Asie du Sud - Vue d'ensemble

  • L’Asie du Sud devrait rester la région la plus dynamique du monde, avec une croissance projetée à 6,9 % en 2018, à la faveur principalement de la reprise en Inde. Cette tendance devrait se consolider en 2019-2020 : les estimations prévoient un taux de croissance régional de 7,1 % en moyenne sur cette période, qui traduit une amélioration générale de la conjoncture économique dans la plupart des pays de la région. L’Asie du Sud devrait conserver cette position dans les années qui viennent, voire même conforter son avance sur la région Asie de l’Est-Pacifique. Si ces prévisions correspondent globalement à celles effectuées en janvier 2018, elles ont été légèrement revues à la baisse du fait des corrections apportées aux projections de croissance du Pakistan pour 2019. Le scénario de référence table sur la poursuite, puis la modération progressive, de la reprise de l’économie mondiale et des échanges internationaux, sur la hausse des prix des matières premières, et sur le durcissement graduel des conditions de financement dans le monde. Bien que les risques pesant sur ces prévisions soient aujourd’hui plus équilibrés et comportent l’éventualité d’une croissance mondiale plus forte qu’anticipé, ils sont encore plutôt orientés à la baisse.

    La demande intérieure restera le principal moteur de la croissance économique sud-asiatique, en dépit d’une conjoncture internationale plus favorable. La consommation privée devrait se raffermir et venir compenser le repli de la consommation publique causé par le resserrement progressif de la politique budgétaire. La formation brute de capitale fixe devrait rester supérieure à 7 % du PIB sur la période de prévision. La hausse des investissements privés devrait s’accélérer et contrebalancer le ralentissement des investissements publics. La croissance des importations va fortement progresser en 2018, avant de marquer le pas autour de 6 % en 2020, ce qui permettra d’atténuer les pressions exercées sur le compte courant. La croissance des exportations, qui avait été inférieure à son potentiel l’année dernière, devrait rebondir pour atteindre 6 % en 2019, ce qui correspond toutefois à une progression plus faible que celle anticipée au mois de janvier 2018.

    Les taux de croissance devraient rester relativement stables dans l’ensemble des pays de la région. En Inde, ils devraient grimper à 7,3 % cette année, puis à a 7,5 % en 2019 et 2020, sous l’effet d’une hausse plus vigoureuse de la consommation privée et des exportations. Au Sri Lanka, la croissance du PIB devrait se redresser et s’établir en moyenne à 4,5 % à moyen terme, après avoir subi l’année dernière les effets des perturbations liées aux conditions météorologiques sur l’agriculture ; la reprise bénéficiera aussi d’une croissance plus soutenue de la consommation et de l’investissement. Au Bhoutan et aux Maldives, la construction et les services continueront de tirer la croissance, qui devrait atteindre en moyenne 7,4 et 5 % respectivement sur la période considérée. Le Népal, dont l’économie s’était fortement redressée en 2017 après avoir lourdement pâti des séismes dévastateurs de 2015, devrait connaître une croissance plus modérée cette année, à 4,6 %, ainsi qu’à moyen terme (4,5 % en moyenne). Pour le Pakistan, les estimations prévoient un léger repli de la croissance à 5 % en 2019, en raison de la mise en œuvre de mesures plus rigoureuses dans un contexte marqué ces dernières années par la hausse des vulnérabilités macroéconomiques. À moyen terme, la croissance pakistanaise devrait rebondir à 5,2 % en moyenne en 2019 et 2020, à la faveur du raffermissement des exportations et de la croissance soutenue de l’investissement liée au corridor économique Chine-Pakistan (ces taux marquent cependant une révision à la baisse par rapport aux prévisions antérieures). Le Bangladesh devrait également se relever des effets des catastrophes naturelles dont il a été le théâtre, avec une prévision de croissance de 6,7 % pour 2019, sur fond d’amélioration des exportations et des envois de fonds. En Afghanistan, la croissance restera atone en raison des problèmes de sécurité et des incertitudes politiques qui continuent de saper la confiance. Ces perspectives tablent sur la poursuite de réformes conduisant au renforcement de la confiance, à la stabilité macroéconomique et à la hausse de la compétitivité des exportations.

