Relever le défi : la Banque mondiale face au VIH/SIDA

03 avril 2013


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La Banque mondiale a joué un rôle de chef de file mondial dans le financement de la lutte contre le VIH/sida dès le début de la crise et lui a consacré, depuis 1989, 4,6 milliards de dollars. À travers l’Association internationale de développement (IDA) notamment, la Banque a financé 1 500 centres de conseil et de dépistage, qui ont permis à pratiquement 7 millions de personnes de se faire dépister. Elle a financé plus de 65 000 initiatives axées sur la société civile en Afrique subsaharienne ; elle a aussi permis d’informer et sensibiliser 173 millions de personnes et, grâce à 38 000 initiatives locales, d’atténuer l’impact de la maladie sur 1,8 million d’enfants et 500 000 adultes.

DÉFI

La plupart des 34 millions de personnes atteintes du VIH/sida dans le monde vivent dans des pays en développement. En 2011, le VIH a infecté 2,5 millions d’individus supplémentaires et causé 1,5 million de décès – soit 24 % de morts en moins qu’en 2005. L’Afrique subsaharienne concentre 68 % des nouveaux cas et pratiquement la moitié des décès provoqués par le sida dans le monde en 2010 sont survenus en Afrique australe. Même dans les régions où la prévalence du VIH est faible, le sida peut constituer un grave fardeau : il est la première cause de décès prématurés en Thaïlande et en Chine. Si, à l’échelle mondiale, plus de 8 millions d’individus bénéficient de traitements, 7 millions en sont toujours privés. De surcroît, pour une personne soignée, on compte deux nouveaux cas d’infection. Aussi, sans une prévention efficace, le nombre d’individus ayant besoin d’un traitement atteindra des proportions insoutenables.

Malgré la hausse des financements durant la dernière décennie (l’aide internationale étant passée de 1,6 milliard de dollars en 2001 à 16,8 milliards en 2011), le déficit de financement persiste et, pour l’essentiel, les moyens mis à disposition sont destinés aux traitements. Alors que les nouveaux cas d’infection progressent, les budgets de prévention des pays et des donateurs ne suivent pas. Près de 90 % des dépenses de lutte contre le sida sont couverts par des organismes internationaux ; les financements sont menacés par les contraintes budgétaires des donateurs et des gouvernements nationaux, les pertes de revenus des ménages et l’aggravation de l’insécurité alimentaire.

SOLUTION

La démarche de la Banque mondiale s’est adaptée à l’évolution du VIH/sida. Dans la mesure du possible, la Banque participe à la mise en commun de fonds au sein du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et travaille avec les partenaires qui y sont associés pour favoriser des réponses plus efficaces à l’échelon régional et nationale, conformément à l’objectif de l’ONUSIDA : « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès ». La Banque répond aux besoins des pays à travers ses stratégies d’aide-pays qui tiennent compte des financements d’autres partenaires et gouvernements en faveur d’une prévention efficace des nouvelles infections, de la prise en charge et des traitements. Elle assure un financement durable pour les programmes de lutte contre la pandémie et aide les pays à « faire mieux à moindre coût » en renforçant l’efficience, l’efficacité et la pérennité des stratégies nationales.

La Banque appuie en particulier les travaux analytiques dans six domaines connexes : (i) répartition optimale des allocations ; (ii) efficience programmatique/technique ; (iii) études sur l’efficacité ; (iv) analyses des financements et de la pérennité ; (v) planification stratégique nationale ; et (vi) financement (dons et prêts). Elle intervient également dans des secteurs clés comme l’éducation, les transports, l’énergie et les infrastructures, afin de combler les lacunes en matière de prévention, prise en charge, traitement et atténuation des effets de la maladie. À travers la diffusion d’informations et le renforcement des systèmes de santé, qu’elle finance, la Banque soutient les pays. Pour l’exercice 2011, l’enveloppe allouée à la santé (y compris pour la lutte contre le VIH, le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies) s’est élevée à 3 milliards de dollars, ce qui porte le total à 24 milliards de dollars depuis 2000.


