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L’avenir du système alimentaire : infléchir son développement pour créer plus d’emplois


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LES POINTS MARQUANTS
  • Le système alimentaire est le premier employeur dans les pays en développement (travail indépendant et travail salarié confondus), et le restera dans un avenir prévisible
  • Le secteur de l’alimentation et de l’agriculture ne se limite pas à la production agricole, puisqu’il recouvre le stockage, la transformation, la distribution, le transport, la logistique, la vente au détail et d’autres services.
  • Nous pouvons faire davantage pour renforcer la contribution du système alimentaire à l’emploi, en soutenant le développement des filières alimentaires, en veillant à ce que les politiques et les investissements améliorent la qualité et la quantité d’emplois et en facilitant l’inclusion de plus de femmes et de jeunes.

Au cours des quinze prochaines années, environ 1,6 milliard d’habitants dans les pays à revenu faible et intermédiaire atteindront l’âge de travailler. Créer des emplois pour cette nouvelle génération tout en protégeant et en améliorant la qualité des emplois des milliards de travailleurs actifs constituera un défi majeur dans tous les secteurs.

Actuellement, le système alimentaire est le principal employeur (travail indépendant et travail salarié confondus) dans les pays en développement et le restera dans un avenir prévisible. Les emplois concernés dépassent la seule production agricole et représentent une part importante de l’activité manufacturière et tertiaire dans le monde. Avec la hausse du revenu par habitant et l’évolution des habitudes alimentaires, la demande d’emplois dans les filières non agricoles du système alimentaire (transformation, distribution, transport, stockage, vente au détail, préparation et restauration notamment) va augmenter.

Un nouveau document de la Banque mondiale (a) s’intéresse au rôle potentiel du système alimentaire dans la création d’emplois et propose un cadre d’analyse des facteurs déterminant la quantité et la qualité des emplois du secteur. Il avance également une série de mesures que chaque pays peut adopter, adapter et appliquer à son contexte pour renforcer la contribution du système alimentaire à l’emploi.

 

Principaux messages :

• Dans de nombreux pays en développement, le système alimentaire est le plus gros employeur (indépendants et salariés) et le restera tout au long de la période couverte par les Objectifs de développement durable et dans les années qui suivront. Le travail agricole indépendant et salarié représente toujours une part importante des revenus des ruraux et peut contribuer sensiblement à la réduction de la pauvreté.

• Le système alimentaire ne se limite pas à la production agricole, puisqu’il recouvre les activités dans les chaînes de valeur, de la transformation à la vente au détail en passant par le transport, la restauration et d’autres services. Dans de nombreux pays, toute la partie non agricole du système alimentaire représente une part importante de l’activité manufacturière et tertiaire. Tandis que la part de l’emploi agricole tend à diminuer à mesure que le revenu par habitant augmente, la part de l’industrie et des services alimentaires suit une trajectoire inverse.

• Pour augmenter le nombre d’emplois ouverts à tous, les décideurs doivent s’intéresser au développement du système alimentaire, à l’intensité des emplois et à l’inclusion des jeunes et des femmes. L’urbanisation et la hausse du revenu par habitant offrent de nouvelles perspectives importantes pour les produits non céréaliers et les emplois non agricoles dans le système alimentaire. L’inclusion des femmes et d’un nombre croissant de jeunes dans les emplois du système alimentaire peut renforcer la productivité et améliorer l’harmonie sociale.

• Pour rehausser la qualité des emplois dans le système alimentaire, il faut augmenter la rentabilité du travail, renforcer la stabilité des revenus et améliorer les conditions de travail.

• Les priorités varient en fonction du contexte national. Différentes combinaisons d’interventions seront requises dans les économies dépendantes de l’agriculture par rapport aux économies en transformation ou aux économies urbanisées ; dans les régions en retard par rapport aux régions en pointe ; dans les pays bien dotés en terres par rapport aux pays aux ressources foncières limitées ; selon que la désaffection pour l’agriculture dans certaines régions est liée à des facteurs incitatifs ou dissuasifs ; et selon la nature première des déficits de compétences.