L’appui de la Banque mondiale à l’éducation : une approche systémique en faveur de l’apprentissage pour tous

28 avril 2014


Image

L’éducation est l’un des leviers les plus puissants pour éliminer la pauvreté et favoriser le partage de la prospérité. Le Groupe de la Banque mondiale travaille avec différents partenaires dans le monde entier pour que les 57 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école puissent non seulement achever le cycle primaire, mais aussi acquérir et développer des compétences indispensables dans la vie quotidienne et le monde du travail.

Défis

Malgré des avancées importantes dans la réalisation de l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à l’éducation (en 2011, près de 97 filles étaient inscrites à l’école primaire et secondaire pour 100 garçons et le taux d’achèvement du cycle primaire excédait 90 %), bien plus de 50 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés en primaire. Selon les estimations, environ trois-quarts d’entre eux vivent dans des pays qui sont le théâtre de violences et, à l’échelle régionale, plus de la moitié de ces enfants vit en Afrique et un cinquième en Asie du Sud. Par ailleurs, dans presque tous les pays, l’appartenance à une ethnie autochtone, la pauvreté, le sexe ou le handicap sont encore des freins aux progrès dans le domaine de l’éducation. 

Améliorer les acquis scolaires exige des réformes et des interventions stratégiques à tous les niveaux du système éducatif. Pour les populations défavorisées, l’accès à une éducation digne de ce nom pose de très grandes difficultés. Il est indispensable d’accroître les financements pour combler ces lacunes et améliorer la qualité des services éducatifs grâce à de meilleures politiques et des institutions plus fortes.

Solutions

La Banque mondiale représente l’une des principales sources de financement extérieures du secteur de l'éducation dans les pays en développement.

Depuis l’adoption des OMD en 2000, la Banque a investi 31,8 milliards de dollars dans l’éducation, dont plus de 17,3 milliards par le biais de l’Association internationale de développement (IDA). Ses services financiers et d’expertise, sous la forme notamment de travaux d’analyse, de conseil stratégique et d’assistance technique, contribuent à aider les pays à réaliser leurs objectifs en matière d’éducation

La stratégie pour l’éducation. Intitulée « Apprentissage pour tous : Investir dans l’acquisition de connaissances et de compétences pour promouvoir le développement », la stratégie de la Banque mondiale pour l’éducation à l’horizon 2020 entend relever les défis de l’éducation des enfants au 21e siècle en soulignant la nécessité d’investir tôt, d’investir de manière avisée et d’investir au profit de tous. L’institution encourage les pays à lancer des programmes d’enseignement pour les jeunes enfants, à créer un environnement propice à l’apprentissage qui permette de mesurer les résultats et de responsabiliser les acteurs, et à développer les compétences utiles pour se doter d’une main d’œuvre productive.          

Une approche mondiale axée sur les systèmes éducatifs. La Banque mondiale a créé le programme SABER (a) pour aider les pays à dresser un inventaire approfondi de leurs politiques et institutions d’enseignement, en mesurant celles-ci aux bonnes pratiques mondiales. Cette initiative consiste à analyser la qualité de ces politiques et institutions et constitue, pour les parties prenantes, un instrument favorisant un dialogue efficace. En outre, elle répond au manque critique de données et de connaissances sur les politiques à l’échelle mondiale, ainsi que sur les principales améliorations qualitatives à apporter aux systèmes éducatifs.

Soutien à la réalisation des OMD. En septembre 2012, le président Jim Yong Kim a réaffirmé l’engagement pris par le Groupe de la Banque mondiale lors du sommet de 2010 sur les OMD (a), à savoir allouer via l’IDA un financement supplémentaire de 750 millions de dollars à l’éducation élémentaire sur cinq ans (2011-2015). Au 1er avril 2014, 939 millions avaient déjà été versés par l’IDA, un montant supérieur de 25 % à la promesse de la Banque, et ce avant la fin de la période initialement prévue.