« Ce programme a permis une montée en puissance impressionnante des interventions de prévention et, partant, une réduction globale des nouvelles infections et des décès liés au sida en Inde. »

Sayan Chatterjee

Secrétaire et directeur général de l’Organisation nationale de lutte contre le sida


RÉSULTATS

Dans leur conception et leur mise en œuvre, les opérations liées au sida financées par l’IDA et la BIRD cherchent en particulier à atteindre le 6e objectif du Millénaire pour le développement. L’IDA a financé 1 500 centres de conseil et de dépistage qui ont permis à pratiquement 7 millions de personnes de se faire dépister. Elle a financé plus de 65 000 initiatives axées sur la société civile en Afrique subsaharienne et aidé à diminuer les comportements à risque chez les hommes et les femmes âgés de 15 à 24 ans. L’IDA a aussi permis d’informer et sensibiliser 173 millions de personnes sur le VIH/sida et, grâce à 38 000 initiatives locales, d’atténuer l’impact de la maladie sur 1,8 million d’enfants et 500 000 adultes. L’IDA a été la première source de financement pour la lutte contre le VIH/sida en Afrique subsaharienne, dans les Caraïbes et en Inde, et continue de fournir des financements flexibles et à long terme qui sont aussi les plus prévisibles. Son Programme plurinational de lutte contre le sida a contribué à augmenter les ressources totales destinées à combattre le VIH dans les pays en développement (dont les dépenses internes publiques et privées) de 300 millions de dollars en 1996 à 14 milliards de dollars en 2008.

RÉSULTATS DE L’IDA

  • Programme plurinational de lutte contre le sida : depuis 2000, la Banque mondiale a engagé 2 milliards de dollars en faveur de l’Afrique (pour 33 pays et quatre projets régionaux transfrontaliers) dans le but de donner plus d’envergure aux efforts nationaux de lutte contre le sida. L’IDA a financé plus de 65 000 initiatives axées sur la société civile ; acheté et/ou 1.3 billion male condoms and delivered 4 million female condoms for the prevention of HIV, sexually transmitted diseases, and unwanted pregnancies; allowed 194 millions  pregnant women to receive antenatal care; and delivered antiretroviral therapies to almost 2 million adults and children with HIV, and treatment for HIV-related infections for nearly 300,000 more.  femmes enceintes ; et proposé des thérapies antirétrovirales à quelque 2 millions d’adultes et d’enfants séropositifs, assurant parallèlement le traitement de maladies opportunistes pour pratiquement 300 000 personnes supplémentaires. Parmi les autres résultats obtenus en Afrique subsaharienne, la fourniture à plus de 1,5 million de femmes de services de prévention de la transmission du virus entre la mère et l’enfant ; la création de 1 500 centres de conseil et de dépistage volontaires (où 7 millions de personnes ont pu se faire dépister) ; la formation d’au moins 500 000 personnes pour renforcer les services dispensés ; l’information et la sensibilisation de plus de 173 millions de personnes ; des campagnes d’information sur le lieu de travail, doublées de dépistage, conseils et programmes de soins pour 2,3 millions d’employés ; la fourniture d’une aide financière et de conseils à 40 100 organisations dans 36 pays ; et l’atténuation des effets de la maladie pour plus de 500 000 d’adultes et 1,8 million d’enfants, grâce à des programmes d’éducation, de nutrition et d’activités rémunératrices assurés à travers 38 000 initiatives locales.
  • Le corridor Abidjan-Lagos : la Banque mondiale a soutenu l’Initiative du corridor Abidjan-Lagos contre le VIH, qui couvre l’axe de transport le plus long d’Afrique, avec pour résultats une baisse de 22 % des infections sexuellement transmissibles, une progression de 30 % des connaissances en matière de prévention, sous-tendue par la multiplication par 20 de la distribution de préservatifs, et un recul marqué des comportements à risque.
  • Djibouti : le soutien de la Banque mondiale au programme national de lutte contre le VIH/sida a ramené la séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes âgées de 15 à 24 ans de 2,9 % en 2002 à 2 % en 2009. Plus de 2 000 personnes infectées ont fait les démarches pour bénéficier d’une prise en charge et 1 541 ont déjà reçu un traitement antirétroviral.
  • Inde : la Banque a soutenu la création d’un programme national d’une durée de 20 ans (1995-2015), afin d’éviter 3 millions de nouvelles infections – soit une réduction de 60 % des cas (d’environ 5,5 millions à 2,5 millions). Les ressources mises à disposition par l’IDA (plus de 640 millions de dollars) ont permis d’installer le cadre institutionnel de la riposte du pays au sida, à l’échelle nationale et des États, qui comprend notamment un dispositif de surveillance rigoureux. Par le biais d’un cofinancement avec le gouvernement indien et d’autres partenaires, la Banque a aussi soutenu plus de 1 300 interventions ciblées sur les personnes les plus à risque, touchant ainsi plus de 70 % de prostituées femmes, incitées à utiliser des préservatifs. Cela a permis de contenir la prévalence du VIH au sein de la population générale. « Ce programme a permis une montée en puissance impressionnante des interventions de prévention et, partant, une réduction globale des nouvelles infections et des décès liés au sida en Inde », souligne Sayan Chatterjee, secrétaire et directeur général de l’Organisation nationale de lutte contre le sida« Avec l’élargissement de la couverture des traitements, ce programme doit s’assurer que les besoins sont pleinement satisfaits sans sacrifier pour autant la prévention ».
  • Rwanda : l’organisation de services incitatifs et intégrés soutenue par la Banque mondiale a entraîné une hausse de 76 % du recours aux services de santé.
  • Viet Nam : depuis 2006, l’IDA et le ministère britannique du développement international (DFID) militent pour des comportements plus sûrs en matière d’injection de drogues et de rapports sexuels afin d’endiguer la transmission du VIH parmi les populations vulnérables dans 32 provinces du pays. Pour la seule année 2010, les services provinciaux ont sensibilisé 56 459 toxicomanes par injection (70 % du total des 32 provinces) pour leur apprendre à réduire les risques et 44 386 prostituées femmes (75 % du total) pour les inciter à se servir de préservatifs.

