COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Droits juridiques et économiques de la femme en Afrique subsaharienne : un rapport de la Banque mondiale montre l’avancée des réformes en dépit d’obstacles persistants

09 septembre 2015


WASHINGTON, 9 septembre 2015 – L’édition 2016 du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit, publié aujourd’hui par le Groupe de la Banque mondiale, dresse un tableau contrasté de la participation des femmes à la vie économique en Afrique subsaharienne, une région qui abrite presque un tiers des 30 économies les plus restrictives du monde mais aussi deux des 18 pays ayant démantelé toutes les réglementations défavorables aux femmes entrepreneuses et salariées

L’Afrique subsaharienne fait par ailleurs des progrès continus vers l’égalité hommes-femmes, puisque 16 pays ont engagé 18 réformes en ce sens au cours des deux dernières années. Selon le rapport, qui paraît tous les deux ans et examine les barrières juridiques et réglementaires à la création d’entreprise ou à l’obtention d’un emploi par les femmes, l’Afrique subsaharienne est la première région réformatrice du monde du point de vue du nombre de pays ayant engagé des réformes. La dernière édition couvre 173 pays, dont 41 en Afrique subsaharienne, avec l’arrivée de la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, les Seychelles, le Soudan du Sud et le Swaziland.

Parmi les 18 pays du monde où il n’existe pas d’obstacle juridique à l’activité des femmes dans les domaines étudiés par le rapport, figurent la Namibie et l’Afrique du Sud, tandis que le Nigéria, le Kenya et l’Éthiopie font partie des économies où ces réglementations défavorables sont très peu nombreuses.

À l’inverse, le Soudan — l’un des dix pays les plus restrictifs du monde, la Mauritanie, la République démocratique du Congo, le Cameroun, la Guinée, le Bénin, le Swaziland et le Sénégal continuent de limiter considérablement l’activité économique des femmes.

Au Soudan, certains emplois sont interdits aux femmes (notamment le travail de nuit) et aucun texte juridique ne prévoit de rémunération égale pour les hommes et les femmes à travail équivalent, ni de non-discrimination à l’embauche. La législation soudanaise impose par ailleurs des restrictions supplémentaires aux femmes mariées, qui sont tenues d’obéir à leur mari, ne peuvent choisir leur lieu d’habitation et ne peuvent être chef de famille.

Vingt-huit des 41 pays d’Afrique subsaharienne couverts par le rapport restreignent encore le travail des femmes et empêchent celles-ci d’exercer les mêmes métiers que les hommes.

Les droits de propriété constituent encore un obstacle à l’accumulation de richesse par les femmes : sur les sept pays du monde accordant au mari le droit exclusif de gérer les biens conjugaux, six sont en Afrique subsaharienne.

Et seules huit économies de la région ont des lois garantissant une rémunération égale, à travail égal, pour les hommes et les femmes et la non-discrimination à l’embauche.

Enfin, moins de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont légiféré pour protéger les femmes contre les violences conjugales. Depuis deux ans, le Mozambique a fait un grand pas en avant, en adoptant un nouveau code pénal qui interdit désormais l’abandon des poursuites pour viol lorsque le violeur épouse sa victime. Le code intègre également des dispositions contre le harcèlement sexuel à l’école.

La région progresse également sur d’autres fronts : au cours des deux dernières années, le Kenya, le Malawi et le Zimbabwe ont introduit un âge légal pour le mariage (18 ans pour les garçons et les filles), tandis que la Sierra Leone détient le record mondial du nombre de femmes juges siégeant dans un tribunal constitutionnel (60 %).

L’intégralité du rapport et les données qui l’accompagnent sont disponibles sur wbl.worldbank.org.

À propos du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit

Le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit examine dans quelle mesure les lois, les réglementations et les institutions établissent entre les hommes et les femmes des distinctions qui peuvent affecter la motivation ou la capacité des femmes à travailler ou à créer et diriger une entreprise. Il étudie les différences juridiques fondées sur le sexe dans 173 pays, selon sept catégories : accès aux institutions, jouissance de la propriété, obtention d’un emploi, incitations au travail, formation du crédit, actions en justice et protection des femmes contre les violences. Ce rapport est publié tous les deux ans.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2016/067/DEC

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