    Les risques pesant sur les prévisions régionales sont plus équilibrés qu’au mois de janvier dernier, en raison de l’éventualité d’une croissance mondiale plus forte qu’anticipé. Ces prévisions pourraient cependant être revues à la baisse en raison principalement des risques de dérapage des politiques nationales, dont notamment la possibilité d’un fléchissement des politiques budgétaires et d’un recul des réformes visant à améliorer le climat d’investissement ou à renforcer le secteur bancaire. Mais la région est également exposée à des risques intérieurs endogènes comme les catastrophes naturelles et l’aggravation de l’insécurité. Bien que l’Asie du Sud ne soit pas un exportateur majeur de biens, elle pourrait subir les effets néfastes de chocs extérieurs tels que la montée du protectionnisme commercial. Enfin, les marchés financiers des plus grands pays de la région pourraient s’agiter en cas de durcissement brutal des conditions de financement dans le monde.

    GDP (CURRENT US$) PIB (EN DOLLARS COURANTS)

    Aide de la Banque mondiale

    Durant l’exercice 2017, la Banque mondiale a approuvé des financements d’un montant total de 6 milliards de dollars pour la région au titre de 51 projets, comprenant 2,2 milliards de dollars de prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et 3,8 milliards de dollars d’engagements de l’Association internationale de développement (IDA), dont 900 millions de dollars provenant de son Mécanisme de financement complémentaire (SUP). La Banque a aussi fourni 122 services d’analyse et de conseil, notamment des avis techniques sur des questions telles que la compétitivité, la réforme du secteur de l’énergie et la fragilité. Dans le cadre de sa stratégie régionale, elle continue de mettre l’accent sur la poursuite d’une croissance soutenue et inclusive. Elle s’attache à soutenir le développement du secteur privé en promouvant notamment les investissements climato-résilients, une plus grande inclusion sociale et financière, le renforcement de la gouvernance et la lutte contre les fragilités.

    RNB par habitant, méthode de l’Atlas (en dollars courants)

  • Miser sur les moteurs d’une croissance durable

    L’Asie du Sud compte plus de 300 millions de pauvres, soit le tiers du nombre total de pauvres dans le monde. La région aura des difficultés à conserver une croissance économique soutenue dans la mesure où celle-ci est principalement tirée par la consommation, alors que le moteur de l’investissement ou des exportations est au contraire nécessaire pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, dont le nombre devrait atteindre entre 1 et 1,2 million par mois au cours des deux prochaines décennies. La stratégie régionale de la Banque continue de mettre l’accent sur la mise en place des conditions qui permettront d’assurer une croissance soutenue et inclusive. Elle repose sur trois piliers :

    1.      l’appui au développement du secteur privé en promouvant notamment des investissements climato-résilients ;

    2.      l’amélioration de l’inclusion sociale et financière ;

    3.      le renforcement de la gouvernance et la lutte contre les fragilités.

     

    Appliquer le Plan d’action régional pour la promotion de l’égalité entre les sexes

    La Banque met en œuvre son Plan d’action régional pour la promotion de la parité entre les sexes, qui s’articule autour de quatre des défis de développement les plus pressants de l’Asie du Sud : le capital humain, l’autonomisation économique, la capacité d’expression et d’action, et le développement des capacités régionales. Dans l’État indien du Jharkhand, le Projet d’autonomisation socioéconomique des adolescentes et des jeunes femmes (a), doté de 63 millions de dollars, a pour objectif de favoriser l’achèvement des études secondaires et l’acquisition de compétences adaptées au marché du travail. La Banque s’attache plus généralement à intégrer la dimension du genre dans l’ensemble de ses opérations. Par exemple, les projets de transport multimodal sont spécifiquement conçus pour remédier aux obstacles auxquels sont confrontées les femmes : résolution des problèmes de sécurité et d’éclairage, création de toilettes et de zones d’attente séparées, etc.

     

    Renforcer la résilience au changement climatique

    L’Asie du Sud est très vulnérable aux effets du changement climatique, notamment aux catastrophes naturelles et à l’élévation du niveau de la mer. Elle ne pourra enregistrer des progrès dans ce domaine qu’en réduisant ses émissions de carbone, en recomposant son bouquet énergétique et en atténuant les conséquences des dérèglements du climat. La Banque met actuellement en œuvre un « Business plan » pour le climat en Asie du Sud qui vise à soutenir les contributions déterminées au niveau national par les pays ainsi que leurs efforts d’adaptation au changement climatique.