Résultats de la BIRD

  • Botswana : grâce à l’aide de la BIRD, le pays a pu accroître la couverture, l’efficacité et la pérennité des interventions ciblées contre le VIH/sida et est parvenu à développer l’accès aux traitements de moins de 5 % en 2000 à plus de 80 % en 2009 (dont une couverture de 95 % pour les femmes enceintes séropositives) — un taux qu’il a maintenu depuis. Le nombre de nouveaux cas a reculé de plus des deux tiers depuis la fin des années 1990 : aujourd’hui, le taux serait de 30 à 50 % inférieur au niveau prévisible sans thérapies antirétrovirales. Le nombre estimé de décès liés au sida a diminué de plus de la moitié (de 15 500 en 2003 à 7 400 en 2007), sachant que le nombre annuel de nouvelles infections chez les enfants a été divisé par plus de 5 (de 4 600 en 1999 à 890 en 2007).
  • Jamaïque : la Banque a réalisé récemment une étude sur la viabilité financière de la stratégie nationale de lutte contre le sida, recommandant au gouvernement d’axer son action sur trois axes prioritaires : i) concevoir un plan viable à long terme, avec plusieurs options de financement et définissant le rôle des différentes agences locales (ainsi que celui des donateurs) ; ii) évaluer l’efficacité de la stratégie nationale de lutte contre le sida, en tenant non seulement compte des conséquences immédiates pour la santé mais aussi des répercussions épidémiologiques et financières d’interventions alternatives ; et iii) privilégier les efforts de prévention ciblés, notamment sur les populations les plus à risque puisqu’une prévention efficace immédiate permettra de réduire, à terme, les dépenses consacrées aux traitements.

Résultats combinés de l’IDA et de la BIRD

  • Caraïbes : la région a accompli des progrès significatifs pour élargir l’accès aux traitements antirétroviraux. La proportion d’habitants nécessitant des soins et bénéficiant de thérapies adaptées est passée de 10 % en 2004 à 51 % en décembre 2008 – un taux supérieur à la moyenne mondiale de 41 % pour les pays à revenu faible et intermédiaire. De la Barbade à Trinité-et-Tobago, en passant par la République dominicaine, la Grenade, le Guyana, la Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie ou encore Saint-Vincent-et-les-Grenadines, quelque 21 276 personnes séropositives bénéficient d’un traitement antirétroviral. À la Jamaïque, le développement des services de prévention contre la transmission du VIH entre la mère et l’enfant a ramené le taux de transmission verticale de 10 % en 2006 à moins de 5 % en 2010. Depuis quatre ans à la Barbade, aucun enfant né d’une mère séropositive n’est infecté.


