La Banque mondiale et la biodiversité

09 avril 2013

Depuis plusieurs décennies déjà, le Groupe de la Banque mondiale établit des liens entre l'environnement, le développement et la réduction de la pauvreté. La Banque a toujours soutenu la voie d'une croissance plus verte et plus solidaire afin de préserver la qualité de l'air, des aliments, de l'eau, de la terre et des océans pour les générations futures. La biodiversité peut être un moteur de croissance qui favorise la solidité des économies locales et la santé des populations. Depuis 1988, la Banque mondiale appuie des initiatives visant à préserver la biodiversité. Son portefeuille en la matière représente plus de 4 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter près de 4 milliards de dollars de cofinancements. Bien qu'une partie considérable de cet investissement ait été consacrée aux aires protégées, un intérêt croissant est porté à la prise en compte systématique de la biodiversité à l'échelle paysagère terrestre et marine.
25 millions

hectares de l'amazonie brésilienne sont sous protection stricte

Défi

Les pays en développement partenaires réalisent de plus en plus que les services fournis par la biodiversité et les écosystèmes peuvent être un moteur de croissance verte et solidaire et une composante importante de la solution aux nouveaux défis mondiaux, qu'il s'agisse du changement climatique ou de l'insécurité alimentaire. On retient également, au prix d'une expérience longue et souvent difficile, qu'une protection judicieuse de la nature est possible. La préservation de l'environnement peut également être abordable et rentable, mais aussi bénéfique pour les populations démunies, lorsqu'elle est pratiquée dans les règles. Pour ce faire, surtout dans un contexte marqué par la diminution des dépenses publiques consacrées à la préservation de la biodiversité, il faut de l'innovation, de la communication et des partenariats efficaces entre les gouvernements, les populations locales, les institutions financières, les entreprises et les organismes de protection de la nature.

Trois défis se sont dégagés de nos décennies d'investissement dans les services fournis par la biodiversité et les écosystèmes : la nécessité de mettre fin aux importantes fluctuations des financements à l'appui des projets, la nécessité de préserver les acquis là où des résultats ont été obtenus, et la nécessité d'aligner les flux d'investissement sur les priorités nationales.

Solution

La Stratégie environnementale du Groupe de la Banque mondiale pour la période 2012-2022 (a) vise un « développement vert » réalisé notamment en mettant à contribution la biodiversité pour réduire la vulnérabilité et la pauvreté à la limite des terres rurales. La Banque travaille dans ce sens en mettant un accent renouvelé sur la création des conditions propices à un succès durable et soutenu, grâce aux actions suivantes :

  • Promotion d'une comptabilité du revenu national plus verte : Un partenariat mondial pour la comptabilisation de la richesse naturelle et l'évaluation des services écosystémiques, WAVES, intensifie son appui aux pays afin qu'ils prennent en compte le patrimoine naturel dans les arbitrages économiques. Le patrimoine naturel doit résolument figurer dans l'agenda des ministres des Finances et faire l'objet de rapports dans les réunions de conseils d'administration. Des partenariats public-privé solides qui investissent dans la richesse naturelle sur le long terme sont nécessaires.
  • Établissement de partenariats pour assurer le succès des interventions : La Banque transcende les secteurs et les accords multilatéraux pour faciliter la prise de décisions éclairées sur l'utilisation des ressources naturelles. Faisant office de catalyseur, elle rapproche un large éventail de parties intéressées par la préservation de la biodiversité, à savoir gouvernements, groupes scientifiques, entreprises, organisations non gouvernementales, organismes chargés de faire respecter les lois, et autres organisations internationales. S'agissant par exemple des océans et des habitats côtiers critiques, la Banque a mis sur pied le Partenariat mondial pour les océans, qui aidera les acteurs concernés à passer à l'échelle et à la vitesse requises pour rétablir la santé des océans de la planète.
  • Mobilisation de ressources : La Banque a adopté une démarche de partenariat afin de définir les règles du jeu pour des arbitrages efficaces au plan des coûts et des résultats pouvant permettre de mobiliser des ressources qui en retour sont reliées aux stratégies nationales, tout en réduisant les coûts de préservation de l'environnement. La Norme de performance n° 6 de la Société financière internationale (IFC) est un outil qui a été conçu en collaboration avec le secteur privé et les partenaires de la société civile et qui influe déjà sur la manière dont la biodiversité est prise en compte dans les flux financiers internationaux.
  • Renforcement de l'application des lois : La Banque travaille avec les pays au renforcement de leur capacité à faire appliquer les lois afin que les bénéfices découlant des investissements dans la préservation de l'environnement ne finissent pas dans le crime organisé ou dans les mains d'une minorité au détriment de la majorité. Au bout du compte, c'est le coût de la protection de l'environnement qui s'en trouve réduit.

