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Système de distribution d'eau et d'assainissement : fiche sectorielle

L’éradication de la pauvreté repose sur des services durables d’approvisionnement en eau et d’assainissement

12 avril 2013

Dans les pays clients de la Banque mondiale, l’accès à des sources d’eau améliorées s’établissait à 86,4 % en 2010, contre 73 % en 1990. Dans le même temps, l’accès à des installations d’assainissement améliorées est passé de 42 % à 56,3 %. Pour continuer à fournir des services d’eau et d’assainissement efficaces et durables, les projets financés par la Banque mondiale mettront l’accent sur la viabilité financière et environnementale, ainsi que sur les aspects liés à la pauvreté et aux disparités hommes/femmes, tout en considérant la question des risques climatiques.
145 millions

de personnes bénéficient d’un meilleur accès à l’eau et 10 millions de personnes d’un meilleur accès à l’assainissement depuis 2002.

Défi

De nombreuses avancées ont été réalisées sur le plan de l’accès aux services d’eau et d’assainissement dans les pays clients de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA). Néanmoins, 780 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des sources d’eau améliorées, et 2,5 milliards ne bénéficient pas d’un assainissement sûr. Seuls 63 % de la population mondiale disposent aujourd’hui d’un accès à un système d’assainissement amélioré, un chiffre qui ne devrait augmenter que modérément, pour atteindre 67 % en 2015, bien loin des 75 % fixés par les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Cependant, même les populations ayant accès à des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement doivent souvent composer avec des prestations de services médiocres. Il est donc crucial d’améliorer la performance des sociétés de services publics d'alimentation en eau et d'assainissement dans le but d’assurer la continuité des prestations et de diminuer le niveau des fuites qui affectent à la fois la qualité et la quantité d’eau disponible pour les usagers, les recettes perçues par les compagnies et leur viabilité financière. Par ailleurs, afin que les services d’eau et d’assainissement restent abordables aux plus pauvres, il est indispensable de prendre en compte les considérations sociales et économiques au niveau de la conception, la planification et la mise en place des politiques et équipements. En outre, si l’on veut garantir la viabilité et l’universalité de l’accès aux services d’eau et d’assainissement, il est essentiel d’inclure, aux côtés des autorités et des prestataires de services, les usagers et les donateurs dans les concertations sur les politiques tarifaires et la planification financière.

Enfin, ces enjeux seront à l’avenir exacerbés par la concurrence grandissante autour des ressources en eau, due à la croissance des zones urbaines et des populations, aux changements d’affectation des terres, et à l’aggravation de la variabilité et du changement climatiques. Toutes ces questions sont au cœur de l’équation eau-énergie-alimentation.

Solution

La démarche adoptée par la Banque mondiale s’articule autour des axes suivants :

- Obtenir des résultats dans le domaine du développement. La grande diversité des solutions financières proposées par la Banque mondiale permet de s’adapter aux besoins et capacités spécifiques de chaque pays. Les prêts d’urgence accordés au sortir d’un conflit ou à la suite d’une catastrophe naturelle permettent, par exemple, d’aider les institutions d’un pays à réhabiliter des infrastructures essentielles et à répondre aux besoins de base. Dans d’autres circonstances, et dans le but ultime d’assurer au plus grand nombre l’accès à des services d’eau et d’assainissement durables, l’aide de la Banque mondiale se concentre sur les initiatives à long terme visant à renforcer les capacités institutionnelles, y compris au niveau décentralisé, et à promouvoir des services publics durables.

- Des solutions innovantes pour répondre à des situations complexes. Conjuguant savoirs et expérience opérationnelle à l’international, la Banque mondiale transpose les enseignements et les bonnes pratiques émergentes d’un pays ou d’une région à l’autre dans le monde. Avec l’appui du Programme de partenariat pour l’eau (WPP), elle a par exemple soutenu par des financements et un soutien technique l’approche novatrice de gestion intégrée de l’eau en milieu urbain et permis, au cours des trois dernières années, son application pilote dans sept villes d’Amérique latine. Cette approche, qui vient également d’être mise en œuvre en Azerbaïdjan et a été lancée à titre expérimental au Kenya, figurait au cœur du rapport phare de la Banque mondiale pour le secteur de l’eau en 2012.