Autres résultats

En partenariat avec différentes organisations, la Banque mondiale a conduit trois études distinctes dans le cadre d’une enquête en trois volets sur les grandes populations à risque (professionnels du sexe, usagers de drogue par injection et hommes ayant des rapports homosexuels) dans les pays à revenu faible et intermédiaire :

  • Partenariat avec l’ONUSIDA, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : consacrée au sida chez les hommes ayant des rapports homosexuels, l’étude The Global HIV Epidemics Among Men Who Have Sex with Men (MSM) : Epidemiology, Prevention, Access to Care, and Human Rights, s’articule en quatre parties : évaluation du coût global de l’inaction face au VIH au sein de ces populations, examen critique des données épidémiologiques sur la transmission du virus, analyse approfondie des éléments attestant de l’efficacité de telle ou telle intervention et de ses coûts, et modélisation des coûts et de l’impact de la prise en compte des besoins de ces populations dans plusieurs contextes épidémiques. Conclusion, la prise en charge de ces populations a un impact significatif sur l’épidémie de VIH dans un pays donné – même dans les contextes où, comme en Afrique subsaharienne, celle-ci est généralisée.

○ Partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’École de santé publique Bloomberg de l’université Johns Hopkins : consacrée aux professionnels du sexe et intitulée The Global HIV Epidemics Among Sex Workers: Epidemiology, Prevention, Access to Care, and Human Rights, cette étude fait le constat de l’efficacité et de la rentabilité d’une démarche de responsabilisation des communautés pour la prévention, le traitement et la prise en charge, tablant sur un impact significatif en matière de prévalence du VIH dans ces populations et de transmission en dehors de ce milieu. Elle souligne l’importance d’une démarche de défense des droits et d’autonomisation pour mettre en place des services de prise en charge globale du VIH et lutter contre l’opprobre, la discrimination et la violence à l’encontre des prostitués de métier.

○ Partenariat avec Futures Group et l’École de santé publique Bloomberg de l’université Johns Hopkins : consacrée aux toxicomanes par injection, l’étude The Global HIV Epidemics Among People who Inject Drugs: Epidemiology, Prevention, Access to Care, and Human Rights affirme que le poursuite des programmes d’échange d’aiguilles et de seringues ciblés sur les toxicomanes qui s’injectent leur drogue, une thérapie médicalement assistée et des services de conseil et de dépistage du sida – parallèlement à l’amélioration de l’accès aux thérapies antirétrovirales – pourraient éviter des milliers d’infections sur la période considérée (2012-2015), chiffrées à 1 300 au Kenya et 4 130 au Pakistan, contre 1 570 en Thaïlande et 3 900 en Ukraine. Ces interventions sont un investissement rentable, voire très rentable, à tous les niveaux de la riposte contre la pandémie.

