinée-Bissau, elle accompagne la création de deux nouvelles grandes zones protégées, au Bangladesh, elle participe à la lutte contre les sources de pollution atmosphérique et, au Belize, Guatemala et Honduras, elle contribue à la mise en place d’un cadre d’action commun pour l’amélioration de la gestion des récifs coralliens dans la région.
  • La Banque mondiale a, avec ses partenaires, soutenu l’initiative du gouvernement brésilien visant à créer 18 millions d’hectares de nouvelles zones protégées en Amazonie, tout en aidant les communautés vivant sur ces territoires à exploiter de manière durable leur capital naturel afin de favoriser leurs propres croissance et prospérité.

Dernière mise à jour: mars 31, 2014

Les partenariats, qui permettent de mettre en commun compétences, accès et ressources, deviennent une composante de plus en plus importante de l’engagement de la Banque mondiale en faveur de l’environnement. Y participent le secteur public, le secteur privé, ainsi que des organisations multilatérales et des acteurs de la société civile, qui veulent ainsi faire progresser des actions collectives contre certains des problèmes environnementaux les plus urgents.

Le Partenariat mondial pour les océans, inauguré à l’occasion du sommet Rio+20 en 2012, est une coalition d’États, d’entreprises, d’institutions multilatérales et d’organisations de la société civile qui œuvrent conjointement à la mise en place de programmes d’investissement complets, pilotés par les pays eux-mêmes, pour restaurer la santé des océans. Ce problème vise à remédier à des problèmes abondamment mis en évidence et qui contribuent à l’appauvrissement des ressources vitales des océans, avec des effets néfastes et aggravants sur la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire. Il cherche à atteindre les objectifs interdépendants que sont le développement durable de la pêche et de l’aquaculture, la protection des habitats critiques et de la biodiversité et la réduction de la pollution, afin de promouvoir la santé des océans et de faire reculer la pauvreté.

Un autre partenariat mondial conduit par la Banque mondiale et baptisé WAVES porte sur la comptabilisation de la richesse naturelle et la valorisation des systèmes écosystémiques. Il vise à intégrer la comptabilisation du capital naturel dans les systèmes de comptabilité et de planification du développement d’un pays. Le projet WAVES a mené des travaux importants au Botswana, en Colombie, au Costa Rica, à Madagascar et aux Philippines. À l’occasion du sommet Rio+20 en 2012, 62 pays, 90 organisations du secteur privé, ainsi que 17 organisations de la société civile et organisations internationales, ont apporté leur soutien à la comptabilisation du capital naturel.

Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques a été créé en 2000 afin d’accorder des subventions à des organisations non gouvernementales et du secteur privé qui soutiennent des espaces critiques pour la biodiversité au sein de zones protégées et sur l’ensemble des paysages de production. À ce jour, ce fonds a apporté plus de 137 millions de dollars à plus de 1 600 organisations de la société civile dans un périmètre couvrant 17 zones sensibles dans le monde.

L’initiative Save Our Species (SOS) allie le poids financier et l’expertise technique de la Banque mondiale et du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), les solides connaissances scientifiques de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et les moyens et l’ingéniosité du secteur privé pour créer un mécanisme qui optimise l’impact des financements dans les projets de conservation des espèces. En 2012, SOS a annoncé qu’elle comptait investir 3,3 millions de dollars dans 23 projets gérés par des ONG et destinés à protéger des espèces menacées à travers le monde.

Le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), institué en 2010, réunit Interpol, le secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), l’Organisation mondiale des douanes et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ainsi que la Banque mondiale. Il s’attache à promouvoir l’application effective des législations nationales et internationales et à soutenir le développement durable, ainsi qu’un partage équitable des bienfaits issus de la gestion durable des ressources naturelles. Le Consortium a mis au point un outil d'analyse de la criminalité liée aux espèces sauvages et de la criminalité forestière ; déjà utilisé dans plusieurs pays, cet outil permet d’analyser le niveau d’application et de respect de la loi. L’ICCWC propose également une formation aux techniques d'enquête destinée aux juges, aux avocats, aux douaniers et aux agents chargés des espèces sauvages dans le monde entier.


Dernière mise à jour: sept. 20, 2013

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