COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La Banque mondiale et la fondation Novak Djokovic s’engagent en faveur de la petite enfance en Serbie et dans le monde

26 août 2015


New York, 26 août 2015 – La Banque mondiale et la fondation Novak Djokovic ont annoncé aujourd’hui le lancement d’une action commune en faveur du développement de la petite enfance. Ce nouveau partenariat, qui constitue une initiative majeure en direction des jeunes enfants du monde entier, consistera à promouvoir, à travers le globe, l’importance d’investir dès le plus jeune âge, ainsi qu’à soutenir des investissements destinés à aider plus particulièrement les enfants défavorisés en Serbie, pays d’origine de Novak Djokovic.

Baptisée en anglais Early Wins for Lifelong Returns (soit littéralement « Des gains précoces pour des bénéfices tout au long de la vie »), l’initiative vise à susciter une attention soutenue aux bienfaits économiques et sociaux des programmes de développement de la petite enfance pour tous les jeunes, où qu’ils vivent dans le monde. Elle entend pour cela allier le savoir et l’action de la Banque dans ce domaine à la force de l’engagement du numéro un mondial de tennis, dont la fondation se consacre essentiellement au développement de la petite enfance.

L’annonce de ce nouveau partenariat, qui intervient à une semaine du coup d’envoi de l’US Open, a été rendue publique par le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et Novak Djokovic lors d’une conférence de presse à New York. L’UNICEF a également annoncé à cette occasion la nomination du champion serbe au titre d’Ambassadeur itinérant pour le développement de la petite enfance.

En Serbie, l’alliance scellée par la Banque mondiale et la fondation Novak Djokovic collaborera avec les autorités du pays afin de lutter contre les inégalités qui frappent les jeunes enfants issus de milieux pauvres et défavorisés. Le financement par la Banque mondiale d’un projet en faveur de l’inclusion scolaire et du développement de la petite enfance en Serbie d’un montant de 50 millions de dollars constitue un premier pas dans cette direction. Cette opération, qui fait actuellement l’objet de discussions avec le gouvernement serbe, sera soumise à l’approbation du Conseil des administrateurs de la Banque mondiale et du Parlement de Serbie. La fondation Novak Djokovic mobilisera par ailleurs des ressources supplémentaires par le biais de partenariats avec le secteur privé et de dons individuels.

« Tous les enfants méritent d’avoir les mêmes chances dans la vie. Or ils sont des millions à ne pas pouvoir réaliser tout leur potentiel à cause de la pauvreté, de carences nutritionnelles et du manque d’accès à l’éducation et à l’éveil dans leur petite enfance, a déclaré Jim Yong Kim. Je suis très heureux d’annoncer aujourd’hui la création de ce partenariat avec la fondation Novak Djokovic, car sa finalité est d’aller au-devant de ces enfants et de leur permettre de prendre, eux aussi, un bon départ dans la vie. En unissant nos forces à celles des autorités de Serbie et d’ailleurs, de partenaires tels que l’UNICEF, d’organisations de la société civile et de fondations, et de champions comme Novak Djokovic, les gains que nous engrangeons aujourd’hui rapporteront demain à la Serbie et au monde entier d’immenses bénéfices. »

La recherche montre en effet que les enfants bénéficiant de programmes de développement de la petite enfance ont une capacité d’apprentissage supérieure à leur entrée au primaire et que leurs niveaux de rémunération seront plus élevés à l’âge adulte. Ces programmes, qui misent sur un investissement à un stade précoce et couvrent les diverses dimensions du développement de l’enfant (physique, social et affectif, langagier et cognitif), ont un effet positif sur les apprentissages et la productivité qui perdure tout au long de la vie et donnent ainsi aux enfants défavorisés la chance de réussir.                 

En Serbie, la moitié seulement des enfants âgés de trois à cinq ans ont accès à une préscolarisation. Globalement, la part des enfants qui vont à l’école dès l’âge de trois ans au sein des ménages les plus pauvres du pays est inférieure à 10 %. Chez ceux qui sont issus de la minorité rom et qui vivent dans des habitats précaires, ce taux atteint à peine 6 %. En remédiant à cette situation, la Serbie peut enclencher de très importantes retombées, tant sur le plan de la lutte contre le cercle vicieux de la pauvreté que sur celui de l’amélioration de la compétitivité à long terme et de la productivité de la main-d’œuvre.