  • Argentine, El Salvador, Équateur, Guatemala, Panama et Paraguay : à la suite d’une étude de la Banque mondiale, plusieurs gouvernements ont réalloué en 2010 leurs budgets en faveur d’activités de prévention mieux ciblées – une décision clé pour le déploiement durable de programmes à plus grande échelle. Les moyens destinés aux populations courant les plus grands risques ont été multipliés par 9 par rapport à 2008. Ainsi, l’allocation aux hommes ayant des rapports homosexuels a atteint un total de 27 millions de dollars en 2010, contre 1,1 million en 2008. Les projets visant les professionnels du sexe ont eux aussi bénéficié de cette augmentation, de 1,8 million de dollars dépensés en 2008 à 10 millions de dollars alloués en 2010. Et les campagnes visant les prisonniers et les toxicomanes par injection ont vu leurs budgets augmenter considérablement.
  • Afrique du Sud, Burkina Faso, Inde, Kenya, Lesotho, Nigeria, Sénégal et Zimbabwe : en partenariat avec le DFID, le Consortium britannique d’ONG sur le sida et le développement international et d’autres partenaires, la Banque mondiale a mené à bien une évaluation de trois ans (Investing in Communities Achieves Results) pour mieux cerner l’impact de la riposte communautaire sur le VIH et le sida dans huit pays. Conclusion, les investissements ont produit des résultats à l’échelon local qui contribuent aux progrès visés par la stratégie mondiale de lutte contre le sida. Parce qu’elles informent les populations sur le VIH, réduisent l’opprobre et généralisent l’utilisation du préservatif, favorisent le dépistage, assurent le respect du protocole de soins et suscitent le recours aux différents services, les interventions locales spécifiques contribuent à endiguer l’épidémie. C’est ce que prouvent des études d’évaluation. Elles montrent aussi que des actions initiées par la communauté viennent utilement compléter les programmes nationaux, en prodiguant des services aux ruraux et aux groupes à risque qui, sinon, n’y auraient pas accès. Enfin, elles démontrent l’aptitude des organisations locales à faire beaucoup avec peu de moyens : la plupart fonctionnent avec des budgets annuels compris entre 15 000 et 25 000 dollars. La Banque a profité de l’aide du DFID pour mobiliser 30 % de fonds additionnels en faveur de ce travail d’évaluation et renforcer la collaboration interne. D’autres partenaires internationaux ont soutenu ce travail, dont la Fondation Bill & Melinda Gates, l’USAID, le Plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida (PEPFAR), le Fonds mondial et l’ONUSIDA. Le nouveau cadre d’investissement de l’ONUSIDA, dévoilé en juillet 2011, fait de la mobilisation des communautés la pierre angulaire des programmes concernant le VIH – une priorité mondiale à laquelle cette évaluation fournit de précieuses données. Enfin, l’implication de la société civile, dans ces huit pays comme à l’échelle mondiale à travers le Consortium britannique d’ONG sur le sida et le développement international, souligne la place de ces acteurs dans le processus d’évaluation et l’engagement de la Banque mondiale à travailler concrètement avec eux.
  • Asie de l’Est et Pacifique : la Banque a fourni une assistance technique à ces pays pour s’assurer que les moyens disponibles pour la lutte contre le sida visent en priorité les interventions efficaces. Depuis 2010, elle a assuré des formations sur les analyses coûts-efficacité et des ateliers sur la gestion par résultats en Chine, en Indonésie et en Thaïlande, qui ont formé plus de 70 fonctionnaires à l’application d’instruments économiques pour améliorer la planification stratégique de la lutte nationale et infranationale contre le VIH/sida.
  • Afrique du Sud, Kenya, Lesotho, Mozambique, Ouganda, Swaziland et Zambie : les recherches analytiques de la Banque mondiale sur les facteurs de transmission du VIH et ses évaluations d’impact visant à rassembler des éléments sur ce qui fonctionne en matière de prévention dans différents contextes épidémiques ont permis de modifier radicalement les politiques et les programmes de ces pays. En Afrique du Sud, en Ouganda, au Kenya, au Lesotho, au Mozambique, au Swaziland et en Zambie, l’appui de la Banque aux synthèses épidémiologiques, politiques et sur la riposte à apporter a favorisé la conception et/ou la révision des programmes nationaux de lutte contre le VIH. L’Ouganda a doublé son financement de la prévention et accepté d’axer ses opérations de prévention sur les couples. Au Kenya, le rapport de synthèse a fourni les éléments structurants de la stratégie nationale et des plans opérationnels. Au Lesotho et au Mozambique, les conclusions ont informé la planification stratégique alors qu’en Zambie, elles ont conduit à l’organisation du premier sommet sur la prévention du VIH. En Afrique du Sud, le nouveau plan stratégique de lutte contre le sida reflète les recommandations de la Banque en matière de caractérisation de l’épidémie et d’amélioration de la programmation de la prévention.
  • Malawi et Tanzanie : un travail de la Banque mondiale a montré que les versements en espèces avec contrepartie accordés à des hommes et des jeunes femmes dans ces deux pays sont corrélés à un recul des taux d’infection au VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles nettement plus sensible qu’au sein d’autres groupes appartenant aux mêmes communautés. Dix-huit mois après le lancement du programme, le taux de nouvelles infections chez les jeunes filles bénéficiant du programme était inférieur de 60 % à celui du groupe témoin, dont les membres ne recevaient pas d’argent.
  • Niger : la Banque mondiale a financé l’analyse épidémiologique des facteurs de transmission du VIH et une évaluation de l’adéquation de la réponse du gouvernement. Cela a permis d’identifier de nouvelles priorités et de fournir des éléments pour la conception d’un projet de lutte contre le sida de 20 millions de dollars, financé par la Banque, qui concentre les moyens sur les populations les plus à risque et renforce ce faisant l’efficacité du système de santé. Des analyses épidémiologiques du même type conduites au Bénin et au Ghana ont conduit à la hiérarchisation des priorités et l’allocation des moyens à leurs populations les plus à risque.
  • Moyen-Orient et Afrique du Nord : la Banque mondiale a publié un rapport décisif sur le sida, qui a induit une évolution des programmes. L’ouvrage, intitulé Characterizing the HIV/AIDS Epidemic in MENA, montre comment le ciblage des investissements sur les efforts de prévention à destination des populations prioritaires entraîne des avancées durables sur le plan sanitaire et social. L’Égypte, la Jordanie, le Maroc, le Soudan et la Syrie ont depuis renforcé les moyens destinés à ces populations, en les plaçant au cœur de leurs programmes de riposte.
  • Colombie : la Banque a travaillé en concertation avec le ministère de la Santé pour réaliser une étude sur l’efficacité du programme national de lutte contre le VIH/sida, en s’arrêtant sur trois grands aspects : l’allocation des moyens, les programmes et les services. Elle montre qu’en dépit de l’intégration du programme dans le système de sécurité sociale du pays, la complexité de l’organisation des services pose des problèmes de coordination.
  • Afrique du Sud : dans la province du KwaZulu-Natal, où la prévalence du VIH atteint un niveau record, la Banque a lancé une étude de suivi des fonds pour vérifier si les allocations conséquentes accordées par le gouvernement national et les donateurs – et par la province – parviennent effectivement aux bénéficiaires visés et ciblent les bonnes activités de prévention. Les données recueillies permettront au gouvernement de la province d’apprécier l’efficacité et l’efficience des dépenses publiques pour la lutte contre le VIH/sida et, en définitive, de procéder aux modifications nécessaires pour améliorer la riposte sur tout le territoire.
  • Ukraine : à travers ses opérations de planification stratégique, la Banque privilégie les groupes les plus à risque – qu’il s’agisse de toxicomanes par injection ou de professionnels du sexe – sachant que l’Ukraine est le pays d’Europe et d’Asie centrale le plus touché par l’épidémie de sida.