- Services de conseil et d’analyse. La production et la transmission des connaissances tout comme les activités de soutien transversal permettent une meilleure compréhension de questions interdépendantes telles que la décentralisation, la participation des communautés ou du secteur privé ; cette démarche suscite également un regain d’intérêt pour les pays où la question de l’eau peut entraver la croissance. Parmi les priorités retenues figurent la promotion de solutions en faveur des plus démunis, l’intensification des interventions favorisant l’égalité des sexes, la viabilité des financements, tant à l’échelle des projets qu’au niveau sectoriel, et les effets du changement climatique. C’est dans cet esprit que le Programme pour l’eau et l’assainissement (WSP), un partenariat multidonateurs géré par la Banque mondiale, a lancé une initiative sur l’économie de l’assainissement qui aide 19 États d’Afrique subsaharienne et 9 pays d’Asie à évaluer les conséquences d’un mauvais réseau d’assainissement sur leur économie.

- Optimisation des investissements. La Banque mondiale contribue à l’amélioration des systèmes de suivi et d’évaluation des États afin d’accroître la transparence et la responsabilité des pouvoirs publics, et de leur permettre de rendre compte des résultats et progrès enregistrés. Concernant les prestataires de services, par exemple, l’initiative du Réseau international d’analyse comparative (IBNET) fournit des indicateurs de performance standardisés pour 2 600 compagnies d’eau et d’assainissement, couvrant ainsi plus d’un quart de la population urbaine mondiale dans plus de 100 pays. Au niveau des pouvoirs publics, des examens des dépenses publiques sont entrepris pour aider les pays clients de la Banque mondiale à évaluer l’efficacité de leurs dépenses dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, et hiérarchiser les options politiques entre les secteurs et au sein de chacun d’entre eux. La Banque mondiale a procédé à 15 examens de ce type en Afrique subsaharienne, qui ont mis en lumière l’insuffisance des capacités dans le secteur de l’eau et le caractère inachevé des réformes engagées, ouvrant ainsi la voie à des améliorations possibles lors d’activités futures.

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During periods of extreme water shortage, I have to walk to a nearby suburb two kilometers away to fetch water at KSh 50 [US60 cents] per 20-litre container Close Quotes

Isaac Ndirangu
Teenager in Kayole Soweto village outside Nairobi

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Bénin: "Maintenant nous avons de l'eau"

Résultats

Depuis 2002, grâce aux projets soutenus par la Banque mondiale, 145 millions de personnes bénéficient d’un meilleur accès à l’eau et 10 millions de personnes d’un meilleur accès à l’assainissement. Voici quelques exemples de résultats obtenus avec le soutien de l’IDA et de la BIRD :