« C’est un grand jour pour nos enfants, a déclaré Novak Djokovic. Grâce au partenariat noué entre la Banque mondiale et la fondation Novak Djokovic, il va être possible d’œuvrer bien davantage dans l’amélioration de la qualité et de l’accès à l’éducation de la petite enfance dans mon pays au cours des prochaines années. Le développement cognitif et social se construit en grande partie avant l’âge de cinq ans : les premières années de la vie sont donc cruciales. Nous devons par conséquent veiller à ce que soient données à tous les enfants des chances égales de se développer et de devenir des citoyens du monde productifs et concernés. Tout-petit, j’ai eu la chance de recevoir ce soutien capital, et mon rêve est que chaque enfant, en Serbie et partout dans le monde, puisse développer son potentiel. »

« Il y a en Serbie 2 500 zones qui ne disposent pas de structures préscolaires. L’accueil des enfants de trois à cinq ans est l’un des maillons les plus faibles du système éducatif, en dépit de son importance pour l’apprentissage et le développement ultérieurs de l’enfant, a ajouté Novak Djokovic. Le système éducatif serbe est confronté à de nombreuses difficultés : les moyens sont insuffisants, les équipements inégalement répartis, et les parents pauvres ont de lourdes contraintes financières ; l’importance de l’éducation préscolaire est mal comprise, tandis que l’on manque de prestataires de services et d’une offre de programmes diversifiée. Nous espérons améliorer cette situation et apporter des changements positifs. »

Novak Djokovic a invité d’autres acteurs, et notamment les entreprises, à s’associer à cette initiative : « Notre espoir est que cette cause soit largement soutenue, car c’est seulement en œuvrant ensemble que nous pourrons faire de grandes choses pour les enfants, a-t-il poursuivi. En leur donnant un bon départ dans la vie, nous favorisons l’avenir de toute notre société. »

Le lancement du partenariat a donné lieu à la signature d’un protocole d’accord entre Jim Yong Kim et Novak Djokovic dont les termes précisent les axes de collaboration entre la Banque mondiale et la fondation en vue de la réalisation de leurs objectifs communs dans les domaines du développement de la petite enfance et de l’inclusion scolaire.

Les activités prévues dans le cadre du nouveau partenariat porteront principalement sur la sensibilisation aux enjeux de l’éducation préscolaire à l’échelle mondiale et sur l’amélioration de l’accès des jeunes enfants défavorisés à des structures d’accueil pour la petite enfance de qualité, en Serbie et au-delà.                                   

« Le gouvernement serbe salue la collaboration scellée entre la fondation Novak Djokovic et la Banque mondiale, a indiqué le ministre des Finances Dusan Vujovic, également présent à la cérémonie de signature. La Serbie entreprend actuellement des réformes difficiles afin de restaurer sa croissance économique et sa compétitivité. Le succès de ces réformes repose sur une hausse soutenue de la productivité et donc de la capacité de la Serbie à accroître la qualité de son capital humain. Nous reconnaissons que l’investissement dans l’enfant est fondamental pour la croissance de ce capital humain et l’amélioration de la compétitivité, et qu’il s’agit du meilleur moyen d’établir une société juste et équitable. C’est pourquoi nous nous associerons à cette initiative dans le cadre d’un nouveau projet financé par la Banque mondiale et conçu pour favoriser l’inclusion scolaire et le développement de la petite enfance. »

Ce projet, qui n’en est encore qu’au stade préparatoire, soutiendra vraisemblablement la construction de nouveaux équipements préscolaires et la conversion de salles de classe sous-utilisées au primaire en de nouveaux espaces pour le préscolaire, l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage dans les structures préscolaires, et l’accroissement de l’accessibilité financière pour les familles à faible revenu.

Le nouveau partenariat intervient à un moment décisif pour le développement mondial : dans un mois, les pays membres des Nations unies adopteront une série de cibles internationales dans le cadre de nouveaux objectifs de développement durable. Reconnaissant l’importance d’un investissement dès le plus jeune âge pour des bénéfices tout au long de la vie, une de ces cibles prévoit précisément que tous les enfants puissent avoir accès, d’ici à 2030, à des services de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation pré-primaire de qualité.