PARTENAIRES

Aujourd’hui, compte tenu des importantes subventions du Fonds mondial et du PEPFAR, la Banque mondiale n’est plus la principale source de financement de la lutte contre l’épidémie mais elle continue de fournir un soutien essentiel pour renforcer les capacités nationales et infranationales de planification, de gestion et de surveillance des politiques de lutte contre le VIH, permettant ainsi aux pays de s’appuyer sur d’autres sources de financement mondiales avec plus d’efficacité. L’aide de la Banque continue de passer par le financement de projets spécifiques dans les pays et par des prêts à l’appui des politiques de développement destinés à soutenir les efforts nationaux de lutte contre le VIH/sida.

La Banque mondiale, qui joue un rôle de chef de file mondial en matière de lutte contre le sida, figure parmi les organismes parrainant l’ONUSIDA et collabore étroitement avec les institutions qui y sont associées. Elle a aussi contribué à la création du Fonds mondial et fait partie de son conseil d’administration. Elle joue un rôle majeur en faveur de l’harmonisation, la coordination et l’alignement de l’aide des donateurs.

En partenariat avec le DFID, la Banque met au point des approches reposant sur plusieurs méthodes en vue d’évaluer sur une grande échelle des interventions complexes de lutte contre le sida. Elle vient d’achever un travail de trois ans sur le rôle positif des communautés dans la riposte au VIH et au sida (Investing in Communities Achieves Results ). Elle aide par ailleurs les pays à améliorer l’efficacité, l’efficience et la pérennité de leurs stratégies nationales de lutte contre le sida mais aussi à prévoir l’impact budgétaire de l’épidémie afin de passer progressivement d’un effort de riposte d’urgence à des plans nationaux intégrés de long terme et bénéficiant de l’adhésion de la population, conçus en partenariat avec le gouvernement américain. Pour finir, elle collabore avec l’Initiative internationale en faveur d’un vaccin contre le sida afin de mettre fin à la pandémie.

PERSPECTIVES

La Banque mondiale considère toujours le VIH/sida comme un problème de développement essentiel, en mettant l’accent en particulier sur la planification stratégique de la lutte contre la maladie, la prévention, la prise en charge, les traitements et la protection sociale des personnes infectées. Elle continuera d’aider les pays à obtenir un impact maximal et organiser les activités de prévention les plus efficaces à moindre coût, en s’appuyant sur ses travaux d’analyse et de conseil et en faisant appel à ses financements. La Banque s’efforcera par ailleurs de privilégier les financements axés sur les résultats, afin de multiplier les actions de prévention de la transmission mère-enfant du VIH, conformément à son engagement d’accélérer les avancées sur le plan de la santé maternelle et infantile qui s’inscrit dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Enfin, la Banque étoffera son assistance analytique aux pays pour renforcer l’efficacité de leurs programmes de lutte contre les maladies et travaillera à leurs côtés afin d’évaluer leurs capacités budgétaires et les aider ainsi à prendre les décisions les plus judicieuses en fonction de leurs priorités.

60 %
C’est la diminution de l’incidence du sida découlant de l’adoption d’un programme national qui permet d’éviter 3 millions de nouveaux cas (de 5,5 millions à 2,5 millions de nouvelles infections).