  • Au Bénin, grâce à une série de crédits à l’appui de la réduction de la pauvreté (2006-2011), la cible des OMD relative à l’eau est en bonne voie. Dans le cadre du sixième crédit, les efforts de décentralisation ont été très profitables et ont amené de nombreuses administrations locales à trouver des formes de partenariat public-privé pour la gestion des systèmes d’eau dans les villages, assurant ainsi une plus grande efficacité dans la prestation des services et une meilleure appropriation locale. Le projet a permis de garantir un accès à l’eau potable à plus de 57 % de la population rurale en 2010, alors que la valeur de référence était de 44 % en 2006.
  • Au Viet Nam, le Projet d’assainissement environnemental d’Hô-Chi-Minh-Ville (2002-2012) a apporté de meilleures conditions d’assainissement à 1,2 million de personnes et réduit le risque d’inondation pour 400 000 autres. Dans cet environnement techniquement complexe et difficile, les enseignements tirés de ce projet servent également à d’autres bassins versants dans le pays et montrent la réussite d’une telle initiative de renforcement des capacités dans la gestion de l’eau en milieu urbain.
  • En Azerbaïdjan, un Projet d’investissement rural (2004-2012) a élargi l’accès à l’eau potable aux 150 000 habitants les moins bien desservis grâce à des réseaux d’approvisionnement gérés par 71 communautés. Trente d’entre elles ont réhabilité des systèmes d’irrigation, au profit de quelque 70 000 personnes. La productivité moyenne pondérée a ainsi augmenté de 46 % pour les pommes de terre, 40 % pour le maïs, 38 % pour le coton et 31 % pour le blé.
  • Au Népal, le second Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu rural (2004-2012) a élargi l’accès à l’eau potable à plus d’un million de personnes au moyen de quelque 1 400 systèmes opérationnels dotés de communautés d’exploitation et d’entretien, dont trois membres au moins sont des femmes. Là où il est appliqué, le projet a également contribué à réduire de plus de 80 % le taux de morbidité dû aux maladies diarrhéiques chez les jeunes enfants. Enfin, le principe de gestion des fonds promu par le projet dans le cadre d’une structure administrative communautaire a été intégré au système d’administration népalais.
  • Au Soudan du Sud, le Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement financé par un fonds fiduciaire multidonateurs géré par la Banque mondiale (2010-2012), est venu soutenir cet État fragile, nouvellement créé, afin de fournir des services de base à ses citoyens. Le projet a également démontré le rôle prépondérant de la Banque mondiale dans la coordination des partenaires, des Nations Unies, des donateurs, des autorités, et de la société civile afin d’obtenir des résultats dans un laps de temps très court et dans un contexte post-conflit. Quelque 402 500 bénéficiaires directs ont tiré profit d’installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement, notamment grâce à la construction et à la réhabilitation de 586 points d’eau, avec la mise en place d’un comité des eaux et un plan d’exploitation et d’entretien. Cette initiative a permis de former 4 340 membres du comité des eaux et d’établir neuf laboratoires chargés de la qualité de l’eau, ainsi qu’un établissement de formation en milieu rural, afin de contribuer au développement des capacités du secteur et de jeter les bases de la future gestion durable des ressources en eau et des infrastructures.
  • En Inde, un pays où interviennent à la fois l'IDA et la BIRD, le Projet d’amélioration du secteur de l’eau en milieu urbain dans l’État du Karnataka (2004-2011) a été fondateur en ce qu’il a permis de démontrer qu’il était possible d’assurer un service continu d’alimentation en eau dans les villes indiennes. Le projet a financé l’installation de canalisations qui assurent une distribution d’eau permanente dans cinq zones pilotes. Cette initiative, qui a profité directement à 230 000 personnes, a rapidement apporté une grande satisfaction aux usagers et a ainsi permis d’obtenir leur soutien. Fait exceptionnel en Inde, les recettes provenant de la facturation ont couvert et même dépassé les coûts d’exploitation et d’entretien et de la livraison d’eau en vrac.
  • Au Chili, un Projet d’infrastructure pour le développement territorial (2003-2011) a permis à 320 000 bénéficiaires, dans des zones rurales et éloignées, d’avoir accès à un approvisionnement en eau et à un système d’assainissement. Le projet a tenu compte des questions liées aux populations autochtones et aux inégalités hommes/femmes. La CONADI, structure publique chargée des populations autochtones, a exprimé sa satisfaction quant au processus de consultation, et 40 % des membres élus des comités des usagers de l’eau sont des femmes. Le projet a également contribué à l’élaboration d’un manuel très complet sur l’eau en milieu rural, désormais utilisé par les municipalités chiliennes et le ministère des Services publics pour sélectionner et mettre en œuvre des technologies appropriées à faible coût.
  • Dans le Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu rural en cours au Maroc (2006-2015), la BIRD soutient le programme du gouvernement pour accroître l’accès durable à un approvisionnement en eau potable dans les zones rurales, tout en veillant à l’amélioration de la gestion des eaux usées et des pratiques hygiéniques. Depuis 2012, 142 000 personnes dans les provinces rurales de Safi et El Jadida jouissent d’un approvisionnement en eau potable grâce à 830 bornes d’alimentation en eau. Plus de 90 % des villages apportent déjà une contribution financière au projet pour la production et le transport de l’eau, et un nombre croissant de ménages bénéficie désormais d’une eau de qualité satisfaisante dans les installations de stockage domestiques.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale est le plus grand bailleur de fonds extérieur pour les interventions relatives au secteur de l’eau. Le volume des financements de la BIRD et de l’IDA approuvés pour ce secteur ces cinq dernières années (2008-12) s’est établi au total à 17,5 milliards de dollars.

Les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement sont de la plus grande importance pour les pays bénéficiant du soutien de l’IDA. En effet, l’amélioration de l’accès à une eau potable de qualité, l’assainissement et l’hygiène sont des facteurs clés dans la réalisation des OMD qui concernent tant la santé que l’éducation, la sécurité alimentaire ou la préservation de l’environnement. L’engagement financier en faveur de ces pays s’est élevé à 6,3 milliards de dollars ces cinq dernières années, soit 36 % des opérations de la Banque mondiale pour les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, dont 50 % au bénéfice des populations d’Afrique subsaharienne et plus de 25 % à celles d’Asie du Sud.

