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Le changement climatique représente « un danger réel et présent », a déclaré le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, à la réunion du G20

Jim Yong Kim

Le changement climatique représente « un danger réel et présent », a déclaré le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, à la réunion du G20

Moscou, Fédération de Russie

16 février 2013

Transcription

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Nous proposons, dans les lignes qui suivent, quelques-unes des observations faites ce jour par le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, lors de la réunion du Groupe des 20. Ces observations ont été formulées lors de la Séance 1 sur le thème : Risques de dégradation de l’économie mondiale.

« En considérant les choses sur le long terme, je m’en voudrais de ne pas souligner les graves conséquences sur les perspectives économiques si nous ne nous attaquons pas aux problèmes sérieux posés par le changement climatique. Loin de n’être que des risques, ces problèmes représentent de réelles conséquences.

J’ai également conscience que les questions liées au changement climatique ne font généralement pas partie des dossiers des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales. Ce qui, j’en ai la ferme conviction, constitue une erreur. Et pour souligner mon propos, il nous suffit d’observer ce qui se passe dans notre pays hôte.

Cet hiver, par exemple, Moscou a enregistré des chutes de neige record. Les climatologues nous disent qu’avec le réchauffement de la planète, les précipitations intenses et d’autres épisodes météorologiques extrêmes se multiplieront de plus en plus. Il y a tout juste deux ans et demi, une vague de chaleur extrême en Russie a coûté la vie à 55 000 personnes. Les Russes auront donc été témoins de deux épisodes météorologiques extrêmes exceptionnels (canicule et froid) ces dernières années. Nous ne parlons pas d’un risque qui pourrait se matérialiser dans 50 ans, mais de risques qui se concrétisent aujourd’hui.

Aucun pays, riche ou pauvre, n’est à l’abri des effets des catastrophes liées au climat. En Thaïlande, par exemple, les inondations de 2011 ont occasionné des pertes d’environ 45 milliards de dollars, soit environ 13 % du PIB du pays. Les effets de cette catastrophe traversent les frontières et perturbant les chaînes d’approvisionnement internationales.

Les dégâts et pertes dus aux catastrophes naturelles ont plus que triplé au cours des 30 dernières années. Des années d’efforts de développement sont souvent anéanties en quelques jours, voire quelques minutes.

Si nous avons vu des pays développés se mobiliser pour faire face aux tempêtes de neige et à des phénomènes comme l’ouragan Sandy, les pays en développement quant à eux disposent d’encore moins de ressources pour réduire les coûts économiques et humains de ces catastrophes. Au sein du Groupe de la Banque mondiale, nous intensifions notre travail sur l’atténuation des effets du changement climatique, l’adaptation à la modification du climat et la gestion des risques de catastrophes. Je souhaite vivement que le G20 accorde une plus grande attention à ce que nous devons faire face au changement climatique, qui est un danger tout à fait réel et présent. »