Résultats

À l’échelle mondiale, l’aide de la Banque mondiale a contribué à obtenir les résultats suivants dans le domaine de l’éducation :

  • Le taux mondial d’achèvement du cycle primaire s’élevait à 91 % en 2011, contre 81 % en 1999.
  • Le taux net de scolarisation en primaire atteignait 89 % en 2011, contre 82 % en 1999.
  • La parité filles-garçons à l’école primaire et secondaire était proche de 97 % en 2011. 
  • Entre 1999 et 2011, le nombre total d’enfants non scolarisés dans le monde a reculé de 108 millions à 57 millions (dont 31 millions de filles), sachant que l’Asie du Sud a enregistré sur cette période une réduction de plus des deux tiers du nombre d’enfants privés d’école.
  • Toutes les régions ont connu une progression de leurs taux de scolarisation pré-primaire entre 1999 et 2011, dont notamment l’Asie du Sud qui a vu ce taux doubler pour passer de 22 à 50 %. 

Grâce au soutien apporté à des projets nationaux de développement de l’éducation, les pays suivants ont obtenu des résultats importants :

  • En Indonésie (a), plus de 500 000 enfants de moins de six ans vivant dans des zones pauvres et reculées ont bénéficié d’une éducation préscolaire entre 2007 et 2013.
  • À Djibouti, la création de 100 nouvelles salles de classe dans les zones urbaines et rurales a permis la scolarisation en primaire de plus de 7 000 enfants, dont 3 300 filles (2005-2011).
  • Dans la province pakistanaise du Sindh (a), le ratio filles-garçons de scolarisation dans les zones rurales est passé de 61 % en 2007 à 72 % en 2011.
  • En Tanzanie, le taux d’achèvement du cycle primaire a augmenté de 21 % chez les garçons et de 31 % chez les filles entre 2005 et 2012.
  • Au Bangladesh (a), entre 2004 et 2012, 790 000 enfants non scolarisés (dont la moitié de filles) ont pu accéder à « l’école de la deuxième chance » et suivre le cycle primaire.
  • En Haïti (a), entre 2012 et 2013, un millier d’adolescentes ont bénéficié d’une formation en compétences générales qui facilitera leur insertion professionnelle et améliorera leurs perspectives d’emploi et de revenu.

Le programme SABER et le dialogue sur l’action à mener. À ce jour, les données de plus d’une centaine de pays ont été analysées par les outils du programme SABER et les résultats ont orienté les investissements dans l’éducation, du primaire au supérieur, et dans le développement des compétences professionnelles. En Bulgarie, les équipes de la Banque mondiale, leurs interlocuteurs des pouvoirs publics et une ONG locale très impliquée dans les questions éducatives ont coopéré pour élaborer un cadre stratégique autour des enseignants, à la suite d’une analyse approfondie inspirée des bonnes pratiques internationales. En Angola, le programme a aidé les autorités à fixer des priorités pour renforcer le système national d’évaluation des élèves, tout en mettant en évidence la nécessité de former des professionnels et d’assurer la stabilité des financements pour soutenir les futures réformes de l’évaluation.


« Comme les classes sont moins surchargées, l’environnement est, du côté des enseignants comme des élèves, plus propice à l’enseignement et à l’apprentissage. »

Un représentant de la zone de gouvernement local d’Ungogo

État du Kano, Nigéria

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

L’appui de la Banque mondiale au secteur de l’éducation s’élève en moyenne à 2,6 milliards de dollars de nouveaux financements par an, parmi lesquels plus de la moitié sont honorés par l’IDA. Sur l’exercice 2013, ces nouveaux engagements ont atteint 2,9 milliards de dollars, dont un effort conséquent de 1,7 milliard en faveur de l’éducation élémentaire (l’IDA ayant alloué 1,3 milliard de dollars aux pays les plus pauvres).

L’Asie du Sud et l’Afrique sont les régions qui ont le plus bénéficié du soutien à l’éducation de l’IDA sur l’exercice 2013 (705 et 629 millions de dollars, respectivement), tandis que l’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu 60 % du montant de 1,1 milliard de dollars d’aide accordée par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Le Groupe de la Banque mondiale a par ailleurs publié plus de 200 rapports, études et supports d’information sur l’éducation au cours de l’exercice 2013 et a activement participé à la production et au partage de nouveaux savoirs grâce à des évaluations d’impact, des documents d’orientation politique et des outils tels que SABER. 