Partenaires

La Banque mondiale contribue considérablement au dialogue international sur la question de l’eau et de l’assainissement ; elle est aussi largement reconnue pour sa capacité à lever des fonds. À l’échelle des pays, elle travaille avec ses clients, aux côtés d’autres donateurs et parties prenantes, pour veiller à ce que les initiatives répondent aux priorités de développement nationales et qu’elles soient menées par les gouvernements. En Tanzanie, par exemple, le Programme de développement du secteur de l’eau a adopté une approche sectorielle destinée à appuyer la stratégie de réduction de la pauvreté voulue par le gouvernement en améliorant la gouvernance du secteur et en élargissant l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. La détermination et l’engagement financier et institutionnel de la Tanzanie, conjugués à un investissement de l’IDA de 200 millions de dollars, ont permis de trouver des fonds auprès de plusieurs donateurs bilatéraux et de la Banque africaine de développement, pour un montant initial de 950 millions de dollars revu dernièrement à la hausse (1,3 milliards de dollars).

À l’échelle régionale et internationale, la Banque mondiale prend part à diverses initiatives qui visent à favoriser l‘échange de connaissances et d’expériences sur les enjeux liés à l’eau. Elle a notamment participé au sixième Forum mondial de l’eau en 2012, qui s’est en particulier penché sur les problématiques de l’accès à l’eau pour tous, des financements et des relations entre eau et croissance verte. Forte de son rayonnement international, la Banque mondiale a accueilli la réunion de haut niveau du partenariat mondial « Assainissement et eau pour tous » à Washington en avril 2012, plaidé en faveur d’une plus grande efficacité de l’aide et souligné l’urgence à s’attaquer à la question de l’assainissement.

La Banque mondiale noue en outre des collaborations avec divers États, donateurs et autres parties prenantes, dont notamment les agences des Nations Unies, afin de veiller à l’appropriation des projets par les pays clients et à identifier chez eux les points d’achoppement et les forces propices au progrès. Cette coopération prend la forme de plusieurs fonds fiduciaires multidonateurs et alliances, dont le Programme de partenariat pour l’eau (WPP), le Programme pour l’eau et l’assainissement (WSP), le Mécanisme de conseil à l’appui de la formation de partenariats public-privé dans le secteur des infrastructures (PPIAF), le Partenariat mondial pour l’aide axée sur les résultats (GPOBA).

Perspectives

La Banque mondiale s’emploie actuellement à définir une vision stratégique pour le secteur de l’eau qui inspirera la nature de ses prochains investissements et axes de recherche, afin que ses travaux sur l’eau mettent les pays clients dans les meilleures dispositions possibles pour préparer l’avenir. Au cœur de cette stratégie réside la volonté de travailler davantage de manière transversale, tant dans les investissements que dans les services de conseil et d’analyse, afin de veiller à ce que l’ensemble des projets concernés traitent les problématiques relatives à l’eau et à sa durabilité selon une approche globale.

L’eau est un élément clé pour la santé de l’homme et son habitat, pour l’alimentation, l’agriculture, l’énergie, l’industrie et l’environnement. Tous les investissements futurs dans le secteur de l’eau seront systématiquement envisagés sous l’angle de la viabilité financière et environnementale, de la lutte contre la pauvreté et les inégalités hommes/femmes et des risques climatiques. La Banque mondiale s’emploiera également à occuper une place plus active pour les questions d’importance mondiale, à l’exemple du travail qu’elle a effectué en faveur de l’approche de gestion intégrée de l’eau en milieu urbain ou de son engagement plus soutenu dans les secteurs de l’assainissement et des eaux usées.

Bénéficiaires

Situé à la périphérie de Nairobi, le village de Kayole Soweto abrite 90 000 habitants. Il fait partie de ces nombreuses zones précaires que compte la capitale du Kenya : deux tiers des quatre millions d’habitants de Nairobi vivent dans des bidonvilles. Comme d’autres quartiers pauvres de la mégapole, le réseau d’adduction souterrain ne dessert qu’une fraction du village. Dans la famille Ndirangu, qui compte quatre membres, la corvée d’eau incombe à l’aîné, Isaac, un lycéen âgé de 18 ans. « Lors de pénuries extrêmes, je dois me rendre à pied dans un quartier voisin, à deux kilomètres d’ici et acheter un jerrycan de 20 litres pour 50 shillings [60 cents][1] », explique-t-il. Début 2012, le gouvernement kenyan a reçu un crédit supplémentaire de 300 millions de dollars, alloué par l’IDA, afin d’élargir l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les mégapoles à développement rapide, comme Nairobi. Un programme de raccordements sociaux, mis en œuvre dans le cadre du Programme pour l’eau et l’assainissement (WSP), permet aujourd’hui à la famille d’Isaac de bénéficier durant toute l’année d’une eau potable à un tarif abordable, depuis une borne installée à quelques pas du domicile familial.

[1] https://www.wsp.org/node/2070