    Émissions de CO2 (tonnes par habitant)

    Promouvoir l’intégration régionale

    L’intégration régionale et la coopération économique (a) peuvent accroître les chances de réduire la pauvreté et d’assurer une prospérité partagée. L’Asie du Sud reste pourtant l’une des régions les moins intégrées du monde. Un projet de connectivité régionale (a) d’un montant de 150 millions de dollars vise à améliorer le cadre des échanges entre le Bangladesh d’une part et le Bhoutan, l’Inde et le Népal d’autre part, grâce à l’amélioration des liaisons, à la réduction des goulots d’étranglement dans la chaîne logistique et à la modernisation de la gestion des frontières et de la facilitation des échanges.

    Soutenir la réforme des politiques publiques

    La Banque apporte son appui aux programmes de réformes mis en œuvre dans les pays, en insistant particulièrement sur la promotion de la création de marchés et l’amélioration de l’efficacité du secteur public aux niveaux national et infranational. Elle accompagne par exemple l’État pakistanais dans la poursuite de sa politique de réduction des coûts de production de l’électricité et d’amélioration de la viabilité financière du secteur de l’énergie au moyen d’une série de crédits de développement, d’opérations d’investissement et de services d’assistance technique.

    Lutter contre les fragilités

    La Banque mondiale s’associe aux Nations Unies pour trouver des solutions aux problèmes que posent les déplacements forcés de population. En Afghanistan et au Pakistan notamment, elle renforce ses programmes d’aide aux réfugiés, aux déplacés internes, aux rapatriés et aux communautés d’accueil. Elle a aussi approuvé des opérations destinées à soutenir les personnes vulnérables dans ces pays, à l’instar du projet sur la charte citoyenne en Afghanistan, d’un montant de 228 millions de dollars, qui vise à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie en renforçant les capacités des conseils de développement des collectivités locales. Au Pakistan, un prêt de 100 millions de dollars a été consenti au titre du Programme national de protection sociale pour renforcer les filets de sécurité et améliorer l’accès des personnes démunies aux services sociaux.

    Produire des connaissances pour améliorer la compétitivité

    La Banque a publié plusieurs rapports importants sur l’Asie du Sud durant l’exercice écoulé. Le rapport intitulé Competitiveness of South Asia’s Container Ports: A Comprehensive Assessment of Performance, Drivers, and Costs, par exemple, dresse un état des lieux inédit des ports de la région et préconise des mesures pour améliorer la situation, notamment l’accroissement de la participation du secteur privé, l’amélioration de la gouvernance des autorités portuaires et le renforcement de la concurrence à l’intérieur des ports et entre eux. Le rapport South Asia’s Turn: Policies to Boost Competitiveness and Create the Next Export Powerhouse (a) examine quant à lui le potentiel d’amélioration de la productivité et de la compétitivité des entreprises dans la région et recommande les réformes et investissements à entreprendre.

    Taux brut de scolarisation, cycle primaire, garçons et filles (%)

  • L’aide de la Banque mondiale a permis à l’Asie du Sud d’obtenir, entre autres, les résultats suivants :

    • En Afghanistan (a), six millions d’enfants ont repris le chemin de l’école ; 7,1 millions d’enfants sont désormais scolarisés, dont 2,7 millions de filles.
    • Au Bangladesh (a), un programme de création d’emplois pour les plus pauvres, mis en place à la suite de la crise mondiale des prix alimentaires de 2008, a permis de garantir une source de revenu sûre et régulière à plus de 700 000 personnes, dont 230 000 femmes.
    • En Inde (a), dans l’État d’Orisha, les plans de protection contre les catastrophes ont permis, à 14 ans d’intervalle et lors d’un cyclone d’intensité similaire, de réduire de 99,6 % le nombre de décès.
    • Au Népal (a), des programmes de formation professionnelle ont permis à 4 400 jeunes femmes d’accéder à l’emploi et à l’indépendance économique.
    • Au Pakistan (a), des projets de développement de l’électricité soutenus par l’IFC et la MIGA, et devant s’accompagner de projets de la Banque en préparation, permettent d’accroître la capacité de production de 2 370 MW, et d’éviter l’émission de 4,4 millions de tonnes de CO2.
    • Au Sri Lanka (a), le soutien apporté aux populations vivant dans des zones de conflit a permis à un million de personnes réparties dans un millier de localités de bénéficier de 3 200 projets d’infrastructures communautaires.
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Joe Qian
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