De nombreuses opérations menées par la Banque en 2013 étaient consacrées à l’accès équitable à une éducation de qualité. Près de 70 % des projets planifiés sur cet exercice avaient pour but d’améliorer la qualité de l’enseignement par le biais de la formation d’instituteurs et d’enseignants de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur. Onze opérations visaient à refondre les programmes ou à mieux les articuler avec les besoins du marché de l’emploi. En outre, 88 % des nouveaux projets comportaient au moins un volet axé sur l’amélioration de l’accès à l’éducation, et 54 % de ces opérations nouvelles appuyaient ce volet par des programmes de subventions, de bourses, de prêts ou de dispositifs incitatifs ciblés. 

Partenaires

La Banque mondiale collabore avec les agences des Nations Unies et d’autres partenaires du développement pour aider les pays à atteindre leurs objectifs en matière d’éducation, dans le cadre notamment de la réalisation des OMD. La Banque est membre de l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout, portée par le secrétaire général des Nations Unies. À l’appui de cette initiative, elle a co-organisé plusieurs rencontres au niveau ministériel sur l’apprentissage pour tous (a), consacrées aux mesures concrètes à prendre pour assurer l’accès de tous les enfants à l’éducation et aux apprentissages. 

La Banque mondiale est un acteur essentiel du Partenariat mondial pour l’éducation auquel elle participe activement en hébergeant son secrétariat et en tant qu’entité fiduciaire et dépositaire de la majorité des financements alloués aux pays partenaires. La Banque a joué un rôle déterminant dans la création de ce partenariat en 2002. Il rassemble aujourd’hui une soixantaine de pays en développement, des gouvernements donateurs, des organisations internationales, le secteur privé, des représentants du monde enseignant, des ONG et des groupes de la société civile.

La Banque collabore aussi avec de nombreux bailleurs bilatéraux, dont l’Australie et le Royaume-Uni qui soutiennent activement le programme SABER. Le Fonds fiduciaire de l’assistance russe à l’éducation pour le développement finance la composante du SABER portant sur l’évaluation des élèves et, plus généralement, des activités d’évaluation des acquis scolaires.

D’autres donateurs tels que la Commission européenne, l’Irlande, la Corée, les Pays-Bas, la Norvège, le Japon et l’Espagne participent avec la Banque mondiale à des opérations ou des travaux d’expertise dans le secteur de l’éducation. La Banque aide aussi de nouveaux partenaires à donner une portée mondiale à leur action, à l’image de l’Initiative pour le monde arabe, le Groupe de recherche pour la création d’une base de données probantes sur l’éducation (BE²), le Groupe consultatif sur la petite enfance, le Global Compact on Learning Donor Network et le réseau « Teach for All ». Enfin, son partenariat avec la Children’s Investment Fund Foundation (a) a également été déterminant pour la réalisation des travaux de renforcement des savoirs.

Perspectives

À l’avenir, la Banque mondiale continuera de soutenir activement l’éducation pour tous dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en privilégiant une approche systémique. L’échéance fixée pour la réalisation des OMD — 2015 — approche à grands pas et l’institution travaillera en étroite collaboration avec la communauté du développement pour définir de nouveaux indicateurs de la situation de l’éducation après 2015.

Bénéficiaires

Au Nigéria, un projet (a) a été mis en place dans le but d’inciter les autorités nationales et locales à s’impliquer dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement en primaire et dans le premier cycle du secondaire, en s’attachant particulièrement à la scolarisation des enfants de familles pauvres et des filles. Grâce à la fourniture de livres scolaires et à la création de nouvelles salles de classe, le taux de présence des élèves et l’implication des parents ont progressé. Près de 6 500 enseignants de tout le pays ont suivi un programme de formation professionnelle et 1 974 écoles subventionnées ont mis en œuvre des plans de développement validés. L’IDA a financé ce projet à hauteur de 65,9 millions de dollars. Près de 600 000 enfants en ont bénéficié, dont 44 % de filles. « Comme les classes sont moins surchargées, l’environnement est, du côté des enseignants comme des élèves, plus propice à l’enseignement et à l’apprentissage », raconte un représentant de la zone de gouvernement local d’Ungogo, à Ungogo Gabas, dans l’État du Kano. Un autre souligne que la participation des élèves s’est améliorée : « Grâce à ce projet, le nombre de filles scolarisées a presque doublé et, chez les garçons, ceux qui ne participaient pas aux activités scolaires se montrent maintenant très intéressés. »

Image
97%
= parité filles-garçons à l’école primaire et secondaire en 2011