Quelques éléments de contexte :

  • La Novak Djokovic Foundation a été fondée en novembre 2007 par le joueur de tennis serbe Novak Djokovic, sous le nom de Novak Fund. Elle a conservé cette appellation jusqu’en mars 2012 et s’est initialement impliquée dans un large éventail d’activités philanthropiques consacrées pour la plupart aux enfants. Depuis 2012, elle s’est spécialisée dans le développement de la petite enfance. Ses principaux programmes portent sur l’accès à une éducation préscolaire de qualité (« Schools of Life »), le soutien aux familles vulnérables (« Supporting Families at Risk ») ou encore la socialisation des enfants (« Friendship Games »). La Novak Djokovic Foundation s’est donné pour mission de permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de grandir, jouer et se développer dans un environnement stimulant, créatif et sécurisant, tout en apprenant le respect d’autrui et du cadre de vie. La plupart de ses activités concernent la Serbie, mais la Novak Djokovic Foundation soutient également la remise en état de plusieurs écoles en Bosnie-Herzégovine qui ont été endommagées en 2014 par de graves inondations.

    Les entreprises et/ou les fondations qui souhaitent soutenir l’action de la Novak Djokovic Foundation peuvent contacter Frances Skinner-Lewis, consultante pour la Novak Djokovic Foundation auprès de Global Action Initiatives, LLC. Frances@GAI-LLC.US
  • La Banque mondiale apporte aux pays en développement du monde entier une aide financière et technique cruciale. Elle fournit en particulier un soutien vigoureux au développement de la petite enfance parce qu’il s’agit d’une étape clé pour briser le cercle vicieux de la pauvreté, que ses bienfaits sont amplement démontrés et que ce domaine fait l’objet d’une forte demande de la part des pouvoirs publics. Entre 2001 et 2013, la Banque mondiale a consacré 3,3 milliards de dollars à 273 investissements dans le développement de la petite enfance, par le biais de projets et de programmes entrepris dans les secteurs de l’éducation, santé et nutrition, et de la protection sociale. Ces investissements, qui ont concerné 80 pays à travers le monde, ont consisté en 166 opérations de prêt et 107 prestations de services d’analyse et de conseil.
  • La Banque mondiale figure parmi les principaux partenaires de développement en Serbie, avec un portefeuille qui compte sept opérations pour un montant total de 1,2 milliard de dollars, de multiples activités en cours relevant de services d’analyse et de conseil pour accompagner les réformes et de nouveaux prêts qui se chiffrent à environ 300 millions de dollars par an. Le cadre de partenariat de la Banque avec la Serbie pour les exercices 2016 à 2020 vise à restaurer la croissance économique et à rendre celle-ci plus inclusive en agissant dans les deux domaines suivants : i) la gouvernance économique et le rôle de l’État ; ii) la croissance du secteur privé et l’inclusion économique. La Banque fournit actuellement un soutien technique et financier aux efforts de réforme engagés par le gouvernement en vue de rétablir la stabilité macroéconomique et budgétaire et de procéder à des évolutions structurelles longtemps retardées mais indispensables pour améliorer la compétitivité, accroître l’investissement et dynamiser l’emploi et les opportunités économiques.

Le développement de la petite enfance dans le monde : Donnes clés

  • 219 millions d’enfants de moins de cinq ans sont défavorisés (ce chiffre comprend les enfants qui souffrent de malnutrition chronique et/ou vivent dans la pauvreté).
  • Un quart de la totalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde (soit 162 millions) souffrent de malnutrition chronique ; parmi eux, 56 % vivent en Asie et 36 % en Afrique. La malnutrition chronique provoque des retards de croissance, ce qui entrave le développement cérébral et freine la scolarisation.
  • En 2012, près de 184 millions d’enfants étaient inscrits dans des établissements d’éducation pré-primaire, soit une hausse de deux tiers environ depuis 2000.
  • En 2012, 159 millions d’enfants étaient privés d’une éducation pré-primaire.
  • En Afrique subsaharienne, 80 % des enfants sont exclus des programmes d’éducation pré-primaire. Les données recueillies aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement montrent que pour chaque dollar supplémentaire investi dans des programmes préscolaires de qualité, les bénéfices peuvent atteindre une fourchette de 6 à 17 dollars.
  • En Serbie, la moitié seulement des enfants âgés de 36 à 59 mois sont préscolarisés, et cette proportion chute à moins de 10 % chez ceux qui sont issus des ménages les plus pauvres.
  • La plupart des pays à revenu faible et intermédiaire ne consacrent que 0,1 à 0,2 % de leur PNB à l’éducation préscolaire, contre 2,36 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, et alors que la norme de référence pour assurer un développement de la petite enfance de qualité s’élève à 1 %. 

 

Contacts médias
Elena Karaban
Téléphone : 1-202-473-9277
ekaraban@worldbank.org
Frances Skinner-Lewis
Téléphone : 1-312-559-0826
Frances@GAI-LLC.US


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2016/ECA/004

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