Résultats

Certains des résultats obtenus avec l'aide de la Banque mondiale, notamment les financements de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ou de l'Association internationale de développement (IDA), ou encore les fonds fiduciaires administrés par la Banque mondiale, sont les suivants :

  • Création et extension de réseaux d'aires protégées. La première phase du Programme régional de création de zones protégées en Amazonie (ARPA) au Brésil a permis de doubler la superficie de l'Amazonie brésilienne placée sous protection stricte — de 12 millions d'hectares au lancement du projet à environ 25 millions d'hectares à son achèvement en 2008. Dix millions d'hectares supplémentaires ont été réservés dans des zones soumises à une utilisation durable afin de préserver la biodiversité et fournir des moyens de subsistance améliorés aux habitants traditionnels des forêts. La Banque mondiale prête maintenant son concours à une deuxième phase à l'ambition tout aussi noble. Le Libéria abrite la plus grande partie (43 %) de la forêt tropicale humide de la région de Haute Guinée, une zone de biodiversité sensible reconnue, considérée comme une priorité mondiale en matière de préservation de l'environnement. Les forêts du Libéria regorgent d'une biodiversité importante, dont 240 essences, 2 000 espèces de plantes à fleurs, 125 espèces de mammifères et 590 espèces d'oiseaux, 74 espèces de reptiles et d'amphibiens et plus de 1 000 espèces d'insectes. Ici, la Banque a appuyé une série de projets visant à élargir le réseau national d'aires protégées, qui ont débouché, entre autres réalisations, sur le classement de la première réserve à usages multiples du pays dans la zone du lac Piso. Au Gabon, en 2002, le gouvernement a créé un réseau de 13 parcs nationaux couvrant une superficie de 2,8 millions d'hectares, soit quelque 10,6 % du territoire national. Un comité interministériel a été mis sur pied pour assurer la gestion efficace du réseau, et l'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) a été créée. La Banque mondiale, grâce à un financement de 10 millions de dollars du FEM, a aidé à renforcer l'ANPN à travers le Projet de renforcement des capacités de gestion des parcs nationaux. Après cinq ans, l'ANPN avait mis en place une équipe solide et des systèmes de gestion robustes. Le projet a également stimulé de nouvelles formes de partenariats avec des organisations non gouvernementales (ONG), avec une répartition plus claire des rôles et des responsabilités.
  • Participation des populations locales à la cogestion. Depuis longtemps, la Banque soutient la participation des populations locales à son portefeuille de projets de préservation de l'environnement. Dans le cadre du Projet de gestion des aires protégées du Pakistan, les investissements de la Banque ont permis de créer des comités de cogestion de plusieurs des parcs du pays. Le Projet témoin de location de terres pour la protection de la faune sauvage au Kenya a réussi à aider à assurer la viabilité écologique du Parc national de Nairobi en permettant à la faune d'utiliser les zones adjacentes au parc. Au total, 388 ménages disposant de quelque 22 000 hectares de terres ont souscrit au projet. Ces familles reçoivent une rente pour ne pas clôturer leurs terres afin de permettre à la faune de s'y mouvoir. Les familles utilisent environ 80 % des revenus locatifs pour s'acquitter des frais de scolarité et consacrent les sommes restantes à la santé des personnes et de leur bétail. Le gouvernement a entrepris de négocier avec la communauté Maasai locale le découpage d'une parcelle de 1 200 hectares adjacente au parc qui serait destinée en permanence au bétail et à la faune. La population faunique a augmenté considérablement au cours des quatre ans de durée de vie du projet.
  • Promotion de la gestion durable des paysages terrestres et marins : Le Projet de préservation de l'agrobiodiversité du Yémen encourage la préservation de la biodiversité dans les exploitations agricoles et promeut les variétés de semences locales cruciales pour améliorer la sécurité alimentaire. Entre 2008 et 2010, ce projet a permis de recueillir 1 775 variétés de l'agrobiodiversité, parmi lesquelles les agriculteurs et les chercheurs locaux ont identifié 31 variétés de semences prioritaires qui ont été soumises à un processus de purification et d'amélioration afin de mieux les adapter au climat local. Les résultats préliminaires obtenus sur le terrain à l'issue du premier cycle d'amélioration indiquent déjà une augmentation du rendement qui varie de 25 à 32 %. Le littoral de la Namibie s'étend sur quelque 1 570 kilomètres. L'océan affiche l'un des taux de production primaire les plus élevés au monde. On y retrouve facilement des espèces endémiques de dauphin, des baleines franches australes qui s'y reproduisent, des tortues de mer qui butinent et de nombreuses espèces d'oiseaux menacées dans le monde. Conscient de la valeur que les ressources naturelles côtières représentent pour le développement économique, le Gouvernement namibien a reçu, en 2005, une aide financière du FEM et de la Banque d'un montant de 4,9 millions de dollars pour l'établissement d'une plateforme solide de gouvernance de l'ensemble du paysage terrestre et marin côtier et pour l'élaboration d'une politique nationale de gestion des zones côtières. Cette politique a été approuvée par le Conseil des ministres le 13 septembre 2012.

