NOTE

La lutte contre le réchauffement climatique dans les pays arabes

10 avril 2015


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Les pays arabes connaissent déjà les effets dramatiques du changement climatique, qui risque d’entraîner des vagues de chaleur plus longues et plus étendues si aucune mesure n’est prise pour le contrer, rendant certaines régions invivables et certains sols impropres à l’agriculture. L’effet d’îlot thermique sera ressenti de plus en plus nettement dans les villes, et la plupart des capitales du Moyen-Orient pourraient connaître des vagues de chaleur d’une durée de 4 mois en moyenne. Cette hausse des températures exercera une pression intense sur les cultures et des ressources en eau déjà rares — deux phénomènes qui pourraient accroître les migrations et les risques de conflit.

Dans la perspective de la 21e Conférence des Parties, à Paris, les gouvernements des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont plus que jamais incités à innover pour mettre en place des solutions vertes, réduire leurs émissions de CO2 et protéger durablement les moyens de subsistance et leurs ressources naturelles, en particulier l’eau, des effets du changement climatique.

La série de rapports de la Banque mondiale intitulés « Baissons la chaleur » met en garde contre l’inaction et le manque d’engagements communs, avec le risque d’une hausse de la température de 4 °C d’ici la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels. Un scénario qui pénalisera fortement la région MENA, appelée à subir des sécheresses et des vagues de chaleur encore plus prononcées qu’avant.

Rejoignez notre campagne de lutte contre le changement climatique dans les pays arabes !

Il s’agit de sensibiliser les esprits au changement climatique et de susciter un appel durable à l’action dans le monde arabe. Consultez régulièrement notre site pour des articles, des billets de blog, des infographies et des données actualisées sur l’impact du changement climatique dans la région et les mesures à prendre pour le contrer.

La campagne est articulée autour de trois grands thèmes :

L’énergie

Les pays arabes recèlent un extraordinaire potentiel en termes d’énergies éoliennes et solaires, parmi les plus riches du monde. S’ils l’exploitaient, ils pourraient réduire la vulnérabilité actuelle de leur approvisionnement énergétique et augmenter leur production d’électricité, ce qui constitue un véritable atout quand on sait que la demande va se renforcer dans les décennies à venir sous l’effet de la pression démographique et du développement économique, mais aussi à cause des systèmes de réfrigération qu’il faudra alimenter à mesure que la chaleur s’intensifiera.

La pollution atmosphérique

Transports, industries et émissions de gaz à effets de serre sont les principales sources de pollution de l’air dans les pays arabes. En raison de capacités institutionnelles parfois faibles pour gérer ces problèmes, l’air est devenu irrespirable dans la plupart des métropoles de la région MENA, avec des conséquences désastreuses pour la santé publique. Le développement anarchique des villes, l’industrialisation, l’exode rural et les flux de réfugiés exercent une pression intense sur les services urbains et contribuent à cette pollution atmosphérique.

Les ressources naturelles

Dans la plupart des pays de la région MENA, les sources d’eau potable sont détournées, utilisées à mauvais escient ou polluées par des rejets de produits dangereux (égouts, effluents agricoles et autres produits chimiques). La désertification et une urbanisation débridée grignotent peu à peu les terres arables. Mal administrées, les zones littorales sont polluées par le pétrole et cette situation met en péril des écosystèmes et une diversité biologique fragiles.

Avec le réchauffement et, en particulier, le changement des régimes de précipitations, la plupart des pays de la région MENA verront leurs réserves d’eau s’amenuiser tout au long du 21e siècle, les experts tablant sur des pertes supérieures à 15 % pour 2 °C supplémentaires mais qui pourraient atteindre 45 % si la température augmente de 4 °C.