Encadré sur les résultats de l'IDA

Quelques-uns des résultats marquants obtenus dans le cadre des projets financés par l'IDA sont les suivants :

  • Zambie. Le parc national de Kafue est l'un des plus grands parcs nationaux au monde. Il couvre une superficie d'environ 2,3 millions d'hectares, auxquels il faudrait ajouter 4,2 millions d'hectares d'aires avoisinantes destinées à la gestion de la faune. Sa proximité avec les chutes Victoria lui permet de bénéficier d'une part importante du marché touristique. Toutefois, à la fin des années 90, la faune s'est considérablement appauvrie et les infrastructures se sont dégradées. Le personnel de l'organisme chargé de gérer le parc, la Zambian Wildlife Authority (ZAWA), était insuffisamment formé, travaillait dans des conditions peu recommandables et disposait de moyens de transport et d'équipement inadéquats. Conscient de la relation entre le tourisme de nature et le développement, le Gouvernement zambien a sollicité l'aide de l'IDA, du FEM et de la Norvège afin d'inverser la tendance à l'appauvrissement de la biodiversité dans le parc de Kafue et ses environs et de diversifier les sources de croissance de la Zambie. Entre 2004 et 2011, le Projet d'appui à la croissance et la diversification économiques a permis d'accroître ou de stabiliser le nombre de grands mammifères. Le personnel est maintenant logé convenablement, la plus grande partie du parc est accessible tout au long de l'année et fait l'objet de patrouilles régulières. Les investisseurs ont réagi à l'amélioration de la gestion du parc en augmentant le nombre de places d'hébergement par un facteur de 3,5 et le nombre de visites de 4 600 en 2004 à 7 300 en 2010. Les recettes générées par le parc ont décuplé durant cette période, et le produit du safari pratiqué dans les aires de gestion de la faune environnantes, dont la moitié est versée aux populations riveraines, a augmenté, passant de 756 000 dollars à 1,3 million de dollars. Dans l'ensemble, la ZAWA a retenu 1,5 million de dollars des recettes générées par l'ensemble du parc de Kafue en 2011.
  • Burkina Faso. Le Projet de gestion intégrée des écosystèmes des plaines et des bas-fonds du Sahel (SILEM), axé sur les basses terres dans certains sous-bassins versants au Burkina Faso, visait à démontrer comment les populations locales peuvent améliorer la capacité de production des ressources rurales grâce à la préservation durable de la diversité biologique et agricole, ainsi qu'à la réhabilitation des ressources en terres et en eau dans les bassins versants cibles. Le SILEM a permis d'introduire une dimension paysagère et le concept de gestion intégrée des écosystèmes au Burkina Faso. Le projet a lancé l'idée de la biodiversité dans les zones d'activité économique et a aidé les populations locales à établir des moyens de subsistance importants qui ont également des effets positifs pour l'environnement mondial, notamment une forêt naturelle de 7 500 hectares destinée à la conservation.
  • Guinée-Bissau. Le Projet de gestion des zones côtières et de la biodiversité, achevé en mars 2011, a permis de financer le renforcement du cadre institutionnel et des capacités de gestion de la biodiversité et des aires protégées à travers la création d'une entité semi-autonome sur le plan financier et administratif, à savoir l'Institut pour la biodiversité et les aires protégées (IBAP), chargé de gérer le réseau d'aires protégées et les espèces menacées d'extinction dans le pays. Le projet a permis de protéger 480 000 hectares de zone côtière (13 % du territoire), en collaboration avec les populations locales. Ces aires protégées sont considérées comme un patrimoine national et ont vocation à constituer l'épine dorsale d'une industrie touristique future. Dans quatre des cinq aires protégées créées, l'efficacité de la gestion du parc a augmenté d'au moins 15 % entre 2005 et 2010, selon les mesures de l'outil de suivi de l'efficacité de la gestion des aires protégées du FEM.

Contribution du Groupe de la Banque

Depuis 1988, la Banque mondiale apporte des financements cruciaux à l'appui d'initiatives prises dans le domaine de la biodiversité. Son portefeuille en la matière représente plus de 4 milliards de dollars d'investissements financés par la BIRD, l'IDA et des fonds fiduciaires. Sur ce montant, 1,6 milliard de dollars provenaient du FEM, près de 1,1 milliard de dollars de la BIRD et 1,3 milliard de dollars de l'IDA. Un montant supplémentaire de 4 milliards de dollars a été mobilisé à travers des cofinancements.

Les projets de la Banque mondiale soutiennent directement la préservation et l'utilisation durable de la biodiversité dans divers habitats naturels, y compris les récifs coralliens, les montagnes, les forêts tropicales sempervirentes et les forêts de mousson, les savanes, les prairies, les terres arides à caractère unique, le calcaire et les écosystèmes marins et d'eau douce. Un bon nombre de ces projets sont menés dans des centres dont l'importance mondiale pour la biodiversité est reconnue : points chauds de méga-diversité, dernières zones sauvages, les 200 écorégions mondiales décrites par le Fonds mondial pour la nature (WWF), et les zones désignées comme zones d'oiseaux endémiques et zones importantes pour la conservation des oiseaux. En favorisant les investissements dans ces zones, la Banque mondiale aide les pays clients à atteindre les objectifs d'Aichi 2015-2020, fixés en vertu de la Convention sur la diversité biologique, et à se prémunir contre les effets du changement climatique.

Partenaires

Les partenariats mondiaux et régionaux jouent un rôle important dans la promotion de la préservation de la biodiversité. Certains des partenariats cruciaux sont mentionnés ci-après :

  • Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) réunit les Gouvernements français et japonnais, la Fondation MacArthur, la Commission européenne et Conservation International. Il a accordé des aides financières à plus de 1 600 organisations de la société civile en vue de réduire les risques qui pèsent sur 21 zones de biodiversité sensibles gravement menacées de disparition.
  • La Global Tiger Initiative lancée en 2008 a contribué à renforcer l'adhésion des 13 pays abritant le tigre à la protection des populations de cette espèce menacée d'extinction.
  • Le programme Save our Species cherche à associer le secteur privé au financement de la protection des espèces menacées et, à ce jour, il a aidé à protéger 75 espèces dans 34 pays.
  • Le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages est un effort concerté mené par cinq organisations intergouvernementales en vue d'apporter un appui coordonné aux organismes et réseaux sous-régionaux chargés de faire appliquer les lois nationales relatives à la protection de la faune.

Perspectives

La stratégie environnementale du Groupe de la Banque mondiale offre l'occasion de promouvoir des approches créatives pour protéger la biodiversité pour un avenir durable, grâce aux interventions suivantes :

  • Collaboration avec le secteur public pour tirer parti des avantages économiques de la préservation de l'environnement, grâce à la comptabilisation du patrimoine naturel, et pour faire de la protection de la nature un moteur de la croissance verte et solidaire.
  • Appui au secteur privé pour l'intégrer à la solution et faire en sorte que la protection de la nature occupe une meilleure place dans les réunions de conseils d'administration des acteurs du secteur privé à mesure que ceux-ci reconnaissent la valeur que la nature apporte à leur bilan.
  • Collaboration avec la société civile afin d'aider les gouvernements à gérer leurs richesses naturelles tout en assurant la transparence et en leur demandant des comptes.
  • Conception de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources et de réduction des coûts de la préservation de l'environnement en mettant à l'échelle des instruments financiers tels que les obligations vertes, les services bancaires pour la préservation de l'environnement, et la réforme des subventions.

Bénéficiaires

Le succès au-delà des frontières : Avec l'appui d'un financement du CEPF, un consortium d'investisseurs des États-Unis et la République dominicaine représentant le secteur privé, le secteur public et le secteur des organismes sans but lucratif ont uni leurs forces pour mettre sur pied un partenariat commercial durable destiné à protéger la biodiversité et l'habitat des oiseaux migrateurs, notamment la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli), dans la cordillère septentrionale de la République dominicaine. La nouvelle réserve, Reserva Privada Zorzal, ajoute 404 hectares au système d'aires protégées du pays aux environs des réserves scientifiques de Loma Guaconejo et Loma Quita Espuela. Ce faisant, elle protègera un paysage vulnérable qui constitue un joyau biologique et une source cruciale d'eau douce pour les populations locales et les entreprises de la région.

Un aspect novateur du projet tient au fait que les investisseurs de la réserve privée représentent les deux extrémités du couloir de migration de l'espèce phare visée par le projet, reliant ainsi deux sites pour protéger un oiseau. La Fondation Eddy de New York, où l'espèce se reproduit, et la famille Moreno en République dominicaine, qui abrite son habitat d'hivernage, font partie des partenaires participant à la préservation de ce site crucial. " Le fait que nous transcendions les différences culturelles et géographiques pour nous unir et investir dans l'habitat crucial d'une espèce que nous considérons tous comme étant " la nôtre " est nouveau et passionnant ", a déclaré Jamie Phillips, président de la Fondation Eddy.